mercredi 4 novembre 2009

NaNoWriMo 2009


Ca y est!
Après un léger retard à l'allumage (je n'ai commencé qu'hier), j'ai fini par débuter mon pseudo roman de l'année 2009.
Pour ceux qui ne sauraient pas ce qu'est le NaNoWriMo (National Novel Writing Month, soit le mois national de l'écriture de roman), sachez qu'il s'agit d'un défi littéraire invitant chacun à écrire en l'espace d'un mois (le mois de novembre donc) un truc ( n'importe quoi!) d'au moins 50 000 mots (environ 110 pages bien remplies).
Nul besoin d'être Shakespeare, ici la quantité prime sur la qualité!
L'année dernière je m'étais lancé dans une histoire de loup-garou qui s'en prenait à des chasseurs à la hutte dans les marais des Flandres en pleine canicule de l' été 1976 (sic!). Le processus d'écriture avait été quelque peu parasité par un défi que nous avait lancé une ville américaine, si bien que j'ai fini par écrire littéralement n'importe quoi pour faire avancer le "word count".
Cette année j'ai décidé de continuer dans la thématique canardesque, puisque je vais tenter d'adapter le scénario d'un bande dessinée que j'avais commencé à écrire et dessiner (oui, à une époque je croyais aussi savoir dessiner) dans ma jeunesse à savoir Destroy Duck: une histoire totalement fantaisiste de canards mutants et carnivores qui bouffent des gens.
Alors si vous aimez écrire, raconter des histoires, si vous avez toujours rêvé d'écrire un jour un roman mais l'avez toujours repoussé faute de temps, ou si vous aimez simplement relever des défis, à vos claviers!

The Children- Tom Shankland


L'Europe aurait-elle peur de ses enfant?
C 'est la question que l'on peut légitimement se poser après la sortie en moins de deux ans de trois films originaires du vieux continent ayant pour protagonistes des enfants tueurs.
Après l'Ibérique Les Proies, le Britannique Eden Lake ( avec Kelly "la nouvelle égérie de Klapisch" Reilly) voici venir en provenance de la perfide Albion The Children , au titre plus qu'évocateur.
Au delà de toute considération sociologique, force est de reconnaître que cette vague de films produit des oeuvres fort intéressantes, bien plus en tout cas que le tout venant hollywoodien.
Pourtant rodé aux productions made in BBC, Tom Shankland livre ici un pur produit cinématographique, tirant parti des moyens mis à sa disposition pour faire étalage de tout son savoir-faire.
Je n'ai pu voir le film qu'en V.F (enfoiré de Kinépolis!) mais cela ne m'a pas empêché d'être totalement absorbé par l'ambiance, le jeu des acteurs et même les dialogues, étonnamment bien traduits et doublés.
Le titre ne laisse aucun doute quant aux meurtriers, et contrairement à la plupart des production ricaines The Children tient ses promesses.
Sous l'emprise d'un mystérieux virus les enfants de deux couples ayant décidé de passer les fêtes de fin d'année ensemble se muent soudain en machines à tuer bien plus vicieuses que la Jennifer qui prête son body à un certain film.
Le résultat est proprement terrifiant, convoquant l'une des peurs les plus primaires de l'être humain. Un scénario au cordeau, des mouvements de caméra amples et virtuoses mais jamais vains, des gros plans venant appuyer certaines répliques à priori anodines, des acteurs en tous points parfaits et une bande son tout à fait impitoyable font de The Children un des joyaux du renouveau de l'horreur British, qui n'aura pas à rougir de se retrouver sur la même étagère que Creep, The Descent ou Eden Lake.
God Save the Screams!

vendredi 30 octobre 2009

Jennifer's Body - Karyn Kusama


"Dans Jennifer's Body, il y a beaucoup de Jennifer, mais pas beaucoup de body!"
Cette critique à l'emporte-pièce entendue quelque part à la télé ( le mec qui vérifie soigneusement ses sources!) résume assez bien mon opinion sur ce qu'on ose appeler un film d'horreur sexy.
C 'est bien simple: il n'y a pratiquement pas d'horreur ( tous les meurtres ont lieu hors-champs) et pratiquement pas de sexe (on ne voit même pas une paire de fesses!).
Alors évidemment mademoiselle Fox est une "Foxy Lady", mais justement je crois que vu la campagne de pub on était en droit de s'attendre à moins de pudeur de la part de la réalisatrice, quitte à mettre aussi les garçons à poils, pour une fois il y en aurait eu pour tout le monde.
Mais ce n 'est pas encore le pire, le fait est que Jennifer's Body se moque des fans du genre. On essaie de faire djeun's avec des références au kilomètre (aux groupes de rock à la mode, aux classiques du genre...) mais le tout tombe à plat tant les références justement ne sont pas assimilées. Et que dire des dialogues, navrants de bêtise, avançant avec des sabots de cinquante kilos, lourdingues à force de se vouloir malins.
Alors bien sûr Madame Kusama a le sens de la belle image, les meilleurs plans du film, notamment le plan aérien sur Jennifer en train de nager par exemple, figurent d'ailleurs dans la bande-annonce, mais un film d'horreur, tout comme un film comique ou d'action ,repose avant tout sur le rythme et ici il n'y en aucun.
Contre toute attente la bonne surprise du film reste Megan Fox, aussi convaincante en bimbo décérébrée (un rôle de composition?) qu'en possédée sanguinaire.
Espérons qu'à l'avenir elle saura choisir de meilleurs rôles.

jeudi 29 octobre 2009

Panda, Petit Panda - Miyazaki / Takahata (1973)


Quoi? un nouveau Miyazaki? déjà? Ponyo n 'est sorti que ce printemps!
En fait il s'agit ici d'une oeuvre de jeunesse des auteurs de Totoro et de Pompoko, deux moyens métrages au départ destinés à la télévision collés ensemble pour être exploités au cinéma. Contrairement aux oeuvres cinématographiques des deux réalisateurs, Panda, Petit Panda s'adresse principalement aux enfants, très jeunes de surcroit. L'histoire est très basique, les aventures de personnages dignes des livres de conte, et les animaux parlants sont de véritables peluches ambulantes. Pour autant Panda n 'est pas dénué d'intérêt pour un public plus adulte; on y trouve en effet la plupart des ingrédients des chefs d'oeuvres futurs des deux maîtres, et surtout de Miyazaki.
On pense évidemment immédiatement à Totoro; la maison au milieu de la forêt (de bambous ici) , la petite fille qui se lie avec des peluches vivantes, le personnage de la grand-mère, l'absence totale de méchants ( même les cambrioleurs sont gentils), les situations qui ne sont jamais très graves. L'omniprésence de la nature est à la base de l'oeuvre de l'auteur de Nausicaa, et la séquence de l'inondation peut être considérée comme un brouillon de celles de Chihiro et de Ponyo, le tout emballé avec un sens de la poésie déjà très sûr.
Un joli conte moral donc, sur la famille, l'importance d'en avoir une, quitte à se la fabriquer, la place de chacun dans cette entité, une histoire pas si gnangnan que ça qui saura contenter petits et grands.

Running Arka


Ayant apprécié l'ambiance du semi marathon de Lille je décidai de continuer l'aventure et de m'inscrire à toutes les courses du coin, et Dieu sait s'il y en a! Il paraît que le Nord/Pas-de-calais est la première région organisatrice de courses à pied en France.

Deux semaines après la braderie avait lieu le semi de Marcq-en-Baroeul. Tout de suite on se rend compte à quel point la course du premier week-end de septembre était exceptionnelle: il y a en gros moitié moins d'inscrits ici. Cela n'entame pas l'enthousiasme des coureurs ni des élus qui ont mis les petits plats dans les grands, puisqu'ils accueillent aujourd'hui des représentants de leurs villes jumelées en Angleterre et en Allemagne. Sur le parvis de l'hôtel de ville une jeune femme se charge de faire exécuter quelques mouvements d'échauffement à une poignée de concurrents tandis que d'autres arpentent de long en large l'avenue.
C 'est bientôt le départ, je tente de me placer aux avants postes. Ca part très vite, ce qui est d'autant plus étonnant que les premiers hectomètres sont en faux-plat montant. J'avale le premier kilomètre à plus de 12.5 km/h, ce qui me semble énorme. Je tente de m'accrocher à un des groupes de tête, mais passé le 5è kilomètre il me faut ralentir le rythme. Le parcours est très sympa visuellement, mais pour les jambes c 'est une vraie torture, il y a des montées redoutables, d'autant plus que le parcours prévoit deux tours de circuit. Ca ne manque pas, au deuxième tour, peu après la deuxième ascension de la grosse bosse je n'en peux plus. me voilà obligé de marcher pendant presque un kilomètre avant de reprendre un rythme de course.
Je finis en 1h48. Moi pas content!

La semaine suivante c 'est le semi marathon de Lambersart.
J'avais été surpris du faible nombre de concurrents à Marcq-en-Baroeul, que dire ici? nous sommes à peine 200 à nous aligner au départ de l'épreuve. Le faible nombre de participants me permet de me positionner en tête de course. Je ne tarde pas à comprendre ma douleur. La course démarre à une allure folle, et moi, pauvre fou que je suis , j'essaie de suivre! En une demi-heure j'ai ainsi parcouru plus de 7 kilomètres! Le parcours est très champêtre, la météo est clémente. Même si le fond de l'air est frais on se réchauffe vite. Vers le 13è kilomètre je me retrouve à coté d'un type sympa qui me propose de m'accrocher à sa foulée pour m'emmener vers l'arrivée, si bien que je bats mon record personnel en 1h37.

Deux semaines plus tard, rendez-vous à Marchiennes. Température toujours un peu fraiche, mais toujours pas de pluie. Un peu plus de monde qu'à Lambersart. Le parcours emprunte la forêt voisine, ce qui est très agréable. Par contre l'organisation me fait une frayeur: au lieu de nous proposer le premier ravitaillement aux 5 km, ils nous donnent rendez-vous au kilomètre 7! Comme d'habitude je suis à moitié mort après 15 bornes, mais je m'accroche pour ne pas m'arrêter et la fatigue finit par passer. Je retrouve mon pote de Lambersart qui ne m'aide pas cette fois-ci. Je tente en vain de le garder en point de mire, mais c 'est peine perdue.
Je finis en un peu plus de 1h40.

Plus de semi marathon avant le mois suivant, je m'essaie au 10 km. La semaine dernière avaient donc lieu les Boucles Tourquennoises, à Tourcoing donc. Une course de 10 km ouverte à tous mais comptant pour les championnats régionnaux et départementaux. Le quadruple vainqueur de l'épreuve, le champion de France, enfant du pays, Jamel Bachiri veut tenter la passe de cinq. Pour ma part je me contenterai de faire moins de 45 minutes, et pourquoi pas enfin dépasser les 13 km/h de moyenne sur une course. Départ en légère descente, ça va vite, mais pas autant qu'à Lambersart. Premier kilomètre en quatre minutes, sept kilomètre à la demi heure, je suis dans les temps. Au deuxième tour je me fais dépasser par mon copain de Lambersart que je parviens cette fois à garder en point de mire à défaut de pouvoir lui emboiter le pas.
Au final un chrono de 43mn 51s, et Jamel Bachiri a explosé le record de l'épreuve en un peu plus de 29 minutes ( c 'est pas le même monde !).

Avant le semi marathon de Maubeuge, il y a la Course du Chicon à Baisieux. Un parcours de 16 km en majorité à travers les champs qui entourent le village. Je tente pour une fois de partir relativement doucement pour tenter d'accélérer en deuxième partie de course. Il ne pleut toujours pas lors des épreuves, mais les pluies des jours précédents ont rendu boueux les chemins de terre qui serpentent entre les champs, ce qui n'est guère favorable aux performances. C 'est presque du cross. Je veille à ne pas tomber en dessous des 5 minutes par kilomètre, je tente le tout pour le tout dans le dernier kilomètre, mais j'ai perdu trop de temps dans la première partie de la course.
Je finis en 1h17, à 12,34km/h, ma plus mauvaise moyenne jusqu'ici.

Rendez-vous à la fin du mois de novembre pour la suite des aventures de votre blogger/ jogger préféré.

mercredi 14 octobre 2009

Googleries (Tribute to Ophelie)

Fréquentant régulièrement le blog "Histoire D'Oph", je lui pique de temps en temps des idées. La première fut de m'inscrire au NanoWriMo l'année dernière ( je remets d'ailleurs ça cette année), la seconde est la création d'une nouvelle rubrique: les Googleries. Il s'agit de répertorier les recherches internet les plus incongrues ayant mené les internautes sur son blog.
J'ai relié "ArkaBlog" à Google Analytics il y a un peu plus d'un mois, le temps est donc venu de faire la récolte.
Première constatation: j'ai des lecteurs. Pas énormément, mais bien plus que je ne le croyais, il m'arrive même d'avoir des pics d'audience de 15 visiteurs! (bon, d'accord, c 'est arrivé une seule fois). Moi qui croyait n'être lu que par deux ou trois personnes.
Ensuite, en général les gens qui arrivent ici ne se sont pas trop perdus en chemin, la grande majorité des recherches concerne mes articles.
Il faut donc chercher un peu pour se mettre quelque chose de cocasse à se mettre sous la dent, mais ça vaut le coup.
Il y a d'abord ceux qui semblent entretenir un lointain rapport avec le contenu du blog, comme"film coincé dans un avion", qui évoque plus un dvd ayant filé entre deux sièges que les oeuvres projetées dans un boeing, mais bon, on s'amuse comme on peut , surtout en avion. "comme super heroes film avion djimon", outre les fautes d'orthographe et la syntaxe hasardeuse doit renvoyer à Push (où on peut voir Djimon Honsou), et enfin "les vampires sont nul par rapport au loup-garou", même si je ne me suis jamais avancé à émettre un avis aussi péremptoire semble plus ou moins concerner Underworld.
Il y a ensuite les recherches cryptiques, telles que "la 3 à 20h30 marcus film". Si quelqu'un comprend ce que le malheureux internaute espérait trouver avec ça qu'il me fasse signe. Généralement pour savoir ce qui passe à la 3 à 20h30 je prends un programme télé, mais le "marcus" m'intrigue tout de même. Sinon " visage de star au réveil "n 'est pas mal non plus dans le genre, je ne savais pas qu'il y avait une rubrique "people" ici.
Il y a enfin les recherches qui font le bonheur d'Ophélie, à savoir celles qui ont un caractère plus ou moins salace. J'en ai dénombré une seule: "bizuttage sexuel". Si quelqu'un comprend, encore une fois, qu'il (ou elle) me fasse signe.
Les voies de Google sont décidément impénétrables.

mercredi 7 octobre 2009

Thirst - Park Chan-Wook


Le vampire est à la mode. Entre les aristocrates guerriers façon Underworld, les ados éthérés de Twilight et les enfants de Morse on ne sait plus où donner de la canine. On est donc en droit de se demander ce que Park Chan-Wook ( révélé au monde occidental avec la trilogie de la vengeance) peut espérer apporter de neuf à ce mythe maintes fois traité au cinéma.
Tout est dans le titre. Le vampirisme est ici une métaphore de la soif, sous toutes ses formes. Soif de vie, soif de pouvoir, de vengeance, d'indépendance, desir, passion... les vampires de Park Chan-Wook sont finalement très humains, leur condition est un révélateur de leur nature profonde, elle leur permet de réaliser des choses dont ils n'auraient jamais osé rêver auparavant.
Rien de bien neuf du côté du scénario donc, qui est, comme toujours chez Park, très touffu, voire confus, même si l'action est très linéaire (pas de flashbacks ici). C 'est du côté de la mise en images qu'il faut chercher de quoi apaiser notre soif d'originalité. L'ambiance est très douce, feutrée, la réalisation trompeusement minimaliste, les mouvements de caméra se font caressants, c 'est évidemment un film très sensuel, parsemé d'éclairs de violence très crue, et évidemment le sang coule à flots. On pense à quelques classiques du genre, notamment Les Prédateurs de Tony Scott (que son auteur envisage d'ailleurs de "remaker"), et surtout le magnifique Aux Frontières de L'Aube de Kathryn Bigelow.
Cette chronique ne serait pas complète sans un mot sur les acteurs. Song Kang-Ho, figure incontournable du cinéma coréen, prête sa bouille fatiguée au prêtre vampire. Son jeu discret et profond fait merveille pour exprimer les tourments et la soif qui habitent son personnage. Mais la révélation du film est sans conteste Kim Ok-Vin, incroyablement juste dans tous les aspects de son personnage complexe, tour à tour ingénue et diabolique, elle dégage un magnétisme irrésistible et semble promise à une belle carrière.

vendredi 25 septembre 2009

Démineurs- Kathryn Bigelow


Kathryn Bigelow est une cinéaste rare. Tout d'abord parce qu'elle n'a réalisé que peu de films, ensuite parce qu'elle s'acharne, le plus souvent avec brio, à piétiner les plates bandes de ses homologues masculins. Kathryn fait des films d'hommes! Elle adore quand ça bouge, quand ça saigne, quand ça flingue et quand ça fait mal! en témoignent des oeuvres telles que Strange Days, Point Break ( avec feu Patrick Swayze) ou encore Aux Frontières de L'Aube. Chaque nouvel opus de l'ex-madame Cameron est donc attendu impatiemment par votre serviteur.
Bizarrement je n'ai eu connaissance de la sortie de Démineurs que la semaine dernière, par le biais d'une bande annonce diffusée à la télévision. Il ne m'en a pas fallu plus pour décréter que je serais présent le jour de la sortie de ce film pour sa première séance sur Lille.
Malheureusement le seul cinéma le diffusant (L'UGC pour ne pas le nommer) ne présentait pas la V.O. La gêne que fut que passagère, l'énergie, l'émotion et le suspense ménagé par le métrage surpassant ce léger désagrément.
Démineurs ( The Hurt Locker en V.O, soit "le placard aux douleurs" ) suit donc les aventures d'une équipe de déminage américaine en pleine deuxième guerre d'Irak. Le plus souvent caméra à l'épaule, façon reportage sur le vif. Le premier plan du film , une vue subjective de la caméra du robot de déminage, laisse supposer que l'on est en présence d'une de ces oeuvres de mode, une resucée du Redacted de Brian dePalma, mais il n'en est rien. La technique colle à l'histoire: nerveuse et décadrée, mais tout en restant très lisible, dans les scènes d'action, plus posée dans les scènes intimistes, et surtout démontre une maîtrise de la tension dramatique à nulle autre pareille. Le titre français est d'ailleurs trompeur. On s'attend à ne suivre que des missions de déminage, on en suit d'ailleurs pas mal et toutes superbement mises en images, mais la scène-clé du film est une bataille de snipers en plein desert, qui rappelle évidemment fortement Jarhead... mais en mieux!
C 'est que le propos est à l'opposé. Ici il est question d'addiction à l'adrénaline. Le "héros" se sent bien dans ce chaos, il prend littéralement son pied chaque fois qu'il risque sa vie, ce qui n 'est pas sans causer quelques tensions avec ses co-équipiers.
Alors évidemment celà reste un film hollywoodien, mais le "happy end" choisi par la réalisatrice en désarçonnera plus d'un. Une chose reste certaine cependant: Kathyn Bigelow est une valeur sûre du cinéma d'action!

samedi 19 septembre 2009

District 9 - Neil Blomkamp


Voilà un film que j'attendais de pied ferme!
Et voilà un film qui n'a pas déçu mon attente!
Car malgré tout ce qu'on a pu voir sur internet et dans les différentes bandes-annonces, District 9 parvient encore à nous scotcher sur notre siège .
Ca commence à la manière d'un produit à la mode, façon faux documentaire, mais on se rend vite compte que l'ambition de Blomkamp n 'est pas de réaliser un "Cloverfield-like" ou un "Diary of the Aliens". L'artifice "documenteur" sert surtout à poser le contexte: un immense vaisseau spatial s' immobilise au dessus de Johannesbourg, amenant avec lui plus d'un million de créatures extra-terrestres desoeuvrées que l'on installe alors dans un ghetto de la capitale sud-africaine.
Vingt ans plus tard, nous suivons une équipe chargée de les délocaliser "pour leur sécurité" dans un campement en dehors des limites de la ville.
Petit à petit le documentaire laisse place à une narration plus classique et on entre dans le vif du sujet. Car rien de ce qu'on nous a montré dans les quinze premières minutes n 'est ce qu'il semble être: les "Crevettes" ( surnom des Sud-Africains pour les aliens qui ressemblent , il est vrai, au professeur Zoidberg de Futurama) ne sont pas les créatures abruties qu'on nous a présentées, les motivations du gouvernement sont loin d'être aussi louables qu'ils le prétendent, et surtout le personnage principal révèle par la force des choses une toute nouvelle nature.
Il y a un peu de tout dans ce film, et le plus fort c 'est que chaque petit bout de tout est parfaitement maîtrisé, que ce soit la satire sociale et politique, le film d'action nerveux comme il faut ou la science-fiction pure. On pense ainsi à Rencontres Du 3è Type pour le look façon "rafinerie à l'envers" du vaisseau, à La Mouche de Cronenberg ( et même à son modèle), à plein de documentaires sur les drames de l'Afrique et même sur l'Allemagne nazie, a Transformers ( en mieux!) mais aussi à énormément de jeux vidéo, sans doute une séquelle du projet d'adaptation de Halo que devait réaliser Blomkamp pour Peter Jackson(déjà).
Une vraie claque visuelle ( les effets spéciaux sont parfaits), une mise en scène totalement en phase avec son propos, intimiste ou spectaculaire lorsqu'il le faut, et tout celà pour trente petits millions de dollars ( les Transformers coûtent six à sept fois plus pour un resultat bien moins convainquant), Neil Blomkamp est assurément un réalisateur à surveiller!

Ultimate Game - Mark Neveldine/ Brian Taylor


Il y a des films comme ça dont on sait immédiatement qu'ils sont réalisés par des fous furieux.
Dès les premières secondes on en plein les mirettes: ça tire et ça explose dans tous les coins, les corps sont réduits en charpie, le sang éclabousse l'écran, le décor n 'est plus que ruine, la caméra virevolte au milieu de ce chaos dans des mouvements complétement improbables et le montage très cut, sans être illisible (prends-en de la graine Michael Bay!), garanti une immersion parfaite.
Mais dans l'univers d'Ultimate Game ( Gamer en V.O, cette fois non seulement on a traduit un titre anglais par un autre, mais on a aussi trouvé le moyen de faire plus long!) il n'y a pas que de la violence et des viscères, il y a aussi de la fesse! La même technologie permet en effet à des joueurs de prendre le contrôle d'avatars humains pour les faire s'entretuer ou copuler (dans deux jeux différents, bien sûr!).
Des tripes et du cul! que demander de plus?
Dommage tout de même que le reste du film ne poursuive pas dans cette veine décérébrée et décompléxée, aussi bien dans le fond que dans la forme. Si les scènes de jeu restent spectaculaires (on pense tout à la fois à Avalon, Running Man et Rollerball), le reste se perd un peu trop dans les méandres du film faussement militant tentant de dénoncer les dérives de la technologie, alors qu'on sent bien justement que c'est de jouer avec ces dernières qui amuse les réalisateurs.
Heureusement les acteurs rattrapent ce léger faux pas: Gerry Butler est toujours aussi charismatique et baraqué, l'excellent John Leguizamo fait une petite apparition (il parait qu'il y a aussi Milo "Heroes" Ventimiglia et Lloyd "Trauma" Kaufman, mais j'ai dû cligner des yeux à ces moments là) et ça fait sacrément plaisir de voir enfin Michael C. Hall ( ce cher Dexter) promener sa distance cynique dans un long métrage. La séquence de danse restera comme un grand moment de folie cinématographique.
Globalement Ultimate Game reste un bon divertissement bien regressif, un de ces plaisirs coupables appelés à devenir culte.
Bon maintenant faut que je voie Hyper Tension et sa suite, il paraît que là les réalisateurs s'étaient vraiment lâchés!

vendredi 11 septembre 2009

Braderie


Comme pour nous consoler du fait que les vacances soient terminées et que l'on doive reprendre le boulot, chaque année a lieu, le premier week end de septembre, la braderie de Lille, sans doute la plus grande d'Europe, et la plus grande fête de l'année dans la capitale des Flandres.
J'avais décidé cette année de vivre l'évènement de l'intérieur, m'étant mis en tête de participer au semi-marathon qui traditionnellement ouvre l'événement. La course est ouverte à tous, il y a aussi un 10 km et un mini marathon de 2 km pour les enfants, et compte pour les championnats de France. De nombreux athlètes internationaux, surtout des Kenyans, font tous les ans le déplacement sur ce parcours réputé très rapide ( ben oui, c 'est plat chez nous!).
N'ayant jamais couru une telle distance, et ne m'étant pas particulièrement entrainé, j'étais un peu nerveux au moment de prendre le départ, mais l'ambiance bon enfant régnant parmi les participants a eu tôt fait de me détendre.
Les conditions météo sont idéales: ciel bleu, température un peu fraîche.
Les pros partent quelques minutes avant nous afin de ne pas être gênés, puis c 'est à notre tour.
Les premiers kilomètres passent très vite, entre saine émulation, blagues potaches et conseils des anciens. Sur certaines parties du parcours nous croisons les Kenyans, que nous applaudissons chaleureusement. J'avale la première moitié de la course en moins de cinquante minutes, tout en prenant soin de ne rater aucun ravitaillement.
L'ambiance commence à retomber, chacun se retrouve peu à peu seul face à l'effort.
Vers le quinzième kilomètre, j'ai comme un coup de moins bien. Non que je me sente particulièrement fatigué, mais je vois bien que j'avance moins vite, je me fais dépasser par de plus en plus de coureurs.
Mais lors du tour de la citadelle mon énergie revient, même si ce sont maintenant mes jambes qui commencent à devenir un peu raides.
Enfin j'aperçois au loin la banderolle signalant l'arrivée. Un dernier petit coup de reins et j'en finis avec ma première compétition officielle en 1h44mn 41s, un temps plus qu'honorable, qui me classe 1874è, soit largement dans la première moitié du peloton.
Côté professionnels, c 'est le Kenyan ( évidemment) Kibiwott qui remporte l'épreuve en moins d'une heure, signant par la même occasion la meilleure performance mondiale de la saison, à deux centièmes du record de l'épreuve, et le meilleur temps pour un 20km couru sur le sol français.
Pour ma part, l'expérience a été si amusante que j'ai décidé de remettre ça deux semaines plus tard à Marcq-en-Baroeul.
La course finie, la braderie peut commencer.
Elle avait déjà débuté dans la nuit et les bénévoles sur le circuit avaient parfois fort à faire pour empêcher les bradeux de perturber le semi-marathon.
Une douche et un changement de vêtements plus tard j'arpente les rues familières rendues méconnaissables par les étals qui les occupent et surtout la foule qui la parcourt.
Par spouci de sécurité, les carefours et certains axes sont interdits de braderie, ce qui n'empêche pas de piétiner à d'autres endroits ( le vieux Lille par exemple) et de se retrouver coincé dans des bouchons. Un plaisantin aura beau hurler qu'il a la grippe A, la situation ne se débloquera pas.
Je crains un moment que le temps ne se dégrade, mais finalement il ne pleuvra pas.
Il n'y a pas que des brocanteurs à la braderie, il y a aussi beaucoup de restaurateurs et débits de boissons amateurs (aux bières tièdes légendaires), les restaurant affichent tous la même carte , les traditionnelles moules frites, même si la coutume du tas de coquilles de moules devant l'établissement perd chaque année des adeptes ( c 'est vrai que ça sent un peu , surtout au bout de deux jours), il y a aussi ces indiens qui chaque année squattent les même endroits, soit pour vendre des pulls en laine de lama soit pour donner des mini concerts destinés à promouvoir leurs disques de flutes de pan.
Il y a aussi des nouveautés, chaque année a son produit fétiche. L'année dernière c'était le chapeau de cow boy, cette année-ci c 'est le porte voix, aux effets sonores particulièrement crispants, surtout lorsqu'on l'entend toute la journée.
Sur les affiches et t-shirts commémoratifs, l'effigie de Michael Jackson figure désormais en bonne place aux côtés de Bob Marley, Jimi Hendrix ou encore Marilyn Monroe.
Parvenant sur la place, je me retrouve nez-à-nez avec des chevaux. Sur les chevaux, des gendarmes. Je ne savais pas qu'on avait une police montée à Lille. En tout cas ils font un malheur, les gens se pressent pour caresser les montures et discuter avec la maréchaussée.
Les différents corps d'armée ont aussi chacun leur stand, en face de celui de l'association Abbé Pierre, devant la citadelle.
Sur le Champ de Mars la foire aux manèges bat son plein,, pour le plus grand plaisir des petits et des grands, tandis que les bords du canal de la Deûle sont pris d'assaut par les amateurs de vieilleries et les badeaux.
Principalement interessé par les bandes dessinées et les dvds je trouve vite mon bonheur, et prend le chemin du retour avant de trop dépenser. C 'est que la tentation est grande et surtout omniprésente.
Et de toute façon on m'attend pour manger.

lundi 7 septembre 2009

C 'est La Rentrée!

Oui, c'était la semaine dernière, mais j'ai toujours du mal à coller à l'actualité.
Il y a donc presque une semaine ( c'était mardi dernier quoi), je retrouvais les joies(!) du réveil matinal, soit sept heures et demi, oh et puis encore un petit quart d'heure... et encore un autre!
De toute façon j'habite près du lycée, je n'en ai pas pour longtemps...
Finalement je me lève tellement à la bourre que je dois sauter le petit dej'; tant pis j'achèterai des petits pains à la boulangerie du coin.
Le temps a l'air de se maintenir, mais prudence, on a annoncé de la pluie pour cet après-midi.
Heureusement que les travaux qui nous enquiquinés toute l'année dernière devaient être terminés pour la reprise! En arrivant je constate que la nouvelle entrée n 'est toujours pas opérationelle ( elle le sera le lendemain).
A l'intérieur par contre c 'est pratiquement fini, les murs jadis ornés de vitrages sur leur partie supérieure sont maintenant totalement opaques, et la salle des profs a été réaménagée, enfin c 'est à dire que la porte a changé de place et qu'on nous a retiré les fauteuils, heureusement il reste le ditributeur à boissons où j'ai tout juste le temps de prendre un chocolat chaud avant de gagner la nouvelle salle polyvalente pour le discours de pré-rentrée du proviseur.
Mais le chemin, tout flèché qu'il est, est encore semé d'embuches: les ouvriers n'ont pas encore fini de poser le nouveau revêtement de sol ni de peindre tous les murs et certains escaliers semblent avoir été inondés.
La salle polyvalente elle-même n 'est pas complétement terminée, il manque une porte au fond et le sol est nu.
Tandis que certains tentent de réprimer leurs baillements, et que d'autres essaient de dissimuler leur arrivée tardive, le proviseur entonne sa grand-messe , accompagné des crissements des raclettes sur les vitres, des coups de marteaux et de bruits de perceuses. Finalement rien n'a changé ici, on ne sera pas dépaysé par rapport à l'année dernière!
Enfin c 'est le grand moment, celui qu'on attendait tous: la remise des emplois du temps!
Super! j'ai encore mon mercredi de libre! par contre je n'ai que quatorze heures par semaine, ça va se ressentir sur la fiche de paie ça!
Après une rapide concertation avec les collègues de ma matière, il est temps de gagner, sous les premières gouttes de pluie de la journée, le réfectoire pour le pot de rentrée!
Haaa, ça fait du bien par où ça passe!
Encore une année qui commence bien :)
Bon, maintenant passons aux choses sérieuses: c 'est quand la prochaine grève?

lundi 31 août 2009

Là-Haut - Pete Docter


Quand on va voir un dessin animé, une des règles de base, pour éviter les hordes de gamins hurlants, c 'est d'aller à la séance de 11h. Comme il n'y en a pas au Kinépolis, je ne pourrai donc pas voir Là-Haut en relief, mais au moins la salle sera relativement calme.
Comme chaque année, Pixar nous gratifie d'un petit joyau, et 2009 ne fait pas exeption à la règle. Cette fois c 'est Pete Docter, déjà réalisateur de Monstres et Compagnies, qui nous a concocté cette merveille.
Une fois de plus, sur un script à priori très éloigné des préoccupations des enfants, ce qui est devenu la division animation du monstre Disney a accouché d'un bijou bourré d'émotion. Quel héros pouvait-on en effet imaginer plus éloigné du public enfantin qu'un vieil homme qui n'attend plus rien de la vie. Ce serait oublier, comme bon nombre d'occidentaux, que les dessins animés ne sont pas forcément destinés aux enfants, et deuxièmement que ceux-ci sont capables d'apprécier autre chose que des histoires avec des animaux parlants.
Les vingt premières minutes sont sans doute les meilleures du film. En quelques tableaux nous est résumée la vie de M. Fredericksen, de son enfance à son présent statut de veuf, en passant par la rencontre avec celle qui allait devenir son épouse, leur vie commune, leurs rêves et finalement la mort de son aimée. Plutôt violent comme entrée en matière pour des chérubins, et un pari plutôt risqué de leur parler ainsi de la vieillesse et de la mort. Je crois que pas mal de parents auront droit à des questions un peu embarrassantes en sortant de la salle.
Comme avec la plupart des productions Pixar, on oublie bien vite que l'on a affaire à un dessin animé et on se laisse emporter par l'aventure. Les personnages sont plus vrais que nature et l'animation est sans faille, discrète dans sa perfection, chaque époque étant très bien rendue, un joli clin d'oeil aux serials des années 20-30 en guise de cerise sur le gâteau.
Outre les thèmes de la mort et de la fin de vie, le film traite aussi des rêves, de la necessité d'en avoir, de l'obsession qui peut en découler, du fait qu'il n 'est jamais trop tard pour chercher à les atteindre, bref c 'est avant tout un film optimiste, même si on compte tout de même pas mal de morts en cours de route.
Une fois de plus Pixar fait mouche, en s'écartant résolument des voies balisées du "film pour enfants" pour proposer à ses spectateurs ( de tous âges) une oeuvre finalement très mature, à plusieurs niveaux de lecture où chacun trouvera son compte.

Inglourious Basterds- Quentin Tarantino


L'un des films les plus attendus de l'année, comme chaque film de Tarantino depuis Pulp Fiction me direz-vous. Forcément l'attente est énorme et comme d'habitude ( ou presque, Death Proof n'ayant pas contenté tout le monde) l'homme qui parle plus vite que son ombre ne déçoit pas.
Après une première tentative infructueuse, la séance étant complète (ça m'apprendra à vouloir aller au ciné au soir, après on se demande pourquoi j'y vais toujours à la séance de 11h!), j'ai finalement pu me procurer un billet pour Inglorious Basterds.
C 'est effectivement du pur Tarantino, c 'est à dire que c 'est très bavard ( la première scène doit bien durer 15 minutes et n'est composée que d'un dialogue), mais en même temps c 'est pour ça qu'on l'aime. D'un autre côté, c 'est loin de ressembler à du theâtre filmé, la caméra se permettant régulièrement de belles envolées et le montage étant primordial.
C 'est aussi très violent, bien plus que ne laisse supposer la bande annonce ( qui est déjà assez gratinée), et finalement assez réaliste, ce qui ne manque pas de provoquer un sentiment de malaise lors de certaines scènes.
C'est surtout une totale oeuvre de fiction , il ne faut donc pas s'offusquer des (très larges) libertées prises avec la vérité historique.
C 'est de plus un film polyglotte, avec des dialogues commençant dans une langue pour se terminer dans une autre, le changement étant à chaque fois totalement justifié ( ce qui impose de voir le film en V.O pour en apprécier toute la saveur).
Car rien n 'est gratuit dans ce film pourtant très long ( deux bonnes heures et demi), qui rappelle par son classicisme et la rigueur de sa mise en scène un cinéma d'une autre époque, où l'on prenait le temps de présenter les personnages avant de les lancer tête baissée dans l'action. On l'a déjà dit maintes fois, et on le dira encore, Tarantino est un amoureux du cinéma, et son style, pour référentiel qu'il est, parvient malgré tout toujours, en digérant ses influences, à produire quelque chose de très personnel (oui, il y a encore une scène de fétichisme des pieds!).
Le prix d'interprétation cannois de Cristoph Waltz est amplement mérité, il est d'ailleurs sans doute le véritable " héros" du film, en tout cas le rôle le plus marquant. Son personnage d'officier nazi immensément cultivé, suave à souhait, polyglotte et limier hors pair marquera les esprits pour longtemps.
Le reste de la distribution est impeccable: Diane Kruger et Brad Pitt bien sûr, mais aussi Eli Roth (oui, le réalisateur des deux Hostel), qui s'avère être un acteur tout à fait correct et très charismatique.
Le seul problème vient du côté français de la distribution, surtout Mélanie Laurent, dont la diction et le manque de conviction finissent, à la longue, par énerver.
C 'est enfin, comme pour chaque film de Tarantino, une déclaration d'amour au cinéma. On
ne compte pas les références à l'histoire du 7è art, les personnages impliqués, à un niveau ou un autre, dans la production ou la distribution et les liens étroits entre cet art et l'intrigue même du film.
C 'est passionné, c 'est violent, c 'est beau, c 'est Tarantino!

The Midnight Meat Train - Ryuhei Kitamura

Quand un véritable film d'horreur finit par trouver son chemin sur les écrans français, il ne faut pas le rater. Véritable carton dans tous les festivals où il est apparu, le dernier film du Japonais fou Ryuhei Kitamura ( Versus, Azumi, Godzilla Final Wars...) risquait pourtant d'atterrir dans nos contrés directement dans la case "sortie dvd". Par on ne sait quel miracle, il est finalement projeté dans une combinaison respectable de salles, même si à Lille il est relégué à la séance de 22h30, et uniquement au Kinépolis, le cinéma le plus cher de la métropole ( 9 Euros! 10 pour les séances en relief, comme pour Beowulf ou Là-Haut).
Ayant lu la nouvelle à l'origine du métrage il y a très longtemps, j'attendais avec impatience son adaptation, une impatience doublée d'une certaine apréhension, le style de Clive Barker étant tellement glauque et violent qu'il risquait d'être aseptisé par les producteurs ou un réalisateur timoré. Mais le nom de Kitamura a tôt fait de me rassurer, l'homme étant connu pour sa folie généreuse.
The Midnight Meat Train est donc un film d'horreur, un vrai, qui ne prend pas de gants, et vous frappe en pleine tronche, comme le marteau dont se sert l'assassin. Dès les premières secondes le ton est donné: on patauge dans le sang! l'ambiance sombre et glauque des derniers métros d'une grande métropole Américaine (le nom de la ville n 'est jamais évoqué) nous prend aux tripes et la fascination mélée de répulsion qu'éprouve le héros pour ce monde interlope nous pénétre rapidement.
Il s'agit sans aucun doute d'une des meilleures adaptations de Clive Barker au cinéma ( avec le Candyman de Bill Condon et Lord Of Illusions , réalisé par Barker lui-même).
La nouvelle de départ étant très courte, il a bien sûr fallu étoffer un peu, mais dans l'ensemble le film va à l'essentiel. C 'est brutal, et sans concessions.
Kitamura a même réussi à calmer un peu son style flamboyant, à l'image d'un certain Sam Raimi (Ted, le frère de celui-ci, joue d'ailleurs dans le film), et prend le temps de poser ses personnages et son intrigue pour mieux se déchainer lors des scènes de meurtres. Nous avons alors droit à un festival de mouvements de caméra complétement fous, de plans gores à l'extrème, parfois "gonflés" aux CGI pour en renforcer l'aspect "cartoon" et d'effets de montage très spectaculaires.
J'ai gardé le meilleur pour la fin: Vinnie Jones!
Celui que je ne connaissais jusqu'ici que comme l'interprête du ridicule Juggernaut de X-Men 3 révèle ici une présence impressionnante. Son personnage de bourreau/boucher mutique et sans état d'âmes prend d'emblée place parmi les plus grands du bestiaire du cinéma d'horreur, aux côtés de Jason, Michael Myers, Freddy ou le Candyman justement. On assiste ici à la naissance d'un géant!

Harry Potter et le Prince de Sang Mélé - David Yates

A peine revenu de Corée, je reprends illico le chemin des salles obscures, ayant été sevré de cinéma pendant un mois ( à une exception près).
Je me dirige donc vers Le Majestic, ma salle fétiche, que j'ai la surprise de découvrir entièrement relookée! La coquine a profité de mon absence pour se faire faire un lifting!
L'intérieur a lui aussi été modifié, mais pas en profondeur; passé le guichet, on retrouve la même moquette défraichie, on monte juste par l'autre escalier.
Première séance sur le sol français, Harry Potter, 6è du nom. J'aurais pu le voir à Séoul, mais je me suis dit que j'avais bien le temps de le voir une fois revenu, ce qui est en effet le cas.
David Yates, en charge de la saga depuis le 4è épisode, est toujours à la barre ( et apparemment il restera jusqu'à la fin), et il est chaque fois plus à l'aise. D'autant que de tous les livres relatant les aventures du jeune sorcier, Le Prince De Sang Mélé est celui que j'ai le moins aimé, j'ai donc moins d'attentes quant à son adaptation.
Il n 'est donc pas étonnant que ce film s'avère être une bonne surprise. Le gros défaut des précédent opus était qu'ils cherchaient à caser un maximum de choses, le matériau de base étant très dense, or il m'a toujours semblé qu'il ne se passait pas grand chose dans le 6è tome, du coup Yates a plus de latitude pour réaliser un vrai film.
J'ai entendu certains se plaindre de la mièvrerie du film, l'accent étant beaucoup mis sur les aventures sentimentales des personnages, mais par rapport au livre je trouve justement que c 'est assez light.
Le seul reproche que je pourrais adresser à cet épisode est le choix de la séquence d'ouverture, qui concerne Harry, alors que celle du livre ( avec Snape et la maman de Drago) qui a été reléguée un peu plus loin dans le métrage, avait parfaitement sa place en introduction, d'autant qu'elle renvoie directement au climax.
Un bon épisode donc, qui laisse augurer du meilleur pour la suite, d'autant que cette fois nous aurons droit à deux films ( mais pas pour le prix d'un quand même , faut pas rêver!).

jeudi 27 août 2009

Un an!


Comme le temps passe!
Ca fait déjà un an que je raconte n'importe quoi sur ce blog! ( va falloir penser à le relooker un de ces jours d'ailleurs).
Merci aux trois personnes qui me lisent de temps en temps :)

mardi 18 août 2009

Chaw - Shin Jeong-won


Même en Corée, alors que mon vocabulaire s'y limite aux noms des plats et alcools locaux, je trouve le moyen d'aller au cinéma (ceci dit sur un mois je n'y ai vu qu'un film ); je me souviendrai toujours de la tête de la caissière quand j'ai acheté mon billet!
Chaw donc, est le dernier né de la vague horrifique originaire du Pays du Matin Calme, après The Host et D-War (pas encore vu celui-là, tiens), et met en scène un sanglier géant. Grand fan de Razorback et du Seigneur Okkoto de Princesse Mononoke (et accessoirement né l'année du cochon), je ne pouvais manquer ce film. D'autant qu'il s'inspire du classique des classiques de film de monstres, à savoir Jaws ( Les Dents De La Mer chez nous). Voyez plutôt: dans un village isolé au milieu des collines, des meurtres aussi sauvages que mystérieux se produisent. Il devient bientôt évident que le responsable est un sanglier mangeur d'homme. Aussitôt la nouvelle rendue publique, on assiste à un défilé de chasseurs qui se mettent à ratisser la forêt et tuent bientôt une grosse bête, mais ce n 'est pas LA bête! ajoutez à celà un maire acoquiné à des promoteurs qui ne veulent surtout pas de mauvaise publicité pour le coin, des écolos s'opposant à ceux-ci, un flic citadin nouvellement nommé dans la région et un vieux chasseur à qui on ne la fait pas et vous otenez un remake à la lettre.
Conscients qu'il fallait tout de même un peu se démarquer de leur prestigieux modèle, le réalisateur et les scénaristes on ajouté d'autres personnages, qui servent soit de "comic relief" (le type qui n'arrête pas de se faire harponner les fesses) ou donnent au village un petit air de Twin Peaks ( l'espèce de sorcière aux longs cheveux et son fils).
La production s 'est faite en partenariat avec les USA, et une bonne partie du métrage a même été tournée dans les environs de San Francisco.
Les effets spéciaux ont eux aussi été réalisés par une boite américaine. Ils sont malheureusement l'une des grandes faiblesses du film; le monstre, presqu'entièrement réalisé en CGI, n 'est guère crédible dans les scènes diurnes (heureusement peu nombreuses).
Son autre faiblesse est sa durée. Je suis conscient que, ne comprenant rien à ce que se racontent les personnages, j'ai pu trouver le temps particulièrement long, mais il me semble tout de même que le film aurait gagné à être raccourci d'une petite demi-heure, et surtout certains personnages, qui sont à peine esquissés, auraient très bien pu ne pas exister du tout.
Finalement Chaw s'avère être un agréable divertissement, alternant horreur et comédie avec une petite touche de bizarrerie.

Maintenant si il pouvait sortir en France ça m'arrangerait, j'aimerais bien comprendre les dialogues!


samedi 15 août 2009

Des Films Dans L'Avion

Coincé sur un siège pendant près de dix heures entre Paris et Séoul, il n'y a pas grand chose d'autre à faire que de regarder son petit écran personnel, et chez Emirates on nous propose, entre autres, plus de 100 films de toutes époques et de tous genres, l'occasion de se faire une petite séance de rattrapage et d'enfin visionner des oeuvres que l'on a pas eu le temps d'aller voir à leur sortie, pour lesquelles on n'avait pas envie de dépenser dix euros, voire même des films inédits en France!


Première séance: Dragon Ball Evolution. Voilà bien le genre de film pour lequel je n'avais pas envie de dépenser un cent! Les bandes annonces successives témoignaient du mépris des responsables de cette chose pour le manga et la série animée de Toriyama. Et bien la vision du truc dans son ensemble n'a fait que confirmer mes craintes: c'est vraiment très mauvais. Non seulement ça ne respecte pas l'oeuvre originale mais ce n 'est même pas un bon film. Les dialogues sont navrants de bêtise, les combats sans émotion, les personnages totalement transparents, et Piccolo est bien le méchant le moins charismatique qu'il m'ait été donné de voir sur un écran. Quel gâchi quand on pense que c 'est le Spike de Buffy sous le masque de latex. A mon avis il aurait été mille fois plus convainquant sans maquillage.A oublier.

Monstres Contre Aliens par contre c 'est du bon, voire du très bon! Dans le monde de l'animation en 3D il n'y a pas que Pixar, même si j'ai moi aussi tendance à l'oublier. Je n'étais pas allé voir Madagascar ni Kung Fu Panda, mais si c 'est ausi bien fait que celui-ci je sens que je vais bientôt réparer cette erreur. Alors bien sûr on est encore très loin du niveau stratospherique des Indestructibles ou de Monstres Et Compagnie, puisque ce sont les deux références les plus évidentes de ce métrage, mais c 'est très bien réalisé, le casting vocal est aux petits oignons ( Teri Hatcher et Kiefer Sutherland!) et les références aux classiques du genre abondent sans venir comme un cheveu sur la soupe.
Un très bon divertissement familial.

Alors si il y a un film que je ne m'attendais pas trouver dans l'avion c 'est bien celui-là, le premier épisode n'étant sorti en france qu'en janvier. Mais il fallait bien sûr compter sur la légendaire lenteur avec laquelle les films asiatiques parviennent à se frayer un chemin sur nos écrans, et au Japon les trois films sont déjà sortis. On retrouve ici tout ce qui faisait l'interêt du premier film: le Japon (et bientôt le monde?) est sous la coupe d'une secte dirigée par le mystérieux Ami dont le but est de préparer le monde à l'apocalypse, mais qui en fait fait tout pour la déclencher, se basant sur les croquis et récits d'une bande de gosses à laquelle le fameux Ami appartenait dans son enfance. La première partie était basée sur un de ces enfants, et son incarnation adulte ( le récit voyageant sans cesse entre le passé, le présent et l'avenir afin de reconstituer le puzzle). Le second suit le parcours de la nièce de ce personnage, qui tente de continuer l'oeuvre de son oncle. On plonge un peu plus dans les mystères de l'organisation d'Ami, on voit la secte étendre son influence sur les autres pays ( même le vatican!) et rien ne semble pouvoir arrêter les plans diaboliques d'Ami. Le final est littéralement traumatisant. Vivement la suite!

Voici un film ce que je qualifierai d'arnaque pure et simple!
Toute la promo du film était basée sur le retour du casting original (voir la note au sujet de l'avant première). En réunissant de nouveau Vin Diesel (qui accepte pour la première fois depuis Riddick de jouer dans une suite), Paul Walker, Jordana Brewster et Michelle Rodriguez, les producteurs avaient visiblement l'intention de revenir aux sources, et surtout aux bénéfices du premier épisode. Mais voilà qu'un des personnages principaux meurt après à peine 15 minutes!
Alors évidemment c 'est spectaculaire, évidemment Vin Diesel est parfait (non, ce n 'est pas lui qui meurt, faut pas exagérer!), mais je ne peux m'empêcher d'éprouver comme un goût amer dans la bouche.
Celui-là non plus je ne voulais pas payer 10 euros pour aller le voir. Et pourtant j'aime bien Alex Proyas et Nicolas Cage, mais il faut avouer que ces dernières années les deux hommes se sont un peu fourvoyés. Cage en faisant des choix de carrière douteux ( 60 Secondes, Ghost Rider...) et Proyas en trahissant Asimov avec son I, Robot (qui aurait été un bon film sans ce titre qui donne envie de crier "au meurtre!").
Mais la bande annonce était suffisament intriguante pour éveiller mon interêt et je m'étais promis de le voir à l'occasion , soit en video, soit à la télé.
Finalement ce n 'est pas mal, mais l'un comme l'autre ont déjà fait dix fois mieux par le passé. Les personnages sont attachants. On pense un peu à Phénomènes de Shyamalan, mais c 'est bien mieux réussi (on n'a pas envie que les personnages meurent dans d'atroces souffrances ici au moins!), les effets spéciaux sont parfaits, les scènes de catastrophes très spectaculaires, mais le final m'a paru un peu convenu, même si assez poétique (voire biblique).
Sympathique, mais peut mieux faire.
Push n 'est rien d'autre qu'un gâchis de pellicule, et accessoirement de talents.
Il y avait pourtant ici de quoi faire un film de super-héros très divertissant, d'autant que l'on y retrouvait l'interpête de Johnny Storm, rompu à l'exercice sur les deux Fantastic Four ( pas bien fantastiques non plus d'ailleurs), une Dakota Fanning en pleine croissance ( j'espère qu'elle se remplumera une fois qu'elle aura atteint sa taille définitive, elle fait un peu peur là), mais toujours aussi bonne actrice et un Djimon Hounsou qui joue les Nick Fury version Samuel Jackson.
Le pitch rappelle bien évidemment la série Heroes (des gens avec des super-pouvoirs, une agence gouvernementale à leurs trousses...), mais était-ce une raison pour que le film lui aussi ressemble à un pilote de série tv? C'est mou, les dialogues sont mal écrit, et les retournements de situation sont moins crédibles les uns que les autres.
Tant qu'à faire de la télévision, autant y aller carrément. Avec le budget du métrage il y avait sans doute de quoi tourner une saison entière.

je ne sais pas quand je reprendrai l'avion ( jusqu'ici c 'est tous les trois ans), mais je ne manquerai pas de vous tenir au courant .

jeudi 13 août 2009

Public Enemies - Michael Mann

Arka's back!
De retour du Pays du Matin Calme (où j'ai passé de supers vacances , merci), je me rends compte que je n'avais pas encore chroniqué dernier film visionné avant mon départ!

Attention, chef d'oeuvre! on n'en ésperait pas moins au vu des talents impliqués (Mann à la barre, Bale et Depp en protagonistes et notre Marion nationale pour faire joli), mais peu de films tiennent leurs promesses.
Michael Mann avait déjà donné dans le polar, dans le film d'époque et dans le biopic, mais c'est ici la première fois qu'il tente de traiter les trois genres dans le même projet, et il y parvient avec brio.
On retrouve la façon d'installer les personnages dans leur époque qu'il avait déjà utilisée pour Ali, ce côté "documentaire-mais-pas-trop" qui nous les fait suivre à travers leurs activités quotidiennes, tout de même régies par les interêts du script, Mann poursuit ses experimentations, notamment lors des scènes de nuits, qu'il avait abordées avec Collateral, et le face-à-face entre les deux acteurs principaux renvoie bien sûr à Heat (toutes proportions gardées).
L'époque est bien rendue, on se rend bien compte que l'on est ici à un tournant de l'histoire à la fois du crime et de la police et les personnages incarnent à merveille leurs mondes respectifs: celui de l'urgence et de la passion pour Dillinger, et celui de la patience et de l'opiniatreté pour Purvis, la flamboyance magnifique contre le travail de fourmi.
Qui dit film de gangsters dit bien sûr scènes de fusillades, et celles qui émaillent le film sont tout simplement epoustoufflantes, surtout la dernière, se déroulant de nuit au fond des bois.
Et Marion Cotillard dans tout ça? et bien pour ce qu'on lui demande de faire elle s'en sort plutôt bien. Son personnage étant d'origine française elle n'a pas à dissimuler son accent, son allure estampillée "retro" depuis La Mome lui permet de se glisser sans problème dans l'époque, et elle est très convainquante en petite amie du voyou au grand coeur, même s'il est évident que sa prestation ne lui vaudra pas un oscar cette fois.