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lundi 1 octobre 2012

Holy Terror - Frank Miller

L'évènement est de taille: outre des scénarios ( notamment pour All-Star Batman, avec Jim Lee, série jamais terminée) et des couvertures, Frank Miller n'avait plus publié de comic book depuis 10 ans!

Il est vrai qu'il s'était entre-temps entiché du septième art, tout d'abord en collaboration avec Robert Rodriguez (Sin City, carton planétaire) puis tout seul comme un grand ( The Spirit, grosse plantade) et faisait surtout parler de lui pour ses prises de position, disons, très à droite ( même pour les Américains) et surtout ses commentaires sur la civilisation musulmane qui feraient passer la famille Lepen pour des démocrates modérés.

Dans ce contexte la résurgence de cette arlésienne que constitue Holy Terror ( Terreur Sainte, pour les non-anglicistes) ne manque pas de surprendre.

Tout d'abord envisagée, au lendemain du 11 septembre, comme une aventure de Batman (façon Dark Knight en plus musclé) l'histoire s 'est vue opposer un véto ferme de la part de DC qui ne voulait surtout pas confronter ses héros à des personnes ou menaces réelles.

Obligé de composer sans l'icône qui fit sa gloire, Miller modifie donc son histoire, cherche un nouvel éditeur et transforme l'homme chauve-souris en "Fixer", un héros hyper violent qui n'hésite pas, lui, à flinguer ses ennemis, ce qui doit, quelque part, bien arranger l'auteur qui en profite pour se défouler.

On a en effet bien du mal à imaginer Batman dans cette histoire très primaire où on zigouille du terroriste islamiste façon Chuck Norris, par paquets de 12 et sans aucun état d'âme, même si quelques éléments trahissent l'inspiration des personnages et des lieux; Le "Fixer" n'a aucun super pouvoir, se balade de toit en toit, et court après une cambrioleuse ( une "cat burglar") rappelant fortement Catwoman avec qui il entretient des relations plus que platoniques et il a dans la police un contact, un officier bourru qui fume cigarette sur cigarette et hurle ses ordres à un agent flegmatique ( les amateurs auront reconnu la version Miller du commissaire Gordon et de l'agent Merkel dans Dark Knight).

Voilà pour les aspects les plus sympathiques de ce roman graphique.

Pour le reste le scénario est aussi caricatural que le trait (je suis de moins en moins fan de l'évolution graphique de Miller) et semble donner raison aux critiques qui voyaient en 300 une charge anti-orientale: dans une scène clé le méchant responsable local ( il dit lui-même qu'il n 'est qu'un rouage) a une allure de gravure babylonienne avec son vêtement bardé de perles façon Xerses.

Grosse déception donc ... mais indispensable pour les complétistes comme votre serviteur.

vendredi 11 février 2011

Le Fléau: 4è partie.


En attendant une adaptation ciné qui vient d'être annoncée (je me demande d'ailleurs comment ils vont faire? 3 films de 4h à la façon du Seigneur des Anneaux?), l'adaptation du roman fleuve du King se poursuit. On commence enfin à entrer dans le vif du sujet, la preuve, certains personnages finissent par se croiser!
Frannie et son encombrant admirateur croisent la route de Stu Redman, et comme ce dernier l'a dit "mettez trois personnes ensemble, et c 'est le début d'une société" évidemment des tensions apparaissent, d'autant qu'Harold Lauder est un sacré cinglé!
Pendant ce temps Nick Andros se sort enfin des délires occasionnés par l'infection de sa blessure à la jambe, et Randall Flagg se révèle enfin face à un mortel.
(ça en fait des "enfin" tout ça!)
Le dessinateur, que je trouvais plutôt timoré jusqu'ici, semble enfin prendre ses aises, et son graphisme soigné peut enfin prendre toute son ampleur dans des compositions de page de plus en plus audacieuses.
Bon sang, c 'est quand la suite? (et j'ai lu le bouquin plusieurs fois!)

mardi 7 décembre 2010

Punisher: FrankenCastle

On le sentait venir depuis les derniers épisodes des Marvel Zombies: les créatures surnaturelles de l'univers Marvel sont de retour sur le devant de la scène. Morbius le Vampire, La Momie, le Loup Garou et consorts ont même formé une équipe: la Légion des Monstres.
Ce que j'avais moins vu venir par contre, voire pas du tout, c 'est le sort réservé au Punisher.
S'étant mis en tête de supprimer Norman Osborn, devenu la personnalités la plus puissante du monde Marvel, Frank Castiglione, alias Frank Castle, alias le Punisher, s 'est vite retrouvé avec toute une tripotée de surhommes aux trousses. Ce qui devait arriver arriva: il a fini par tomber sous les coups (et les griffes) de Daken, fils psychopathe du déjà bien fêlé Wolverine. Littéralement coupé en rondelles, son corps a été jeté du haut d'un immeuble dans une ruelle insalubre.
Même si les héros Marvel ont l'habitude de revenir d'entre les morts, il fallait bien avouer que pour le Punisher cela risquait d'être difficile.
C'était bien mal connaître la Maison des Idées, qui a confié au scénariste Rick Remender le soin de ramener Frank Castle à la vie. Enfin, façon de parler!
Récupérés par la communauté des monstres vivant dans les tunnels désertés il y a des lustres par les Morlocks, les morceaux du Punisher vont ainsi être réassemblés, avec quelques petits aménagements par-ci par-là pour donner naissance à FrankenCastle: un mix entre Frank Castle et le monstre de Frankenstein!
On s'en doute, revenir ainsi à la vie ne sera pas vraiment du goût de Franky, qui espérait avoir trouvé le repos et pensait enfin pouvoir rejoindre sa famille dans l'au-delà. Alors si en plus on le ramène en version raccommodée à la va-vite et le cerveau à moitié en bouillie (il lui faut prendre des médicaments régulièrement sinon il ne peut pas aligner deux mots) il y a de quoi être furieux.
Tout d'abord bien remonté contre ses sauveurs, l'ex-punisher prend cependant finalement fait et cause pour eux. Ils sont en effet la cible d'une organisation fanatique qui a pour but d'exterminer tout ce qui ne ressemble pas à un humain "normal".
Evidemment, la suite est sanglante et brutale, le corps rafistolé du nouveau punisher, virtuellement indestructible, lui permettant par ailleurs d'encaisser des blessures qui auraient tué cent fois même un super héros ordinaire.
Le dessin de Tony Moore, quant à lui, restitue parfaitement le mélange de violence, de gore et de comédie cartoonesque de la nouvelle série.
Une bonne partie des fans a bien entendu hurlé à la trahison, mais c 'est oublier que leur héros a déjà connu bien des avatars, dont déjà une incarnation surnaturelle à l'époque des Marvel Knights il y a une quinzaine d'année, dans laquelle un Frank Castle (déjà) revenu d'entre les morts, combattait toutes sortes de démons armé d'une paire de fusils magiques.
On se doute cependant que cette nouvelle incarnation n 'est que temporaire, le justicier le plus brutal de l'univers Marvel ne devrait donc pas tarder à retrouver son aspect habituel.
En attendant, il n'y a aucune raison de bouder son plaisir, cette série est sans doute l'une des plus barrées du moment.

samedi 4 décembre 2010

The Walking Dead




Ca devait arriver! après les séries sur les loup-garous et les vampires, voici maintenant la première série télé avec des zombies, des monstres décidément très populaires ces dernières années.
Et cette fois c 'est du lourd! il s'agit de l'adaptation télévisuelle du chef d'oeuvre de Robert Kirkman ( déjà évoqué ici à propos de ses Marvel Zombies, décidément, c 'est une obsession chez lui!) et c 'est co-produit par rien moins que Gale Ann Hurd (l'autre ex-femme de James Cameron, productrice des premiers Terminators, d'Aliens et de Abyss) et Frank Darabont, alias le meilleur adaptateur actuel de Stephen King ( Les Evadés, La Ligne Verte, Brume, rien que du très bon voire du pur génie!), il retrouve d'ailleurs sur cette série Laurie Holden (la Marita Kovarubias des X-Files), qui jouait dans Brume.
L'histoire est celle de Rick Grimes, policier blessé dans l'exercice de ses fonctions et qui se réveille à l'hôpital après un coma pour se retrouver en pleine apocalypse zombie.
Le comic book est rapidement devenu un best-seller outre Atlantique, ce n'était donc qu'une question de temps avant qu'une adaptation voie le jour. La grande force du comic-book ce sont ses personnages, tous très bien écrits, immédiatement attachants, ou du moins intéressants. Robert Kirkman a avoué que ce qui avait présidé à la création de cette série était sa frustration à la vision des films de zombies qui se terminaient, à son goût, toujours beaucoup trop tôt. Lui avait toujours envie de savoir ce qu'il se passait après le générique de fin. C 'est pourquoi sa série dure depuis maintenant plusieurs années, il n'a pas encore envie de se séparer de ses personnages, et les lecteurs non plus apparemment.
Il n 'est guère étonnant que ce soit une chaine de télévision qui se soit chargée de l'adaptation, même si la charge gore de chaque épisode avait de quoi refroidir les ardeurs des networks. C 'est donc sur le câble que cela se passe, et le résultat relève proprement du jamais vu sur un écran de télé.
C 'est dur, c 'est profond, c 'est sanglant (Hum! je me demande si cette dernière phrase n'aurait pas un sens caché ...)
De plus, comme Frank Darabont est très intelligent, il ne se contente pas de démarquer servilement le comic-book d'origine. S'il prend le même point de départ, il s'affranchit vite de la référence pour faire évoluer les personnages comme il l'entend, voire même en inventer de nouveaux. Le plaisir que l'on prend à la série est donc doublé, puisque même si l'on a lu la BD il est impossible de savoir comment évolueront les choses à la TV, un peu à la manière de ce qu'il se passe pour Dexter entre la série et les romans.
La série, en ce qui concerne son adaptation française, en est en ce moment à son 12è volume en bd ( chaque volume réunissant 5 épisodes), et la série télé à son 6 ou 7è épisode.
Enjoy!

vendredi 29 octobre 2010

Marvel Zombies: Le Retour


Les super zombies sont de retour!
Après une petite parenthèse s'intéressant à des personnages plutôt secondaires comme Machine-Man ou Morbius, place aux vraies vedettes de la série: les plus grands super-héros Marvel transformés en zombies.
Nous les avions laissés alors que T'Challa les avait envoyés dans une dimension parallèle afin de sauver son monde en reconstruction. Ils débarquent donc dans une autre dimension (encore une, ça devient Sliders ce truc!) en retard de quelques années par rapport à la notre, ce qui sera l'occasion de se confronter à des versions plus jeunes d'eux mêmes.
Le dessin en profite pour donner dans le "retro", et on a parfois l'impression de lire un comic des années 60/70 (surtout pour les deux épisodes concernant Spider-Man), sauf qu'on y bouffe des gens. C 'est aussi un aperçu de ce qui s 'est passé dans la dimension d'origine des zombies quand l'épidémie a fait son apparition. Autant le dire tout de suite: les super-vilains ne font pas le poids lorsque les héros oublient toute morale!
Pour une fois la saga est l'oeuvre de plusieurs équipes, même si Fred Van Lente signe le scénario de deux des cinq épisodes.

lundi 11 octobre 2010

Le Fléau: Le Cauchemar Américain


Les deux adaptations du King se suivent de près. Ce mois-ci c 'est au tour de la troisième partie du Fléau.
Comme le roman dont elle est tirée, la bd prend son temps, et on termine ici la présentation des personnages avec les deux qui manquaient encore: Harold Lauder, le jeune écrivain tourmenté amoureux de Frannie Goldsmith, et L'Homme Poubelle, l'incendiaire fou et dégénéré.
La super grippe a rempli son office et il ne reste pratiquement plus que les immunisés, le reste finit d'agoniser.
Les survivants décident de ce qu'ils vont faire de leur vie dans ce monde dévasté tandis que l'ombre de Randall Flagg se fait de plus en plus menaçante.
Comme depuis le début, c 'est une adaptation à la lettre près du monument de Stephen King, au point que le texte est parfois envahissant et redondant. De son côté le dessinateur parvient tout de même à placer quelques moments de folie, notamment lors des séquences de rêve ou de délire ou il s'affranchit enfin des cases pour faire exploser son art sur la page entière. Dommage que ces initiatives ne soient pas très nombreuses, sans doute bridées par le maître de Bangor qui veille jalousement sur son bébé.
3è volume de 60 pages, soit 180 pages de bd jusqu'ici, et on n'en est encore qu'à l'introduction. La bd risque au final de compter le même nombre de pages que le roman. J'espère que Roberto Aguirre-Sacasa et Mike Perkins ont un contrat de longue durée!

mercredi 29 septembre 2010

La Tour Sombre: Tome 8




Huitième partie des aventures de jeunesse de Roland Deschain.
Alors que les préparatifs pour la fête en l'honneur de Roland, Alain et Cuthbert battent leur plein, le piège se resserre sur Steven, son père: Maerlyn a convaincu sa maîtresse, l'épouse de Steven, de l'aider dans ses noirs desseins, et pour faire bonne mesure John Farson, "L'Homme de Bien", a envoyé de son côté un de ses agents déguisé en ménestrel à la cour de Gilead.
Aileen, la fille de Cort, tente de se rapprocher de Roland, mais celui-ci a toujours à l'esprit Susan Delgado, son amour défunt.
Rien à dire qui n'ait déjà été dit à plusieurs reprises: c 'est toujours aussi bien écrit et toujours aussi bien dessiné.
Les suppléments du jour ont pour thème les poisons et les plantes vénéneuses utilisés dans l'Entre-Deux Monde ainsi que les fêtes saisonnières.

mercredi 30 juin 2010

King Comics





La publication française de l'adaptation des deux monuments de Stephen King en comics se poursuit avec un deuxième volume pour Le Fléau et un septième pour La Tour Sombre, qui font la part belle à Randall Flagg/ Maerlyn, puisque les deux personnages sont censés ne faire qu'un.
Cette information n 'est pas sans poser problème cependant puisque dans Le Fléau on nous présente le marcheur comme un homme de notre monde (enfin, du monde dans lequel l'action se déroule), avec force détails sur ses activités au cours de sa supposée vie, preuve que le maître du fantastique n'avait guère prévu pour lui pareil destin. Mais tout s'arrange plus ou moins puisque l'on sait que certains personnages de La Tour Sombre font sans cesse des aller-retour entre les mondes. Okay, c 'est bon pour cette fois Stevie, mais fais gaffe quand même, on t'a à l'oeil!
Dans Le Fléau, nous en sommes au moment où le gouvernement américain commence à paniquer devant l'ampleur de l'épidémie de super grippe et met tout en oeuvre pour cacher son implication dans l'accident qui a libéré le virus mortel, n'hésitant pas à recourir à l'assassinat pour couvrir ses arrières, tandis que Randall Flagg, par l'odeur de la chair en décomposition alléché, se met en marche.
De l'autre côté, son alter égo, pourtant chassé de la cour de Gilead, reprend contact avec l'épouse déchue de Steven et l'arrache au monastère où elle s'était retirée, profitant des sentiments qu'elle nourrit toujours à son égard pour l'impliquer dans son complot, tandis que Roland trouve enfin la force de se soustraire à l'influence du pomélo et à remettre celui-ci à son père.
L'ambiance, qui s'était faite très colorés ces derniers temps redevient plus sombre, et les couleurs de Richard Isanove transcendent littéralement les crayonnés de Jae Lee.
Les suppléments traitent cette fois-ci des différents ordres religieux de l'entre-deux monde: les soeurs de la rose qui hébergent la mère de Roland et les Manni, ceux qui voyagent entre les mondes et qui cultivent le Shining, une puissance mentale présente chez certains individus, comme chez le petit Danny (dans le roman "Shining" justement).
Pour Le Fléau, c 'est plus classique, mais très efficace. Un trait clair et plutôt classique au service des textes de King.
Il ne faudrait pas en effet que le dessin prenne le dessus sur la prose du King qui veille jalousement à ses intérêts.

lundi 28 juin 2010

Kick-Ass: du Comic-Book au film.



Un peu trop à la bourre pour parler de la sortie ciné du film, je profite de la sortie du deuxième volet des aventures du super héros amateur pour faire un comparatif, l'histoire étant désormais complète.
Au moment où le film est sorti sur les écrans je n'avais lu que la première partie, et déjà quelques détails différaient entre les deux versions, mais c 'est en lisant la deuxième partie que l'on se rend compte du travail d'adaptation de Matthew Vaughn et de ses scénaristes. Pour autant on ne peut pas parler de trahison, les auteurs de la BD ayant participé activement à la transposition à l'écran de leur oeuvre ( les dessins qu'on peut voir dans le film sont par exemple signés de John Romita Jr) et le contrat pour le film ayant été signé avant que la saga ne soit publiée dans son intégralité, Mark Millar a laissé carte blanche au cinéaste pour boucher quelques trous.
Tout d'abord, le gros problème posé par la comic book était son extrême violence, et surtout qu'elle soit le fait d'adolescents et même d'une petite fille. Le film, pour violent qu'il soit, l' édulcore quelque peu. Cela reste très sanglant, mais les combats étant très rapides ( nul besoin de faire des ralentis à tout va lorsqu'on adapte une bd, prenez-en de la graine messieurs Rodriguez et Snyder!) le spectateur n'a pas vraiment le temps de voir tous les détails sur lesquels d'ailleurs on ne s'appesantit pas, contrairement aux cases de la bd où l'on a tout loisir d'observer les viscères des victimes de la micro-ninja. La scène où Kick-Ass se fait electrocuter le service trois pièces a aussi disparue.
Un autre aspect encore plus fortement édulcoré est la violence verbale, surtout en ce qui concerne les répliques de la petite fille. On sait les USA très prudes en la matière (et en Angleterre c 'est encore pire), il n 'est donc pas étonnant que les plus gros mots soient passés à la trappe.
Mais tout ceci n 'est en fait qu'un léger lifting, une étape obligée pour qu'on tel film trouve tout de même le chemin des salles obscures, et on se doute qu'il a dû causer quelques nuits blanches aux membres de la commission de censure!
Le plus gros changement par rapport à la bd concerne le héros, ou plutôt l'anti-héros, qui s'avère largement plus sympathique dans le film, chose assez compréhensible, il faut après tout que le spectateur puisse s'identifier au personnage principal. Dans le Comic on est limite content qu'il lui arrive des malheurs tant il est agaçant.
A noter aussi des différences notables entre le duo Hitgirl/ Big Daddy du comic book et celui du film, sans doute afin d'éviter trop d'attaques des ligues familiales, il faut reconnaître que leur destin est tout de même assez glauque ( oui, bien plus glauque que dans le film! futurs lecteurs accrochez-vous!).
Malgré tout, le film reste remarquablement fidèle au matériau d'origine. Matthew Vaughn a su très intelligemment apporter les modifications nécessaires à son passage au grand écran, respectant finalement plutôt bien l'esprit de la bd plutôt que de chercher à faire à tout prix un copier coller genre Watchmen.
Quand je pense que c'est ce type qui devait réaliser X-Men 3 au départ!

lundi 29 mars 2010

Le Fléau - Aguirre-Sacasa, Perkins, Martin


Vous allez dire que je suis un monomaniaque de Stephen King, mais que voulez-vous, j'adore ce type, et comme en ce moment les adaptations en comics de ses bouquins poussent comme des champignons je suis tout heureux, d'autant plus que les adaptations en question sont plutôt réussies.
Comme La Tour Sombre, Le Fléau est l'une des oeuvres fétiches de son auteur et ce n 'est pas un hasard si les deux récits finissent par se téléscoper; Maerlyn, le méchant de La Tour Sombre, s'avérant n'être autre que Randal Flagg, celui du Fléau.
A la différence de la série médiévalo-western du maître de Bangor (qui a depuis émigré en Floride, il devait commencer à avoir des rhumatismes) Le Fléau ( The Stand en v.o) avait déjà fait l'objet d'une adaptation au petit écran par Mick Garris, intronisé on ne sait pourquoi adaptateur officiel de King. Télévision oblige, la violence et la noirceur du roman furent singulièrement édulcorées. Même s'il s'était déclaré satisfait du résultat, Stephen King devait tout de même se dire que son oeuvre phare méritait mieux.
Arrive Marvel Comics, déjà responsable de la version bd de La Tour Sombre et qui lui propose de faire de même avec Le Fléau. Déjà fort satisfait de leur première collaboration, King signe les yeux fermés et le résultat est désormais visible en version française chez Delcourt.
Contrairement à La Tour Sombre qui traite d'événements ayant seulement été vaguement évoqués dans les romans, il s'agit ici d'une adaptation littérale du pavé paru dans les années 70. Autant dire que l'auteur surveille son bébé de près. De fait la bd est beaucoup plus verbeuse, on sent que le maître veille à ce que tout ce qu'il a écrit se retrouve dans les albums. Il y a bien sûr un travail d'adaptation, les longs chapitres sont découpés et entrelacés avec d'autres pour dynamiser l'action et permettre de présenter les personnages principaux sans que chacun ait besoin pour cela qu'un volume lui soit dédié, mais à part le découpage, dans les séquences en elles-mêmes, on sent que King a pesé de tout son poids pour que sa prose se retrouve quasi-intégralement transcrite.
Côté dessin, c 'est Mike Perkins qui est chargé de donner vie à l'univers de King et il faut avouer que le bougre s'en sort plutôt bien. Dans un style très réaliste qui ne rechigne pas à montrer toute l'horreur de cette grippe mortelle qui ravage la planète. Après avoir vu les illustrations représentant les victimes on n'a qu'une envie: appeler Roseline Bachelot pour lui commander un stock de Tamiflu!
Le premier album regroupe les quatre premiers épisodes de la série, qui risque de durer longtemps si l'adaptation va jusqu'au bout des quelques mille pages que compte le roman original.
En tout cas vivement la suite!

vendredi 19 mars 2010

Marvel Zombies 4 - Van Lente / Walker


La saga des morts-vivants made in Marvel continue avec cette aventure qui fait directement suite à la précédente, avec les même auteurs aux commandes.
Malgré tous les efforts de Machine Man et Jocaste (voir épisodes précédents), un zombie s 'est introduit dans l'univers Marvel "normal", et pas n'importe lequel puisqu'il s'agit de Deadpool, le mercenaire qui n'a pas sa langue dans sa poche. Aussi bavard que l'original, être réduit à une tête ne lui enlève rien de son bagout.
Les autorités dépêchent à ses trousses un commando formé de personnages quelque peu perdus de vue ces dernières années: Morbius, donc, le vampire ancien ennemi de Spider-Man, déjà apparu dans la série précédente, Le Loup Garou attitré de l'univers Marvel, Hellstrom, le fils de Satan en personne auxquels se joignent la sorcière Jennifer Kale et son ami l'Homme Chose.
Comme si la présence d'un zombie extrémement contagieux ne suffisait pas, voilà que Dormammu, seigneur de la dimension de l'ombre, le vieil ennemi du Docteur Strange, voit dans cette peste zombie un moyen d'enfin entrer dans la dimension Marvel afin de la conquérir.
On le voit la saga des zombies permet aux auteurs d'utiliser des personnages trop souvent relégués au second plan, voire complétement oubliés, et comme ils sont peu connus du public actuel, ils peuvent tout aussi bien disparaître, ce qui crédibilise le danger qu'ils encourent.
L'histoire étant plutôt bien écrite, on s'attache à ses personnages obscurs à plus d'un titre, et on tremble vraiment pour eux. L'illustration est sombre à souhait, juste colorée de temps à autre par les geysers de sangs et de tripaille lors des attaques des zombies.
Finalement la série permet d'utiliser tout le potentiel de personnages autrement brimés par l'univers plutôt gentillet des super héros en général. Peut être auront-ils assez de succès pour qu'on les retrouve dans une série régulière, en équipe, ou chacun dans leur coin.
Ceci dit, même si on apprécie énormément ce nouvel éclairage sur des gloires passées, l'annonce du retour des super zombies originaux lors de la prochaine série a de quoi nous faire saliver.

mercredi 16 décembre 2009

Marvel Zombies 3 - Fred Van Lente/ Kev Walker



Suite de la saga des morts vivants made in Marvel, avec cette fois de nouveaux auteurs et de nouveaux personnages.
Robert Kirkman laisse la place à Fred Van Lente et Sean Phillips passe ses crayons à Kev Walker.
Le théâtre du carnage se rapproche de la terre 616, celle de l'univers Marvel, et seuls les robots Machine Man et Jocaste peuvent se dresser entre la réalité abritant les héros Marvel "normaux" et les super vilains de l'univers zombie, les "héros" étant partis dans l'espace après avoir mangé le Surfer D'Argent et Galactus. Les méchants zombies, dirigés par le Caid assisté du Chacal, ont même déjà placé un des leurs sur terre 616 et n'attendent que son signal pour l'envahir.
On pourrait penser que les personnages principaux n'étant pas de chair et de sang ne risquent rien de la part des monstres anthropophages, mais ils ont beau être des zombies ils n'en restent pas moins redoutables, même s'ils ne peuvent pas manger des robots ils disposent tout de même de fantastiques pouvoirs.
D'ailleurs Machine Man en a marre de sauver des humains qui ne le traitent pas mieux qu'un grille-pain, et n'accepte la mission que contre des espèces sonnantes et trébuchantes, une réaction ma foi bien humaine, et la proximité de la belle androïde pourrait bien lui faire franchir une étape supplémentaire vers l'humanisation.
On le voit, le départ de Kirkman et de Phillips n'empêche pas Marvel de capitaliser sur un concept très juteux, et il faut s'attendre à d'autres récits mettant en scène les avatars zombifiés de nos héros, et vilains, préférés!

vendredi 20 novembre 2009

La Tour Sombre: Part 6



Sixième tome à paraître en France de l'adaptation en BD de la saga fleuve du King, et début de la troisième mini-série.
Roland Deschain et ses amis sont de retour à Gilead après leur tragique mission à Hambry et les préparatifs pour la fête en leur honneur battent leur plein, mais tout ne va pas bien pour autant, loin de là.
Roland est toujours sous l'influence du Pomélo de Maerlyn et reste cloîtré dans sa chambre. Du coup les protagonistes de l'histoire sont surtout ses amis Cuthbert et Allain, qui viennent d'être nommés pistoléros à leur tour, attisant ainsi des jalousies auprès de leurs anciens camarades, tandis qu'une jeune fille qui rêve de devenir pistoléro elle aussi fait son apparition. De son côté, Steven, le père de Roland et chef des pistoléros part en expédition contre les hommes du Roi Cramoisi.
Les éléments se mettent doucement en place pour une nouvelle aventure. De fait les premières pages de l'album reflètent la quiétude et la joie de vivre qui règnent à Gilead: on voit enfin un ciel bleu et de l'herbe verte!
mais on se rend bien vite compte que cela ne va pas durer. On retourne bientôt vers les ténèbres des couloirs du château et les plaines plongées dans l'ombre où se cachent les hommes du Roi Cramoisi.
Les dernières pages sont cette fois réservées à la place de la femme dans la société très patriarchale de l'entre deux mondes, un état de fait que la nièce de Cort, le vieux maître d'armes des apprentis Pitoléros, entend bien changer.

lundi 29 juin 2009

La Tour Sombre: Part 5


5è partie donc (vous ne l'aviez pas vue venir celle-là hein!) de l'adaptation de la saga chérie du maître de la littérature fantastique moderne, avec toujours la même équipe ( c 'est rare aux USA): Robin Firth, Peter David, Jae Lee et Richard Isanove.
On reprend où on en était resté la dernière fois, Roland est toujours prisonnier du Pomélo de Maerlyn. Tandis qu'Alain se jette au secours de son ami dans la boule magique, Cuthbert doit faire face à une horde de loups mutants envoyés par le Roi Cramoisi. Ce dernier apparaît d'ailleurs dans le pomélo pour tenter Roland.
L'histoire se fait de plus en plus sombre et la gamme chromatique suit le mouvement. D'ailleurs ici les couleurs sont réduites au strict minimum, les deux groupes de personnages se trouvant dans des lieux à la limite de l'abstraction: au monde rose du Pomélo s'oppose la plaine désolée et plongée dans les ténèbres et la brume où gisent les corps inanimés de Roland et d'Alain sur lesquels veille Cuthbert. Seuls les ombres des monstres et leurs yeux brûlant comme des braises animent le paysage.
Les appendices nous renseignent cette fois sur la faune et les peuples de l'Entre-Deux Mondes, ces formes de vies difformes nées des retombées radio-actives de la guerre totale du temps des anciens, et sur les gardiens de la tour, ces animaux totémiques dont on ne sait s'ils sont réels, magiques ou technologiques, ainsi que sur North Central Positronics, la firme à l'origine des fameux Dogans et des divers robots apparaissant dans les romans de King. Une carte du Monde Ultime, la dernière étape du long voyage de Roland et de ses compagnons dans les romans ( évènements qui se déroulent donc plus de 40 ans après ceux relatés dans ce volume), clôt le livre.

jeudi 14 mai 2009

X-Men Origins: Wolverine - Gavin Hood


La saga X-Men continue de s'étaler sur grand écran.
Après trois films sur l'équipe plus ou moins au complet, voici que déboulent dans les salles obscures les aventures en solo du plus populaire des mutants: Wolverine.
Dire qu'il était attendu au tournant par les fans est un euphémisme, mais le succès des trois précédents opus avait plus (les deux premiers) ou moins (le troisième) rassuré quant à la faisabilité du projet, et Hugh Jackman était parvenu à s'imposer comme seul et unique interprète possible du Canadien caractériel.
Au poste de réalisateur, le Sud-Africain Gavin Hood, pas vraiment un spécialiste de ce genre de film, mais quelqu'un qui s'interesse davantage à la psychologie de ses personnages, un peu comme Bryan Singer quoi.
Le resultat est un film d'aventure qui se suit sans déplaisir ni temps mort, parsemé de quelques bonnes scènes d'action, un film pop corn dans le bon sens du terme. Plutôt étrange quand on connaît le matériau de base, plutôt sombre et très brutal, et surtout puisqu'on nous avait assuré, sans doute en réaction au succès colossal remporté par Dark Knight, que Wolverine serait un film très dark. Effet d'annonce des plus opportuniste, puisque les responsables des studios Marvel n'ont jamais voulu en faire autre chose qu'un PG 13.
Le scénario s'inspire des saga les plus importantes dans l'histoire du mutant griffu: Wolverine Origins et bien sûr le Weapon X de Barry Windsor Smith, auxquelles sont venues se greffer d'autres sous-intrigues pretextes à caser un maximum de personnages.
Les meilleures parties du film, et de loin sont la séquence d'ouverture et le générique. Cette première, collant à Wolverine Origins, nous montre un tout jeune James Howlett découvrant ses pouvoir, avec un élément inédit dans la bande dessinée: Victor Creed, futur Dents De Sabre, est présenté comme son demi-frère. Liberté d'autant facilement acceptable par les fans qu'il fut un temps où l'on soupçonnait le tueur à gages d'être son père. Le générique quant à lui, à la façon de celui du récent Watchmen, nous montre le duo formé par les demi-frères mutants alors qu'ils évoluent au coeur des conflits majeurs du 20 è siècle (leur pouvoir auto-guerisseur les rendant virtuellement immortels), jusqu'à la guerre du Viet Nam.
Le reste du film, pour divertissant qu'il soit, est largement en deça, mais se laisse suivre sans ennui. Les personnages défilent comme autant de clins d'oeils au fans de la première heure (Gambit, le Blob, Emma Frost, et même un tout jeune Scot Summers, futur leader des X-men et rival de Wolvie).
PG 13 oblige, la brutalité des combats est revue à la baisse, et même si Logan taille joyeusement dans le tas, pas une goutte de sang n'apparait à l'écran.
Mais la révélation du film est sans conteste Liev Schreiber, le Cotton Leary de la série Scream, le Orson Welles de Citizen Welles campe ici un Dents de Sabre impressionnant de méchanceté gratuite, de charisme et de sauvagerie en roue libre, au point de pratriquement voler la vedette au héros.
Dans un autre registre, Lynn Collins, qui joue le rôle de Silver Fox, l'amour assassinée de Logan, est un régal pour les yeux.
Un héros musclé qui passe une bonne partie du film à poil, un méchant véritablement magnétique, un déluge de scènes d'action et d'effets spéciaux, une jolie brunette, bref tous les ingrédients sont réunis pour un film qui plaira à toute la famille!

jeudi 16 avril 2009

Le Shaolin Cowboy- Part 3


Suite des aventures du Shaolin Cowboy, et cette fois les choses deviennent sérieuses. Ou plutôt complétement cinglées!
Jusqu'ici notre héros n'avait affronté que des adversaires somme toute plutôt faciles. Ils compensaient leur relative faiblesse par leur nombre ( livre 1) ou par un caractère véritablement increvable, même coupés en morceaux ( livre 2).
Jusqu'ici Le Shaolin Cowboy ne faisait qu'errer dans un desert sans fin.
Jusqu'ici Geoff Darrow n'avait pas se fouler pour les décors.
Tout ceci change dans cette troisième livraison du comic book ultra gore du génie du crayon. Ainsi que l'indique le titre, nous allons à la ville! Mais pas n'importe quelle ville, ce serait trop simple, la ville en question, invoquée par les collègues de Mr Excellent, se trouve sur le dos d'un énorme lézard qui va gober notre laconique combattant, le projetant ainsi dans les égouts particulièrement mal fréquentés de la citée. Là, au milieu des cadavres en putréfaction dont se nourrit toute une foule de charognards, et séparé de son fidèle compagnon, la mule parlante nommée Evelyn D. Winnieford, le Shaolin Cowboy se retrouve aux prises avec une horde de requins avides de chair fraîche.
Après avoir repoussé les limites de la folie furieuse dans les deux premiers volumes, Geoff Darrow les explose littéralement ici. maintenant c 'est certain: après un coup pareil on ne peut plus rien prendre pour acquis, on sait que l'auteur est fou à lier.
Mais Dieu que c 'est jubilatoire!

jeudi 12 mars 2009

Who Watches The Watchmen?


Plus de vingt ans après sa parution, deux decennies de “developpement hell” après la sortie de son premier numéro, l’adaptation de l’oeuvre phare d’Alan Moore et Dave Gibbons prend vie sur les écrans du monde entier.
C’est un succès, aussi bien du point de vue économique que critique ( même si quelques voix discordantes, comme toujours, se font entendre), mais est-ce une bonne nouvelle pour autant ?
Que faut-il penser de cette tendance à adapter comics, mangas et bandes dessinées diverses à l’écran?
Certains argueront que là au moins « les images bougent », donc c’est plus facile à suivre, d’autres diront que la bande dessinée a de tout temps été la petite sœur du 7è art, ce qui sous-entend qu’elle lui est inférieure justifiant ainsi l’adaptation, d’autres encore que le récit touche ainsi plus de monde (on lit de moins en moins, de la bd comme autre chose), d’autres enfin, plus réalistes, diront que si une bd rapporte du fric, un film qui sera tiré en rapportera aussi !
Le raisonnement purement mercantile derrière ces opérations laisse de côté de nombreuses interrogations. Une œuvre, quelle qu’elle soit, ne devrait-elle pas se suffire à elle-même? La bande dessinée n’est-elle pas une forme d’art à part entière? A-t-elle besoin de répondre à l’appel des sirènes d’Hollywood pour exister? Le cinéma est-il à ce point en crise qu’il ne peut plus alimenter les salles qu’en cherchant l’inspiration ailleurs? Et surtout, une bande dessinée n’est-elle qu’un storyboard amélioré qu’il suffirait de suivre pas à pas pour en réaliser une adaptation fidèle ?
C’est en tout cas ce que semble penser Zack Snyder qui reproduit ici la recette appliquée au 300 de Frank Miller. En voyant le film on a vraiment l’impression que les cases se sont animées, mais cela fait-il forcément de Watchmen- le film un bon film, ou même une bonne adaptation?
Derrière chaque planche, derrière chaque case, derrière chaque trait du comic book de Moore et Gibbons il y avait une profonde réflexion sur la nature, l’histoire et la fonction du comic-book. Je doute fort qu’il en aille autant de chaque photogramme du film de Zack Snyder. Moore et Gibbons profitaient du format épisodique de leur bande dessinée pour se approfondir leurs personnages ; appliquée à un film de 2h45 cette technique donne une impression de pagaille narrative; on passe arbitrairement de la voix intérieure d’un personnage à celle d’un autre, et l’effet se rapproche de celui obtenu avec les films à sketches, peut être d’ailleurs Snyder aurait-il du davantage s’en inspirer. Enfin, à quoi bon évoquer de nos jours un 1985 uchronique, fruit de l’apparition du seul surhumain de la planète dans les années 60? Ne risque-t-on pas de perdre en route la majorité des spectateurs potentiels qui, dit-on, ne sont guère férus d’histoire?
Watchmen-Le Comic-Book, était une œuvre adulte, complexe, exigeante. Vouloir en faire un produit de consommation de masse est à coup sûr la dénaturer. La bande-annonce était déjà assez mensongère dans sa tentative de séduire les fans de films d’action. Le film lui-même va un peu plus loin en en rajoutant dans le gore et la violence, histoire d’appâter le chaland, et laissant de côté de nombreux aspects psychologiques.
Pour autant le film est loin d’être mauvais. La photographie est superbe, les acteurs excellents, la direction artistique irréprochable… Il est même beaucoup plus complexe que la plupart des films de super héros. Mais il doit toutes ses qualités à l’incroyable richesse du comic-book qui, même dénaturé, reste un véritable monument, mais certainement pas à Zack Snyder qui se spécialise de plus en plus dans les adaptations à l’image près et oublie de construire une œuvre personnelle.
Son succès est même son plus grand défaut, car les millions qu’il rapporte vont appeler d’autres adaptations du même tonneau, et comme de nos jours on peut véritablement tout faire au cinéma, je vois mal les producteurs se gêner.
Seulement être capable de faire n’importe quoi justifie-il qu’on doive absolument le faire ?

mardi 24 février 2009

Robocop: Delta City- Frank Miller, Steven Grant & Juan José Ryp


Petit retour en arrière...
En 1989, devant le succès du film réalisé par Paul Verhoeven, les producteurs se disent qu'il serait judicieux de donner une suite à Robocop. Pour en écrire le scénario ils font appel à Frank Miller, auteur de comics très violents et ancrés dans la réalité urbaine américaine, apparemment le choix idéal. Se basant sur les éléments qui ont fait le succès du métrage original, Miller livre un script brutal et très caustique qui effraie les financiers ( ils ont vu le premier film au fait?). Le scénario sera donc révisé de nombreuses fois avant d'être confié à Irvin Kershner qui réalisera le film sympathique mais quelque peu raté que l'on connaît.
2005, le petit éditeur Avatar Press récupère les droits d'adaptation du personnage en bandes dessinées. Le scénario original de Miller ayant acquis au fil des années le statut de légende urbaine, le directeur de publication , William Christensen se dit qu'il serait sympa de sortir un comic-book basé sur le script maudit du maître. Il confie l'adaptation du traitement de Frank Miller à Steven Grant et la mise en images à Juan José Ryp.
Dès la première page une référence saute aux yeux: on se croirait presque devant des planches de Hard Boiled, le délire de Miller et Geoff Darrow sorti au début des années 90; les cases sont surchargées de détails, le sol jonché de douilles d'armes automatiques en mode mise à feu perpétuel, les véhicules et les bâtiments sont criblés de balles, et Robocop lui-même n'est qu'une ruine ambulante.
On est loin du chevalier à l'armure scintillante du deuxième film de la saga!
L'ambiance est beaucoup plus glauque, et ce dès le départ: la grève de la police bat son plein et seul Robocop assure encore son service, ne prenant pas le temps nécessaire à sa maintenance. Il est bientôt victime de défaillances mécaniques et électroniques, auxquelles s'ajoutent les souvenirs résurgents de sa famille.
De son côté, L'OCP tente depuis des années de reproduire leur unique réussite en matière de policier cyborg, mais comme dans le film ils essuient échec sur échec. C 'est alors qu'une jeune cadre dynamique, qui était il y a peu encore leur plus farouche opposante, vient leur proposer une nouvelle approche...
Une évidence s'impose, que l'on soupçonnait depuis la sortie du film: les meilleurs moments , les meilleures idées, sont bien l'oeuvre de Frank Miller! les fausses pubs, qui sont les même à la virgule près, la grève de la police ( qui menaçait déjà dans le premier film), le personnage de la jeune louve aux dents longues ( alors que l'on ne sait rien de son passé dans le film), et on est loin des images propres et baignées de lumière d' Irvin Kershner, bien plus à l'aise dans les univers aseptisés à la Star Wars ( il en a d'ailleurs réalisé le meilleur épisode) que dans la réalité brutale et crasseuse des rues livrées au crime et à la corruption.
Le premier volume a été édité en France chez Albin Michel, mais bizarrement la suite se fait attendre...

jeudi 12 février 2009

La Tour Sombre :Part 4

Suite de l'adaptation en bd de la saga westerno-fantastico-médiévale de Stephen King par Peter David, Jae Lee, Robin Furth et Richard Isanove.
La première mini-série ( publiée en trois volumes en France chez Fusion Comics) s'était achevée sur une note tragique avec la mort de Susan Delgado, l'amour de Roland. La deuxième mini-série reprend le récit immédiatement là où il s'était arrêté. Poursuivis par les gens de Hambry qui, manipulés par Maerten Largecape, prennent les pistoleros pour des assassins, Roland et ses amis Cuthbert et Alain doivent fuir, mais Roland est bientôt piégé par le Pomelo, l'espèce de boule de cristal magique du roi cramoisi utilisée par celui-ci et ses serviteurs poursurveiller le territoire. Tandis que ses compagnons veillent sur son corps inerte, l'esprit de Roland erre dans le monde rose du Pomelo où il retrouve ses ennemis, ceux qu'il a tués , et ceux qui sont encore en vie et le narguent.
La première mini-série était une adaptation directe des romans de King, surtout du quatrième " Wizard And Glass", et plus particulièrement de la partie concernant le passé de Roland. Cette nouvelle livraison traite d'événements à peine esquissés dans les romans, et Robin Furth, ancienne assistante de Stephen King a , avec l'aval du maître, imaginé la suite directe des aventure des jeunes pistoléros. Le ton est de plus en plus sombre, la situation des héros est plus que desespérée. La mise en image colle plus que jamais à l'écriture et fait fait la part belle aux ombres envahissantes et aux couleurs sombres, alternant les "splash pages" et les planches plus découpées suivant les situations. Les dernières pages du volume sont une fois de plus consacrées à la mythologie du monde imaginé par King, continuant la saga d'Arthur Eld, l'ancêtre de Roland et créateur de l'ordre des pistoleros.

mercredi 31 décembre 2008

MARVEL ZOMBIES- ROBERT KIRKMAN & SEAN PHILLIPS

Voilà une bd qui s’adresse à tous ceux qui trouvent les super-héros trop lisses, trop gentils, trop mignons.
Vous qui en avez marre que Spider-Man se fasse sans arrêt du mouron pour sa pauvre vieille tante au cœur malade, vous qui ne comprenez pas que Hulk ne tue personne alors qu’il ravage une ville entière, vous qui rêvez de voir à quoi peut réellement servir le bouclier de Captain America, réjouissez-vous : les héros Marvel ne sont plus ce qu’ils étaient.
En effet, ils sont ici transformés en zombies et boulottent tous ceux qui croisent leur chemin!








Tout a commencé dans les pages de Ultimate Fantastic Four.
La ligne Ultimate est une sorte de réactualisation de l’univers Marvel. Il est occupé par des héros semblables à ceux que nous connaissons ( Spidey, Les FF, les X-Men…), mais sont plus ancrés dans le 21è siècle ( alors que les héros classiques ont débuté pour la plupart au début des années 60), ceci, bien entendu , dans le but de séduire un public plus jeune qui n’a pas envie de s’embarrasser de plus de 45 ans de continuité.
Hors, donc, au cours d’une des aventures du plus célèbre quatuor de la galaxie, ceux-ci se retrouvent, à la manière des héros de la série Sliders, dans une dimension parallèle où un virus extra-terrestre a contaminé les héros, qui se sont ainsi transformés en monstres affamés de chair humaine. Ce sont une fois de plus les mêmes personnages, sauf que cette fois ce sont des zombies anthropophages.
L’histoire aurait pu en rester là, mais le responsable éditorial Ralph Macchio (dont les fans de feu Special Strange se souviennent), voyant le potentiel d’un tel concept, demande à Robert Kirkman, déjà auteur de The Walking Dead pour Image comics, d’écrire une mini série sur les héros zombies. Celui-ci accepte à condition d’avoir carte blanche. Il veut pouvoir mettre en scène des actes ignobles accomplis par les plus grands héros Marvel. Macchio accepte , et le résultat est une première mini série de cinq épisodes parus en 2006.
Cette première histoire relate les dernières heures des derniers resistants « humain » ( Magneto et ses acolytes et la Pantère Noire) jusqu’à l’arrivée du plus grand des affamés : Galactus, le dévoreur de mondes!
Les scénarios bourrés d’humour noir de Kirkman sont illustrés avec la noirceur qui convient par Sean Philips, à qui on pourrait reprocher d’un peu trop cacher ses personnages dans l’ombre, mais dans l'ensemble son style convient bien à l’ambiance glauque du récit. Cependant on salive en pensant à ce qu’aurait pu faire un type de la trempe d’un Bernie Wrightson avec un tel script !
La cerise sur le gâteau, ce sont les couvertures originales illustrant chaque épisode américain. Réalisées par Arthur Suydam, ce sont toutes des relectures de couvertures classiques, mais avec les personnages zombifiés. Le succès a d’ailleurs été tel que la série fut rééditées, avec de nouvelles couvertures. Ces véritables tableaux figurent tous dans le volume édité par Panini Comics.
Après un one-shot paru en juillet 2007,une nouvelle mini-série voit le jour entre décembre 2007 et avril 2008. Toujours signée des même auteurs elle relate le retour sur terre des zombies 40 ans après les événements de la première série. Ayant dévoré tout l’univers ils reviennent sur terre pour voir s’il n’y resterait rien à se mettre sous la dent.
A noter que pour faire patienter les fans un crossover entre Marvel Zombies et Evil Dead a été réalisé par John Layman (scénariste) assisté de Sean Philips, Fernando Blanco et Fabiano Neves, où Ash, le célèbre anti-héros de la trilogie horrifique de Sam Raimi, rencontre, au détour de ses aventures extra-dimensionnelles, les fameux mort-vivants.
Les couvertures sont bien-entendu toujours signées Arthur Suydham.
En attendant la suite des aventures gustatives des super-zombies, les trois volumes sont disponibles chez Panini comics.
Une jolie idée cadeau pour Noël !