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mercredi 20 novembre 2013

COTE CANARDS , COTE JARDINS...


Amiens, dimanche 13 octobre 2013, 6h du matin.

C'est dans un coin sombre du Parc de la Hotoie que le départ des 100 km du Val de Somme est donné, presque en secret, pour moins de 150 coureurs, dans une ambiance quasi clandestine, comme pour s'excuser de troubler pour un jour la quiétude de la ville d'Amiens. Pourtant certains font tout pour se faire remarquer, à commencer par notre carnavaleux qui sévit sur toutes les courses de la région, de Steenwerck aux Terrils Raismois, et l'ami Vivien qui a toujours autant la PATATE !

Deux petites boucles à pas feutrés dans la ville endormie et, aux premières lueurs de l'aube, nous nous engageons sur les chemins de halage des berges de la Somme. Les choses sérieuses peuvent enfin commencer !

Féérie des paysages embrumés, symphonie des canards en couacs majeurs, fraîcheur et pureté de l'air, les conditions sont idéales pour la course de grand fond. Suivant le fil de l'onde, nous progressons à vive allure vers la mi-course entre discussions avec les charmants (et charmantes) bénévoles des ravitos et coucous aux photographes.

Mais nous quittons bientôt les bords enchanteurs du fleuve pour gagner les hauteurs, nous ne sommes pas vraiment dans le Plat Pays ! Nous commençons à croiser les premiers du classement qui repartent en sens inverse, c 'est ainsi que nous apercevons Land accompagné d'Astro.

Emportés par l'euphorie nous « sautons » le ravito du 40è km, erreur dont nous ne tarderons pas à payer le prix.

Le chemin est en effet encore long jusqu'à la mi-course et le changement de paysage, moins séduisant à ce moment là, tend à encore l'allonger !

Cependant, nous passons tout de même le marathon en 4h13 (nouveau record sur la distance pour Vivien) et la soupe du 46è kilomètre a tôt fait de nous requinquer !

La course revient sur ses pas, et les choses s'inversent peu à peu ; alors que je menais l'allure sur la première partie, c 'est maintenant Vivien qui me tracte. C 'est un diesel le Vivien, il lui faut au moins 40 km pour s'échauffer !

Aux alentours du 70è km, alors que nous croisons les marathoniens sur le point d'en finir (plus qu'une petite dizaine de kilomètre en ce qui les concerne), nous finissons par faire cause commune avec un certain Philippe avec qui nous jouions à nous dépasser à tout de rôle depuis un moment. La fin de course n'en sera que plus agréable !

En remontant le fleuve nous croisons ainsi Baboune, qui battra une nouvelle fois son record sur marathon ( il faudrait d'ailleurs que j'en refasse un, un de ces jours, histoire de remettre les pendules à l'heure) puis Vincent, un peu moins à la fête.

Nous nous engageons alors le long des hortillonnages, ces jardins des marais qui semblent flotter sur l'eau. Paysage inédit pour moi. Grand amateur d'espaces lacustres et marécageux je suis sous le charme et j'en oublie un peu mes douleurs aux jambes.

Nouveau coucou à Land et Astro.

L'après midi tire à sa fin, la lumière commence à décroître, l'aventure s'achemine doucement vers sa conclusion. Nous marchons de plus en plus fréquemment, mais notre folle chevauchée lors de la première partie de course nous assure d'exploser une nouvelle fois nos records respectifs.

Nous nous forçons donc à ne pas trop baisser l'allure et le dernier ravito passé plus question de marcher. Je serre les dents ( je suis, de loin, le moins en forme du groupe sur cette fin de course) et je m'accroche.

Nous quittons bientôt les rives du fleuve et mettons le cap sur le Parc de la Hotoie, tâche rendue quelque peu ardue par l'absence de signaleurs au cœur de la ville. La barrière horaire était de 14h sur cette course, nous sommes sur le point de terminer en 12h mais il n'y a déjà plus personne pour réguler le trafic, seule fausse note d'une organisation par ailleurs impeccable.

Enfin le parc est en vue, nous jetons nos dernières forces dans un sprint à trois pour terminer main dans la main en 12h04 !

Une petite bière pour arroser notre exploit, une douche rapide et retour « din Ch'Nord » grâce à Céline, notre chauffeur/ accompagnatrice/ photographe de choc qui nous a permis de faire une petite sieste en route.


Pour mon troisième cent bornes de 2013 j'ai donc battu mon record pour la troisième fois, conclusion idéale à une saison d'ultra exceptionnelle (trois 6h, nouveau record perso là-aussi), je me demande d'ailleurs comment faire mieux à l'avenir, sacré défi pour les prochaines années !


dimanche 1 septembre 2013

100 Kilomètres de Légende




Cléder, Bretagne, Côte des Légendes, dimanche 21 juillet, un peu avant 5 h du matin.

Des silhouettes affublées d'un œil lumineux au milieu du front s'agglutinent derrière la ligne de départ au pied de l'église occupée par une colonie de choucas. Dans le lointain des éclairs illuminent en silence l'horizon menaçant . La température est déjà douce, l'atmosphère électrique.

Je me positionne au milieu du peloton bigarré tandis que résonnent les dernières recommandations de l'organisation. Le signal du départ manque de me prendre par surprise. J'ai tout juste le temps d'enclencher mon chrono, emporté par le flot lumineux qui s'élance à l'assaut des 100 km du parcours sous les applaudissements des riverains matinaux.

Chacun trouve bientôt sa foulée et nous nous retrouvons vite en pleine campagne, la quiétude des petites heures du matin seulement troublée par le bruit de nos baskets et les faisceaux de nos lampes frontales. Les gens du coin sont des lève-tôts, et devant chaque porte, chaque chemin menant à une habitation nous trouvons un public enthousiaste quoi qu'encore un peu embrumé . Un tel accueil réchauffe le cœur et donne du courage ! On en aura besoin, nous en avons pour la journée !

Le jour point, la nuit dissipe peu à peu ses voiles, révélant une à une les mille merveilles du paysage, les champs, les bois, les courbes, les bosses et les creux au fond desquels languissent encore quelques langues de brume.

C 'est ainsi qu'apparaissent les ruines du château de Kergounadeac'h dans l'écrin de son parc boisé. Vision irréelle et bouleversante que ces tours et murailles se découpant sur le ciel blafard du petit matin, la fraîcheur de l'air contrastant avec l'accueil chaleureux des bénévoles des différents ravitaillements.

L'heure magique passe, le soleil s'installe, et après 2h30 de course il fait déjà chaud.

Passage au 25è kilomètre sur la place de Cléder, je m'engage à présent sur la boucle « mer » de ce 100km «  entre terre et mer ».

Après avoir goûté les fraises locales au ravito j'approche enfin le front le mer, sans oublier de saluer les riverains, visiblement fiers et heureux d'héberger un tel événement.

Km 30, passage au château de Kérouzère, magnifique bâtisse.

D'abord aperçue à l'horizon entre deux bosquets ou derrière une maison, la manche m' apparait peu à peu. Je l'entends rugir derrière les haies du chemin côtier, je hume l'air marin et enfin cours à ses côtés sur les deux kilomètres de plage qui nous emmènent à la distance du marathon.

4h20 pour 42 km, presque le temps de mon premier marathon il y a 3 ans ! Je mesure le chemin accompli depuis: décidément j'ai la pêche aujourd'hui ! Sauf qu'un kilomètre plus loin je suis obligé de marcher, écrasé par la chaleur, cette portion du parcours étant très exposée. Heureusement au ravito suivant on me donne des capsules de sel ! Véritable potion magique qui, si elle ne peut pas grand chose contre les douleurs musculaires, redonne du tonus et évite la déshydratation.

Empli d'une énergie nouvelle je me dirige d'un pas décidé vers la mi-course.

C'était compter sans les marches du manoir de Tronjoli ( très joli, au passage). Je tremble en pensant que dans 50 km il me faudra passer par là de nouveau.

En attendant, au km 50 je passe au vestiaire, change de t-shirt et me badigeonne de crème anti frottements.

Petit moment de détente et de discussion avec les bénévoles et c 'est reparti pour un tour ( en fait deux).

Cette 3è boucle sera la plus pénible de toute la course. Accablé de chaleur, les jambes douloureuses, je marche plus que je ne cours. Heureusement je trouve un compagnon d'infortune en la personne d'un sympathique V3 à la longue barbe. Panoramix ou ZZ Top ? Mystère... mais la dizaine de kilomètres passée en sa compagnie m'aura permis de recharger mes batteries et de véritablement découvrir le paysage dans lequel j'avais évolué plus tôt pendant la nuit.

A chaque ravito je n'oublie pas, bien entendu, mes capsules de sel !

Les habitants de la région ont été mis à contribution : tous les deux kilomètres on trouve une bassine et/ou des bouteilles pleines d'eau fraîche qui nous seront indispensables pour aller au bout de cette épreuve,  le tout servi avec le sourire et une amabilité confondante, même si on a parfois l'impression de passer pour des fous à leurs yeux, à raison sans doute .

Au 75è km nouveau passage par les vestiaires, et nouveau taillage de bout de gras avec les sympathiques bénévoles. A ce propos je me dois de souligner que sur cette course, qui restera sans doute à jamais dans mon cœur, je n'ai rencontré que des gens sympathiques, qu'ils soient coureurs, bénévoles ou riverains.

Dernière boucle. J'ai hâte de retrouver la relative fraîcheur du front de mer, mais la marée ayant monté depuis le matin on nous fait passer par les dunes. Une épreuve pénible à ce moment de la course, mais je puise dans les encouragements des campeurs l'énergie de franchir l'obstacle.

Dernière difficulté : le manoir de Tronjoli au km 98 et ses terribles marches d'escalier !

C 'est alors que mon corps me fait comprendre à sa manière qu'il en a plein les bottes : sous l'effet de la chaleur et des efforts consentis depuis le matin des capillaires explosent dans mon nez ! Je n'ai pas de mouchoir sur moi, aussi en suis-je quitte pour me pincer le nez jusqu'à l'arrivée.

Un kilomètre plus loin cependant l'hémorragie a cessé et je peux terminer au pas de course. J'apparais encore relativement frais aux yeux des spectateurs avec qui j'échange quelques mots ( oui je ne cours plus très vite à ce moment là ) et c 'est vrai que, globalement, je me sens moins épuisé que lors de mes deux Steenwerck, et pourtant les conditions sont aujourd'hui dantesques ! Vive les pastilles de sel !

La ligne franchie je suis interviewé comme si j'étais une star, ça fait du bien à l'égo !

Je dois m'y reprendre à deux fois pour enregistrer mon chrono final affiché sur l'écran : 13h16 !! trois quarts d'heure de mieux que mon record de mai dernier ! Pas de doute ces terres sont bel et bien magiques...ou alors ils mettent quelque chose dans l'eau !

Cette édition des 100 km de Cléder aura donc été légendaire de bout en bout !

Comme dit l'autre : « I'll Be Back ! »

dimanche 12 mai 2013

Sous le Signe de la PATATE!!!

Mon aventure Steenwerckoise de l'année dernière ayant été couronnée de succès j'avais décidé assez tôt de remettre le couvert et surtout de me préparer un peu mieux ( c 'est à dire de me préparer tout court). Steenwerck est ainsi devenu mon objectif principal de la saison. Une fois ce long hiver terminé, j'entrepris, afin que mes jambes emmagasinent un maximum de kilomètres, de m'aligner à tous les 6h possibles ; j'en fis finalement trois en un mois et demi : La Gorgue, où j'établis un nouveau record personnel, Buc, et Loos.
L'état dans lequel je finis ce dernier m'inquiéta quelque peu : en avais-je trop fait ? D'autant qu'entre temps j'avais aussi couru le semi de L'Alternative, le 10km de Quand Lomme Court, le semi de Roncq et La Nocturne Lille Métropole (le veille de Loos, ceci expliquant peut-être cela ).
Je m'imposai donc quelques semaines de repos, le temps que mon genou, toujours aussi rebelle, se calme un peu, tout juste m'autorisai-je quelques sorties en attendant la PPG rituelle made in Chtigrincheux, prélude indispensable aux 20km de Maroilles.

 Les spécialistes apprécieront (ou pas) le côté anarchique de la préparation. Il faudrait peut-être que je m'inscrive dans un club un de ces jours...

 A une semaine du départ j'étais impatient d'en découdre mais nourrissais une sourde appréhension : et si mon exploit de l'année dernière n'avait été qu'un immense coup de chance ? Et si mon genou (et pourquoi pas le deuxième, les deux m'ayant méchamment titillé à Loos) décidait soudain de se réveiller pour de bon, m'obligeant à l'abandon ? Étais-je vraiment fait pour ce genre de distance ? n 'en avais-je pas trop fait en enchaînant les 6 heures de la sorte ?

Bref, ça cogitait sec dans ma caboche ! D'autant que les prévisions météo n'étaient pas franchement réjouissantes : depuis une semaine on prévoyait de la pluie mercredi et jeudi. Je ne me voyais pas courir toute une nuit sous le déluge, mais à mesure que la date fatidique approchait les prévisions se faisaient plus optimistes.

Il était temps d'arrêter de se chercher de fausses excuses, je serais donc au départ de l'édition 2013 des 100 km de Steenwerck.

Des 100 kilomètres tout neufs, car le tracé a été retravaillé : au lieu des légendaires et redoutables 5 boucles, c 'est maintenant trois tours de circuit qui nous sont proposés, ou plutôt six, le parcours forme un huit dont le point de jonction est la salle de sport.
Pour avoir effectué un repérage en compagnie de Vivien j'étais quelque peu inquiet quant à certains passages où les coureurs risqueraient, au choix, de quitter malencontreusement le parcours ou de se tordre la cheville, ces derniers étant tout de même moins nombreux que sur l'ancien circuit.

Mercredi 8 mai, donc. Jour férié, grasse matinée... non justement! j'ai plutôt mal dormi et me réveille tôt sans pouvoir retrouver le sommeil. Ca commence bien ! En attendant l'heure du départ je comate plus ou moins devant la télé ou sur internet, je refais trois fois mon sac (que j'avais déjà fait, défait et refait de nombreuses fois les jours précédents)...
L'heure de me mettre en route pour Steenwerck approche, et juste au moment où je m'apprête à sortir c 'est le déluge ! Des trombes d'eau, des éclairs... un véritable gag à la Tex Avery! Trop tard pour me dégonfler, j'ai dit à tout le monde que j'y allais, donc c 'est parti mon kiki!

La pluie s'arrête de tomber assez vite et c 'est le soleil qui m'accueille à Steenwerck. Devant la salle de sport je retrouve Vivien et sa sœur, qui sera notre accompagnatrice à vélo sur les deux derniers tours, leur papa se chargeant du premier.

« J'ai une de ces PATATE !!! » hurle Vivien alors que je gagne la table des inscriptions. Ce ne sera pas la dernière fois, loin de là, puisqu'il répétera ce cri de guerre comme un mantra tout au long de la nuit, deux à trois fois par kilomètre, je vous laisse faire le calcul et imaginer ce qu'ont subi mes oreilles durant cette course !
Vivien et les 100km de Steenwerck c 'est avant tout une histoire d'amour, une relation symbiotique : il peut être complètement à la ramasse les jours précédant l'échéance, lorsqu'arrive le moment du départ il renaît de ses cendres, chaque pas semblant lui apporter un supplément d'énergie, et à une heure et demi du départ il est déjà remonté comme un coucou, un vrai pois sauteur.

Les concurrents arrivent en un flot continu, et nous avisons bientôt l'imposante carcasse de Fidji ('1m92, plus de 100kg, belle bête!), qui s'est décidé au dernier moment pour nous accompagner sur le premier tour (37km donc), mais avant tout, une petite bière, et pour ma part un sandwich-merguez.

L'heure du départ approche, nous regagnons nos véhicules respectifs afin de nous équiper et gagnons ensuite la ligne de départ. Cette fois je n'oublie pas de voter et nous nous laissons bientôt emporter par le flot humain et multicolore dans les rues du village pour une espèce de tour d'honneur. Vivien fait sensation avec son costume d'Emir du Qatar. Emportés par la liesse populaire et l'enthousiasme du peloton nous forçons un peu l'allure, mais Fidji, coaché par Chtigrincheux lors de son Steenwerck à lui, nous répète les sages paroles du Maître : « doucement les gars ! Sur un 100 bornes tu pars lentement, ensuite tu ralentis, tu ralentis encore, et là tu vas encore trop vite ». Pour ma part je m'imprègne de la lumière du soleil, de la douceur de l'air et des encouragements des spectateurs, je savoure ce moment tant attendu que redouté: cette fois ça y est, je suis parti pour mon deuxième 100 kilomètres !

Après une petite balade dans le village nous entamons la première boucle proprement dite et au pied du premier pont de TGV nous retrouvons le père de Vivien.

Premier pont, première pause, mais pour les conneries pas de répit ! Vivien tient à ce que chaque habitant de Steenwerck et des environs sache à quel point il a la patate et Fidji n 'est pas en reste, c'est juste qu'il ne fait pas dans le comique de répétition.

Il fait beau, le soleil brille, les canard volent dans l'air du soir, les cerf-volants poussent sur les lignes électriques...

Les premiers kilomètres en empruntent quelques uns au précédent parcours, mais dans l'autre sens, on peut encore distinguer les marques, curieusement plus visibles que celles de la présente édition; la crise à frappé là aussi, les organisateurs ont dû manquer de peinture.

Un peu avant le premier ravito Fidji, qui avait de plus en plus de mal à nous suivre ( il n'a pratiquement pas couru ces deux dernières années) nous enjoint à poursuivre à notre allure. Etant donné l'état dans lequel il était nous pensions qu'il allait abandonner à la fin de la première boucle, mais nous apprendrons à l'arrivée qu'il est allé au bout de ses 37km! Coriace le gaillard !

Le deuxième ravito est situé à Croix Du Bac, là où l'on pouvait croiser les autres concurrents l'année dernière et traverse la même salle des fêtes, mais le groupe de musiciens n 'est pas là cette année, encore un effet secondaire de cette maudite crise!. Quelques kilomètres plus loin c 'est la fin de la première boucle. 21Km au compteur, nous passons en mode course de nuit: coupe-vent et frontale, une opération, comme tous nos arrêts, méticuleusement chronométrée par Vivien.

Des deux boucles la deuxième est largement la plus plaisante, sans doute parcequ'elle ne doit rien à l'édition précédente et nous permet de découvrir des paysages inédits, le fait qu'il semble y avoir moins de lignes droites doit jouer également, le temps paraît ainsi moins long.

Un pont d'autoroute (la boucle 2 est celle des ponts d'autoroute, la première restant celle des ponts de TGV, chacun sa spécialité), un passage sur un sentier longeant l'autoroute, ravito à la gare, re-pont d'autoroute et retour vers Steenwerck.

Peu après le dernier ravito/contrôle nous sommes témoins d'un accident, heureusement sans gravité : un accompagnateur à vélo manquant de vigilance file tout droit dans le fossé ! Plus de peur que de mal, il a juste un peu mouillé ses chaussures, mais c 'est quand même impressionnant quand cela se produit sous vos yeux !

Premier tour de circuit couvert en 4h45, nous changeons d'accompagnateur, je mets un sweat shirt et c 'est reparti.

Alors que nous sommes encore dans le village je manque de quitter le parcours. Il faut dire que suivre des lignes jaunes-blanches ou bleu pâle en pleine nuit n 'est pas une tâche des plus aisées et qu'à cet endroit il n'y a pas de signaleur. Heureusement Vivien veille au grain et nous remet dans le droit chemin.

A mi-chemin du premier ravito je suis obligé de marcher quelques mètres. L'année dernière j'avais attendu la fin du 4è tour pour marcher, pas la forme ce soir, et ce mal de ventre n'arrange pas les choses. Je tiens jusqu'à Croix Du Bac où il y a de vraies toilettes mais sans succès. Je me traîne encore jusque Steenwerck, enfin c 'est surtout Vivien qui me traîne, et je peux enfin me soulager. Sans doute le sandwich merguez qui se rappelait à mon bon souvenir.
Quoi qu'il en soit je vais beaucoup mieux, mais je dois toujours faire des pauses « marche » régulièrement.
Nous sommes à mi-parcours et le retard accumulé ne nous permettra pas de tutoyer le record de Vivien établi l'année dernière ( moins de 13h!), il me reste encore l'espoir de terminer sous les 14h, même si Vivien tient avant tout à terminer sans se mettre la pression avec un quelconque objectif horaire, mais il ne faudra pas trainer.

Lors de la deuxième boucle, après avoir été rattrapés puis dépassés par la tête de course, nous jouons au yoyo avec un groupe arborant les couleurs du jogging club de Colembert, dans le Pas de Calais, nous restons même un moment en leur compagnie mais ils font de plus longues pauses « marche » que nous et nous finissons par les distancer.

3è et dernier tour. Les premières lueurs de l'aube apparaissent à l'est, nous évitons de justesse de marcher sur un couple de canards, Vivien tient toujours " une de ces PATATE!!!" et je suis de plus en plus épuisé, mais pas au point d'avoir des visions comme l'année dernière, d'ailleurs je ne ressens pas le besoin de boire du café. De toute façon je ne peux plus rien avaler, même ma boisson énergétique m'écoeure, il n'y a que la soupe qui passe.
A la sortie de la salle des fêtes de Croix du Bac ça va un peu mieux mais à l'entame de la dernière boucle je dois encore faire des pauses régulières, de plus l'un de mes orteils commence à être douloureux, j'aurais peut être dû refaire mes pansements.. Curieusement je marche plus vite que Vivien tandis que lui court (enfin trottine) plus rapidement, si bien que nos allures s'équilibrent plus ou moins. Par contre je suis de plus en plus fatigué et je ne dis plus grand chose, j'intériorise, silence radio. Qu'importe, Vivien a de la gouaille pour deux et clame encore tous les 300 mètres qu'il a « une de ces PATATE !!! ». A ce propos, une idée lui vient et il demande à sa sœur d'appeler son père pour qu'il lui apporte quelque chose avant l'arrivée.

Je fais l'accordéon avec Vivien jusqu'au dernier ravito, le temps pour les trois premiers de la course du matin de nous enrhumer, et là surprise, à quatre kilomètres de l'arrivée, je retrouve des forces. Nous avons fait et refait nos calculs des dizaines de fois depuis l'entame de cette dernière boucle et il apparaît que nous pouvons encore finir en moins de 14h. Ce sera serré, mais c 'est faisable. Vivien m'interdit de marcher de nouveau : on termine en courant !

Peu après le kilomètre 97 le père de Vivien nous retrouve, remet à Vivien sa patate, qu'il a l'intention de brandir sur la ligne d'arrivée, et nous filme : plus question alors de craquer, j'accélère! Au kilomètre 99 nous accélérons encore ! À 500m de l'arrivée notre cameraman nous a distancés pour immortaliser notre arrivée depuis l'intérieur de la salle et je jette mes dernières forces dans une dernière accélération qui manque de surprendre Vivien et c 'est ensemble que nous passons la ligne d'arrivée en 13h59mn 59s, la patate portée bien haut !
Mission accomplie, mais je suis complètement mort !

 I did it! j'ai confirmé mon statut de centbornard, en battant ma précédente marque de plus d'une heure, quant à Vivien il signe là son troisième meilleur chrono et il aurait pu faire bien mieux s'il n'avait dû m'attendre à partir de la mi-course!

L'affichage me cause une légère déception cependant : je suis crédité de 3 secondes de plus que Vivien, si bien que je suis au delà des 14h... pour deux secondes ! La saisie des résultats se faisant à la main il y a forcément un décalage entre deux personnes arrivant en même temps.
Qu'importe : nous savons tous deux ce que nous avons accompli !

Direction la douche, où je découvre que l'ongle d'un de mes orteils est tout noir. Voilà donc pourquoi il me faisait souffrir lors du dernier tour ! Je m'attends à le perdre dans les jours qui suivent.

Une fois propres il est temps de fêter dignement notre exploit: petite tournée de bière en regardant les autres concurrents en finir ou repartir pour un tour, ou deux.

Vers midi, le père de Vivien revient avec une bouteille de champagne, que nous faisons descendre avec force frites!

Je dors debout (enfin, assis) mieux vaut ne pas risquer de rentrer pour ensuite revenir au soir assister à la cérémonie protocolaire, aussi je décide de comater dans ma voiture. Je ne dors pas vraiment, mais le repos me fait du bien et c 'est plus ou moins ragaillardi que je regagne la salle de sport pour assister à l'arrivée des derniers concurrents avant la cérémonie protocolaire qui scelle ces 38è 100km de Steenwerck au terme de laquelle tous les "centbornards" encore présent sont priés de monter sur le podium. Evidemment c 'est en descendant que les jambes protestent le plus! je vais encore marcher comme un canard pendant quelques jours.


L'année prochaine le départ aura lieu le 28 mai, le jour de mon anniversaire, impossible de manquer ça !

lundi 21 mai 2012

100 km à pied de Steenwerck



Voilà où ça mène d'avoir de mauvaises fréquentations: un beau jour de mai, on se retrouve au fin-fond de la campagne flamande au départ d'un 100 km à pied (ça use les souliers, je sais)!
Non mais je vous jure, faut vraiment pas être bien dans sa tête, ni y avoir grand chose, mais bon, j'y suis, alors j'y vais.

Pour autant, ma présence à Steenwerck cette année n'avait rien de fortuit. Même si je nourrissais de nombreuses réserves quant à ma capacité à aller au bout, c'est une course qui m'a intrigué dès que j'en ai eu connaissance. Je n'ai tout d'abord vu que les banderoles placées au bord de l'autoroute A26 , puis j'en ai eu une idée un peu plus précise lorsque j'ai commencé à fréquenter Kikourou et l'image s 'est définitivement imprimée dans un coin de ma cervelle l'année dernière lorsque je suis venu en repérage et en ait apprécié l'ambiance conviviale. Il faut aussi ajouter que je connais de plus en plus de centbornards et autres coureurs d'ultras qui me poussent plus ou moins discrètement à passer du côté obscur de la course à pied. Non que j'ai besoin qu'on me pousse beaucoup, j'aime tenter de repousser mes limites, mais la distance me paraissait jusqu'alors trop intimidante. Ce n 'est qu'après mon premier 6h que j'ai commencé à me dire que peut être un jour je pourrais y arriver. Après tout un 100 bornes ce n 'est jamais que deux marathons et demi (et même moins, si on chipote), et à Steenwerck on a 24h pour y arriver, le seul problème c 'est la gestion de la douleur. Je ne me considère pas comme étant spécialement douillet, mais quand je vois l'état dans lequel je suis à la fin d'un marathon ou d'un 6h je me vois mal remettre le couvert encore deux fois derrière. Ce sont Chti Grincheux, Land, le Bagnard et compagnie qui m'enfonceront dans le crâne la solution à force de discussions à bâtons rompus (je m'excuse auprès des amateurs de marche nordique) autour du barbecue du Grincheux lors de deux veillées pré-Maroilles: il faut courir lentement! Drôle de concept que cette course lente, pourquoi ne pas marcher carrément? Mais petit à petit je finis par me faire à cette idée. Il est évident que je ne tiendrais pas 100 km à mon allure marathon. Je le sais: à mesure que la distance s'allonge, la moyenne baisse. Pour y arriver, il faut donc partir très lentement, et se préparer à passer plus de 15 heures sur la route, à courir toute la nuit. Le problème ne devient plus physique, mais psychologique, ainsi qu'en témoignent de nombreux comptes-rendus de kikous à priori plus balèzes que moi ayant tenté l'aventure en vain, mais ayant accouché à l'occasion de récits proprement bouleversants. Il me faudra plus d'un an pour que j'en vienne à admettre que je suis capable de franchir ce nouvel Everest. L'année dernière déjà, même si je n'étais venu qu'en repérage, j'avais eu un gros pincement au coeur en voyant les copains s'élancer sans moi. Le lendemain, lorsque je repassai par Steenwerck pour assister à la remise des prix, ma décision était prise: en 2012 je serai au départ!

C 'est là que les choses se compliquent: en septembre je dois abandonner au 10è km du semi de la Braderie de Lille à cause de mon genou droit. Je fais toute une batterie de test, des radios, un IRM, finalement on ne me trouve rien, mais le toubib me prescrit des anti-inflammatoires. Et ça marche: dans la foulée je fais mes premiers trails ( les Terrils et les Lueurs d'Espoir) et j'approche par deux fois mon record sur semi marathon. Seconde alerte cependant: aux 6h de Marchiennes mon pied et mon genou droit se manifestent de nouveau, m'obligeant à une longue pause pour me faire masser par le kiné de la course. Bilan positif tout de même, j'ai atteint les 50 km malgré tous mes arrêts.
Et puis c 'est le drame: lors de la Course de Noël des Moulins à Steenvoorde, à 300 mètres de la ligne d'arrivée, je sens mon pied droit se dérober au passage d'une bordure de trottoir, je tombe et me fracture le pied (ou l'inverse, je ne sais plus très bien).
6 semaines dans le plâtre!
Le plâtre enlevé, vient la rééducation: non seulement je dois réapprendre à marcher ( 6 semaines à se déplacer avec des béquilles ça crée de mauvais réflexes!) mais mon mollet droit a perdu presque 50 % de sa masse! C 'est là que je me dis que ma saison 2012 est fichue; combien de temps faut-il pour récupérer ses muscles?
Finalement pas si longtemps que ça. Un mois et demi plus tard je recommence à trottiner doucement. Evidemment je suis exagérément attentif à la moindre douleur et j'ai une peur panique de me tordre la cheville, alors c 'est un peu raide au début, puis je me lance le lundi de Pâques, à l'occasion du 10 km de Quand Lomme Court. Une course bouclée en 48 minutes, très encourageant, même si ma cheville et mon genou se sont rappelés à mon souvenir vers la fin du parcours.
Le 15 avril, c'était le marathon d'Annecy. Je m'étais inscrit avant de me casser le pied, pensant au passage rendre visite à un pote. Finalement pas de course ( heureusement d'ailleurs, le temps était proprement horrible: froid, pluie, vent...) mais un week end gastronomique très sympa, je reviendrai (quand il fera meilleur!).
La semaine suivante, frustré de n'avoir pas pu courir le marathon d'Annecy, j'accompagnais Chti Grincheux dans l'Oise pour les 6h du Moulin ( décidément, les moulins me suivent partout, je ne vais pas tarder à me prendre pour Don Quichotte!) avec la ferme intention de me tester. Objectif: courir 2h et/ou 20km. Après un peu plus de 2h j'ai fait mes 20 km, mais comme je m'ennuie à ne rien faire je continue en alternant course et marche. A la fin des 6h j'ai parcouru presque 44 km, presqu'aussi bien qu'à Marchiennes! Intérieurement j'exulte: Arka's back in the race!
Le mois de mai est traditionnellement riche en courses, et je n'ai désormais plus de raisons de me priver ( même si j'y vais encore mollo): le premier mai c 'est Maroilles, où je ressors mon déguisement de Steenvoorde (il faut à tout prix conjurer le mauvais sort!), le 8 mai c 'est la Course de la Paix à Trith St Léger et ses trois redoutables boucles (2h sur le semi) et le 13 mai, ayant refilé mon dossard gagné à Lomme pour la Route du Louvre à Chti Grincheux, je mettais le cap sur la baie de Somme pour la Transbaie.
Entre temps j'avais déclaré mon intention de prendre le départ de Steenwerck et de voir jusqu'où cela me mènerait. J'avais fait 44km dans l'Oise, je me disais que je devais être capable d'atteindre les 60 bornes, ce qui m'amènerait à un nouveau record personnel de distance parcourue, même si, secrètement, j'espérais bien aller au bout de ces fameuses cent bornes! Pour ce faire j'avais même investi dans une nouvelle paire de baskets, des gants, deux boites de sparadraps, des piles de rechange pour ma frontale et un stock d'Isostar; c 'est dire si je prenais la chose au sérieux!

Mais trêve de préliminaires et entrons à présent dans le vif du sujet.
J'arrive donc à Steenwerck une bonne heure avant le départ. Après quelques difficultés je finis par trouver une place où garer ma C1 le long du parcours, non loin de la salle, à l'entrée de laquelle je retrouve un Vivien hilare accompagné de son père et de sa soeur. Ils me disent que le Rag' est déjà là. Je ne l'ai jamais vu, aussi suis-je très curieux de le rencontrer. Je file à la table des inscriptions: maintenant c 'est officiel, je suis inscrit sur le 100 km open, j'ai signé pour en baver! (et j'ai même payé pour ça! faut que je me fasse soigner!). Je n'ai presque rien mangé de la journée, aussi vais-je chercher un sandwich à la baraque à frites. C 'est là que me retrouve la Chti Vincent family. Pour faire passer les sandwiches nous nous dirigeons vers le bar et, alors que nous sirotons nos bières, nous croisons un François D'Arras tout souriant.
Mais l'heure tourne, je file à ma voiture m'habiller (et accessoirement avaler un anti-inflammatoire, je me dope maintenant!).
Je retrouve Vincent quelques minutes seulement avant que le départ ne soit donné. Nous avisons des coureurs qui mettent une sorte de ticket dans une espèce d'urne tenue par un bénévole avant de s'engouffrer dans une bâtisse donnant sur le parc de la ville. Intrigués nous demandons ce qu'il en est: il s'avère que dans l'enveloppe contenant le dossard il y a un ticket que l'on se doit d'introduire dans cette boite pour prouver notre présence au départ. Dans ma précipitation, je n'avais pas vu ce petit bout de papier. Mais quelle tête en l'air je fais! Je me mettrais des baffes! Pour Chti Vincent cela ne porte pas à conséquence, il court sans dossard, par contre en ce qui me concerne c 'est un peu plus problématique, mais le départ est imminent, pas le temps de faire l'aller-retour jusqu'à ma voiture.
Le coup de feu retentit, le parc se déverse lentement sur la rue principale de Steenwerck, ça y est, je suis dans le bain, maintenant il faut nager!
Il y a du monde lors de ce premier tour: les coureurs, les marcheurs, des randonneurs, ceux qui ne viennent faire qu'un tour, ceux qui viennent juste pour encourager les copains. Nous marchons plus que nous ne courons pendant un moment, puis la foule devenant moins compacte, nous nous élançons à petites foulées sur le bitume.
Un peu avant la sortie du village j'avise une haute silhouette coiffée d'un buff orange, les bras se soulevant et s'abaissant au rythme de ses bâtons de marcheur nordique: Le Rag', avec qui je fais enfin connaissance. Le rencontrer c 'est retrouver un peu de mon enfance, puisqu'il habite tout près du village qui m'a vu grandir. Nous échangeons quelques mots puis le laissons progresser à son allure. Pour le moment je cours plus vite qu'il ne marche, mais je suis certain qu'il me dépassera avant que la course ne s'achève, ou du moins je l'espère, cela voudra dire que nous serons sur le point d'en terminer!
La première boucle nous ramène dans Steenwerck, et Cht'Isabelle en profite pour nous tirer le portrait, à son époux et à moi-même, à plusieurs reprises. Pour un peu on se prendrait pour des célébrités harcelées par des paparazzi!
Nous sommes encore dans la ville qu'un premier ravitaillement apparaît soudain. Comme je ne suis pas pressé, je m'arrête quelques secondes ( je ferai TOUS les ravitaillements, on n 'est jamais trop prudent lors de la première sur un nouveau format).
Nous sortons une nouvelle fois de l'agglomération, et cette fois c 'est la bonne, nous sommes sur la boucle « officielle », celle qu'il faudra parcourir cinq fois pour devenir centbornard, d'ailleurs voici un signe qui ne trompe pas: le premier des deux ponts de TGV ( et non d'autoroute comme je l'ai lu ici ou là). J'avais décidé de marcher dans les ascensions, nous arrêtons donc de courir pour l'instant. Bon sang qu'il est long ce pont! Et le fait qu'il ne soit pas droit renforce cette impression, il paraît sans fin! Quelques centaines de mètres après la descente nous arrivons à la boucle de Croix du Bac, la seule section du parcours où l'on peut croiser les autres coureurs. C 'est ainsi que nous apercevons Vivien dans son costume d'Assurancetourix! Il devient de plus en plus fou, décidément! Il ne va quand même pas faire les cent kilomètres accoutré de la sorte?
Le premier contrôle a donc lieu dans la salle des fêtes de Croix du Bac où nous attend, outre un ravitaillement copieux, un petit duo musical guitare-accordéon qui met de l'ambiance et donne du coeur à l'ouvrage.
Il faisait bien chaud dans la salle des fêtes, en sortant on se rend compte que la température commence à sérieusement descendre, il va falloir s'habiller chaudement pour la nuit!
Le soir tombe, faisant remonter des odeurs d'herbe fraiche, de terre et de colza, une vraie madeleine de Proust qui me renvoie une nouvelle fois à mon enfance dans un minuscule village près de Bergues. Au 3è ravito ça sent plutôt l'oignon par contre, et je manque de perdre Chti Vincent qui s'était écarté de la route pour satisfaire à un besoin naturel.
Il fait encore bien clair et on peut à loisir admirer les jolies maisons de campagne qui bordent le parcours, pour un peu ça donnerait envie de quitter Lille.
Dans les derniers kilomètres de ce premier tour nous incorporons un petit groupe de joyeux lurons, si bien que de blagues en chambrage bon enfant nous terminons le premier tour presque sans nous en rendre compte, en 2h44.
Vincent a atteint son objectif, il s'arrête là, non sans me souhaiter bonne chance et me faire promettre de lui envoyer un message si d'aventure j'entamais le 5è tour au petit matin. Rendez-vous est pris, et je me dirige vers ma voiture pour enfiler mes gants, passer mon écharpe autour de ma gorge si délicate ( j'ai déjà été victime de plusieurs extinctions de voix), fixer ma frontale et faire le plein de ma petite bouteille.
Au passage je fouille dans l'enveloppe ayant contenu mon dossard et finis par trouver le fameux ticket, celui que j'étais censé remettre au départ comme preuve de ma présence au début de l'épreuve.
Les lecteurs attentifs auront remarqué que je n'ai pas pris de polaire ni de pull. Je suis un inconscient, je sais.

C 'est donc parti pour le 2è tour dans la lumière déclinante et la température froidissante ( oui, j'invente des mots, ça m'arrive parfois). Les oiseaux jettent leurs derniers chants, le soleil couchant joue les artistes sur la toile d'un ciel pur, et l'air se charge des parfums de la nuit dont j'emplis mes poumons en profondes inspirations. Je me dis que j'ai vraiment de la chance de courir ici, aujourd'hui par ce temps là et je tiens à en profiter pleinement. Le seul problème ce sont les chemins de campagne qui sont tout sauf plats, et qui me promettent des frayeurs une fois la nuit noire venue. Je n'ai qu'une angoisse: me tordre la cheville et me casser à nouveau le pied. C 'est sans doute la seule chose qui pourrait m'arrêter ce soir.
Je retrouve bientôt le premier (long) pont ferroviaire, et à Croix du Bac, un peu inquiet, je demande aux contrôleurs que faire avec mon ticket que j'ai oublié de donner au départ. Ils me rassurent en me disant qu'il suffit de le donner à mon prochain passage à la salle des sports.
L'orchestre est toujours là, mais ils vont bientôt s'arrêter. On entre vraiment dans la nuit, il va y avoir de moins en moins de monde sur le parcours. Heureusement, à chaque bifurcation on a installé des lampes de chantier afin d'éviter aux coureurs de se perdre dans la nature.
Aux ravitaillements il y a maintenant de la soupe! J'en profite pour me réchauffer la carcasse. Ca fait du bien par où ça passe!
Un peu avant le deuxième pont, une voiture précédée d'un coureur me dépasse: c 'est le leader de la course qui vient de me prendre un tour! Mais au bout de quelques centaines de mètres je le vois s'arrêter et se tenir la cuisse à deux mains. Je dépasse l'équipage et il me dépasse de nouveau quelque temps plus tard. Au dernier ravito on m'apprend qu'il est sur le point d'abandonner. Il va juste tenter de rallier la salle des sports. Dure loi de la course.
Je termine ce deuxième tour plutôt tranquillement, en 2h40 et j'ai bon espoir de couvrir au moins 3 tours. Je me mets de plus en plus à croire à l'exploit.
A la salle des sports je finis par remettre mon ticket à des contrôleurs très compréhensifs qui m'assurent que mon oubli ne me portera aucunement préjudice.
Rasséréné, je file à ma voiture pour y chercher le sweat que je me souviens avoir mis dans le sac, mais à la lueur de la frontale je ne retrouve rien et je dois me contenter de mon coupe-vent. J'ai dû perdre facilement 20 minutes dans l'affaire.

Je me passe sur les jambes un peu d'huile chauffante (erreur dont je réaliserai l'ampleur plus tard) et c'est reparti pour un tour, le tour qui va décider de tout: si je finis celui-ci en bonne condition je repars pour un quatrième et à ce moment là je ne me vois pas abandonner aux portes du 5è, même si je dois terminer en boitant.
Il fait maintenant nuit noire, et il fait aussi très froid. Je me souviens que la météo annonçait 3° pour la nuit, et si elle s 'est trompé, ce n 'est pas de beaucoup! Mes gants ne me protègent pas vraiment, et mon coupe vent pas plus ( il n'y a pas de vent!). Pire encore, la sueur refroidit très vite et renforce encore mon inconfort. Pour autant j'apparais encore frais aux yeux des bénévoles avec qui je discute aux ravitaillements, et la dame qui s'occupe du dernier contrôle avant la salle de sport est convaincue que j'irai au bout. Voilà qui fait plaisir à entendre!
Le froid agit aussi sur mon système digestif, ou alors c 'est que j'assimile l'isostar trop vite, quoi qu'il en soit il me semble que je m'arrête tous les kilomètres pour une pause pipi, et au 3è ravito je dois faire la queue devant les toilettes mobiles.
Je l'ai dit, les chemins de campagne empruntés par la course ne sont absolument pas plats: ils forment comme une bosse en leur milieu qui descend en une pente plus ou moins prononcée sur les deux côtés. La plupart du temps je tente de marcher sur le sommet, de garder le haut du pavé en quelque sorte, mais ce n 'est pas toujours possible, alors je privilégie le côté gauche de la route afin d'épargner mon pied droit. Arrivé au milieu de la boucle je sens ma cheville se tordre. Je sursaute, plus de peur que de douleur, mais me rassure vite: même si je ressens une légère douleur cela n'entrave en rien ma foulée. Tout de même, je me suis fait une belle frayeur, et je redouble désormais de vigilance.
Je termine ce tour de tous les dangers en 3h06, et je me sens encore en pleine forme, n'était-ce ce froid qui commence à s'insinuer dans tout mon être. Il faut absolument que je retrouve ce sweat! Je retourne à ma voiture et retourne le contenu du coffre sur la route, mais je ne trouve toujours rien. Il ne me reste plus qu'un chose à faire: mettre des vêtements secs. Heureusement que j'avais apporté des vêtements de rechange! Je change tout: mon t-shirt manches longues, le manches courtes, les chaussettes, les pansements ( je commence à avoir de belles ampoules au pied gauche), le slip (j'ai un début d'échauffement à l'entrejambe) et le short (je retrouve mon vieux short bleu, celui que j'ai porté sur presque toutes mes courses). Je ne garde que mes baskets; même si j'avais apporté toutes les paires que je possède celles-ci me semblent les plus à même de m'amener au bout.
Je refais le plein de ma bouteille et je repars dans la nuit noire.

A part l'irritation de plus en plus prononcée de mon entrejambe, me forçant à marcher légèrement en canard, et les jambes qui se font de plus en plus douloureuses, rien de notable ne se produit sur ce tour jusqu'à Croix du Bac où je croise François d'Arras qui m'encourage chaleureusement et me dit qu'il abandonne. Il venait d'entamer son 3è tour. Je suis désolé pour lui, et même si je n'y suis pour rien je me sens un peu coupable: après je ne sais combien de tentatives il ne finira encore une fois pas cette course, alors que je suis bien parti pour y parvenir à ma première participation, avec la non-préparation que l'on sait. Il se passe vraiment des choses bizarres sur les courses.
Autre bizarrerie, certaines lampes situées aux bifurcations se sont éteintes, heureusement qu'on commence à bien connaître le parcours!
La fatigue commence à se faire sentir: j'ai l'impression de dormir debout, et de temps à autre, dans la lueur des frontales des coureurs qui me précèdent je crois voir des animaux qui traversent ou attendent le long de la route. J'hallucine, il est temps de me mettre au café!
Alors que je vois poindre les première lueurs de l'aube, une silhouette familière se matérialise à mon côté: Le Rag'! Comme je m'en doutais au départ, il a fini par me rattraper. Tout à l'air d'aller bien pour lui. On discute, on plaisante, le temps et les kilomètres s'estompent, je m'arrête au dernier ravito, mais lui continue. Je ne le reverrai qu'à l'arrivée.
Mes jambes sont de plus en plus douloureuses, et sur les deux derniers kilomètres je suis obligé de marcher, hors ascension de ponts, pour la première fois depuis le départ.
Je boucle cet avant-dernier tour en 3h26. A présent j'en suis certain: dans quelques heures j'en aurai fini avec mon premier cent kilomètres ( il y en aura d'autres, forcément!), mais pour l'heure il faut faire quelque chose à propos de cette irritation à l'entrejambe! Je m'adresse aux médecins présents dans la salle afin de leur demander une pommade ou quoi que soit qui puisse me soulager, mais pour ce genre de choses les pommades sont uniquement préventives (encore une chose à prévoir la prochaine fois), On me pose donc un pansement qui limitera les frottements.

J'entame le cinquième tour. Comme promis j'envoie un sms à Chti Vincent puis décide d'embarquer mon appareil photo afin d'immortaliser le dernier tour de cette grande première: mon premier cent kilomètres!
Je savoure cette dernière boucle comme un coureur de cent mètre faisant un tour de stade après sa victoire; le soleil est désormais bien levé, les oiseaux chantent pour célébrer l'aube nouvelle, et, je me plais à l'imaginer, mon exploit personnel, le ciel est d'un bleu pur, il ne fait plus si froid, même si je garde mon écharpe, je vis un véritable moment de bonheur.
Du moins jusqu'à ce que mes jambes se mettent à brûler! Littéralement!
Je ne sais pas si c 'est dû à l'huile chauffante que je me suis appliquée au coeur de la nuit quand il gelait presque, ou à la sueur qui, à cause des sels qu'elle transporte a cet effet, ou si c 'est l'effet de l'acide lactique, c'est sans doute tout cela à la fois, mais en tout cas c 'est très désagréable! Pas vraiment douloureux, du moins pas insupportable, mais très gênant.
Je ne laisse cependant pas cela me gâcher mon plaisir, et je mitraille à tout-va, ce qui me fournit une excuse toute trouvée pour marcher de temps en temps.
A environ 7 ou 8 km de l'arrivée mon téléphone sonne: c 'est Chti Vincent qui me confirme qu'il sera présent à l'arrivée. Mon message matinal a fait son petit effet, il est très heureux pour moi mais aussi complétement abasourdi, comme beaucoup de monde, et moi le premier. Même si j'espérais au fond de moi terminer ce cent kilomètres j'avais de sérieux doutes sur mes les capacités de mes jambes à tenir la distance, surtout pour ma cheville et mon pied droits! Mais je suis bien là, à moins de dix bornes de l'arrivée, sur le point d'atteindre ce nouvel Himalaya.
Je m'imprègne une dernière fois du paysage, c 'est la dernière fois que je passe par ici, du moins pour cette année, c 'est la dernière fois que je vois cette ferme, cette maison de campagne, cette cabane dans les arbres. Je double encore des randonneurs sur la route, ils ont vraiment marché toute la nuit comme ça? Je me fais doubler aussi, par de véritables flèches! La course du matin a débuté depuis quelques heures, et ce n 'est pas la même allure! Presque tous prennent le temps de m'encourager au passage, parfois même de me féliciter quand la conversation dure assez longtemps pour que leur dise que j'en suis au dernier tour, c 'est vraiment sympa de leur part, et ça donne bien la pêche pour terminer. Oui, car j'ai beau vivre un grand moment de bonheur, je n'en ai pas moins mal aux jambes et j'ai quand même hâte d'en finir, d'autant plus que la ligne d'arrivée se rapproche.
J'arrive dans les ultimes virages champêtres, plus que deux kilomètres. Au bout là bas on revient sur de la vraie route, il faut faire attention aux voitures,on tourne à gauche, puis à droite, c 'est la longue ligne (à peu près) droite qui mène à Steenwerck, voici le panneau annonçant l'entrée dans l'agglomération, un peu plus loin c 'est la marque des 99 km, ça y est, je vais y arriver, plus que mille mètres. Je voudrais déjà être arrivé, mais j'aimerais aussi prolonger cet instant. Il faut choisir, alors j'avance, j'accélère même! A trois cent mètres de l'arrivée j'aperçois Vincent qui me prend en photo.
Un grand sourire, un signe de la main, un bonjour, je lui confie mon appareil photo, Vincent doit piquer des sprints pour pouvoir me photographier de face! je n'ai jamais couru aussi vite ces dernières 24 heures! Enfin je passe la porte de la salle des sports sous les hourras et les applaudissements des bénévoles et des gens présents dans la salle, je regarde le tableau, mon nom apparaît en rouge, 100km en 15h09! Je me retourne, tout le monde est là: Vivien, qui en a terminé trois heures plus tôt, le Rag' et sa moitié, et même François d'Arras, qui était resté toute la nuit pour encourager les copains.
Je me retourne encore vers le tableau, je n'y crois toujours pas. J'ai couru (enfin la plupart du temps) pendant 100 kilomètres et je ne suis même pas si fatigué que cela. Je m'étais préparé à finir en rampant s'il le fallait mais finalement il n'y a que des douleurs aux jambes comparables à l'arrivée d'un 6h. Je m'écoeure moi-même! Je ne sais pas ce que me réservent mes courses futures, mais en tout cas aujourd'hui rien ne pouvait m'arriver, rien ne pouvait me stopper, une sorte d'état de grâce, je ne vois pas comment expliquer cela autrement. J'ai fait la course de ma vie.
Je m'attable avec les copains, on compare nos impressions, nos chronos, on parle de Shunga (que je n'ai toujours pas rencontré), toujours en course.
Je « sens l'effort », comme dit Vivien, donc direction la douche, clopin-clopant. L'eau est froide mais fait un bien fou, d'autant que j'ai toujours les jambes en feu. Cette sensation de brûlure se dissipera finalement assez rapidement, mais j'aimerais bien savoir ce qu'il en est.
Retour à la joyeuse tablée. Je crois que c 'est François qui paie la tournée de bières, Vivien quant à lui se charge des frites.
Bon sang ça fait du bien par où ça passe!
Grand moment de camaraderie et de convivialité.
Vincent était aussi venu dans l'éventualité où j'aurais trop mal aux jambes pour conduire, finalement ça va, je me perd un peu du côté de Nieppe mais je finis par retrouver l'autoroute.

Je comate toute la journée, pas moyen de vraiment dormir après une nuit pareille. Je suis crevé mais aussi trop exalté pour prétendre à un vrai sommeil. Il va me falloir un moment pour réaliser ce que je viens d'accomplir.
En attendant, retour à Steenwerck en soirée pour la remise des prix. J'en profite aussi pour passer prendre mon t-shirt aux couleurs de la course. Quand je vous dis que je suis une tête de linotte! (au fait, mon sweat était bien dans mon sac! C 'est ça de courir sans lunettes!)

Une ultime bière avec Vivien avant de monter sur le podium ( tous les finishers y sont conviés) et il est temps de rentrer, je suis attendu chez ma soeur qui va encore me traiter de cinglé. Elle doit avoir un peu raison quelque part. Pour quelle raison une personne sensée se lancerait-on dans une telle aventure? Mais c 'est si bon d'être fou, surtout lorsqu'on vit des moments aussi forts! Et celui-ci, comme tant d' autres, n'aurait jamais été possible sans la bande de cinglés que j'ai rencontrée sur Kikourou.

Je vous le disais, j'ai de mauvaises fréquentations ;)

mardi 19 avril 2011

La Rentrée des ...Courses!

Après la trève hivernale, les courses oficielles ont repris dans la région, la première de la saison se déroulait le 13 février à Bailleul: les 10 km du Ravensberg. Pour ceux qui, comme moi, attendent la dernière minute pour s'inscrire, c 'est à la salle Dumez que ça se passe.
J'arrive une bonne heure avant la clôture des inscriptions et il y a déjà pas mal de monde. Le Ravensberg est une des courses les plus courues de la région et on attend plus de 1 500 participants cette année.
Le lot pour chaque inscrit consiste ici en un joli coupe-vent, ça change des t-shirts ( ou t-shorts comme on dit ici). Déjà on s'échauffe sur le stade, et on sert du café pour réchauffer les concurrents.
Un aller-retour à ma tuture pour m'équiper et je gagne la ligne de départ rue de Ypres, où la foule des coureurs est déjà bien compacte. Y'a du monde! A tel point que je mets près d'une minute à passer la ligne une fois le départ donné.
Il me faudra deux bons kilomètres avant de pouvoir courir à mon aise tant la foule est dense. Pas moyen de faire moins de 4'35 au kilomètre. On zigzague, on double par les bas-côtés, on profite de la moindre ouverture pour tenter de progresser, manquant au passage de percuter des spectateurs ou de glisser dans les fossés.
Dans Ravensberg il y a le mot " berg" qui veut dire "mont". Bailleul est à deux pas des Monts des Flandres, et la campagne environnante est tout sauf plate. Après le faux-plat descendant des deux premiers kilomètres, ça n'arrête plus de monter et de descendre! La course devient stratégique: il s'agit de ne pas perdre dans les descentes ce qu'on a gagné dans les montées (ou inversement). A partir du 4è kilomètre je joue à l'élastique avec un type; je le dépasse dans les montées, il me rejoint dans les descentes. A l'approche de la dernière difficulté du parcours (la plus difficile à cause du pourcentage, mais surtout par l'accumulation des précédentes montées) je crois qu'il va finir par me distancer, mais il semble lui aussi accuser quelque peu la fatigue. Je le lâche juste avant le dernier kilomètre. Mais alors que la ligne d'arrivée se profile à l'horizon, le voilà qui me dépasse à toute allure! bon, au moins je n'aurais pas fini loin de lui!
Mon chrono affiche 46' 46'' lorsque je franchis la ligne ( le chrono officiel me donne plus de 47 minutes), un temps dont je peux être fier vu la difficulté du parcours.
La petite soupe maison proposée à l'arrivée réchauffe la carcasse, mais ça manque de buvette, et surtout de copains pour se boire une petite bière!
Un coup d'oeil au classement me confirmera que l'épreuve a battu tous les records de participation: plus de 1 700 arrivants ( je suis 597è).
Au passage, je prends un coup de vieux: mon anniversaire n 'est qu'au mois de mai, mais comme je suis né en 71 je fais désormais partie des vétérans!

Après l'ouverture de la saison de courses à pied dans les Flandres, j'ai participé à celle du Valenciennois.
Le 20 février c'était la Course de Brennus à Sebourg. Deux courses en une: un 5 km et un 10 km.
Arrivé bien en avance, j'ai eu largement le temps de m'inscrire et de m'échauffer avant l'arrivée de Chti Vincent et de Chti Grincheux, ce dernier habitant dans le coin.
J'avais vu sur internet que le départ était à 9h30. Une fois sur place, il apparaît que c 'est plutôt 10h, mais en fait c'est le 5 km qui part à cette heure-là, nous nous préparons donc à partir à 10h30. On va se retrouver à passer deux fois plus de temps à s'échauffer qu'à courir! enfin, au moins on ne risque pas le claquage!
A 10h25 le coup de feu du starter surprend tout le monde, du coup je cafouille avec mon chrono, je n'aurai pas mon temps exact. Tant pis, on court.
Les premiers hectomètres sont composés d'une longue descente, à l'occasion de laquelle je tente de remonter le peloton compact. Comme la course de la semaine dernière, celle-ci est très fréquentée, et on se marche un peu sur les pieds. Ca monte et ça descend assez régulièrement, et vers le 3è km nous nous retrouvons dans des chemins boueux traversant les champs. Ca embaume la campagne, d'autant qu'on longe des tas de fumiers et des élevages de poulets. A part ça le paysage est quand même très plaisant, c 'est assez vallonné et boisé dans le coin.
Même sans chrono, je me rends compte que j'avance plutôt bien, un peu moins de 5 minutes au kilomètre, même après la mi-course.
Mais c 'est à ce moment que les vraies difficultés commencent: tout d'abord une belle côte vers le 6è km puis une autre juste avant l'arrivée, très raide et assez longue.
Il ne pleut pas vraiment, mais le crachin finit par imbiber mon dossard et je manque de le perdre, je termine la course en tenant dans ma main une masse informe de papier brun.
La ligne d'arrivée en ligne de mire je résiste aux derniers concurrents essayant de me dépasser et je dois terminer dans les 45' 37 selon le chrono officiel, soit mon temps intermédiaire à Ploegsteert en novembre dernier.
Une fois la ligne franchie on retrouve l'organisation hasardeuse de la course: on nous fait longuement patienter entre les barrières avant de prendre nos dossards (ou ce qu'il en reste).
Heureusement le ravito final vaut le coup: une bonne omelette nous attend à la salle polyvalente!
Mais je ne peux pas m'attarder, je retrouve Chti Vincent et Chti Grincheux pour rallier la maison de ce dernier où un plantureux repas bien arrosé nous attend.

dimanche 27 février 2011

Off Courses!


Que faire pour s'occuper en hiver, alors que la saison de course à pied est au point mort? et surtout comment éliminer les calories et toxines diverses accumulées pendant les fêtes? participer à des courses "off" pardi! Comme leur nom l'indique, ces courses n'ont rien d'officiel, et sont organisées bénévolement par des passionnés. Pas de dossard, pas de chrono officiel, et bien évidemment il ne faut pas s'attendre à trouver des ravitaillements tous les 5 km, ni à ce que la route soit bloquée, mais l'ambiance est des plus conviviales et c 'est finalement tout ce qui compte.
Première étape, le Pavé du Fort, à Capinghem, une commune coincée entre Auchan Englos et le Kinépolis. Trois boucles de 4 km dans les chemins de campagne (moins de risque de rencontrer des voitures, surtout un dimanche matin), dont un passage pavé d'environ un kilomètre. On s'arrête quand on veut, aux 4, 8 ou 12 km suivant sa motivation et ses moyens. Cette année l'organisateur a obtenu l'ouverture de la salle des fêtes, au moins on pourra attendre le départ au chaud. J'y retrouve la bande de joyeux drilles de Kikourou, Chti Grincheux, Chti Vincent et leurs petites familles, ainsi que Vivien, accompagné de son père, intronisé photographe officiel de la course (enfin, pour notre groupe du moins!). Nous sommes un peu plus d'une centaine à nous présenter sur la ligne (fictive) de départ, on me dit que c 'est le record de l'épreuve.
Après une minute de silence en hommage à un ami de l'organisateur décédé peu avant, le peloton s'élance à allure mesurée. On est loin des trains d'enfers imposés par les Kényans sur les courses officielles!
La première partie du parcours est en descente, ce qui nous permet de nous mettre tranquillement dans le bain, puis, un peu avant le premier kilomètre, arrive le secteur pavé. Il s'agit de ne pas se tordre les chevilles, et surtout de ne pas tomber. La foulée se fait prudente, et on court en regardant ses pieds. Au 2è km, on remonte. La pente n 'est pas très forte, mais assez longue, ce qui me permet de rattraper quelques concurrents. Trois boucles ainsi, donc.
J'en finis en 56mn 22, un peu plus de 12 km/h de moyenne, mon allure habituelle sur semi marathon, pas mal pour une course de reprise, surtout vu le parcours. Une fois que tout le monde est arrivé, on se précipite dans la salle des fêtes pour déguster la merveilleuse soupe préparée par les organisateurs.

Deuxième étape hivernale: La Crapahute, à Herlies, non loin de Sainghin en Weppes, une course empruntant les sentiers boueux entre les champs. Chti Grincheux, que je retrouve au départ dans son déguisement de Guerta et accompagné de sa moitié, m'avertit que certaines années le parcours est tellement gras que l'on risque d'y perdre ses chaussures! Mais cette année on a de la chance, il n'a pas trop plu les jours précédents.
Il y a là aussi plusieurs évènements en même temps: deux courses et deux randonnées de 4.5 et 11.2 km. L'inscription est payante, quoi que rien n'empêche de resquiller, et les bénéfices sont reversés à une association caritative. Cette année ce sont les clowns de l'espoir, une association visant à égayer le séjour des enfants à l'hôpital qui a été choisie.
Après une photo de groupe (nous ne sommes pas très nombreux non plus sur cette course), le peloton s'élance tranquillement. Le niveau n 'est pas très relevé, ce qui me permet de passer la première partie du parcours autour de la 5 ou 6è place. Après un kilomètre très roulant sur la route nous bifurquons sur des sentiers serpentant entre les champs de choux et de betteraves. C 'est assez "gadouilleux", mais finalement moins pénible qu'à la Course des Chicons, par exemple, j'ai vraiment de la chance! A partir de la mi-course nous dépassons les randonneurs partis une bonne demi-heure avant nous, il faut zigzaguer entre les trous d'eau, les ornières et les randonneurs, sans oublier les promeneurs du dimanche qui n'ont rien à voir avec la course, et sur les routes il faut faire attention aux voitures.
Le balisage étant plutôt aléatoire, malgré la bonne volonté des signaleurs bénévoles, je me trompe presque de chemin dans le dernier kilomètre, mais je finis tout de même en 53mn56s, soit à peu près sur la même allure qu'à Capinghem, et surtout 10è de la course! (je ne ferai jamais une meilleure place!).
A l'arrivée une bonne soupe bien chaude nous attend, mais la buvette toute proche nous propose d'autres breuvages pour nous remettre de nos émotions.

mercredi 2 février 2011

Courses d'Hiver


L'année dernière, pour ma première saison de course, je m'étais arrêté au mois de novembre, avec le semi marathon de Ploegsteert, guère motivé par la météo de plus en plus fraîche et surtout pluvieuse à mesure que l'hiver progressait. Cette année par contre, m'étant fait quelques copains via le forum de Kikourou, je me suis laissé entraîné dans des courses se déroulant dans des conditions qui m'auraient autrefois fait garder la couette.
Si lors des Boucles Tourquennoises et de la Course du Chicon la météo était comparable avec ce que j'avais connu l'année précédente, il en alla tout autrement lors du semi de Ploegsteert: une température glaciale, un vent à décorner les boeufs et surtout de la pluie! j'ai horreur de courir sous la pluie! c 'est là qu'on voit l'importance des potes, sans eux je ne me serais jamais aligné à l'édition 2010 de cette épreuve! La première partie du parcours se passe pourtant plutôt bien, puisque nous avons plus ou moins le vent dans le dos. J'ai ainsi parcouru 13 km à l'heure de course! (comme l'année d'avant!) par contre c 'est sur la fin que ça se complique: les six derniers kilomètres reprennent les six premiers, mais dans l'autre sens. A ma grande surprise, je réalise un chrono plus qu'honorable, avec 1h39mn42s!
Sur ma lancée je me suis inscrit aux Foulées Hellemmoises et à la Course du Téléthon de Wavrin, deux courses de 10 km. Il fait de plus en plus froid, le départ à Wavrin est même donné alors qu'une fine couche de givre recouvre la campagne, mais au moins il ne pleut pas et il n'y a pas de vent! Je me sens plus en forme que l'année précédente, mais bizarrement je n'arrive pas à battre le chrono réalisé lors de mon premier dix kilomètre. Pas grave, j'aurais au moins serré la pince à Jean-Marie Leblanc, parrain de l'édition 2010 des 10 km de Wavrin.
Ma dernière course de l'année 2010 sera la Course de Noël des Moulins à Steenvoorde, au pied du Mont des Cats, une course plus pour s'amuser que pour réaliser un chrono. Heureusement, parce que vu les conditions météo cela aurait été bien difficile. L'atout majeur de cette course est que l'on peut trouver de la bière, la Fromulus produite localement, aux ravitaillements. Gros gourmand que je suis, je me suis inscrit au semi marathon (il y a plus de ravitos!), tandis que les copains se contentaient du 10 km, mais la neige recouvrant le paysage, et continuant de tomber, les organisateurs ont été contraints, comme l'année dernière me dit-on, de raccourcir le semi qui du coup ne fait plus que 17km (ça fait au moins un ravito en moins, ça! bande de radins!). Encore une fois c 'est heureux, car on se les gèle! Mais les organisateurs ont tout prévu pour que l'on passe malgré tout un bon moment, et les animations ne manquent pas tout au long du parcours, la plus mémorable étant sans aucun doute le ravitaillement de Terdeghem, où l'on nous invite à danser le madison une bière à la main! "Le ravito de Terdeghem: le ravito que j'aime!".
Une fois la ligne d'arrivée franchie la fête continue dans la salle des sports, où l'on récompense les meilleurs déguisements, une cérémonie de remise des prix qui éclipse même les récompenses officielles, je ne saurai jamais qui a gagné!

dimanche 10 octobre 2010

Marathon de Dunkerque


Superbe journée aujourd'hui à Dunkerque: temps splendide, juste un peu de vent (on est en bord de mer), un parcours très plat propice aux performances (on y reviendra), et une très bonne ambiance sur le parcours malgré le faible nombre d'inscrits ( les nombreuses courses ayant lieu ce jour ont drainé l'affluence), des bénévoles très compétents et tous plus sympathiques les uns que les autres, bref, que du bonheur!
Peu avant le départ je retrouve Ch'ti Vincent, accompagné pour l'occasion de sa petite famille, et nous gagnons le bureau des inscriptions pour retirer nos dossards.
C 'est fou les rencontres qu'on peut faire sur une course: en jetant un oeil sur la liste des engagés je remarque un nom qui me paraît familier: un copain de l'époque du collège ( ça ne nous rajeunit pas tout ça!) effectue aujourd'hui son premier marathon! Je le croise peu après et le temps d'échanger quelques souvenirs il est temps de se diriger vers la ligne de départ.
Pas de meneur d'allure au delà de 4h, je repère donc l'homme en question avec l'idée de m'accrocher le plus longtemps possible à ses basques.
Au coup de feu nous nous élançons et nous voilà partis pour une boucle sur le front de mer avant d'attaquer les choses sérieuses.
Je distance rapidement Ch'ti Vincent, rattrape, puis dépasse le meneur des 4h sans forcer. Pourvu que je tienne cette allure!
Le parcours est très sympa: longeant les canaux et les étangs entre Dunkerque et Bergues en passant par Coudekerque, des routes que je connais bien puisque je les parcourais souvent à vélo dans ma jeunesse. Séquence nostalgie.
Au pied du beffroi de Bergues madame Ch'ti Vincent profite de mon passage pour me tirer le portrait. Je boucle la première moitié de la course en 1h55, jusqu'ici tout va bien.
Forcément la deuxième moitié du parcours sera beaucoup moins facile, et peu après le passage au 30è j'accuse une baisse de régime due à mes jambes de plus en plus douloureuses. Mais je m'étais promis de ne pas marcher, comme cela m'était arrivé lors de la Route du Louvre, alors je serre les dents.
Entre le 34è et le 35è je me fais soudain dépasser par un petit peloton emmené par le meneur des 4h! un coup d'oeil à mon chrono me confirme que je suis toujours sur des bases de moins de 4h, il est pressé de rentrer chez lui le meneur. Mais ce n 'est pas tout: qui vois-je au milieu du groupe? un Ch'ti Vincent "in the zone", qui me laisse littéralement sur place! il avait bien caché son jeu le bougre, à prétendre qu'il ne visait qu'un chrono de 4h30! Mes jambes douloureuses m'empêchent d'accélérer la cadence et je laisse le groupe s'en aller.
Vers le 38è ça devient vraiment dur pour mes pauvres compas, et seule la proximité de l'arrivée me fait tenir.
Je rejoins finalement le Kursaal en un peu plus de 4h02 (officiellement ça doit donner 4h03).
Ch'ti Vincent en avait fini une bonne dizaine de minutes plus tôt, il a même largué le groupe du meneur des 4h!
Comme promis nous sommes allés célébrer nos victoires respectives sur nos chronos personnels devant une petite mousse, non sans claudiquer comme deux vieillards perclus de rhumatismes.
Après l'effort le réconfort, comme on dit!

vendredi 24 septembre 2010

Rentrée chargée


Here we go again.
Nouvelle rentrée, une nouvelle année scolaire qui commence, un nouvel établissement (enfin, plutot un retour à mon ancien établissement), une nouvelle équipe dirigeante ( et c 'est tant mieux, je n'avais pas trop d'atomes crochus avec l'ancienne). C 'est aussi l'occasion de retrouver mes anciens collègues, et surtout la cafètéria auto-gérée où sont organisés nombre d'apéros commémoratifs et festifs tout au long de l'année.
Evidemment il y a des changements, plusieurs collègues sont absents, soit pour cause de retraite anticipée, de congé maladie ou maternité.
Nouvel emploi du temps aussi bien sûr, et là je vois que j'ai été gâté: à première vue j'ai des classes plutôt sympas mais je bosse tous les jours! sauf le lundi quand même. Cela faisait des années que je n'avais pas travaillé le samedi, et à plus forte raison le mercredi. C 'est rapé pour le semi marathon de la braderie.

En parlant de la braderie, la voilà qui se profile à peine quelques jours après la reprise du boulot, et le plus déprimant c 'est que le samedi je dois en traverser une bonne partie pour arriver sur mon lieu de travail.
Je me rattrape l'après midi. A peine rentrée je me laisse happer par le flot humain qui a envahi le centre de Lille. Un petit tour du côté du parc Jean-Baptiste Lebas, où j'attrape une mousse au passage, puis je me dirige vers ce qui demeure l'âme de la braderie, la citadelle. Mais pour y arriver, encore faut-il remonter tout le boulevard de la liberté, et même si certains axes sont dorénavant dégagés, il faut bien trois quarts d'heure pour y arriver. J'en profite pour me restaurer auprès d'un des nombreux vendeurs de kebab installés le long du boulevard, un vrai sketch d'ailleurs le kebab où je me suis arrêté: malgré la foule affamée qui se pressait devant l'étal, un seul vendeur semblait s'occuper des clients, l'autre buvant tranquillement sa bière en blaguant avec les passants. Ils ont de la chance de ne pas être chers!
Enfin j'arrive à la citadelle, et le temps de me ravitailler en jus de houblon je m'engage au milieu des tentes et autres étals de fortune encombrant les berges du canal. Je ne me lasse jamais d'arpenter ce lieu où se côtoient les objets les plus insolites: banc d'école, distributeurs de bonbons, trayeuses, livres plus ou moins anciens et précieux, jouets en toutes conditions. Je suis pourtant loin d'être un amateur de brocantes, mais l'ambiance qui règne à Lille chaque premier week end de septembre est véritablement unique, surtout autour de la citadelle.
Après une journée passée à piétiner, il est temps de rentrer, et d'aller dîner chez ma soeur.
Je repasserai faire un tour le lendemain, mais le dimanche l'ambiance est déjà retombée, plusieurs bradeux ont déjà remballé leurs affaires.
Les deux jours suivants, c 'est le début des mouvements sociaux de la rentrée: les enseignants le lundi et la grande manif pour les retraites le mardi.
Du coup je ne recommence le boulot que le mercredi. Une semaine écourtée qui me permet de rentrer doucement dans le bain.

Début septembre c 'est aussi l'US open de tennis. Comme d'habitude je n'en vois pas grand chose, décalage horaire oblige, de plus, comme chaque année, des impondérables viennent m'empêcher de regarder la finale dans de bonnes conditions.
Il y a deux ans c'était la pluie qui avait retardé la finale, l'année dernière c'était le fournisseur d'accès internet et télé de ma soeur qui faisait des siennes, et cette année, encore, ce fut la pluie qui vint semer la zizanie. mais quand donc se décideront-ils à mettre un toit sur le court central de Flushing Meadows?
Bref, je suis rentré chez moi tôt exprès le dimanche pour regarder le match opposant Nadal à Djokovic, mais les intempéries l'empêchèrent même de commencer. Je tentais de le regarder une nouvelle fois le lundi soir, mais une fois de plus la météo s'en mêla, interrompant le match peu avant la fin du deuxième set. Ayant cours le lendemain à 8h, je décidai de m'installer dans mon canapé et de surveiller la télé du coin de l'oeil. Inutile de vous dire que je n'ai finalement pâs vu grand chose, tout au plus ai-je remarqué que le match avait repris, qu'à un moment donné Nadal menait deux sets à un, et lorsque je rouvris un oeil ce fut pour me rendre compte que le match était fini. j'en déduisis que le numéro un mondial l'avait emporté, succédant ainsi à Roger Federer au palmarès des joueurs ayant remporté les quatre tournois du Grand Chelem.

Bon , c 'est pas tout ça, il serait peut être temps de se remettre sérieusement au travail!

mardi 21 septembre 2010

Running Arka: saison 2


Après la trêve estivale, retour aux choses sérieuses!
Je n'ai pas pu m'aligner au semi de la Braderie, puisque, ayant changé d'établissement (encore une fois), j'ai un tout nouvel emploi du temps tout pourri qui m'oblige à travailler le samedi matin.
Ma première course de la saison aura donc été le semi marathon de Marcq-en-Baroeul dimanche 19 septembre, une course sur laquelle, vous vous en souvenez, j'avais subi un de mes premiers revers l'année dernière, puisque j'avais dû marcher un moment. Mon chrono s'en était ressenti évidemment, et j'avais bouclé la distance en un peu plus d'1h48 (alors que j'avais fait un peu moins d'1h45 deux semaines auparavant à la Braderie pour ma première course).
L'heure de la revanche avait donc sonné.
Dimanche matin donc, par un temps couvert et assez frais, était donné le départ de la 23 è édition de cette course.
Ambiance un peu spéciale sur la ligne de départ, où l'on nous invite à observer une minute de silence en mémoire de Natacha, jeune joggeuse Marcquoise violée et assassinée la semaine dernière alors qu'elle s'entraînait sur le parcours.
Mais "The Show Must Go On" et la course reprend ses droits.
Plus de 1 200 participants, c 'est l'une des courses les plus courues de la région, comme en témoigne la présence d'une petite armada Kenyane.
Je pars plutôt prudemment, de toute façon avec le monde qu'il y a il faut un petit moment pour prendre de la vitesse. Après la boucle traditionnelle sur l'Avenue Foch nous voilà partis dans la campagne environnante.
Le premier tour se passe sans encombre, la petite bruine qui m'inquiétait au coup d'envoi se dissipe rapidement. Je maintiens une bonne moyenne, environ 4 minutes 35/40 au kilomètre, je gère mieux les côtes que l'année dernière, je gère mieux aussi mes ravitaillements et j'ai désormais une bonne technique pour attraper gobelets et victuailles sans m'arrêter, je travaille mes trajectoires pour faire le moins d'écarts possibles, bref tout va bien.
A l'heure de course j'ai fait un peu plus de 12 kilomètres, mais comme d'habitude j'ai un petit coup de moins bien vers le 13è kilomètre, je commence à me faire dépasser, alors que jusqu'ici c 'est moi qui rattrapait d'autres coureurs, mais je m'accroche. A l'endroit fatidique où je m'étais mis à marcher l'année dernière je serre les dents et j'attends que ça se passe.
Dans les derniers kilomètres je suis encore relativement frais, et j'en profite pour accélérer graduellement, finissant au sprint, ce qui me permet de dépasser une petite dizaine de concurrents juste avant la ligne d'arrivée.
Résultat: 426è en 1h41mn 01s à mon chrono (le chrono officiel indique 35 secondes de plus, mais ils ne comptent pas le temps que j'ai mis à passer la ligne de départ).
Du côté des "pros", ce sont évidemment les Kenyans qui squattent les premières places: triplé chez les garçons, par contre une seule femme des hauts plateaux sur le podium, mais bien sûr sur la plus haute marche. Elle avait l'air très jeune d'ailleurs la championne, ils ont décidément une réserve inépuisable d'athlètes de haut niveau là bas.
Performance satisfaisante pour ma part, donc, surtout si l'on considère que je n'ai pas fait de course depuis deux mois, il semble que je sois plus en forme que l'année dernière à la même époque. Et c 'est tant mieux car la semaine prochaine je m'attaque à mon record personnel: c 'est en effet lors du semi de Lambersart que j'ai réalisé mon meilleur temps sur la distance en 1h37 51, un chrono que je n'ai jamais été capable d'approcher depuis.
C 'est pas gagné.

Running Arka: Post Marathon


Après m'être reposé les jambes quelques semaines, j'avais décidé de remettre le couvert à l'occasion des foulées Sainghinoises, à Sainghain-en-Weppes, près de Lille.
Depuis quelque temps je trainais sur un forum de types qui courent. Dans le lot il y a de vrais cinglés qui font des courses de 6h, des 100km ou encore des trails avec des dénivelés de fous, et il y en a aussi qui habitent dans ch'Nord.
Le dimanche 6 juin certains d'entre eux participaient à cette course, l'occasion de les rencontrer en chair et en os, d'autant que les bougres avaient su m'appâter en me promettant quelques bières après l'arrivée.
L'ennui c 'est que le temps ces derniers jour n'était pas franchement au beau fixe. Après avoir été très ensoleillé en début de semaine il s 'est progressivement couvert jusqu'à devenir orageux à l'approche du week end. Mais après avoir scruté les bulletins météo toute la semaine j'étais à peu près rassuré; il ne devait vraisemblablement pleuvoir que l'après-midi.
Dimanche matin, à peine levé, j'ouvre mes fenêtres pour observer les conditions atmosphériques. Ca avait l'air potable, juste un léger crachin qui devrait bientôt se dissiper.
Je me mets en route, mais à mesure que j'approche de ma destination les nuages se font de plus en plus lourds et la pluie de plus en plus franche. Lorsque je finis par rallier le local d'inscription c 'est carrément un orage qui s'abat sur nos têtes.
Je décide d'attendre pour m'inscrire ( on a jusqu'à 30 mn avant le départ), mais je repère déjà les collègues, faciles à reconnaître car déguisés en femmes, avec faux seins et perruques! Ils ont l'air d'aimer déconner ceux là! Cependant je ne vais pas les saluer tout de suite, car je me dis qu'alors je serai coincé, plus moyen d'éviter de prendre le départ.
Au vu de l'averse violente et des éclairs qui zèbrent le ciel, les organisateur décident de reporter le départ d'une demi-heure. Le temps se calme peu à peu, mais il pleut toujours, ce qui n'a pas l'air de décourager les participants, d'autant qu'une association d'aide aux enfants handicapés y participe. Elle embarque quelques enfants sur des joëllettes ( des espèces de chaises à porteurs mais équipées d'une roue autour desquelles des coureurs se relaient).
je décide finalement de me jeter à l'eau ( c 'est le cas de le dire). Après tout la course ne fait que dix kilomètres, ça me fera du bien et ça ne durera pas longtemps. Je retourne me changer dans ma voiture et établi au retour le contact avec les joyeux drilles du forum qui sont aussi relayeurs sur l'une des deux joëllettes. Ils me proposent d'ailleurs d'intégrer leur équipe. Comme je ne sais pas dire non j'accepte et nous voilà partis sous la pluie, 5 mn avant le gros du peloton, escortant le petit Philippe, visiblement atteint d'autisme.
Les premiers kilomètres passent très vite, l'équipe de doux dingues s'y entend pour mettre de l'ambiance, et on a tôt fait d'oublier la pluie, d'ailleurs l'un des relayeurs se débarrasse bientôt de son imperméable. Heureusement qu'il a fait chaud les jours précédents, du coup la pluie n 'est pas froide.
Je prends un relai entre les km 2.5 et 4.5, juste avant que l'on entre dans le premier secteur pavé. Il faudra à l'avenir que j'étudie plus sérieusement le parcours des courses auxquelles je participe quand même! courir sur des pavés ce n 'est déjà pas drôle, mais quand il pleut et qu'il y a de la boue c 'est encore pire, et même un peu dangereux, surtout lorsqu'on pousse une joëllette. Du coup j'ai l'impression de me retrouver sur un Paris-Roubaix miniature. Comme on n 'est pas là pour faire un chrono, on prend notre temps aux divers ravitaillements, qui font aussi office de passage de relais. Entre les deux premières zones pavées, le gamin, qui pourtant d'habitude selon sa maman ne parle jamais, nous surprend en chantant avec nous; visiblement il prend plaisir à l'aventure, malgré la pluie qui continue à tomber.
Je termine mon deuxième relais juste avant le dernier passage sur les pavés, et heureusement, car celui-ci est vraiment le pire des trois: ornières, trous et flaques d'eaux insondables s'ingénient à nous compliquer la tâche, franchement je tire mon chapeau aux gars du dernier relais!
Heureusement la ligne d'arrivée se dresse juste à la sortie du dernier secteur pavé et nous terminions en un peu plus de 57 minutes, ce qui n 'est pas trop mal finalement au vu des conditions météo.
Une fois la joëllette posée et le petit rendu à sa famille je pars me changer, et alors que le soleil fait enfin son apparition ( elle avait tout faux la météo, c 'est tout le contraire de ce qu'elle annonçait!) je fais mon retour dans la salle de sport où sont remis les prix, tandis que je fais plus ample connaissance avec la bande des cinglés autour de quelques boissons énergétiques à base d'orge et de houblon ( que des produits naturels!).
Finalement, malgré la pluie et l'orage j'ai passé une matinée très agréable, j'ai rencontré des gens très sympas, et j'ai même fait mes premiers pas dans l'humanitaire!
Et au passage je me suis fait prendre en photo avec Alain Douguet, vainqueur de la course en un peu plus de 33 minutes, et toujours au moins sur le podium de la plupart des courses au départ desquelles je me suis aligné. Et oui, je côtoie des stars maintenant!


Comme je ne pouvais pas m'aligner au semi de Phalempin et que l'envie me démangeait de courir plus de 20 bornes, je me suis inscrit cette année à la 3è édition des Chemins D'Europe, course transfrontalière sur route ( enfin surtout sur berges) entre Tournai et St Amand qui avait lieu le dimanche 13 juin.
Parcours sympa, mais on se sent vite seul, puisqu' on était un peu moins de 200 à prendre le départ ce matin là.
Temps idéal, un peu frais, mais on se réchauffe vite, et surtout pas de pluie.
L'organisation est au top elle aussi, des navettes emmènent les coureurs français le matin de St Amand à Tournai, et ramènent les Belges par le même chemin une fois la course terminée, il y a même un système de consigne.
La course proprement dite est très roulante, empruntant la plupart du temps les berges de l'Escaut, de la Scarpe ou des canaux, ce qui permet d'observer les canards, poules d'eaux et autres cormorans ( mais qu'est-ce qu'ils font là ceux là?) tout en courant, et les ravitaillements répondent présent tous les 4 ou 5 kilomètres.
Seul problème, une fois passé les 20 km les rives sont soudains encombrées de randonneurs (plusieurs courses et randonnées sont en effet organisées ce jour) et le ravitaillement du 21è km est situé dans un véritable goulot d'étranglement, et le petit escalier juste avant la ligne droite finale n 'est pas non plus une bonne idée ( je comprends qu'un seul handisport se soit aligné au départ).
Sinon je ne suis pas encore revenu au top de ma forme, j'ai mis deux heures tout juste pour boucler les 24km.


Retour au vrai semi marathon avec les Foulées Dupleix, à Landrecies, le dimanche 28 juin.
21km100 en majorité dans la forêt de Mormal.
Très jolie la forêt, mais ça n'arrête pas de monter et de descendre! et la chaleur n'arrangeait pas les choses!
Au premier ravito j'étais déjà cramé. De plus il y a de nombreuses trouées dues à l'exploitation forestière où il n'y a pas de vent et où la chaleur se concentre.
Complétement asphyxié, je dois marcher entre le 17è et le 18è km.
A la sortie de la forêt je me remets à courir, et je finis en 1h52, soit mon plus mauvais temps sur la distance, mais comme même les pros sont au delà des 1h15, je me dis que ce n 'est pas si mal finalement.
En tout cas j'ai décidé deux choses après cette course: je ne cours plus lorsqu'il fait déjà 25 degrés à 10h du mat, et je vais désormais éviter les courses trop vallonnées ( donc je ne risque pas de revenir l'année prochaine! Wink )


Le 11 juillet il n'y avait pas que la finale de la coupe du monde, il y avait aussi une course, La Panoramique du Mont Des Cats.
Vous vous rappelez que j'avais dit que je ne voulais plus courir sous la chaleur? et que je ne ferais plus de courses trop vallonnées? croyez-vous que j'aie tenu parole? ben non évidemment!
14km 760 par une chaleur intenable, des côtes de fou ( enfin, surtout une), c'était ça la Panoramique.
Mais pas que.
La Panoramique c 'est aussi une ambiance très conviviale, pratiquement familiale, la course est de plus en plus fréquentée ( plus de 800 coureurs cette année, les records de participation sont dépassés chaque année), des bénévoles très sympathiques, des fanfares pour nous encourager le long du parcours, les riverains participent à leur manière en nous proposant des points d'eau et des arrosages bienvenus, et à l'arrivée on a droit, entre autres, à une bière locale, la Gavroche.
Il fallait bien ça pour nous motiver car je crois bien n'avoir jamais fait de sport sous une chaleur aussi écrasante, et la dernière côte était vraiment monstrueuse, pas très longue, mais tellement raide qu'il doit être quasi impossible de la gravir autrement qu'à pied, j'ai d'ailleurs dû marcher sur les derniers 50m.
Résultat: 333è sur plus de 800 avec un temps somme toute respectable d'1h22 (le record de l'épreuve doit être dans les 54-56 mn, ça donne une idée de la difficulté du parcours).

Avec ces quelques courses se termine ma saison 2009-2010.
En septembre c 'est la reprise, avec comme objectif un deuxième marathon, celui de Dunkerque en octobre.