dimanche 2 mai 2010

J - 15


Les choses sérieuses commencent!
Hier, 27è édition des 20 km de Maroilles, oui, la ville d'où est originaire le fameux fromage de caractère!
L'organisation est depuis quelques années jumelée avec celle de La Route du Louvre, le marathon de la mi mai entre Lille et Lens, aussi y retrouve-t-on de nombreux athlètes internationaux de renom.
L'ambiance est incroyablement festive: plusieurs harmonies venues de la région défilent en musique dans la grande rue, les buvettes et les étals consacrés au produits régionaux font le plein, l'air est empli d'une odeur de barbecue et de Maroilles, et une troupe de Gilles a même fait le déplacement depuis la Belgique voisine!
Je n'avais pas vu autant de monde ni une telle fête depuis la braderie de Lille, mais ici les gens ne sont venus que pour la course!
Après avoir récupéré mon dossard je traine dans les rues en attendant le départ et j'en profite pour prendre quelques photos. Avisant une tente étiquetée "lots" je m'y dirige pour échanger le ticket remis avec le dossard contre quelques cadeaux offerts aux participants par les commerçants de la région: un fromage de Maroilles, une tarte au Maroilles et un bière de Jenlain. Zut, j'aurais plutôt dû passer ici après la course, avec ce soleil ma voiture va embaumer sur le chemin du retour!
Mais alors que je regagne ma voiture pour me mettre en tenue, le temps se met peu à peu à changer: de gros nuages voilent le soleil, la température commence à baisser, je commence à me demander si je ne devrais pas mettre un imper, mais décide finalement de rejoindre la ligne de départ en t-shirt.
Les participants sont placés suivant leur temps de référence sur la distance, avec mon heure quarante de moyenne je me retrouve dans le sas 4 (sur 7).
L'heure du départ approche, la tension monte. Pour nous faire patienter l'animateur sur son podium nous fait taper dans nos mains, sauter sur place ou crier pour encourager les handisport qui partent un quart d'heure avant les valides. Tandis que l'on entonne tous en coeur "Les Corons " de Pierre Bachelet, l'hymne de Ch'Nord, une pluie fine se met à tomber et c 'est sous les gouttes que nous nous élançons. Zut, j'ai oublié de regarder ma montre pour savoir à quelle heure exactement j'ai démarré. Je vais passer une bonne partie de la course à faire des calculs à partir des informations que je recueille auprès des autres coureurs.
Le départ est en descente, ce qui fait qu'on se marche un peu sur les pieds, puis ça remonte... et ainsi de suite.
On a beau être dans le Nord, l'Avesnois ce n 'est pas les Flandres, et ici c 'est tout de même assez vallonné. La pluie nous accompagne sur les cinq premiers kilomètres puis se dissipe sans que le soleil ne chauffe trop, finalement ce sont de bonnes conditions pour courir. En parlant de condition, je me rends vite compte que je ne suis pas au mieux de ma forme, je fais du cinq minutes au kilomètre. C 'est pas aujourd'hui que je battrai mon record!
Le nombre de concurrents ( plus de 4 500!) fait que l'on n 'est jamais seul de tout le parcours. C 'est bon pour le moral comme dit l'autre. Par contre autour des points de ravitaillement c 'est un peu la foire d'empoigne. Au premier contrôle je suis obligé de m'arrêter pour pouvoir attraper un bouteille d'eau et un quartier d'orange.
La première boucle de 9 km nous ramène au point de départ, nous obligeant donc à remonter la route que l'on avait descendue, puis c 'est parti pour la seconde boucle, 11 km cette fois, avec une côte redoutable vers le 15è kilomètre. Je me rassure un peu en voyant que je j'atteins la borne des 12 km au bout de la première heure, mais voici venir le juge de paix qui va faire chuter ma moyenne. La côte en question fait près d'un kilomètre de long, monte à six pour cent de moyenne avec des passages à 10!... Après 15 bornes de course donc...
Finalement je ne m'en sors pas trop mal, j'essaie de monter à mon rythme sans trop ralentir, et surtout sans marcher, et arrive en haut sans avoir trop puisé dans mes réserves. Mais d'autres, et des plus balèzes, ont fait de même, et sitôt le sommet atteint je me fait dépasser par de nombreux concurrents qui semblent ainsi entamer le sprint final ( il reste encore 4 bornes, les gars!).
Sur le dernier kilomètre je me refais une petite santé et termine même au sprint, ce qui me permet de rattraper les quatre ou cinq derniers coureurs à m'avoir dépassé.
Je termine ainsi 1633è sur un peu plus de 4 000 arrivants ( on en a perdu quelques uns en route) en 1h 42mn 28sec, soit 11,834 de moyenne, vraiment pas terrible, je tâcherai de faire mieux la semaine prochaine, lors du semi marathon de Trith Saint Léger.

Côté pros, l'armada kenyane a fait le plein puisque les hommes ( et les femmes) des hauts plateaux squattent les trois premières places des podiums masculins et féminins, ces dernières ayant explosé le record de l'épreuve au passage, la course junior quant à elle a été dominée par leurs voisins de l'Erythrée. Il faut regarder à la dixième place pour voir un français, le Maubeugeois Stéphane Chopin (le frère du vainqueur du semi de Maubeuge).

lundi 19 avril 2010

Running Arka: The return!


Arka's back in the race!
La trève hivernale est finie, les courses "normales" ( c 'est à dire " pas à travers champs avec de la gadoue") reprennent, et ce week end, pour ma première course en 5 mois j'avais choisi "La Forestière", 12 km au milieu de la forêt domaniale de St Amand.
St Amand c 'est très joli, il y a des tas de vieilles pierres, dont une tour, vestige de l'abbaye autour de laquelle s 'est développée la ville, quelques jolis moulins à vent, mais personne ne semble y être au courant qu'il y a une course ce samedi. Je tourne en rond une bonne heure avant de finir par trouver le lieu où le départ doit être donné, juste avant la clôture des inscriptions.
L'ambiance est conviviale, voire familiale, il y a plusieurs manifestations en ce jour: un match de foot sur le stade, des randonnées en forêt et une course de 3km pour les jeunes. Sur le parking on met en route un barbecue tandis que la buvette est déjà fort fréquentée.
Le temps de me changer et de m'échauffer et c 'est parti.
Le temps est idéal: joli soleil, ciel bleu, température douce, je me dis que ça va être sympa, juste ce qu'il me faut pour me remettre en route. Je ne tarde pas à comprendre mon erreur.
Peu après le départ sur la route nous plongeons en effet directement dans les sous-bois, et le moins que l'on puisse dire c 'est que le relief est accidenté! Ca monte et ça descend sans arrêt, parfois fort brutalement, certaines pentes dépassent allégrement les 10 %, très pénible en montée, très dangereux en descente. Je me suis fait avoir: finalement je cours bien un cross! Au bout d'un kilomètre je souffre déjà, mais je me force à continuer, je ne vais quand même pas abandonner, merde! Du coup je ralentis sensiblement et je me fais dépasser par plein de monde. Il faut rester vigilant, le sol est jonché de débris végétaux divers, des flaques de boue stagnent par endroits et certains sentiers sont sablés, ce qui n'aide franchement pas à la performance!
Dans le dernier tour je me refais une petite santé et je commence enfin à dépasser d'autres coureurs. Enfin la sortie du bois est proche, je retrouve avec soulagement le macadam. Plus qu'un tour de stade et c 'est terminé.
C 'est alors que j'ai la surprise d'entendre le commentateur de la course annoncer mon nom! il y a tellement peu de participants qu'il a le temps d'identifier les coureurs lorsqu'ils arrivent dans la dernière ligne droite. Drôle d'effet, pour un peu on se prendrait pour un pro.
Vu la topographie du parcours je ne m'étais fixé comme objectif que de faire moins d'une heure, mission accomplie puisque je termine en 56mn 29, soit 12,71 km/h de moyenne, très proche finalement de mon allure habituelle sur semi-marathon. Sur un terrain plat j'aurais sans doute dépassé les 13 km/h (je l'ai déjà fait).
Si le temps reste au beau fixe je remets ça la semaine prochaine. J'ai l'embarras du choix pour les courses en ce moment.
Le premier mai il y a encore les 20 km de Maroilles ( ça va sentir bon là bas), ultime préparation pour le marathon de la Route Du Louvre entre Lens et Lille le 16.
Je ne me sens pas du tout prêt à courir 40 bornes, mais il faut bien se lancer un jour, non?

lundi 29 mars 2010

Le Fléau - Aguirre-Sacasa, Perkins, Martin


Vous allez dire que je suis un monomaniaque de Stephen King, mais que voulez-vous, j'adore ce type, et comme en ce moment les adaptations en comics de ses bouquins poussent comme des champignons je suis tout heureux, d'autant plus que les adaptations en question sont plutôt réussies.
Comme La Tour Sombre, Le Fléau est l'une des oeuvres fétiches de son auteur et ce n 'est pas un hasard si les deux récits finissent par se téléscoper; Maerlyn, le méchant de La Tour Sombre, s'avérant n'être autre que Randal Flagg, celui du Fléau.
A la différence de la série médiévalo-western du maître de Bangor (qui a depuis émigré en Floride, il devait commencer à avoir des rhumatismes) Le Fléau ( The Stand en v.o) avait déjà fait l'objet d'une adaptation au petit écran par Mick Garris, intronisé on ne sait pourquoi adaptateur officiel de King. Télévision oblige, la violence et la noirceur du roman furent singulièrement édulcorées. Même s'il s'était déclaré satisfait du résultat, Stephen King devait tout de même se dire que son oeuvre phare méritait mieux.
Arrive Marvel Comics, déjà responsable de la version bd de La Tour Sombre et qui lui propose de faire de même avec Le Fléau. Déjà fort satisfait de leur première collaboration, King signe les yeux fermés et le résultat est désormais visible en version française chez Delcourt.
Contrairement à La Tour Sombre qui traite d'événements ayant seulement été vaguement évoqués dans les romans, il s'agit ici d'une adaptation littérale du pavé paru dans les années 70. Autant dire que l'auteur surveille son bébé de près. De fait la bd est beaucoup plus verbeuse, on sent que le maître veille à ce que tout ce qu'il a écrit se retrouve dans les albums. Il y a bien sûr un travail d'adaptation, les longs chapitres sont découpés et entrelacés avec d'autres pour dynamiser l'action et permettre de présenter les personnages principaux sans que chacun ait besoin pour cela qu'un volume lui soit dédié, mais à part le découpage, dans les séquences en elles-mêmes, on sent que King a pesé de tout son poids pour que sa prose se retrouve quasi-intégralement transcrite.
Côté dessin, c 'est Mike Perkins qui est chargé de donner vie à l'univers de King et il faut avouer que le bougre s'en sort plutôt bien. Dans un style très réaliste qui ne rechigne pas à montrer toute l'horreur de cette grippe mortelle qui ravage la planète. Après avoir vu les illustrations représentant les victimes on n'a qu'une envie: appeler Roseline Bachelot pour lui commander un stock de Tamiflu!
Le premier album regroupe les quatre premiers épisodes de la série, qui risque de durer longtemps si l'adaptation va jusqu'au bout des quelques mille pages que compte le roman original.
En tout cas vivement la suite!

samedi 20 mars 2010

La Nuit Du Nanar: 13 Mars, cinéma L'Univers. Lille


En feuilletant le Sortir du mois de mars lors de la soirée Blaxploitation, je découvris qu'une nuit du nanar était prévue à Lille deux jours plus tard, qui plus est à L'Univers, un petit cinéma associatif situé littéralement à deux pas de mon appartement.
Ne pouvant pas me rendre à la nuit excentrique organisée par Nanarland à Paris j'y vis une occasion de me consoler quelque peu. De plus le prix (3 euros) était dérisoire.
Trois films étaient prévus: Blood Freak, Crocodile Fury et White Fire / Le Diamant/ Vivre Pour Survivre (oui, à lui seul ce dernier film comptabilise trois titres).
Si je n'avais encore jamais vu la première des trois oeuvres projetées ce soir là, les deux autres ne m'étaient pas étrangères; j'en avais entendu parler dès mon arrivée sur le site des mauvais films sympathiques, m'étais débrouillé pour me les procurer et n'avais pas été déçu. La perspective de les revoir sur grand écran, au milieu d'une foule d'amateurs ainsi que de découvrir un nanar inédit me décidèrent bien vite.
Le jour dit, un peu avant l'heure prévue, j'arrive donc à L'Univers. Jusque là je n'étais allé qu'une seule fois dans ce cinéma, près de vingt ans auparavant pour une nuit du fantastique avec des copains de fac.
Le lieu a bien changé, tout a été refait à neuf. Une fois mon billet acheté, je me retrouvai face a un bar décoré pour l'occasion d'affiches nanardes du plus bel effet. Trônant sur le réfrigérateur à bières, un poste de télévision faisait défiler d'autres posters promotionnels du même genre sur fond musical. Un bon point pour l'ambiance. Un regard circulaire m'apprit que le cinéma, outre la salle de projection, comptait deux salles d'exposition, l'une ornée de nouvelles affiches tandis que l'autre, équipée d'un vidéo projecteur, pouvait servir de soupape de sécurité en cas de surpopulation dans la grande salle.
Tout en attendant que la mousse de ma bière redescende, je grignote quelques cacahuètes et engage la discussion avec la jolie et souriante serveuse. Je me sens déjà chez moi, il faudra que je revienne!
Je finis ma bière et après un détour par les toilettes je m'installe avant que la salle de projection ne soit prise d'assaut. J'ai la surprise quelques instants plus tard de reconnaître, assis dans le fauteuil juste devant moi, un de mes collègues du lycée. Lui par contre ne semble pas m'avoir vu ou reconnu, d'ailleurs il est en charmante compagnie. Alors que la salle commence à bien se remplir, un énergumène barbu se plante devant l'écran et commence à faire des gestes bizarres. Je finis par comprendre qu'il fait partie de l'organisation de la soirée, il demande à ce qu'on amène plus de chaises et tente de réguler le flot humain. Je ne sais pas si tout ça est vraiment conforme aux règles de sécurité, mais le côté insolite de la situation n'échappe pas aux spectateurs qui se mettent vite à glousser de rire. L'animation de la soirée serait-elle nanarde elle aussi?
Une fois tout le monde installé, notre ami est rejoint par un type grisonnant et il devient vite évident que les deux compères ont bien profité du frigo sus-nommé. Tandis qu'ils nous expliquent tant bien que mal le programme, un hurluberlu en pyjama fait irruption dans la salle et commence à hurler sur les présentateurs, se plaignant du bruit occasionné par les soirées thématiques organisées dans le cinéma. C'était en fait un intermède comique destiné à rappeler aux spectateurs de ne pas faire trop de bruit lorsqu'ils sortiraient entre les films pour aller prendre l'air et s'intoxiquer les poumons (étrange paradoxe au passage).
Les choses étant revenues dans l'ordre, notre ami barbu nous présente le premier film tandis que son acolyte nous parle des bandes annonces et extraits qui précéderont chaque oeuvre, tout fier de nous dire que c 'est lui a réalisé tout seul les trois montages d'une vingtaine de minutes chacun. Selon le programme le premier montage devait intervenir après le premier film, on prend donc déjà pas mal de retard à l'allumage.
Le premier prologue, ma foi fort divertissant, passé, il est temps pour mes yeux impatients de découvrir Blood Freak. Le film date de 1972, et ça se voit, déjà rien que dans les vêtements et les coiffures de personnages. Ensuite aussi au fait que toute l'intrigue tourne autour de la drogue ( en gros: la drogue c 'est le mal!!!). Mais l'aspect le plus étonnant est le côté ouvertement pro-religieux du film. Tout cela aurait pu donner un film bien ennuyeux si chaque personne impliquée dans la réalisation de cet ovni cinématographique ne faisait de son mieux pour le nanardiser à outrance.
C 'est bien simple, absolument rien ne peut être pris au sérieux dans ce film!
L'introduction donne le ton: un type nous explique dans un plan fixe, regard face caméra, pendant deux bonnes minutes, que notre monde est sujet à des changements ( ah bon? j'avais pas remarqué), que toute rencontre peut apporter des changements, et que les catholiques par exemple peuvent apporter des changements (WTF??!!!). On dirait le speech improvisé en direct devant l'objectif tant le personnage ne semble pas savoir où il va ( et nous non plus d'ailleurs), et le doublage en rajoute une énorme couche, la version française se hissant au niveau d'amateurisme ( ou de j'm'en foutisme?) du film. La post-synchronisation semble avoir été faite en une seule prise alors que les doubleurs (non professionnels bien sûr, sinon ce serait moins marrant) découvraient leur texte, quant à la réalisation elle évoque les meilleurs films de vacances de tonton Michel en super 8.
Mais le pire ( soit le meilleur) est encore à venir, puisque sous l'effet d'un mélange de drogues ( on vous avait dit que la drogue c'était pas bien!) et de viande de dindon aux hormones, le "héros" , puisqu'il faut bien l'appeler comme ça, se transforme... en homme dindon assoiffé de sang!
A partir de là, évidemment, tous les murs de la réalité s'écroulent et le spectateur ne peut que se laisser emporter par la folie qui suinte de l'écran en se demandant s'il n 'est pas en train de rêver. Ce n 'est pas possible! des films pareils ça n'existe pas!! ben si, la preuve!
Pour nous remettre de nos émotions, lors du premier entr'acte, des "croque-nanar" nous furent proposés. Ils eurent d'ailleurs tant de succès qu'il n'en resta plus pour la deuxième pause.
Après une telle mise en bouche, la tâche s'avèra ardue pour les deux films suivants.
Crocodile Fury tira tout de même fort bien son épingle du jeu avec son histoire "2 en 1" mêlant crocodile tueur en carton, et vampires chinois sautillants. Même si le doublage semble un peu plus pro, les dialogues restent redoutables et l'histoire complétement hermétique, mais se laisse suivre sans déplaisir.
Vendre de la bière dans un cinéma est une bonne idée en soit, surtout lorsqu'il s'agit de bières locales, puisqu'on a en plus l'impression de soutenir l'économie régionale, par contre lors d'événements de ce genre cela peut causer certains désagréments. Aussi, malgré les demandes répétées des deux organisateurs, eux même de plus en plus imbibés à mesure que la soirée progressait, de ne pas laisser les canettes trainer sur la moquette de la salle, les bonnes intentions passèrent vite à la trappe et le sol se retrouva bientôt jonché de cadavres. De plus, les spectateurs supportant plus ou moins bien l'alcool, certains éléments se révélèrent bientôt d'une lourdeur plutôt pachydermique, si bien qu'il devenait parfois difficile de suivre ce qu'il se passait à l'écran.
Le rythme plus lent de White Fire, sa nanardise plus subtile et surtout l'heure tardive à laquelle il commença ( vers 2h30 du matin quand même) vidèrent peu à peu la salle qui s'était considérablement peuplée entre les deux premiers films. Des remarques à voix hautes commencèrent à fuser du fond, des cris se firent même entendre, il fallait bien ça sans doute pour garder les spectateurs éveillés.
Pour ma part je dois avouer être passé à côté du véritable intérêt de White Fire la première fois que je l'avais vu, mais cette deuxième vision me confirma qu'il s'agit en effet d'un nanar de haute volée, qu'il faut revoir plusieurs fois afin d'en apprécier tous les trésors.
Ce fut finalement une soirée très agréable, la première du genre sur la métropole lilloise, une initiative qui, je l'espère, fera des émules.
D'ailleurs chacun peu contribuer à la programmation de ce cinéma et prendre en charge l'organisation de soirées thématiques, et franchement ça donne envie de s'y mettre!

vendredi 19 mars 2010

Marvel Zombies 4 - Van Lente / Walker


La saga des morts-vivants made in Marvel continue avec cette aventure qui fait directement suite à la précédente, avec les même auteurs aux commandes.
Malgré tous les efforts de Machine Man et Jocaste (voir épisodes précédents), un zombie s 'est introduit dans l'univers Marvel "normal", et pas n'importe lequel puisqu'il s'agit de Deadpool, le mercenaire qui n'a pas sa langue dans sa poche. Aussi bavard que l'original, être réduit à une tête ne lui enlève rien de son bagout.
Les autorités dépêchent à ses trousses un commando formé de personnages quelque peu perdus de vue ces dernières années: Morbius, donc, le vampire ancien ennemi de Spider-Man, déjà apparu dans la série précédente, Le Loup Garou attitré de l'univers Marvel, Hellstrom, le fils de Satan en personne auxquels se joignent la sorcière Jennifer Kale et son ami l'Homme Chose.
Comme si la présence d'un zombie extrémement contagieux ne suffisait pas, voilà que Dormammu, seigneur de la dimension de l'ombre, le vieil ennemi du Docteur Strange, voit dans cette peste zombie un moyen d'enfin entrer dans la dimension Marvel afin de la conquérir.
On le voit la saga des zombies permet aux auteurs d'utiliser des personnages trop souvent relégués au second plan, voire complétement oubliés, et comme ils sont peu connus du public actuel, ils peuvent tout aussi bien disparaître, ce qui crédibilise le danger qu'ils encourent.
L'histoire étant plutôt bien écrite, on s'attache à ses personnages obscurs à plus d'un titre, et on tremble vraiment pour eux. L'illustration est sombre à souhait, juste colorée de temps à autre par les geysers de sangs et de tripaille lors des attaques des zombies.
Finalement la série permet d'utiliser tout le potentiel de personnages autrement brimés par l'univers plutôt gentillet des super héros en général. Peut être auront-ils assez de succès pour qu'on les retrouve dans une série régulière, en équipe, ou chacun dans leur coin.
Ceci dit, même si on apprécie énormément ce nouvel éclairage sur des gloires passées, l'annonce du retour des super zombies originaux lors de la prochaine série a de quoi nous faire saliver.

vendredi 12 mars 2010

Soirée Blaxploitation au Kino Ciné!



Jeudi 11 mars, journée finie, grève demain, comment occuper ma soirée?
Un coup d'oeil sur Sortir, la magazine gratuit de la métropole lilloise, m'indique une soirée "Blaxploitation" au Kino Ciné, la salle de cinéma de la fac de Lille 3 où j'ai passé tant d'années. Ce sera l'occasion d'un retour aux sources.
Je pense me garer sans souci sur le parking de l'université, mais c'était évidemment compter sans les milliers de supporters de foot qui se rendaient au Stadium Nord tout proche pour le match des Dogues contre Liverpool! Heureusement, en vieux routard de la fac, je connais des parkings pas trop éloignés et parviens à me dénicher une place où poser ma C1.
Après avoir traversé l'université de part en part (tiens, ça a drôlement changé depuis la dernière fois!) je me retrouve pratiquement seul devant l'entrée de la salle de cinéma. Je sais bien que je suis en avance, mais quand même!
Je passe le temps en m'avançant dans mes lectures, jusqu'à ce que les portes s'ouvrent.
On n 'est toujours pas très nombreux, à peine une dizaine.
Mais j'avais oublié qu'au Kino les séances ne commençaient jamais à l'heure! et avant que le premier film ne commence (après vingt bonnes minutes de retard) nous sommes une bonne cinquantaine.
J'avais entendu parler de Black Dynamite et regrettai qu'aucune salle de la métropole lilloise ne le programme, aussi étais-je très curieux de voir ce dont Michael J White, l'homme que je ne connaissais que par le piteux Spawn, était capable lorsqu'on le laissait faire ce qu'il voulait.
Le moins qu'on puisse dire c 'est que je n'ai pas été déçu!
Après une fausse pub pour une marque de bière fictive flattant l'égo de l'afro-américain moyen le ton est donné: un rendez-vous entre des caids blacks et un mafioso au fond d'une ruelle, un black se fait mitrailler. On apprend bien vite que c 'est le frère d'une véritable machine à tuer: le fameux Black Dynamite! On nous promet un véritable bain de sang causé par la vengeance du frangin, et c 'est bien ce qu'on nous donne... du moins au début.
Car le film, suivant les pellicules les plus outrées et les plus décomplexées de la Blaxploitation, part bientôt en vrille.
Avec un premier degré réjouissant, Black Dynamite ( Michael J White, donc) aligne bastons, sexe et moments comiquement tragiques sans sourciller, sans se soucier des faux raccords, des griffes sur la pellicule, des invraisemblances du script et des micros apparaissant dans le champ.
Le public, votre serviteur y compris, est mort de rire de bout en bout.
Voilà un film que je ne louperai pas à sa sortie dvd que j'espère blindée de bonus en tous genre!
Après une telle expérience, la projection de Shaft, précurseur du genre, fait figure de somnifère.
Bien moins outré que les nombreuses oeuvres qu'il a inspirées, le film de Gordon Parks semble surtout être passé à la postérité grâce au générique composé et interprété par Isaac Hayes.
L'action est très lente, les scènes de fusillades sont rares et les répliques cinglantes de John Shaft, si elles font mouche, sont trop rares pour nous tirer de notre somnolence.
Sans doute les organisateurs auraient ils été plus inspirés d'inverser l'ordre de la programmation.
Heureusement qu'on pouvait se délecter à l'entracte de quiches et tartes maison amoureusement préparées par les bénévoles du Kino!

Le Livre D'Eli - Albert & Allen Hughes


5 films en 17 ans!
On peut dire des frères Hughes qu'ils prennent leur temps!
Sans nouvelle d'eux depuis From Hell ( 2001 quand même!), j'ai été très intrigué lorsque j'ai eu vent de ce projet, d'autant que j'apprécie beaucoup Denzel Washington, que je trouve en général sous-employé, ou trop pépère, selon le fautif.
La bande annonce promettait un western post-apocalyptique à la Mad Max et un Denzel promu au rang d'action star dégommant du cannibale à coups de machettes, tout ce qu'il fallait pour me mettre l'eau à la bouche.
Au final, comme souvent avec les bandes annonces, on a été un peu trompé sur la marchandise. Si le film offre de bien belles scènes de baston dans lesquelles Denzel Washington se montre très crédible et déploie un charisme redoutable, il devient autre chose dans la deuxième partie, lorsqu'on commence à parler un peu plus de ce fameux bouquin, dont on devine bien vite de quel genre d'ouvrage il s'agit. Dès lors le récit se fait plus posé, plus "sérieux" plus contemplatif, tout en opérant paradoxalement des raccourcis assez déroutants.
On a aussi le plaisir de retrouver ce bon vieux Gary Oldman qui nous refait son numéro du grand méchant, et Ray Stevenson, le Titus Pullo de la série Rome, en homme de main.
Un film qui a un peu le cul entre deux chaises donc, mais très agréable à suivre, grâce à la maestria technique de ses auteurs et aux grands acteurs qui le fréquentent.

Wolfman - Joe Johnston


Fan de films de loups garous, et appréciant la majorité du casting, je ne pouvais pas passer à côté de Wolfman, remake du film de 1941 avec Lon Chaney jr.
Dès les premières minutes nous sommes plongés dans l'ambiance: la campagne anglaise, une nuit de pleine lune, des hommes qui progressent dans la forêt à la lueur d'une lanterne, et soudain l'attaque du monstre. Rapide, brutale, sanglante.
On sent la volonté des auteurs de marcher sur les traces du Dracula de Coppola, d'être fidèle à l'original tout en s'adaptant aux goûts du public actuel.
La photographie est splendide, les décors sombres et inquiétants à souhait, ça commence bien!
L'arrivée de Benicio Del Toro, vedette et co-producteur du film, me confirme dans mes bonnes impressions; je lui trouve un petit air d' Oliver Reed dans la version Hammer, ainsi qu'un petit quelque chose de Lon Chaney jr, ça doit tenir à sa carrure plutôt imposante.
Tous les ingrédients sont réunis, même le campement de gitans à la lisière de la forêt et la foule en furie avide de lynchage. On se croirait revenu à la grande époque des films de monstres d'Universal.
Seulement cela se gâte par la suite, la faute à un scénario à la fois cousu de fil blanc et se permettant des digressions bizarres. On devine assez vite l'identité du loup garou original, et le passage à Londres, même s'il est l'occasion de jolis tableaux, est assez bancal. Mieux aurait sans doute valu rester à la campagne et reserrer ainsi le récit qui tend à se déliter dans sa deuxième partie.
On sait que la production a été plutôt chaotique, le film ayant été remonté à l'insu du plein gré du réalisateur, le compositeur Danny Elfman ( qui est né pour opérer dans l'horreur gothique) a été limogé, puis réengagé, et le film a failli ne pas sortir en salles. Tous ces soucis n'ont sans doute pas aidé à la crédibilité du métrage, qui reste tout de même fort fréquentable, mais qui laisse comme un goût de regret lorsqu'on pense à ce qu'il aurait pu être.

mercredi 10 mars 2010

Mother - Bong Joon-Ho


Ce n 'est un secret pour personne ( du moins pour ceux qui me connaissent un petit peu), j'adore le cinéma Coréen, j'adore aussi la bouffe coréenne, j'adore les Coréens, j'adore les paysages de la Corée, bref, j'adore la Corée!
Et parmi les réalisateurs coréens j'adore Bong Joon-Ho. Je n'ai pas encore pu visionner toute sa filmographie, mais j'ai adoré tous les films que j'ai vu de lui. C 'est un réalisateur touche à tout, capable de passer du thriller glauque au film de monstre avec la même maestria.
En attendant la suite de The Host, Bong Joon-Ho nous livre donc cette histoire très poignante du combat d'une mère pour innocenter son fils un peu attardé que tout accuse du meurtre d'une jeune fille, une oeuvre à priori plus intimiste, mais qui est encore une fois l'occasion d'une galerie de portraits iconoclastes et d'une véritable leçon de mise en scène.
En attendant la toute fin du film pour révéler ce qu'il s 'est vraiment passé, le réalisateur nous laisse tout le temps de nous faire notre opinion, tandis que l'on accompagne la mère dans sa quête des preuves permettant de sortir son fils de prison, un parcours tragicomique, dans la grande tradition coréenne qui est de mêler le rire et les larmes.
Comme je suis encore une fois à la bourre pour mes chroniques le film n 'est plus à l'affiche, ne le rater donc pas lors de sa sortie vidéo.

Invictus - Clint Eastwood




Arka's back!
Après une période de silence radio due à quelques menus problèmes et surtout une méga crise de flemmingite aigüe me revoila d'attaque.

Pour son premier film depuis l'annonce de sa retraite en tant qu'acteur Clint Eastwood part filmer en Afrique du Sud et offre à Morgan Freeman le rôle après lequel il courait depuis un moment: celui de Nelson Mandela. On sait la star américaine et l'homme politique sud-africain très proches, ce dernier ayant même déclaré que le premier serait l'acteur idéal pour l'incarner.
C 'est donc chose faite aujourd'hui, même si le projet a subit de nombreuses modifications au cours de son développement.
Exit donc la biographie intégrale, le film de Clint Eastwood se concentre sur la coupe du monde de rugby organisée en 1995 en Afrique du Sud, soit un an après l'élection de Mandela au poste de président.
Comme souvent chez Eastwood le scénario est très simple et linéaire: Mandela veut se servir de la coupe du monde pour unifier tout le pays, blancs et noirs, autour d'un même objectif, d'un même symbole, ce qui est loin d'être gagné d'avance, le rugby étant le sport de la minorité blanche, encore considérée par la population noire comme des oppresseurs.
L'important est donc l'émotion, et Clint est maître en la matière. Certains critiques ont reproché au film d'être un peu trop mélodramatique, mais j'y vois surtout de la sincérité et de l'humanité servies par une mise en scène très classique dans le sens noble du terme.
Morgan Freeman porte bien sûr le film sur ses épaules, sa nomination aux oscars était amplement méritée, mais Matt Damon ne démérite pas en capitaine des Springboks issu d'une famille pro apartheid, et le reste du casting est très juste.
L'identification marche à fond, et pas seulement pour le personnage de Mandela; étant assez réfractaire au rugby et n'en connaissant pas vraiment les règles, je me suis surpris, comme les personnages noirs du film, à vibrer pour cette équipe et à me réjouir de sa victoire finale contre les invincibles All Blacks.
C 'est simple, c 'est fort , c 'est efficace, c 'est du Clint pur jus!

mercredi 3 février 2010

Max et les Maximonstres- Spike Jonze



Je suis encore à la bourre, quelle feignasse je peux être quand même!
J'ai beau avoir vu le dernier film de l'auteur de Dans La Peau De John Malkovich pratiquement le jour de sa sortie je ne couche mes impressions que maintenant, et forcément je risque d'oublier plein de trucs.
De la part de Spike Jonze il faut s'attendre à tout sauf à un truc classique, alors quand le gaillard s'attaque à un classique de la littérature enfantine d'outre-Atlantique (ça date des années 60 mine de rien) on se dit que ça risque de bien délirer.
Comme pour mieux nous surprendre, le réalisateur débute son film d'une manière très réaliste, pratiquement "dogme" pour mieux nous faire entrer dans le quotidien de ce petit garçon délaissé par sa grande soeur qui préfère s'amuser avec ses copains et sa maman divorcée qui essaie d'avoir une vie professionnelle et sentimentale (magnifique Catherine Keener, la Maxine de Malkovich).
Ce n 'est qu'une fois que le jeune héros s'évade au propre comme au figuré que le film prend véritablement son envol.
Pour autant le cadre dans lequel évoluent les monstres est une fois encore très réaliste, avec la même photographie pratiquement monocrome. Après tout l'histoire en elle-même est déjà suffisamment fantastique sans qu'il soit besoin d 'en rajouter. Au contraire, cet ancrage dans le réel nous permet de mieux nous rapprocher de ces créatures aussi touchantes que terrifiantes. Les costumes animatroniques ( pas de CGI ici!) sont très réussis dans le genre peluches vivantes et on oublie bien vite que l'on a affaire à des acteurs dans un costume pour ne plus voir que les personnages.
Bien évidemment l'arrivée du jeune garçon va chambouler l'univers des monstres, et ce n 'est pas parce qu'il s'agit d'un conte pour enfants que tout y est rose. C 'est qu'on a un peu tendance de nos jours à oublier que les contes sont à l'origine assez effrayants, et ne finissent pas toujours très bien, ce que se chargent de rappeler des auteurs comme Henry Sellick et surtout Guillermo Del Toro.

mercredi 6 janvier 2010

Esther - Jaume Collet-Serra



Dernier né de la vague des films mettant en scène des enfants meurtriers, Esther n'avait à priori pas grand chose pour susciter mon intérêt. Des histoires de chtites n'enfants adoptées qui font d'abord la joie de leurs nouveaux parents mais s'avèrent en fait être de véritables psychopathes, voire des incarnations du démon, il y en a à la pelle. Cependant la bande annonce promettait de la belle image et un joli suspense, et puis les réalisateurs espagnols font de jolies choses ces derniers temps. Le film que je voulais voir ce jour là ne passait que le soir, alors je me suis laissé tenter.
Le début du film me conforta dans mes appréhensions: malgré une jolie photographie, les moments chocs étaient ultra prévisibles et guère exploités de la manière la plus inspirée.
Le casting s'en sort bien mieux: les acteurs sont tous très solides et on voit que le réalisateur adore travailler avec les enfants tant ceux-ci sont mis en valeur et semblent naturels, loin des horripilants petits monstres qu'on peut voir dans toutes les productions gnangnan habituelles.
L'arrivée de la dite Esther vient chambouler tout ça: la jeune actrice, dans un rôle tout de même assez dur pour une enfant de cet âge, bouffe littéralement l'écran! Aussi à l'aise dans le registre de la petite fille modèle que dans celui de la meurtrière machiavélique elle hisse le film à un tout autre niveau, le rendant meilleur par sa seule présence. Elle tient littéralement le film sur ses frêles épaules! D'autre part l'intrigue se complexifie, la famille qu'Esther entreprend de détruire se révélant être aux prises avec ses propres démons. Les personnages en deviennent plus intéressants, et on se soucie vraiment de leur sort.
La tension va crescendo jusqu'à un final très tendu et une révélation inattendue.
Hormis la séquence d'ouverture faussement choquante Esther se révèle donc finalement être un thriller très fréquentable, et permet à une jeune actrice de littéralement exploser à l'écran.

dimanche 3 janvier 2010

The Devin Townsend Project - Addicted



Deuxième partie de la tétralogie annoncée du Canadien fou, Addicted est sorti il y a quelques mois déjà, mais comme d'habitude je suis à la bourre pour mes chroniques. Je voulais prendre le temps de m'imprégner de l'album avant de me lancer dans un compte-rendu, mais une chose en entraînant une autre j'ai fini par prendre du retard, mais comme on dit: vieux motard que j'aimais!
Le 17 novembre donc, n'ayant pas cours avant l'après midi je profite de la matinée pour me procurer la galette tant attendue. Arrivé à la Fnac, on me dit qu'il n'est pas encore sorti. J'ai beau leur dire que la date de sortie est bien aujourd'hui, on me répond que vu que ça vient du Canada il faut le temps pour que ça arrive chez nous! On se fout de ma tronche quoi!
Heureusement à Lille il y a aussi Le Furet, et c 'est là que je trouve mon bonheur: il n'en reste qu'un exemplaire dans le rayon que je m'empresse d'attraper avant de me mettre en route pour le lycée. Avec tout ça je n'ai pas vu le temps passer, il me faut bien quarante minutes pour rejoindre mon lieu de travail. J'arrive avec un léger retard, mais rien de catastrophique. Les cours finis je me dépêche de rentrer afin de poser le cd dans ma platine et de juger la bête sur pièces, chose que je suis d'autant plus impatient de faire que cette fois Devin Partage les vocaux avec la Belle chanteuse Néerlandaise Anneke Van Giersbergen, que j'ai vue de nombreuses fois en concert quand elle était la frontwoman de The Gathering.
Le diptyque d'ouverture, Addicted et Universe In A Ball, nous confirme qu'on est en terrain connu: gros riff bien lourd, mur de guitares caractéristique, bidouillages électroniques, vocaux hurlés, sans la présence discrète au début du premier morceau d'Anneke on aurait l'impression de se trouver face à certains des morceaux les plus calmes de Strapping Young Lad.
Le premier changement notable intervient au troisième morceau, Bend It Like Bender, qui se trouvait sur le CD sampler de Rock Hard: un morceau très pop dans l'esprit, au refrain entêtant répété à l'envi par Anneke dont la voix fait merveille sur les mélodies de Devin.
Supercrush nous ramène en pleine période Ocean Machine: un riff hypnotique, très atmosphérique, et cette fois c 'est Anneke qui chante les couplets et Devin les refrains. Mais pourquoi n'ont-ils jamais travaillé ensemble avant ces deux là?
Hyperdrive est une reprise de la fantaisie Ziltoid qu'Anneke chantait déjà en concert, ce qui a dû attirer l'attention de Devin sur la belle chanteuse batave.
Resolve voit le retour discret de Devin aux coeurs, de plus en plus accentué au fur et à mesure des refrains, sur une mélodie et des arrangements de guitare et de synthés rappelant Infinity par leur folie pleine de bonne humeur. Addicted est un album très gai, très optimiste, une bouffée d'air frais, on sent que Devin s'est beaucoup amusé à le faire. Il raconte d'ailleurs que quand il composait ses quatre albums en même temps c 'est vers celui-ci qu'il revenait invariablement lorsqu'il avait besoin de souffler un peu.
Ih-Ah est une magnifique ballade pop, très douce, qui ferait fureur dans les charts s'il se décidait à la sortir en single.
The Way Home aurait pratiquement pu figurer sur Ocean Machine avec sa mélodie rappelant Night, si ce n'était la voix de Devin qui, confirmant ce qu'il avait déjà montré sur Ki, se fait très lyrique.
Numbered continue dans le style Ocean Machine/ Infinity avec Devin aux couplets et Anneke aux refrains; une rythmique très lourde transcendée par des mélodies de guitares rappelant Terria et surtout les effets de voix de la Hollandaise et les élans opératiques du Dev'.
Enfin Awake conclut l'album sur une note légère, malgré la lourdeur des guitares.
Comme d'habitude Devin surprend, paradoxalement en faisant un album relativement prévisible après le choc que fut Ki. On pourrait d'ailleurs lui reprocher de tourner en rond, de revenir tout le temps au style qui a fait sa renommée, celui qu'il a lui-même défini dans les albums Ocean Machine et Infinity, mais ce serait passer sur les innovations qui parsèment cet opus, même si on peut regretter qu'il n'y ait jamais de véritable duo entre lui et Anneke, les deux chanteurs se chargeant suivant les morceaux des couplets ou des refrains, mais peut être cela sera-t-il pour une autre fois (on peut toujours rêver).
En attendant les deux dernières offrandes de la série, prévues dans le courant de l'année 2010, et qui devraient être cette fois très différents de ce que Devin a l'habitude de nous proposer, Addicted représente une oasis de joie de vivre et de fraîcheur qu'il serait vraiment dommage de bouder.

samedi 2 janvier 2010

Running Arka : part 2


Ca y est: 2009 a expiré son dernier souffle, et nous voilà désormais à l'aube d'une nouvelle décennie, comme le temps passe!
Mais avant de se jeter dans l'année 2010, il reste encore quelques affaires de 2009 en suspens, attendez-vous donc dans les jours qui suivent à une petit période d'adaptation, de "soldage" d'histoires en cours
La première concerne les courses à pied auxquelles je participe quand j'en ai le courage, c 'est à dire de moins en souvent depuis que le temps se fait plus froid et de plus en plus humide ( j'ai horreur de courir sous la pluie!)
Je m'attendais à participer à plus de semi-marathons, d'où le manque de nouvelles ces dernières semaines, mais finalement je n'en ai fait que deux depuis la dernière fois: celui de Maubeuge et celui de Ploegsteert, en Belgique.
Maubeuge est tout de même assez loin de Lille, mais comme ce week end là je devais aller chez mes parents qui habitent à Hautmont, cela ne m'a pas occasionné trop de dérangement autre que de me lever plus tôt que d'habitude.
Le dépaysement vient de l'organisation, résolument amateure! Ici pas de puce pour les chronos, pas de motos Adenor pour assurer la sécurité sur le tracé et les personnes chargées de baliser le parcours ne semblent pas prendre leur charge trop au sérieux, préférant papoter entre eux plutôt que d'aiguiller les coureurs.
Il est vrai qu'il fait frisquet en ce premier jour de novembre.
Deux courses se courent en une ce dimanche: un 10 km et le semi marathon. Les deux départs sont donnés en même temps, seule la couleur du dossard témoigne de qui court quoi.
Pas grand monde le long du parcours pour encourager les coureurs, on a un peu l'impression de se retrouver dans une ville fantôme.
Le parcours est très accidenté: juste après le départ, sur le parking du lycée Pierre Forest, on monte vers la nationale, puis on redescend vers la Sambre que l'on suit jusqu'au centre ville, on monte ensuite pour une boucle qui nous emmène devant l'hôtel de ville, puis traversée du zoo, tout en descente, avant de gravir un dernier obstacle et de regagner le parking. Lors du premier tour je tente de garder tant bien que mal de garder un rythme de 4mn30 au kilomètre. Aux 7 km j'en suis à 32 minutes et aux 16 km j'en suis à 1h15, moins qu'à la course du chicon, comme quoi j'y étais vraiment allé tranquillou cette fois là!
Lors du deuxième tour je me retrouve derrière un chauve rablé qui n'avance que par accélérations. Très frustrant à suivre, mais j'essaie de garder mon calme, pas envie de me flinguer les jambes.
Au final je termine en un peu moins d'1h40, ce qui ne manque pas de m'étonner, le parcours étant de loin le plus pénible qu'il m'ait été donné de courir cette année ( en même temps je n'ai commencé qu'au mois de septembre!).
Un peu plus d'une semaine plus tard, le 11 novembre, avait lieu le semi marathon de Ploegteert, une petite ville belge uniquement séparée d'Armentières par la frontière. Elle fut le théâtre pendant les deux guerres mondiales d'affrontement sanglants dont les nombreux cimetières militaires sont les témoins. La course s'appelle la Course du Souvenir pour des raisons évidentes, mais l'actualité récente lui donnait d'autres significations: Ploegsteert est le berceau de la famille Vandenbroucke, c 'est d'ailleurs elle qui a initié cette course, et la disparition tragique de Frank, l'enfant du pays , était dans toutes les mémoires, tout comme celle du petit Yanis, dont le corps venait d'être retrouvé dans un canal voisin le matin même.
L'ambiance était donc solennelle au départ de la course, mais le sport reprit rapidement ses droits.
Deux courses se couraient là aussi: un 8km et le semi marathon.
Les coureurs avec qui j'avais eu l'occasion de converser lors des autres courses n'avaient pas menti: le semi de Ploegsteert attire du monde! Il me faudra presque une minute après que le départ eût été donné pour franchir la ligne de départ!
Le temps est agréable, un peu frais, mais pas d'humidité, on aura même droit à quelques apparitions du soleil pendant la course!
Mes premiers pointages ne sont pas fameux: plus de 32 minutes aux 7 km, mais je remonte doucement la pente, et à l'heure de course j'ai parcouru plus de 13 km! je passe aux 16km en 1h15! je suis en train de faire mieux qu'à Maubeuge! tant mieux, c'était mon objectif!
Comme d'habitude vers la fin j'accuse un peu la fatigue, à partir du 18è km, et mon genou se rappelle à mon bon souvenir. Je commence à me faire dépasser par de plus en plus de monde, mais je finis tout de même en 1h38mn50s, soit mon deuxième meilleur temps.
Comme de coutume, tous les arrivants se voient remettre, en échange de la puce électronique, une "Queue de Charrue" (Ploegsteert en Flamand), la bière locale! C 'est aussi ça l'hospitalité belge!
Mon record sera un peu dur à battre je crois, ou alors il faut que je me faufile en première ligne pour le départ.
En ce moment c 'est la saison des cross, et ça ne me dit pas trop de courir à travers champs, mais je ne manquerai pas de vous tenir au courant de mes exploits futurs, et avec un peu de chance je vous raconterai un jour mon premier marathon (si tout va bien, ça sera la Route Du Louvre le 1er mai).
Bonne année à vous tous fidèles lecteurs, et à bientôt!

jeudi 31 décembre 2009

[Rec]2 -Jaume Balaguero/ Paco Plaza



Mon dernier billet de l'année 2009 concernera donc le cinéma d'horreur espagnol, très en forme ces temps-ci, c 'est d'ailleurs, et ce depuis une bonne dizaine d'année, l'un des meilleurs et des plus prolifiques de la planète. Jaume Blaguero n'y est d'ailleurs pas pour rien. L'auteur de La Secte Sans Nom, de Darkness ou Fragile a participé activement à l'essor de l'horreur hispanique moderne et loin de se reposer sur ses lauriers continue d'expérimenter et de pousser son médium dans ses retranchements, n'hésitant pas à aller où on ne l'attend pas. Aussi, alors que l'internationalisation de ses films semblait le destiner à s'exiler à Hollywood, Balaguero surprend tout le monde en 2008 en co-réalisant avec son compère Paco Plaza une véritable bombe appelée [Rec], filmé en caméra subjective pour pas cher chez lui, en Espagne. Les Américains, comme à leur habitude devant le carton d'un film étranger, mettent en route le remake, appelé Quarantine (Quarantaine chez nous), qu'ils s'arrangeront, mauvais joueurs qu'ils sont, pour sortir chez eux avant l'orignal. Là encore la carrière de l'Espagnol aurait pu basculer, à l'instar d'un Takashi Shimizu qui n'en finit plus de remaker son Ju-On ( The Grudge aux States). Refusant de signer le remake de son propre film, préférant rester en Espagne où il peut faire ce qu'il veut plutôt que de répondre à l'appel des sirènes Hollywoodiennes, Balaguero remet le couvert cette année avec la suite immédiate de son succès de l'an dernier.
[Rec]2 commence à l'instant même où se termine le premier film. Une équipe d'intervention de la police Espagnole, sous les ordres d'un mystérieux médecin, investi l'immeuble où se sont déroulés les évènements relatés dans le premier épisode.
Ce qui marque immédiatement c 'est la référence au Aliens de James Cameron, un réalisateur qui redevient décidément très à la mode ces derniers temps. L'escouade de policiers aux casques équipés de caméras vidéo filmant tout ce qu'ils voient renvoie évidemment à l'arrivée des marines coloniaux sur la planète des aliens. Ce n 'est pas innocent, le deuxième film de la saga initiée par Ridley Scott est souvent cité comme référence quand il s'agit de réaliser ce qu'on appelle désormais une séquelle. Mais ce n 'est pas la seule référence des réalisateurs qui n'hésitent pas à citer L'Exorciste, Evil Dead ou même The Thing. L'influence majeure cependant, et sans doute plus encore que dans le premier film, reste les jeux video, et particulièrement les FPS à tendance horrifique comme Resident Evil. C 'est particulièrement frappant dans le dernier quart du film où l'on bascule dans le fantastique pur, la topographie des lieux changeant suivant que la caméra soit réglée en vision "normale" ou en "Night Vision", une façon de bloucler la boucle, les jeux video ayant largement utilisé la grammaire cinématographique pour se développer.
Loin du tout venant hollywoodien, [Rec]2 est donc un véritable film de trouille, sans concession. C 'est sombre ( dans tous les sens du terme) c 'est violent, c 'est sanglant, c 'est flippant, bref, tout ce qu'il faut pour passer un bon moment.

mardi 29 décembre 2009

Avatar - James Cameron



Mardi 15 décembre, les vacances se profilent à l'horizon, l'une de mes classes est en stage, d'autres font grève, et ce soir c 'est l'avant première d'Avatar, le premier film de "Iron" Jim Cameron depuis Titanic il y a de cela déjà dix ans. Pas question de manquer ça, d'autant que le Majestic, mon cinéma fétiche, le propose en 3D et en V.O.
Je réserve ma place deux bonnes heures à l'avance, le temps de rentrer manger un petit quelque chose puis je gagne la salle de cinéma, où on nous demande une pièce d'identité en gage des lunettes relief dont le coût à la location semble bien onéreux.
Pas de page de pub, pas de bandes annonces, on entre tout de suite dans le vif du sujet. J'avoue avoir un peu de mal avec l'entrée en matière. James Cameron m'avait habitué à une longue présentation des personnages et des enjeux, hors cette fois nous sommes tout de suite plongés dans l'action. Je me dis que cela est plutôt logique dans un film en 3D mais tout de même.
Puis viennent les premières scènes mettant en scène les Na'Vi, et là l'intérêt du parti pris du réalisateur me saute littéralement à la tronche: on est plongé dans l'univers de Pandora, on suit les évolutions des Na'Vi à travers les arbres, dans les airs, au milieu des fougères comme si on était avec eux et on est tellement imprégnés de ce monde qui se dévoile pour nous qu'on se rend vite compte que cette histoire, que l'on prenait jusqu'alors pour simpliste, n 'est en fait que simple (au sens noble du terme), et ce pour une raison évidente: il y a tellement de choses à l'écran qu'il ne faudrait pas être distraits par une intrigue trop compliquée, et d'ailleurs James Cameron s'est toujours distingué par la façon qu'il avait de rendre passionnantes les histoires les plus banales.
Avec Avatar James Cameron conforte plus que jamais son statut de cinéaste visionnaire, et pour une fois le qualificatif n 'est pas usurpé: la planète Pandora prend littéralement vie sous nos yeux, les Na'Vi cessent rapidement d'être des créations infographiques pour devenir de véritables personnages à l'instar de Gollum (d'ailleurs la compagnie de Peter Jackson a participé au film) et surtout on oublie vite la 3D pour se retrouver littéralement au coeur d'un ecosystème cohérent et d'une beauté à couper le souffle.
Alors évidemment ça rappelle un peu Danse Avec Les Loups ou Pocahontas, mais réduire Avatar à un simple exercice technique serait une erreur. Pour Iron Jim la technique n 'est qu'un outil au service de son histoire, et la simplicité de celle ci ne fait qu'en décupler la charge émotionnelle.
Il me faudra plusieurs heures pour redescendre sur terre, et d'ailleurs je remettrai le couvert dès le lendemain!

L'Imaginarium Du Docteur Parnassus - Terry Gilliam



J'adore Terry Gilliam. Tout d'abord parce qu'il possède un univers unique et immédiatement reconnaissable, ensuite, parce qu'à l'instar de mon idole Orson Welles, il parvient toujours contre vents et marées à réaliser des films appelés à devenir des classiques, et tout comme lui il s 'est cassé les dents sur une adaptation de Don Quichotte.
Ces derniers temps, cependant, j'avais un peu peur qu'il ne finisse par être définitivement écarté du circuit des salles obscures à force de flops. Il faut dire que son dernier film en date était pour le moins dérangeant (même si , bien sûr, je l'ai adoré). Mais avec L'Imaginarium Du Docteur Parnassus il renoue avec des thèmes et surtout un style visuel qui a fait sa renommée. On y retrouve ses chers héros marginaux, et surtout une imagination qui sert enfin à quelque chose d'autre qu'à exprimer la liberté. Elle est ici vecteur de salut ou de damnation et les scènes se situant dans l'imaginaire sont les plus belles qu'il m'ait été donné de voir depuis Les Aventures Du Baron De Munchausen.
Le dernier long-métrage de Terry Gilliam n'aura pas échappé à la malédiction qui semble frapper toutes ses oeuvres , puisque l'un de ses acteurs principaux ( le regretté Heath Ledger) est décédé pendant le tournage, mais la solution consistant à le remplacer par trois autres acteurs, et pas des moindres ( Johnny Depp, Jude Law et Colin Farrell) s'avère au final si logique qu'on se demande ce que cela aurait donné autrement. Quant à l'idée d'engager Tom Waits pour jouer le rôle du Diable c 'est la meilleure idée de casting depuis David Warner pour Bandits Bandits.
Au final, et malgré tous les bâtons que le sort a tenté de lui mettre dans les roues, Terry Gilliam nous livre une fois de plus une oeuvre forte, pleine de poésie et de rêve qui consacre définitivement la force de l'imaginaire comme une des puissances fondamentales de l'univers.

mercredi 16 décembre 2009

Marvel Zombies 3 - Fred Van Lente/ Kev Walker



Suite de la saga des morts vivants made in Marvel, avec cette fois de nouveaux auteurs et de nouveaux personnages.
Robert Kirkman laisse la place à Fred Van Lente et Sean Phillips passe ses crayons à Kev Walker.
Le théâtre du carnage se rapproche de la terre 616, celle de l'univers Marvel, et seuls les robots Machine Man et Jocaste peuvent se dresser entre la réalité abritant les héros Marvel "normaux" et les super vilains de l'univers zombie, les "héros" étant partis dans l'espace après avoir mangé le Surfer D'Argent et Galactus. Les méchants zombies, dirigés par le Caid assisté du Chacal, ont même déjà placé un des leurs sur terre 616 et n'attendent que son signal pour l'envahir.
On pourrait penser que les personnages principaux n'étant pas de chair et de sang ne risquent rien de la part des monstres anthropophages, mais ils ont beau être des zombies ils n'en restent pas moins redoutables, même s'ils ne peuvent pas manger des robots ils disposent tout de même de fantastiques pouvoirs.
D'ailleurs Machine Man en a marre de sauver des humains qui ne le traitent pas mieux qu'un grille-pain, et n'accepte la mission que contre des espèces sonnantes et trébuchantes, une réaction ma foi bien humaine, et la proximité de la belle androïde pourrait bien lui faire franchir une étape supplémentaire vers l'humanisation.
On le voit, le départ de Kirkman et de Phillips n'empêche pas Marvel de capitaliser sur un concept très juteux, et il faut s'attendre à d'autres récits mettant en scène les avatars zombifiés de nos héros, et vilains, préférés!

lundi 14 décembre 2009

Dexter - Saison 4



La saison 4 de Dexter, le sérial killer favori des ménagères, vient de s'achever, et devrait donc débarquer dans quelques mois en France.
En quelques mots: ne la manquez pas!
Dexter est l'une des seules séries à ne pas baisser de rythme ni de qualité, malgré le côté répétitif des intrigues ( en gros, Dexter affronte chaque saison un sérial killer différent).
Mais Dexter est bien plus qu'une série sur un serial killer, c 'est avant tout une histoire de famille.
La famille naturelle de Dexter ( qui avait occupé une bonne partie de la saison 1) et surtout la famille "recomposée" de notre héros, à commencer par sa soeur adoptive, qui lui a donc fait connaître sa petite amie, qui est ensuite devenue sa femme et enfin la mère de son enfant.
Il est d'ailleurs beaucoup question de famille dans cette quatrième saison, le "Trinity Killer " étant lui-même un père de famille. Dexter pense bien sûr pouvoir apprendre beaucoup d'un tel tueur, qui plus est membre éminent de la communauté, et va donc tarder à s'attaquer à lui ( sinon la saison tournerait court!).
Au delà des enquêtes criminelles, Dexter est donc avant tout une série sur la famille, au sens large. Le tueur s'humanise-t-il vraiment ou ne fait-il que défendre son territoire? qu'en sera-t-il de son fils? est-il condamné à vivre la même tragédie que son père? et Dexter lui-même? pourra-t-il jamais transcender sa condition?
Quoi qu'il en soit, et malgré les divergences de plus en plus marquées entre la série et les livres dont elle est tirée, cette saison 4 fournit son lot d'intrigues et de frissons contractuels, et le "cliffhanger" sur lequel elle se termine ne peut que nous rendre encore plus avide de découvrir la suite!

lundi 7 décembre 2009

La Route - John Hillcoat




Décidément la fin du monde est à la mode. Après les catastrophes naturelles et les épidémies de zombies c 'est au tour du roman de Cormac Mc Carthy de servir de support à un film post apocalyptique. Ici cependant, il n 'est pas question de destructions massives spectaculaires ni de massacre de zombies dans la joie et la bonne humeur, c 'est du sérieux!
On ne rigole pas dans le monde de La Route, ni dans la forme ( c 'est très contemplatif et sans fioritures) ni dans le fond (ici le cannibalisme règne en maître).
La Route est donc un film très sombre, servi par une photographie très monocromatique, poussièreuse, à l'image de ces terres arides réduites en cendres stériles, de ce ciel bas et lourd, de ces cadavres d'arbres qui s'effondrent dans un vacarme assourdissant. Les seules notes de couleurs proviennent des flashbacks dépeignant la vie des personnages "avant", mais ils sont eux-même l'indice du désespoir profond du personnage interprété par Viggo Mortensen ( comme d'habitude parfait), puisqu'il dit lui-même à son fils que c 'est lorsqu'on se met à rêver de choses agréables qu'on a vraiment perdu tout espoir.
La Route n 'est assurément pas le genre de film que l'on regarde pour se détendre, c 'est une oeuvre très dure, témoignant d'une vision très noire de la nature humaine; les prédateurs rencontrés par les héros sont plus abjects les uns que les autres, et même le père agit parfois de façon inhumaine pour protéger son fils.
A l'image des paysages du film tout est gris, il n'y a pas ici de véritable "bon" ou de "méchant". Notre empathie va tout de même au petit garçon, qui est finalement celui qui se comporte le plus humainement, même s'il n'a jamais connu rien d'autre que ce monde mourant.
En fin de compte, c 'est peut être bien lui la seule lueur d'espoir de tout le film.