dimanche 3 mars 2013

11/22/63 - Stephen King



Grand fan de Steve-O devant l'éternel ( même si je ne suis pas croyant), je ne pouvais passer à côter de l'occasion de la sortie française (je l'ai lu il y a quelques mois en V.O ... oui je me la pète et alors, c 'est mon blog!) de son dernier pavé pour causer de mon expérience de lecteur passionné.
Sachez-le donc ô mes frêres et mes soeurs: 11/22/63 est sans aucun doute le meilleur Stephen King depuis plus de quinze ans... rien que ça!!!
J'avais remarqué ces dernières années que le maître de Bangor, après une bonne decennie d'égarrement, reprenait du poil de la bête, mais même votre serviteur n'aurait osé espérer un tel retour gagnant, que dis-je, en force, que dis-je, en grâce!
En effet Duma Key était bien prometteur, mais ensuite le King ne s 'est contenté que de ressortir, pour y apporter la touche finale, des oeuvres inachevées datant de son heure de gloire, aussi espérait-on voir enfin se réveiller la bête, et voilà: c 'est un montre qui s'ébroue, qui sort de sa caverne et respire enfin le grand air après des années d'hibernation!
A la lecture du dernier né de  l'usine à rêves ( ou à cauchemars, c 'est selon) qu'est le cerveau de celui dont on annonce la retraite imminente depuis près de vingt ans il faut se rendre à l'évidence: la bête respire encore, et avec un souffle pareil elle peut même s'atteler à un marathon tant elle semble en avoir sous le coffre!
Inutile de créer un suspense artificiel, avec un titre pareil tout le monde sait de quoi on parle: l'assassinat de JFK, le dernier président américain tué dans l'exercice de ses fonctions un jour de novembre 1963.
Ce qui est moins banal c 'est le traitement. Comme toujours chez King on prend des gens ordinaires (ici un prof de litterature anglaise quelque peu loser, et après on s'étonne que je m'identifie aux héros de l'écrivain) qui découvre un jour un passage vers le passé, ce qui pourrait lui fournir l'opportunité d'éviter la dernière grande tragédie de l'éxécutif de son pays.
Le problème c 'est que le passé est têtu et ne se laisse pas manipuler par le premier venu, même pour les meilleures intentions du monde.
Pas question de vous en dévoiler plus, comme la plupart des gens je deteste qu'on me gâche le plaisir de la lecture,  sâchez seulement que puisque le point d'entrée se situe quelques années avant l'évènement en question, le récit nous vaut une peinture criante de vérité de la vie dans les petites villes américaines des années 50/60, que le King n'étant pas un manchot pour créer des personnages attachants ou proprement ignobles on a largement de quoi s'occuper avant le moment fatidique (et pour tout dire on le redoute, tant on sait qu'il marquera le point final à tout cela) et l'art consommé de l'auteur pour le suspense est ici poussé à son paroxysme d'autant que, la grande histoire se mêlant à la petite, la romance dans laquelle se retrouve embarqué le héros prend vite le pas sur l'évènement historique et que la dernière page vous laissera sans voix et les yeux emplis de larmes! (si ce n 'est pas le cas vous n' êtes que des sans-coeur et je ne vous parle plus!).

Je ne sais pas si c 'est fait exprès mais il y a quelques jours une chaîne cablée a diffisé le magnifique JFK d' Oliver Stone ( sans doute un de ses tout meilleurs films). Si ça ce n 'est pas coller à l'actualité!

Bon, si ça ne vous convainc pas c 'est à désespérer!

vendredi 1 mars 2013

JPP IS BACK!!!



Mais qu'était donc notre JPP devenu?

Depuis quelques années on ne le voyait plus guère que dans la rubrique "Fantastic Guide" du magazine Mad Movies ( qu'il a créé de ses mains de ses larmes et de sa sueur il y a plus de quarante ans!), attaché à une tâche digne des travaux d'Hercule, quoique plus proche du supplice de Sisyphe; il tentait en effet d'établir un panorama complet de toute la production cinématographique fantastique des origines à nos jours. Autant dire qu'il était relégué au placard sous les escaliers d'une maison qu'il avait lui même forgée ( oui, je sais, on ne forge pas des maisons , mais j'aime bien la formule!).
Plus récemment, outre aux commandes de la fameuse boutique Movies 2000, on le trouvait sur sa page facebook grattant sa guitare dans ce même style décalé qui avait sa renommée, mais tout cela sentait la retraite dorée, et méritée, auréolé qu'il était de son statut de père fondateur d'une véritable institution de l'édition française.
Mais notre JPP national avait encore des choses à dire, et puisqu'il ne pouvait les dire chez Mad Movies, il a créé, avec l'aide de quelques amis eux aussi ex-madeux (Christophe Lemaire et Rurik Sallé pour ne pas les citer) un nouveau magazine où il peut en toute liberté parler de tout ce qu'il aime: le cinéma, fantastique bien sûr,  mais aussi la musique, surtout rock et metal (ça c 'est la touche Rurik Sallé) et tout ce qui passe par la tête des trois compères (et compagnie si affinités).
Quel est l'intérêt d'un énième magazine causant cinéma et musique me direz-vous? tout est dans le choix des sujets, et surtout dans le ton.
Ayant compris qu'avec l'avènement d'internet il ne sert à rien de coller bêtement à l'actualité (on n'achète plus un magazine pour connaitre les dernières nouvelles sur un film qui vient de sortir), Metaluna ( du nom de la planète d'origine des extra-terrestres du classique des années 50 "Les Survivant de L'Infini") se décompose en dossiers revenant sur des évènements, des films ou des personalités phares des genres que l'on aime, et s'il prend aux compères l'envie de se frotter à l'actualité c 'est sous un angle forcément décalé, loin des interviews formatées de la concurrence ou des dossiers de presse photocopiés dans 15 magazines, le tout dans un joyeux foutoir, une maquette délicieusement "old school", où l'on trouve souvenirs, témoignages, dessins et BDs réalisés par l'équipe et leurs collaborateurs occasionnels; car si le triumvirat restera le noyau dur de l'entreprise, la liste des pigistes a vocation a évoluer de numéro en numéro garantissant une fraicheur sans cesse renouvelée, le rythme de parution bimestrel ( comme aux grandes heures de Mad Movies, justement) permettant à la fois à la rédaction de respirer et au lecteur d'éviter l'overdose.

Ce premier numéro cause de Rob Zombie ( ce qui permet de traiter des deux sujets majeurs du mag), des festivals d'Avoriaz et de Gerardmer, de Raymond Chow (lhomme qui a découvert Bruce Lee et Jackie Chan), de Tolkien, de cinéma porno féminin ( si, ça existe!) et de l'impressionnante collection de Kirk Hammett consacrée au cinéma d'horreur vintage.

Qu'est-ce que vous faites encore là? courez donc acheter le premier numéro!

lundi 1 octobre 2012

Holy Terror - Frank Miller

L'évènement est de taille: outre des scénarios ( notamment pour All-Star Batman, avec Jim Lee, série jamais terminée) et des couvertures, Frank Miller n'avait plus publié de comic book depuis 10 ans!

Il est vrai qu'il s'était entre-temps entiché du septième art, tout d'abord en collaboration avec Robert Rodriguez (Sin City, carton planétaire) puis tout seul comme un grand ( The Spirit, grosse plantade) et faisait surtout parler de lui pour ses prises de position, disons, très à droite ( même pour les Américains) et surtout ses commentaires sur la civilisation musulmane qui feraient passer la famille Lepen pour des démocrates modérés.

Dans ce contexte la résurgence de cette arlésienne que constitue Holy Terror ( Terreur Sainte, pour les non-anglicistes) ne manque pas de surprendre.

Tout d'abord envisagée, au lendemain du 11 septembre, comme une aventure de Batman (façon Dark Knight en plus musclé) l'histoire s 'est vue opposer un véto ferme de la part de DC qui ne voulait surtout pas confronter ses héros à des personnes ou menaces réelles.

Obligé de composer sans l'icône qui fit sa gloire, Miller modifie donc son histoire, cherche un nouvel éditeur et transforme l'homme chauve-souris en "Fixer", un héros hyper violent qui n'hésite pas, lui, à flinguer ses ennemis, ce qui doit, quelque part, bien arranger l'auteur qui en profite pour se défouler.

On a en effet bien du mal à imaginer Batman dans cette histoire très primaire où on zigouille du terroriste islamiste façon Chuck Norris, par paquets de 12 et sans aucun état d'âme, même si quelques éléments trahissent l'inspiration des personnages et des lieux; Le "Fixer" n'a aucun super pouvoir, se balade de toit en toit, et court après une cambrioleuse ( une "cat burglar") rappelant fortement Catwoman avec qui il entretient des relations plus que platoniques et il a dans la police un contact, un officier bourru qui fume cigarette sur cigarette et hurle ses ordres à un agent flegmatique ( les amateurs auront reconnu la version Miller du commissaire Gordon et de l'agent Merkel dans Dark Knight).

Voilà pour les aspects les plus sympathiques de ce roman graphique.

Pour le reste le scénario est aussi caricatural que le trait (je suis de moins en moins fan de l'évolution graphique de Miller) et semble donner raison aux critiques qui voyaient en 300 une charge anti-orientale: dans une scène clé le méchant responsable local ( il dit lui-même qu'il n 'est qu'un rouage) a une allure de gravure babylonienne avec son vêtement bardé de perles façon Xerses.

Grosse déception donc ... mais indispensable pour les complétistes comme votre serviteur.

lundi 21 mai 2012

100 km à pied de Steenwerck



Voilà où ça mène d'avoir de mauvaises fréquentations: un beau jour de mai, on se retrouve au fin-fond de la campagne flamande au départ d'un 100 km à pied (ça use les souliers, je sais)!
Non mais je vous jure, faut vraiment pas être bien dans sa tête, ni y avoir grand chose, mais bon, j'y suis, alors j'y vais.

Pour autant, ma présence à Steenwerck cette année n'avait rien de fortuit. Même si je nourrissais de nombreuses réserves quant à ma capacité à aller au bout, c'est une course qui m'a intrigué dès que j'en ai eu connaissance. Je n'ai tout d'abord vu que les banderoles placées au bord de l'autoroute A26 , puis j'en ai eu une idée un peu plus précise lorsque j'ai commencé à fréquenter Kikourou et l'image s 'est définitivement imprimée dans un coin de ma cervelle l'année dernière lorsque je suis venu en repérage et en ait apprécié l'ambiance conviviale. Il faut aussi ajouter que je connais de plus en plus de centbornards et autres coureurs d'ultras qui me poussent plus ou moins discrètement à passer du côté obscur de la course à pied. Non que j'ai besoin qu'on me pousse beaucoup, j'aime tenter de repousser mes limites, mais la distance me paraissait jusqu'alors trop intimidante. Ce n 'est qu'après mon premier 6h que j'ai commencé à me dire que peut être un jour je pourrais y arriver. Après tout un 100 bornes ce n 'est jamais que deux marathons et demi (et même moins, si on chipote), et à Steenwerck on a 24h pour y arriver, le seul problème c 'est la gestion de la douleur. Je ne me considère pas comme étant spécialement douillet, mais quand je vois l'état dans lequel je suis à la fin d'un marathon ou d'un 6h je me vois mal remettre le couvert encore deux fois derrière. Ce sont Chti Grincheux, Land, le Bagnard et compagnie qui m'enfonceront dans le crâne la solution à force de discussions à bâtons rompus (je m'excuse auprès des amateurs de marche nordique) autour du barbecue du Grincheux lors de deux veillées pré-Maroilles: il faut courir lentement! Drôle de concept que cette course lente, pourquoi ne pas marcher carrément? Mais petit à petit je finis par me faire à cette idée. Il est évident que je ne tiendrais pas 100 km à mon allure marathon. Je le sais: à mesure que la distance s'allonge, la moyenne baisse. Pour y arriver, il faut donc partir très lentement, et se préparer à passer plus de 15 heures sur la route, à courir toute la nuit. Le problème ne devient plus physique, mais psychologique, ainsi qu'en témoignent de nombreux comptes-rendus de kikous à priori plus balèzes que moi ayant tenté l'aventure en vain, mais ayant accouché à l'occasion de récits proprement bouleversants. Il me faudra plus d'un an pour que j'en vienne à admettre que je suis capable de franchir ce nouvel Everest. L'année dernière déjà, même si je n'étais venu qu'en repérage, j'avais eu un gros pincement au coeur en voyant les copains s'élancer sans moi. Le lendemain, lorsque je repassai par Steenwerck pour assister à la remise des prix, ma décision était prise: en 2012 je serai au départ!

C 'est là que les choses se compliquent: en septembre je dois abandonner au 10è km du semi de la Braderie de Lille à cause de mon genou droit. Je fais toute une batterie de test, des radios, un IRM, finalement on ne me trouve rien, mais le toubib me prescrit des anti-inflammatoires. Et ça marche: dans la foulée je fais mes premiers trails ( les Terrils et les Lueurs d'Espoir) et j'approche par deux fois mon record sur semi marathon. Seconde alerte cependant: aux 6h de Marchiennes mon pied et mon genou droit se manifestent de nouveau, m'obligeant à une longue pause pour me faire masser par le kiné de la course. Bilan positif tout de même, j'ai atteint les 50 km malgré tous mes arrêts.
Et puis c 'est le drame: lors de la Course de Noël des Moulins à Steenvoorde, à 300 mètres de la ligne d'arrivée, je sens mon pied droit se dérober au passage d'une bordure de trottoir, je tombe et me fracture le pied (ou l'inverse, je ne sais plus très bien).
6 semaines dans le plâtre!
Le plâtre enlevé, vient la rééducation: non seulement je dois réapprendre à marcher ( 6 semaines à se déplacer avec des béquilles ça crée de mauvais réflexes!) mais mon mollet droit a perdu presque 50 % de sa masse! C 'est là que je me dis que ma saison 2012 est fichue; combien de temps faut-il pour récupérer ses muscles?
Finalement pas si longtemps que ça. Un mois et demi plus tard je recommence à trottiner doucement. Evidemment je suis exagérément attentif à la moindre douleur et j'ai une peur panique de me tordre la cheville, alors c 'est un peu raide au début, puis je me lance le lundi de Pâques, à l'occasion du 10 km de Quand Lomme Court. Une course bouclée en 48 minutes, très encourageant, même si ma cheville et mon genou se sont rappelés à mon souvenir vers la fin du parcours.
Le 15 avril, c'était le marathon d'Annecy. Je m'étais inscrit avant de me casser le pied, pensant au passage rendre visite à un pote. Finalement pas de course ( heureusement d'ailleurs, le temps était proprement horrible: froid, pluie, vent...) mais un week end gastronomique très sympa, je reviendrai (quand il fera meilleur!).
La semaine suivante, frustré de n'avoir pas pu courir le marathon d'Annecy, j'accompagnais Chti Grincheux dans l'Oise pour les 6h du Moulin ( décidément, les moulins me suivent partout, je ne vais pas tarder à me prendre pour Don Quichotte!) avec la ferme intention de me tester. Objectif: courir 2h et/ou 20km. Après un peu plus de 2h j'ai fait mes 20 km, mais comme je m'ennuie à ne rien faire je continue en alternant course et marche. A la fin des 6h j'ai parcouru presque 44 km, presqu'aussi bien qu'à Marchiennes! Intérieurement j'exulte: Arka's back in the race!
Le mois de mai est traditionnellement riche en courses, et je n'ai désormais plus de raisons de me priver ( même si j'y vais encore mollo): le premier mai c 'est Maroilles, où je ressors mon déguisement de Steenvoorde (il faut à tout prix conjurer le mauvais sort!), le 8 mai c 'est la Course de la Paix à Trith St Léger et ses trois redoutables boucles (2h sur le semi) et le 13 mai, ayant refilé mon dossard gagné à Lomme pour la Route du Louvre à Chti Grincheux, je mettais le cap sur la baie de Somme pour la Transbaie.
Entre temps j'avais déclaré mon intention de prendre le départ de Steenwerck et de voir jusqu'où cela me mènerait. J'avais fait 44km dans l'Oise, je me disais que je devais être capable d'atteindre les 60 bornes, ce qui m'amènerait à un nouveau record personnel de distance parcourue, même si, secrètement, j'espérais bien aller au bout de ces fameuses cent bornes! Pour ce faire j'avais même investi dans une nouvelle paire de baskets, des gants, deux boites de sparadraps, des piles de rechange pour ma frontale et un stock d'Isostar; c 'est dire si je prenais la chose au sérieux!

Mais trêve de préliminaires et entrons à présent dans le vif du sujet.
J'arrive donc à Steenwerck une bonne heure avant le départ. Après quelques difficultés je finis par trouver une place où garer ma C1 le long du parcours, non loin de la salle, à l'entrée de laquelle je retrouve un Vivien hilare accompagné de son père et de sa soeur. Ils me disent que le Rag' est déjà là. Je ne l'ai jamais vu, aussi suis-je très curieux de le rencontrer. Je file à la table des inscriptions: maintenant c 'est officiel, je suis inscrit sur le 100 km open, j'ai signé pour en baver! (et j'ai même payé pour ça! faut que je me fasse soigner!). Je n'ai presque rien mangé de la journée, aussi vais-je chercher un sandwich à la baraque à frites. C 'est là que me retrouve la Chti Vincent family. Pour faire passer les sandwiches nous nous dirigeons vers le bar et, alors que nous sirotons nos bières, nous croisons un François D'Arras tout souriant.
Mais l'heure tourne, je file à ma voiture m'habiller (et accessoirement avaler un anti-inflammatoire, je me dope maintenant!).
Je retrouve Vincent quelques minutes seulement avant que le départ ne soit donné. Nous avisons des coureurs qui mettent une sorte de ticket dans une espèce d'urne tenue par un bénévole avant de s'engouffrer dans une bâtisse donnant sur le parc de la ville. Intrigués nous demandons ce qu'il en est: il s'avère que dans l'enveloppe contenant le dossard il y a un ticket que l'on se doit d'introduire dans cette boite pour prouver notre présence au départ. Dans ma précipitation, je n'avais pas vu ce petit bout de papier. Mais quelle tête en l'air je fais! Je me mettrais des baffes! Pour Chti Vincent cela ne porte pas à conséquence, il court sans dossard, par contre en ce qui me concerne c 'est un peu plus problématique, mais le départ est imminent, pas le temps de faire l'aller-retour jusqu'à ma voiture.
Le coup de feu retentit, le parc se déverse lentement sur la rue principale de Steenwerck, ça y est, je suis dans le bain, maintenant il faut nager!
Il y a du monde lors de ce premier tour: les coureurs, les marcheurs, des randonneurs, ceux qui ne viennent faire qu'un tour, ceux qui viennent juste pour encourager les copains. Nous marchons plus que nous ne courons pendant un moment, puis la foule devenant moins compacte, nous nous élançons à petites foulées sur le bitume.
Un peu avant la sortie du village j'avise une haute silhouette coiffée d'un buff orange, les bras se soulevant et s'abaissant au rythme de ses bâtons de marcheur nordique: Le Rag', avec qui je fais enfin connaissance. Le rencontrer c 'est retrouver un peu de mon enfance, puisqu'il habite tout près du village qui m'a vu grandir. Nous échangeons quelques mots puis le laissons progresser à son allure. Pour le moment je cours plus vite qu'il ne marche, mais je suis certain qu'il me dépassera avant que la course ne s'achève, ou du moins je l'espère, cela voudra dire que nous serons sur le point d'en terminer!
La première boucle nous ramène dans Steenwerck, et Cht'Isabelle en profite pour nous tirer le portrait, à son époux et à moi-même, à plusieurs reprises. Pour un peu on se prendrait pour des célébrités harcelées par des paparazzi!
Nous sommes encore dans la ville qu'un premier ravitaillement apparaît soudain. Comme je ne suis pas pressé, je m'arrête quelques secondes ( je ferai TOUS les ravitaillements, on n 'est jamais trop prudent lors de la première sur un nouveau format).
Nous sortons une nouvelle fois de l'agglomération, et cette fois c 'est la bonne, nous sommes sur la boucle « officielle », celle qu'il faudra parcourir cinq fois pour devenir centbornard, d'ailleurs voici un signe qui ne trompe pas: le premier des deux ponts de TGV ( et non d'autoroute comme je l'ai lu ici ou là). J'avais décidé de marcher dans les ascensions, nous arrêtons donc de courir pour l'instant. Bon sang qu'il est long ce pont! Et le fait qu'il ne soit pas droit renforce cette impression, il paraît sans fin! Quelques centaines de mètres après la descente nous arrivons à la boucle de Croix du Bac, la seule section du parcours où l'on peut croiser les autres coureurs. C 'est ainsi que nous apercevons Vivien dans son costume d'Assurancetourix! Il devient de plus en plus fou, décidément! Il ne va quand même pas faire les cent kilomètres accoutré de la sorte?
Le premier contrôle a donc lieu dans la salle des fêtes de Croix du Bac où nous attend, outre un ravitaillement copieux, un petit duo musical guitare-accordéon qui met de l'ambiance et donne du coeur à l'ouvrage.
Il faisait bien chaud dans la salle des fêtes, en sortant on se rend compte que la température commence à sérieusement descendre, il va falloir s'habiller chaudement pour la nuit!
Le soir tombe, faisant remonter des odeurs d'herbe fraiche, de terre et de colza, une vraie madeleine de Proust qui me renvoie une nouvelle fois à mon enfance dans un minuscule village près de Bergues. Au 3è ravito ça sent plutôt l'oignon par contre, et je manque de perdre Chti Vincent qui s'était écarté de la route pour satisfaire à un besoin naturel.
Il fait encore bien clair et on peut à loisir admirer les jolies maisons de campagne qui bordent le parcours, pour un peu ça donnerait envie de quitter Lille.
Dans les derniers kilomètres de ce premier tour nous incorporons un petit groupe de joyeux lurons, si bien que de blagues en chambrage bon enfant nous terminons le premier tour presque sans nous en rendre compte, en 2h44.
Vincent a atteint son objectif, il s'arrête là, non sans me souhaiter bonne chance et me faire promettre de lui envoyer un message si d'aventure j'entamais le 5è tour au petit matin. Rendez-vous est pris, et je me dirige vers ma voiture pour enfiler mes gants, passer mon écharpe autour de ma gorge si délicate ( j'ai déjà été victime de plusieurs extinctions de voix), fixer ma frontale et faire le plein de ma petite bouteille.
Au passage je fouille dans l'enveloppe ayant contenu mon dossard et finis par trouver le fameux ticket, celui que j'étais censé remettre au départ comme preuve de ma présence au début de l'épreuve.
Les lecteurs attentifs auront remarqué que je n'ai pas pris de polaire ni de pull. Je suis un inconscient, je sais.

C 'est donc parti pour le 2è tour dans la lumière déclinante et la température froidissante ( oui, j'invente des mots, ça m'arrive parfois). Les oiseaux jettent leurs derniers chants, le soleil couchant joue les artistes sur la toile d'un ciel pur, et l'air se charge des parfums de la nuit dont j'emplis mes poumons en profondes inspirations. Je me dis que j'ai vraiment de la chance de courir ici, aujourd'hui par ce temps là et je tiens à en profiter pleinement. Le seul problème ce sont les chemins de campagne qui sont tout sauf plats, et qui me promettent des frayeurs une fois la nuit noire venue. Je n'ai qu'une angoisse: me tordre la cheville et me casser à nouveau le pied. C 'est sans doute la seule chose qui pourrait m'arrêter ce soir.
Je retrouve bientôt le premier (long) pont ferroviaire, et à Croix du Bac, un peu inquiet, je demande aux contrôleurs que faire avec mon ticket que j'ai oublié de donner au départ. Ils me rassurent en me disant qu'il suffit de le donner à mon prochain passage à la salle des sports.
L'orchestre est toujours là, mais ils vont bientôt s'arrêter. On entre vraiment dans la nuit, il va y avoir de moins en moins de monde sur le parcours. Heureusement, à chaque bifurcation on a installé des lampes de chantier afin d'éviter aux coureurs de se perdre dans la nature.
Aux ravitaillements il y a maintenant de la soupe! J'en profite pour me réchauffer la carcasse. Ca fait du bien par où ça passe!
Un peu avant le deuxième pont, une voiture précédée d'un coureur me dépasse: c 'est le leader de la course qui vient de me prendre un tour! Mais au bout de quelques centaines de mètres je le vois s'arrêter et se tenir la cuisse à deux mains. Je dépasse l'équipage et il me dépasse de nouveau quelque temps plus tard. Au dernier ravito on m'apprend qu'il est sur le point d'abandonner. Il va juste tenter de rallier la salle des sports. Dure loi de la course.
Je termine ce deuxième tour plutôt tranquillement, en 2h40 et j'ai bon espoir de couvrir au moins 3 tours. Je me mets de plus en plus à croire à l'exploit.
A la salle des sports je finis par remettre mon ticket à des contrôleurs très compréhensifs qui m'assurent que mon oubli ne me portera aucunement préjudice.
Rasséréné, je file à ma voiture pour y chercher le sweat que je me souviens avoir mis dans le sac, mais à la lueur de la frontale je ne retrouve rien et je dois me contenter de mon coupe-vent. J'ai dû perdre facilement 20 minutes dans l'affaire.

Je me passe sur les jambes un peu d'huile chauffante (erreur dont je réaliserai l'ampleur plus tard) et c'est reparti pour un tour, le tour qui va décider de tout: si je finis celui-ci en bonne condition je repars pour un quatrième et à ce moment là je ne me vois pas abandonner aux portes du 5è, même si je dois terminer en boitant.
Il fait maintenant nuit noire, et il fait aussi très froid. Je me souviens que la météo annonçait 3° pour la nuit, et si elle s 'est trompé, ce n 'est pas de beaucoup! Mes gants ne me protègent pas vraiment, et mon coupe vent pas plus ( il n'y a pas de vent!). Pire encore, la sueur refroidit très vite et renforce encore mon inconfort. Pour autant j'apparais encore frais aux yeux des bénévoles avec qui je discute aux ravitaillements, et la dame qui s'occupe du dernier contrôle avant la salle de sport est convaincue que j'irai au bout. Voilà qui fait plaisir à entendre!
Le froid agit aussi sur mon système digestif, ou alors c 'est que j'assimile l'isostar trop vite, quoi qu'il en soit il me semble que je m'arrête tous les kilomètres pour une pause pipi, et au 3è ravito je dois faire la queue devant les toilettes mobiles.
Je l'ai dit, les chemins de campagne empruntés par la course ne sont absolument pas plats: ils forment comme une bosse en leur milieu qui descend en une pente plus ou moins prononcée sur les deux côtés. La plupart du temps je tente de marcher sur le sommet, de garder le haut du pavé en quelque sorte, mais ce n 'est pas toujours possible, alors je privilégie le côté gauche de la route afin d'épargner mon pied droit. Arrivé au milieu de la boucle je sens ma cheville se tordre. Je sursaute, plus de peur que de douleur, mais me rassure vite: même si je ressens une légère douleur cela n'entrave en rien ma foulée. Tout de même, je me suis fait une belle frayeur, et je redouble désormais de vigilance.
Je termine ce tour de tous les dangers en 3h06, et je me sens encore en pleine forme, n'était-ce ce froid qui commence à s'insinuer dans tout mon être. Il faut absolument que je retrouve ce sweat! Je retourne à ma voiture et retourne le contenu du coffre sur la route, mais je ne trouve toujours rien. Il ne me reste plus qu'un chose à faire: mettre des vêtements secs. Heureusement que j'avais apporté des vêtements de rechange! Je change tout: mon t-shirt manches longues, le manches courtes, les chaussettes, les pansements ( je commence à avoir de belles ampoules au pied gauche), le slip (j'ai un début d'échauffement à l'entrejambe) et le short (je retrouve mon vieux short bleu, celui que j'ai porté sur presque toutes mes courses). Je ne garde que mes baskets; même si j'avais apporté toutes les paires que je possède celles-ci me semblent les plus à même de m'amener au bout.
Je refais le plein de ma bouteille et je repars dans la nuit noire.

A part l'irritation de plus en plus prononcée de mon entrejambe, me forçant à marcher légèrement en canard, et les jambes qui se font de plus en plus douloureuses, rien de notable ne se produit sur ce tour jusqu'à Croix du Bac où je croise François d'Arras qui m'encourage chaleureusement et me dit qu'il abandonne. Il venait d'entamer son 3è tour. Je suis désolé pour lui, et même si je n'y suis pour rien je me sens un peu coupable: après je ne sais combien de tentatives il ne finira encore une fois pas cette course, alors que je suis bien parti pour y parvenir à ma première participation, avec la non-préparation que l'on sait. Il se passe vraiment des choses bizarres sur les courses.
Autre bizarrerie, certaines lampes situées aux bifurcations se sont éteintes, heureusement qu'on commence à bien connaître le parcours!
La fatigue commence à se faire sentir: j'ai l'impression de dormir debout, et de temps à autre, dans la lueur des frontales des coureurs qui me précèdent je crois voir des animaux qui traversent ou attendent le long de la route. J'hallucine, il est temps de me mettre au café!
Alors que je vois poindre les première lueurs de l'aube, une silhouette familière se matérialise à mon côté: Le Rag'! Comme je m'en doutais au départ, il a fini par me rattraper. Tout à l'air d'aller bien pour lui. On discute, on plaisante, le temps et les kilomètres s'estompent, je m'arrête au dernier ravito, mais lui continue. Je ne le reverrai qu'à l'arrivée.
Mes jambes sont de plus en plus douloureuses, et sur les deux derniers kilomètres je suis obligé de marcher, hors ascension de ponts, pour la première fois depuis le départ.
Je boucle cet avant-dernier tour en 3h26. A présent j'en suis certain: dans quelques heures j'en aurai fini avec mon premier cent kilomètres ( il y en aura d'autres, forcément!), mais pour l'heure il faut faire quelque chose à propos de cette irritation à l'entrejambe! Je m'adresse aux médecins présents dans la salle afin de leur demander une pommade ou quoi que soit qui puisse me soulager, mais pour ce genre de choses les pommades sont uniquement préventives (encore une chose à prévoir la prochaine fois), On me pose donc un pansement qui limitera les frottements.

J'entame le cinquième tour. Comme promis j'envoie un sms à Chti Vincent puis décide d'embarquer mon appareil photo afin d'immortaliser le dernier tour de cette grande première: mon premier cent kilomètres!
Je savoure cette dernière boucle comme un coureur de cent mètre faisant un tour de stade après sa victoire; le soleil est désormais bien levé, les oiseaux chantent pour célébrer l'aube nouvelle, et, je me plais à l'imaginer, mon exploit personnel, le ciel est d'un bleu pur, il ne fait plus si froid, même si je garde mon écharpe, je vis un véritable moment de bonheur.
Du moins jusqu'à ce que mes jambes se mettent à brûler! Littéralement!
Je ne sais pas si c 'est dû à l'huile chauffante que je me suis appliquée au coeur de la nuit quand il gelait presque, ou à la sueur qui, à cause des sels qu'elle transporte a cet effet, ou si c 'est l'effet de l'acide lactique, c'est sans doute tout cela à la fois, mais en tout cas c 'est très désagréable! Pas vraiment douloureux, du moins pas insupportable, mais très gênant.
Je ne laisse cependant pas cela me gâcher mon plaisir, et je mitraille à tout-va, ce qui me fournit une excuse toute trouvée pour marcher de temps en temps.
A environ 7 ou 8 km de l'arrivée mon téléphone sonne: c 'est Chti Vincent qui me confirme qu'il sera présent à l'arrivée. Mon message matinal a fait son petit effet, il est très heureux pour moi mais aussi complétement abasourdi, comme beaucoup de monde, et moi le premier. Même si j'espérais au fond de moi terminer ce cent kilomètres j'avais de sérieux doutes sur mes les capacités de mes jambes à tenir la distance, surtout pour ma cheville et mon pied droits! Mais je suis bien là, à moins de dix bornes de l'arrivée, sur le point d'atteindre ce nouvel Himalaya.
Je m'imprègne une dernière fois du paysage, c 'est la dernière fois que je passe par ici, du moins pour cette année, c 'est la dernière fois que je vois cette ferme, cette maison de campagne, cette cabane dans les arbres. Je double encore des randonneurs sur la route, ils ont vraiment marché toute la nuit comme ça? Je me fais doubler aussi, par de véritables flèches! La course du matin a débuté depuis quelques heures, et ce n 'est pas la même allure! Presque tous prennent le temps de m'encourager au passage, parfois même de me féliciter quand la conversation dure assez longtemps pour que leur dise que j'en suis au dernier tour, c 'est vraiment sympa de leur part, et ça donne bien la pêche pour terminer. Oui, car j'ai beau vivre un grand moment de bonheur, je n'en ai pas moins mal aux jambes et j'ai quand même hâte d'en finir, d'autant plus que la ligne d'arrivée se rapproche.
J'arrive dans les ultimes virages champêtres, plus que deux kilomètres. Au bout là bas on revient sur de la vraie route, il faut faire attention aux voitures,on tourne à gauche, puis à droite, c 'est la longue ligne (à peu près) droite qui mène à Steenwerck, voici le panneau annonçant l'entrée dans l'agglomération, un peu plus loin c 'est la marque des 99 km, ça y est, je vais y arriver, plus que mille mètres. Je voudrais déjà être arrivé, mais j'aimerais aussi prolonger cet instant. Il faut choisir, alors j'avance, j'accélère même! A trois cent mètres de l'arrivée j'aperçois Vincent qui me prend en photo.
Un grand sourire, un signe de la main, un bonjour, je lui confie mon appareil photo, Vincent doit piquer des sprints pour pouvoir me photographier de face! je n'ai jamais couru aussi vite ces dernières 24 heures! Enfin je passe la porte de la salle des sports sous les hourras et les applaudissements des bénévoles et des gens présents dans la salle, je regarde le tableau, mon nom apparaît en rouge, 100km en 15h09! Je me retourne, tout le monde est là: Vivien, qui en a terminé trois heures plus tôt, le Rag' et sa moitié, et même François d'Arras, qui était resté toute la nuit pour encourager les copains.
Je me retourne encore vers le tableau, je n'y crois toujours pas. J'ai couru (enfin la plupart du temps) pendant 100 kilomètres et je ne suis même pas si fatigué que cela. Je m'étais préparé à finir en rampant s'il le fallait mais finalement il n'y a que des douleurs aux jambes comparables à l'arrivée d'un 6h. Je m'écoeure moi-même! Je ne sais pas ce que me réservent mes courses futures, mais en tout cas aujourd'hui rien ne pouvait m'arriver, rien ne pouvait me stopper, une sorte d'état de grâce, je ne vois pas comment expliquer cela autrement. J'ai fait la course de ma vie.
Je m'attable avec les copains, on compare nos impressions, nos chronos, on parle de Shunga (que je n'ai toujours pas rencontré), toujours en course.
Je « sens l'effort », comme dit Vivien, donc direction la douche, clopin-clopant. L'eau est froide mais fait un bien fou, d'autant que j'ai toujours les jambes en feu. Cette sensation de brûlure se dissipera finalement assez rapidement, mais j'aimerais bien savoir ce qu'il en est.
Retour à la joyeuse tablée. Je crois que c 'est François qui paie la tournée de bières, Vivien quant à lui se charge des frites.
Bon sang ça fait du bien par où ça passe!
Grand moment de camaraderie et de convivialité.
Vincent était aussi venu dans l'éventualité où j'aurais trop mal aux jambes pour conduire, finalement ça va, je me perd un peu du côté de Nieppe mais je finis par retrouver l'autoroute.

Je comate toute la journée, pas moyen de vraiment dormir après une nuit pareille. Je suis crevé mais aussi trop exalté pour prétendre à un vrai sommeil. Il va me falloir un moment pour réaliser ce que je viens d'accomplir.
En attendant, retour à Steenwerck en soirée pour la remise des prix. J'en profite aussi pour passer prendre mon t-shirt aux couleurs de la course. Quand je vous dis que je suis une tête de linotte! (au fait, mon sweat était bien dans mon sac! C 'est ça de courir sans lunettes!)

Une ultime bière avec Vivien avant de monter sur le podium ( tous les finishers y sont conviés) et il est temps de rentrer, je suis attendu chez ma soeur qui va encore me traiter de cinglé. Elle doit avoir un peu raison quelque part. Pour quelle raison une personne sensée se lancerait-on dans une telle aventure? Mais c 'est si bon d'être fou, surtout lorsqu'on vit des moments aussi forts! Et celui-ci, comme tant d' autres, n'aurait jamais été possible sans la bande de cinglés que j'ai rencontrée sur Kikourou.

Je vous le disais, j'ai de mauvaises fréquentations ;)

vendredi 22 avril 2011

Under The Dome - Stephen King

Ce n 'est un secret pour personne , j'adore Stephen King. Ses premiers best-sellers ont bercé mon enfance et mon adolescence, et les premiers films tirés de ses livres font partie de mes meilleurs souvenirs.
Ces dernières années, cependant, même si j'adorais retrouver son style, je dois avouer que ses histoires étaient bien moins intéressantes que par le passé. Parfois même, comme dans From a Buick 8 par exemple, mais surtout dans Lisey's Story, on le voyait s'essayer à une autre façon d'écrire, moins directe, plus alambiquée, comme s'il essayait de s' affranchir du style qui avait fait sa renommée pour séduire la critique. Alors que d'habitude je dévore ses plus gros pavés en un temps record, j'ai traîné Lisey's Story pendant plus de deux mois. Bien m'en a pris, car la deuxième partie est vraiment prenante.
Plus récemment pourtant, on a commencé à assister à un retour du "vrai" Stephen King. Duma Key était véritablement terrifiant et se lisait d'une traite, et même si Blaze n'était en fait qu'un roman oublié de l'époque où il se faisait appeler Richard Bachman, sa publication participait d'un effort pour retrouver les parfums d'antan.
Enfin, avec Under The Dome, on retrouve le grand Steve! celui du Fléau ou de Ca. Un livre choral, se déroulant dans une de ces villes du Maine que King se plait à créer pour mieux les détruire. Et pour cause: il s'agit une nouvelle fois d'un roman commencé dans les années 70/80, même s'il était loin d'être fini ( seules les 70 premières pages avaient été rédigées).

La petite ville de Chester's Mill ( à mi-chemin des tout aussi fictives Castle Rock et Tarker's Mill) se retrouve un beau matin d'automne isolée du reste du monde par un dôme aussi invisible qu'indestructible ne laissant passer que l'air (et un peu l'eau). Avions, hélicoptères et oiseaux s'écrasent contre la barrière, les traces de leurs impacts semblant flotter dans les airs. Les habitants se rendent vite à l'évidence: personne ne peut rien pour eux, ils sont livrés à eux-même. Mais si la plupart des gens sont paniqués à la perspective d'être ainsi emprisonnés, d'autant que la ville est désormais coupée de la centrale électrique et que les réserves d'eau et de carburant ne vont pas durer éternellement, d'autres y voient l'occasion de régler leurs comptes et de prendre le contrôle de la bourgade.
Le titre original, qui se traduit par "Sous le Dôme" est bien plus explicite que la traduction officielle ( "Dôme" tout court): l'enjeu majeur du roman n 'est pas l'explication de phénomène ( même s'il faut bien en parler de temps en temps), mais les réactions des habitants de la ville, observées comme celles de rats de laboratoires dans un labyrinthe. Stephen King joue sur ses points fort, car s'il n'a jamais été très performant lorsqu'il s 'est attaqué à la science-fiction, il est en revanche maître dans l'art de créer des personnages, et il croque ici une galerie de portraits des plus passionnantes. A mesure que la panique gagne, les caractères s'affirment, ou tombent en lambeaux; les statistiques d'agressions, de viols, de meurtres et de suicides grimpent en flèche. Le tissu social s'effondre, en quelques jours les habitants régressent au moyen âge, et la ville est bientôt divisée en deux factions rivales, le côté de la raison étant bien entendu le plus mal loti.
La variété des personnages permet à King d'aborder de nombreux thèmes et d'adopter des points de vue très différents. On parle droits, sécurité (voire sécuritarisme) religion, drogue, liberté de la presse, bref, tous les aspects de la vie de tous les jours sont abordés et passés à la moulinette.

Un point de départ intriguant, une nouvelle ville créée et détruite en quelques jours, des personnages suprêmement bien écrits, de l'action quasi non-stop, un suspense qui va crescendo pour atteindre des sommets, tous les ingrédients pour un bon gros pavé du King comme on les aime.

mardi 19 avril 2011

La Rentrée des ...Courses!

Après la trève hivernale, les courses oficielles ont repris dans la région, la première de la saison se déroulait le 13 février à Bailleul: les 10 km du Ravensberg. Pour ceux qui, comme moi, attendent la dernière minute pour s'inscrire, c 'est à la salle Dumez que ça se passe.
J'arrive une bonne heure avant la clôture des inscriptions et il y a déjà pas mal de monde. Le Ravensberg est une des courses les plus courues de la région et on attend plus de 1 500 participants cette année.
Le lot pour chaque inscrit consiste ici en un joli coupe-vent, ça change des t-shirts ( ou t-shorts comme on dit ici). Déjà on s'échauffe sur le stade, et on sert du café pour réchauffer les concurrents.
Un aller-retour à ma tuture pour m'équiper et je gagne la ligne de départ rue de Ypres, où la foule des coureurs est déjà bien compacte. Y'a du monde! A tel point que je mets près d'une minute à passer la ligne une fois le départ donné.
Il me faudra deux bons kilomètres avant de pouvoir courir à mon aise tant la foule est dense. Pas moyen de faire moins de 4'35 au kilomètre. On zigzague, on double par les bas-côtés, on profite de la moindre ouverture pour tenter de progresser, manquant au passage de percuter des spectateurs ou de glisser dans les fossés.
Dans Ravensberg il y a le mot " berg" qui veut dire "mont". Bailleul est à deux pas des Monts des Flandres, et la campagne environnante est tout sauf plate. Après le faux-plat descendant des deux premiers kilomètres, ça n'arrête plus de monter et de descendre! La course devient stratégique: il s'agit de ne pas perdre dans les descentes ce qu'on a gagné dans les montées (ou inversement). A partir du 4è kilomètre je joue à l'élastique avec un type; je le dépasse dans les montées, il me rejoint dans les descentes. A l'approche de la dernière difficulté du parcours (la plus difficile à cause du pourcentage, mais surtout par l'accumulation des précédentes montées) je crois qu'il va finir par me distancer, mais il semble lui aussi accuser quelque peu la fatigue. Je le lâche juste avant le dernier kilomètre. Mais alors que la ligne d'arrivée se profile à l'horizon, le voilà qui me dépasse à toute allure! bon, au moins je n'aurais pas fini loin de lui!
Mon chrono affiche 46' 46'' lorsque je franchis la ligne ( le chrono officiel me donne plus de 47 minutes), un temps dont je peux être fier vu la difficulté du parcours.
La petite soupe maison proposée à l'arrivée réchauffe la carcasse, mais ça manque de buvette, et surtout de copains pour se boire une petite bière!
Un coup d'oeil au classement me confirmera que l'épreuve a battu tous les records de participation: plus de 1 700 arrivants ( je suis 597è).
Au passage, je prends un coup de vieux: mon anniversaire n 'est qu'au mois de mai, mais comme je suis né en 71 je fais désormais partie des vétérans!

Après l'ouverture de la saison de courses à pied dans les Flandres, j'ai participé à celle du Valenciennois.
Le 20 février c'était la Course de Brennus à Sebourg. Deux courses en une: un 5 km et un 10 km.
Arrivé bien en avance, j'ai eu largement le temps de m'inscrire et de m'échauffer avant l'arrivée de Chti Vincent et de Chti Grincheux, ce dernier habitant dans le coin.
J'avais vu sur internet que le départ était à 9h30. Une fois sur place, il apparaît que c 'est plutôt 10h, mais en fait c'est le 5 km qui part à cette heure-là, nous nous préparons donc à partir à 10h30. On va se retrouver à passer deux fois plus de temps à s'échauffer qu'à courir! enfin, au moins on ne risque pas le claquage!
A 10h25 le coup de feu du starter surprend tout le monde, du coup je cafouille avec mon chrono, je n'aurai pas mon temps exact. Tant pis, on court.
Les premiers hectomètres sont composés d'une longue descente, à l'occasion de laquelle je tente de remonter le peloton compact. Comme la course de la semaine dernière, celle-ci est très fréquentée, et on se marche un peu sur les pieds. Ca monte et ça descend assez régulièrement, et vers le 3è km nous nous retrouvons dans des chemins boueux traversant les champs. Ca embaume la campagne, d'autant qu'on longe des tas de fumiers et des élevages de poulets. A part ça le paysage est quand même très plaisant, c 'est assez vallonné et boisé dans le coin.
Même sans chrono, je me rends compte que j'avance plutôt bien, un peu moins de 5 minutes au kilomètre, même après la mi-course.
Mais c 'est à ce moment que les vraies difficultés commencent: tout d'abord une belle côte vers le 6è km puis une autre juste avant l'arrivée, très raide et assez longue.
Il ne pleut pas vraiment, mais le crachin finit par imbiber mon dossard et je manque de le perdre, je termine la course en tenant dans ma main une masse informe de papier brun.
La ligne d'arrivée en ligne de mire je résiste aux derniers concurrents essayant de me dépasser et je dois terminer dans les 45' 37 selon le chrono officiel, soit mon temps intermédiaire à Ploegsteert en novembre dernier.
Une fois la ligne franchie on retrouve l'organisation hasardeuse de la course: on nous fait longuement patienter entre les barrières avant de prendre nos dossards (ou ce qu'il en reste).
Heureusement le ravito final vaut le coup: une bonne omelette nous attend à la salle polyvalente!
Mais je ne peux pas m'attarder, je retrouve Chti Vincent et Chti Grincheux pour rallier la maison de ce dernier où un plantureux repas bien arrosé nous attend.

samedi 9 avril 2011

Sucker Punch - Zack Snyder


J'entretiens une relation plutôt paradoxale avec le cinéma de Zack Snyder.
D'un côté il fait des films plutôt divertissants et bien fichus, mais d'un autre côté je ne n'aime pas trop certains de ses tics de réalisation ( ces ralentis quasi-systématiques par exemple), et il faut aussi avouer que sur Watchmen ses choix musicaux étaient pour le moins étranges (sans parler de la sous-intrigue sur l'épouse de Léonidas dans 300, absente de la bd originale et totalement inutile ).
Pour la première fois de sa carrière, donc, Snyder met en scène un projet personnel. Ni un remake, ni une adaptation de bd, mais un truc qu'il a écrit lui-même. Le moment est donc venu de juger de ce que le bonhomme a dans le ventre!
Dès l'introduction, une évidence se fait jour: Zack Snyder est un véritable cinéaste. En un peu plus de 5 minutes il parvient, lors d'une séquence sans aucun dialogue, à transmettre tant d'émotion que le doute n 'est plus permis.
Une fois le film lancé, une autre évidence apparaît: Zackinou a des choses à dire!
Bien sûr, tout cela est enrobé dans du joli papier et fleure bon le sucre et l'acidulé (voire le racolage) au premier abord, mais cette histoire de jeune fille incarcérée par un beau-père qui veut la faire lobotomiser et qui cherche dans son imaginaire les clés de sa liberté est bien plus complexe qu'elle n'en a l'air, et ceux qui hurlent au foutage de gueule lors du twist (mais en est-ce vraiment un?) final, ont oublié nombre d'indices disséminés en cours de route par le réalisateur.
Car Sucker Punch n 'est pas qu'un rêve éveillé de geek, c 'est un grand film initiatique et épique sur la culpabilité et le sacrifice, servi par des images somptueuses, des scènes de bataille proprement dantesques, et des acteurs collant à leurs personnages multiples.
Le genre de film pour lequel le qualificatif "culte " a été inventé, d'autant qu'il ne marche pas si bien que ça aux States, le studio ayant invité Snyder à se concentrer plutôt sur son remake de Superman plutôt que de penser à de nouveaux projets personnels, du moins dans le court terme.
Reste à espérer que sa version des aventures de notre kryptonien préféré marche suffisamment bien pour qu'il puisse se consacrer ensuite à des films aussi personnels et réussis que Sucker Punch.

lundi 14 mars 2011

The Fall - Guillermo Del Toro/ Chuck Hogan



Deuxième volume de la trilogie vampirique de Guillermo Del Toro.
The Fall (La Chute) : le titre annonce la couleur, c 'est bien à la fin du monde que l'on assiste ici.
L'éclipse décrite dans le premier volume aura été le signal que le monstre ayant pris l'enveloppe charnelle de Josef Sardu attendait, et ses sbires de par le monde mettent en branle un plan mûrement réfléchi. L'une après l'autre, les nations du monde succombent à une véritable peste vampirique. Après avoir échoué à anéantir le vampire dans le premier volume, nos héros n'ont plus qu'un seul espoir: acquérir, lors d'une vente aux enchères se déroulant en pleine apocalypse, un livre extrêmement rare et coûteux contenant des information vitales sur le Maître, dont son véritable nom. Dans cette quête ils trouveront des alliés inattendus.
Que dire de ce chapitre central qui n'ait pas déjà été dit sur la première partie? La relecture par Del Toro du mythe du vampire est toujours aussi passionnante, faisant de nombreux emprunts à son premier film, Cronos (déjà une histoire de vampires) mais aussi à Blade 2 (les commandos de vampire opposés à pire qu'eux, les vampires organisés en une société très hiérarchisée ancienne et secrète), le style est toujours aussi fluide, les personnages gagnent encore en épaisseur, l'intrigue est toujours aussi ramassée ( l'action doit se dérouler sur deux ou trois jours), si bien qu'on est surpris, et surtout déçu, d'arriver si vite à la fin.
...
Bon, ça vient cette suite?

dimanche 27 février 2011

Off Courses!


Que faire pour s'occuper en hiver, alors que la saison de course à pied est au point mort? et surtout comment éliminer les calories et toxines diverses accumulées pendant les fêtes? participer à des courses "off" pardi! Comme leur nom l'indique, ces courses n'ont rien d'officiel, et sont organisées bénévolement par des passionnés. Pas de dossard, pas de chrono officiel, et bien évidemment il ne faut pas s'attendre à trouver des ravitaillements tous les 5 km, ni à ce que la route soit bloquée, mais l'ambiance est des plus conviviales et c 'est finalement tout ce qui compte.
Première étape, le Pavé du Fort, à Capinghem, une commune coincée entre Auchan Englos et le Kinépolis. Trois boucles de 4 km dans les chemins de campagne (moins de risque de rencontrer des voitures, surtout un dimanche matin), dont un passage pavé d'environ un kilomètre. On s'arrête quand on veut, aux 4, 8 ou 12 km suivant sa motivation et ses moyens. Cette année l'organisateur a obtenu l'ouverture de la salle des fêtes, au moins on pourra attendre le départ au chaud. J'y retrouve la bande de joyeux drilles de Kikourou, Chti Grincheux, Chti Vincent et leurs petites familles, ainsi que Vivien, accompagné de son père, intronisé photographe officiel de la course (enfin, pour notre groupe du moins!). Nous sommes un peu plus d'une centaine à nous présenter sur la ligne (fictive) de départ, on me dit que c 'est le record de l'épreuve.
Après une minute de silence en hommage à un ami de l'organisateur décédé peu avant, le peloton s'élance à allure mesurée. On est loin des trains d'enfers imposés par les Kényans sur les courses officielles!
La première partie du parcours est en descente, ce qui nous permet de nous mettre tranquillement dans le bain, puis, un peu avant le premier kilomètre, arrive le secteur pavé. Il s'agit de ne pas se tordre les chevilles, et surtout de ne pas tomber. La foulée se fait prudente, et on court en regardant ses pieds. Au 2è km, on remonte. La pente n 'est pas très forte, mais assez longue, ce qui me permet de rattraper quelques concurrents. Trois boucles ainsi, donc.
J'en finis en 56mn 22, un peu plus de 12 km/h de moyenne, mon allure habituelle sur semi marathon, pas mal pour une course de reprise, surtout vu le parcours. Une fois que tout le monde est arrivé, on se précipite dans la salle des fêtes pour déguster la merveilleuse soupe préparée par les organisateurs.

Deuxième étape hivernale: La Crapahute, à Herlies, non loin de Sainghin en Weppes, une course empruntant les sentiers boueux entre les champs. Chti Grincheux, que je retrouve au départ dans son déguisement de Guerta et accompagné de sa moitié, m'avertit que certaines années le parcours est tellement gras que l'on risque d'y perdre ses chaussures! Mais cette année on a de la chance, il n'a pas trop plu les jours précédents.
Il y a là aussi plusieurs évènements en même temps: deux courses et deux randonnées de 4.5 et 11.2 km. L'inscription est payante, quoi que rien n'empêche de resquiller, et les bénéfices sont reversés à une association caritative. Cette année ce sont les clowns de l'espoir, une association visant à égayer le séjour des enfants à l'hôpital qui a été choisie.
Après une photo de groupe (nous ne sommes pas très nombreux non plus sur cette course), le peloton s'élance tranquillement. Le niveau n 'est pas très relevé, ce qui me permet de passer la première partie du parcours autour de la 5 ou 6è place. Après un kilomètre très roulant sur la route nous bifurquons sur des sentiers serpentant entre les champs de choux et de betteraves. C 'est assez "gadouilleux", mais finalement moins pénible qu'à la Course des Chicons, par exemple, j'ai vraiment de la chance! A partir de la mi-course nous dépassons les randonneurs partis une bonne demi-heure avant nous, il faut zigzaguer entre les trous d'eau, les ornières et les randonneurs, sans oublier les promeneurs du dimanche qui n'ont rien à voir avec la course, et sur les routes il faut faire attention aux voitures.
Le balisage étant plutôt aléatoire, malgré la bonne volonté des signaleurs bénévoles, je me trompe presque de chemin dans le dernier kilomètre, mais je finis tout de même en 53mn56s, soit à peu près sur la même allure qu'à Capinghem, et surtout 10è de la course! (je ne ferai jamais une meilleure place!).
A l'arrivée une bonne soupe bien chaude nous attend, mais la buvette toute proche nous propose d'autres breuvages pour nous remettre de nos émotions.

lundi 21 février 2011

Ma semaine au ciné

Il m'arrive parfois de rester plusieurs semaines sans aller au cinéma. Forcément, au bout d'un moment l'envie me démange, et suivant un phénomène de compensation il m'arrive donc aussi d'aller me payer une toile plusieurs fois dans la même semaine (et parfois même plusieurs fois dans la même journée).

Lundi dernier, mon seul jour de congé dans la semaine, et donc le seul jour (à part le dimanche) où je peux aller à la séance de 11h (c 'est moins cher). Direction mon cinéma fétiche: le Majestic. Darren Aronofski fait partie des réalisateurs que j'apprécie, même si je n'aime pas forcément tous ses films au moins sont-ils toujours intrigants. Black Swan, son dernier, était présenté par le réalisateur lui-même comme le petit frère de The Wrestler, son précédent film. Il en justifie la parenté par le fait que les personnages torturent leur corps au service de leur art ( oui, il considère le catch comme un art). C 'est à peu près le seul rapport que les deux films entretiennent, et pour ma part c 'est tant mieux, je n'avais pas beaucoup aimé The Wrestler, même s'il me faut reconnaître que Mickey Rourke y livrait une performance digne des oscars. Malgré un parti-pris artistique semblable ( les deux films sont filmés caméra à l'épaule), l'atmosphère de Black Swan est très manipulatrice et onirique, là où celle de The Wrestler était très réaliste et brute de décoffrage. Du coup on se retrouve souvent dans des ambiances fantastiques, proches du Brian de Palma de Carrie ou des délires de la chair à la David Cronenberg. Entre chronique très réaliste de la vie d'un corps de ballet et scènes hallucinatoires, on plonge dans la folie paranoïaque du personnage de Nathalie Portman, aussi incapable qu'elle de différencier fantasmes et réalité. Les acteurs sont au diapason: entre une Barbara Hershey botoxée incarnant une mère castratrice, limite sorcière, un Vincent Cassel pour une fois d'une sobriété exemplaire et surtout une Nathalie Portman consciente de tenir là le rôle de sa vie, on ne décèle aucune fausse note dans la distribution..
C 'est ce qu'on appelle du grand cinéma.


Jeudi soir, l'UGC organise une avant-première de True Grit, le dernier film des frères Coen, deux autres réalisateurs que j'aime beaucoup.
Il s'agit en fait du remake d'un des derniers classiques de John Wayne, connu chez nous sous le titre de 100 Dollars pour un Sheriff, dans lequel un marshal en fin de parcours, la gâchette facile, la mine renfrognée et un goût certain pour la dive bouteille, se retrouvait embauché par une jeune fille de 14 ans afin de traquer l'assassin de son père.
Après avoir approché le genre avec No Country For Old Men, les frangins s'attaquent donc cette fois de front au western.
Jeff Bridges reprend ici le rôle du Duke, et le moins que l'on puisse dire c 'est qu'il colle parfaitement au personnage: le visage buriné derrière sa barbe grisonnante, une diction que l'abus de whisky a rendu plus proche du borborygme que de la parole et surtout une hygiène rappelant celle de Jeffrey Lebowski, un de ses plus grands rôles, déjà sous la direction des Coen Brothers.
A ses côtés une fillette au caractère bien trempé (personne ne résiste à ses talents de marchandeuse), et un Texas Ranger incarné par un Matt Damon méconnaissable derrière sa moustache. Face à eux Josh Brolin, déjà présent dans No Country For Old Men, campe un assassin légèrement crétin, et donc immédiatement attachant.
Les morceaux de bravoure de l'original répondent bien entendu à l'appel, même si l'atmosphère générale se veut un peu plus crasseuse, plus authentique, plus "gritty" quoi, à l'image des westerns réalisés par Clint Eastwood.
Comme dans No Country For Old Men, les frères Coen aiment suivre leurs personnage jusqu'au bout de leur parcours, au risque parfois de donner l'impression que la dernière scène est un peu superflue. Mais l'ensemble est si prenant, touchant et drôle que je leur pardonne volontiers.


J'ai loué récemment les mérites du Kino, la salle de cinéma de la fac de Lille 3, voici une occasion d'en remettre une couche: en effet, le Kino est le seul cinéma de la métropole lilloise à proposer Scott Pilgrim en V.O! J'en ai donc profité vendredi après-midi pour aller faire ma carte d'abonnement (depuis le temps que je devais la faire!).
Puisqu'on parle ici de réalisateurs chers à mon coeur, je ne pouvais passer sous silence Edgar Wright, réalisateur culte de la nouvelle vague du cinéma anglais. Après les zombies de Shaun of the Dead et les flics de choc de Hot Fuzz, Edgar Wright s'attaque à la comédie d'action pour ados.
Scott Pilgrim est au départ un comic book au style visuel très proche du manga. Le héros éponyme, bassiste dans un garage band, rencontre un jour la fille de ses rêves ( littéralement: elle hante ses rêves avant même qu'il ne la rencontre en vrai), mais se rend vite compte que pour continuer à la fréquenter il devra triompher de ses 7 ex maléfiques, qui ont formé une ligue afin de pourrir la vie amoureuse de la belle.
Avec un pitch aussi délirant on s'attend bien sûr à ce que le film ne ressemble à rien de connu, et Scott Pilgrim tient toutes ses promesses.
Le relookage du logo Universal et le remix du générique du studio façon musique de jeux d'arcade des années 80 annonce la couleur: on est bien dans un univers de jeu vidéo. Chaque personnage est présenté par une petite fiche indiquant les choses à savoir, des ados en apparence normaux se transforment soudain en combattants doués de capacités inouïes, on peut acquérir des capacités spéciales à force de se battre, on sort des sabres de nulle part, les méchants se transforment en petits tas de pièces une fois vaincus et on peut même avoir des vies supplémentaires!
Le scénario ne brille bien entendu pas par son originalité ni sa complexité, mais c 'est que l'intérêt est ailleurs, dans les scènes de combat notamment, qui renvoient les différentes tentatives d'adaptation de jeux vidéos à leurs chères études.
C 'est crétin, mais c 'est fait exprès, et Dieu que c 'est bon!

vendredi 11 février 2011

Le Fléau: 4è partie.


En attendant une adaptation ciné qui vient d'être annoncée (je me demande d'ailleurs comment ils vont faire? 3 films de 4h à la façon du Seigneur des Anneaux?), l'adaptation du roman fleuve du King se poursuit. On commence enfin à entrer dans le vif du sujet, la preuve, certains personnages finissent par se croiser!
Frannie et son encombrant admirateur croisent la route de Stu Redman, et comme ce dernier l'a dit "mettez trois personnes ensemble, et c 'est le début d'une société" évidemment des tensions apparaissent, d'autant qu'Harold Lauder est un sacré cinglé!
Pendant ce temps Nick Andros se sort enfin des délires occasionnés par l'infection de sa blessure à la jambe, et Randall Flagg se révèle enfin face à un mortel.
(ça en fait des "enfin" tout ça!)
Le dessinateur, que je trouvais plutôt timoré jusqu'ici, semble enfin prendre ses aises, et son graphisme soigné peut enfin prendre toute son ampleur dans des compositions de page de plus en plus audacieuses.
Bon sang, c 'est quand la suite? (et j'ai lu le bouquin plusieurs fois!)

mercredi 2 février 2011

Courses d'Hiver


L'année dernière, pour ma première saison de course, je m'étais arrêté au mois de novembre, avec le semi marathon de Ploegsteert, guère motivé par la météo de plus en plus fraîche et surtout pluvieuse à mesure que l'hiver progressait. Cette année par contre, m'étant fait quelques copains via le forum de Kikourou, je me suis laissé entraîné dans des courses se déroulant dans des conditions qui m'auraient autrefois fait garder la couette.
Si lors des Boucles Tourquennoises et de la Course du Chicon la météo était comparable avec ce que j'avais connu l'année précédente, il en alla tout autrement lors du semi de Ploegsteert: une température glaciale, un vent à décorner les boeufs et surtout de la pluie! j'ai horreur de courir sous la pluie! c 'est là qu'on voit l'importance des potes, sans eux je ne me serais jamais aligné à l'édition 2010 de cette épreuve! La première partie du parcours se passe pourtant plutôt bien, puisque nous avons plus ou moins le vent dans le dos. J'ai ainsi parcouru 13 km à l'heure de course! (comme l'année d'avant!) par contre c 'est sur la fin que ça se complique: les six derniers kilomètres reprennent les six premiers, mais dans l'autre sens. A ma grande surprise, je réalise un chrono plus qu'honorable, avec 1h39mn42s!
Sur ma lancée je me suis inscrit aux Foulées Hellemmoises et à la Course du Téléthon de Wavrin, deux courses de 10 km. Il fait de plus en plus froid, le départ à Wavrin est même donné alors qu'une fine couche de givre recouvre la campagne, mais au moins il ne pleut pas et il n'y a pas de vent! Je me sens plus en forme que l'année précédente, mais bizarrement je n'arrive pas à battre le chrono réalisé lors de mon premier dix kilomètre. Pas grave, j'aurais au moins serré la pince à Jean-Marie Leblanc, parrain de l'édition 2010 des 10 km de Wavrin.
Ma dernière course de l'année 2010 sera la Course de Noël des Moulins à Steenvoorde, au pied du Mont des Cats, une course plus pour s'amuser que pour réaliser un chrono. Heureusement, parce que vu les conditions météo cela aurait été bien difficile. L'atout majeur de cette course est que l'on peut trouver de la bière, la Fromulus produite localement, aux ravitaillements. Gros gourmand que je suis, je me suis inscrit au semi marathon (il y a plus de ravitos!), tandis que les copains se contentaient du 10 km, mais la neige recouvrant le paysage, et continuant de tomber, les organisateurs ont été contraints, comme l'année dernière me dit-on, de raccourcir le semi qui du coup ne fait plus que 17km (ça fait au moins un ravito en moins, ça! bande de radins!). Encore une fois c 'est heureux, car on se les gèle! Mais les organisateurs ont tout prévu pour que l'on passe malgré tout un bon moment, et les animations ne manquent pas tout au long du parcours, la plus mémorable étant sans aucun doute le ravitaillement de Terdeghem, où l'on nous invite à danser le madison une bière à la main! "Le ravito de Terdeghem: le ravito que j'aime!".
Une fois la ligne d'arrivée franchie la fête continue dans la salle des sports, où l'on récompense les meilleurs déguisements, une cérémonie de remise des prix qui éclipse même les récompenses officielles, je ne saurai jamais qui a gagné!

dimanche 30 janvier 2011

Tron : Legacy de Joseph Kisinski



Un bout de temps que je n'étais allé à une avant-première.
C 'est peu de chose de dire que Tron, premier du nom , occupe une place à part dans mon coeur.
1982: je découvrais le cinéma.
Rocky III s'étalait sur toutes les devantures, couvertures et dans toutes les émissions spécialisées, E.T allait achever de couronner un nouveau maître du cinéma, Blade Runner confirmait le talent de Ridley Scott et Dark Crystal nous faisait découvrir un monde dont personne ( à part Jim Henson) n'aurait même pas osé rêver.
1982 donc. Dans les bandes annonces diffusées sur Temps X et Récré A2 Tron occupait une place de choix, celle réservée aux oeuvres visionnaires.
De mon côté je tannais mes parents pour qu'ils m'offrent un livre animé de 50 francs résumant l'intrigue du film.
Avec un film tourné en noir et blanc puis colorisé, avec des effets spéciaux jusqu'alors jamais vus, avec une histoire faisant la part belle aux programmes se battant pour leurs utilisateurs, Tron allait révolutionner la science fiction, mais les effets ne s'en feraient pas sentir avant une bonne quinzaine d'années.
En bon visionnaire, Steven Lisberger était en avance sur son temps, trop peut être.
La reconnaissance ne vint que lorsque Matrix réalisa le carton que l'on sait, et encore, ce ne fut qu'à demi-mots que les responsables du gros studio derrière les frères Wachovski reconnurent leur glorieux aîné comme source principale d'inspiration.
Il semblait donc inévitable qu'une suite soit mise en chantier pour mettre les choses au point.
Las, il aurait sans doute mieux valu pour Tron de rester à l'état de précurseur légendaire.
Depuis que son aîné avait défriché les terres vierges de la réalité virtuelle et de l'intelligence artificielle, Matrix était passé par là, et la révolution visuelle qui s'en est suivi n'a pas épargné les responsables à l'oeuvre derrière Tron: Legacy.
L'intrigue se déroule logiquement 30 ans après le premier film ( évidemment, 30 ans se sont effectivement passés), et si les designs ont été remis au goût du jour, les pérégrination du personnage perdu dans la Grille ( à défaut de Matrice), la nature de leur quête ne change guère et les décors restent très familiers au fan de la première heure, ce qui nous permet de nous poser une question: à qui s'adresse ce film?
Aux nostalgiques des années 80, comme votre serviteur? dans ce cas, le contrat est rempli sur toute la ligne: les designs, s'ils ont été modernisés, sont très fidèles à l'original, et on a grand plaisir à retrouver Jeff Bridges et Bruce Boxleitner qui n'ont finalement pas trop vieilli en 30 ans.
Aux jeunes de maintenant? ils risquent d'être déçus. Certes, la 3D a le don de rameuter le chaland , mais devant l'overdose récente ce n 'est plus un argument déterminant.
S'il fallait compter sur le scénario pour attirer du monde ce serait peine perdue. L'histoire n 'est guère originale, et le film est au final plus un remake qu'une suite.
Cependant Tron: Legacy est un spectacle tout à fait agréable, surtout si l'on est fan du premier film comme moi, mais était-il vraiment utile de réaliser une suite 30 ans après?

mercredi 19 janvier 2011

Le Kino: le ciné qui n'en a!


Il y a des moments où je me rends compte que j'ai quand même de la chance d'habiter Lille. Même si c 'est la plus grande ville de la région elle conserve des proportions humaines; elle a tout d'une grande ( musées, librairies, fnac, multiplexe...) et en même temps on est vite à la campagne , et la mer n 'est qu'à une heure de voiture ( bon, ok, c 'est la Mer du Nord, mais quand même).
Pour les amateurs de cinéma la métropole lilloise offre en outre l'avantage de compter plusieurs salles dites " art et essai" qui programment donc des films en V.O, dont certains ne sont programmés que dans une poignée de salles dans l'hexagone.
Le Kino se trouve à Villeneuve D'Ascq, dans le hall de la fac de Lille 3, là où j'ai fait mes études, c 'est donc une vieille connaissance. C 'est là que j'ai vu mes premiers Tsui Hark, mes premiers John Woo, le premier Tarantino, Impitoyable, Fight Club ou Princesse Mononoke.
Lorsque j'y suis entré pour la première fois, il y a plus de vingt ans ( ça ne nous rajeunit pas tout ça), le lieu cachait mal sa vocation première d'amphithéâtre d'université, seule la toile blanche au fond de la salle et la fenêtre percée dans le mur derrière les pupitres indiquaient qu'on y passait des films de temps en temps. Mon premier contact avec la fac se déroula d'ailleurs dans cet amphi ( l'amphi 7 comme on le nommait à l'époque) où était donné le discours de bienvenue du président de la fac.
Après quelques années, cependant, il fut décidé d'effectuer des travaux: exit les pupitres en bois verni, remplacés par de vrais fauteuils de cinéma, même si on manque toujours de place pour allonger les jambes, et surtout on installa une sono digne de ce nom, afin que les oeuvres projetées prennent enfin toute leur mesure.
La gestion de la salle est assurée par des étudiants bénévoles ( nul besoin d'être étudiant en cinéma) qui se chargent aussi des projections.
Il convient d'ajouter que les tarifs défient toute concurrence, et si vous trouvez encore que c 'est trop cher, vous pouvez vous abonner.
Régulièrement on y organise des soirées thématiques, c 'est d'ailleurs à l'occasion de l'une d'elles que j'ai pu découvrir l'année dernière le délirant Black Dynamite, vibrant hommage aux bandes les plus folles de la Blaxploitation, et surtout Amer, chef d'oeuvre de cinéma sensitif et sensuel (et sans utiliser de 3D s'il vous plait), deux films qui ont connu une distribution plus que symbolique sur le territoire français.
Le Kino est une salle de spectacle multi-fonctions pouvant aussi accueillir des concerts ou des représentations théâtrales. Nul besoin non plus d'être étudiant pour y accéder, elle est ouverte à tous, et des associations extérieures à la fac peuvent y organiser leurs manifestations, comme cette association de jeunes cinéphiles Villeneuvois qui nous a proposé samedi dernier une soirée "Back To Badass" avec Black Dynamite (encore, mais quand on aime on ne compte pas!) et Machete, le dernier film de Robert Rodriguez, régalant un auditoire très contrasté, entre vieux bobos et jeunes contestataires.
C 'est ça aussi la magie du cinéma.

mardi 4 janvier 2011

Skyline - Les Frères Strause


Décidément, à chaque fois que je vais voir un film à L'UGC de Villeneuve D'Ascq c 'est une grosse daube!
Après 2012 et Freddy je suis donc allé voir, pour mon premier film de 2011, Skyline, des frères Strause (aucun rapport avec l'auteur du Beau Danube Bleu!).
Pourtant j'aurais dû me douter de quelque chose: malgré les affiches omniprésentes dans mon quartier ( et beaucoup moins ailleurs, on se demande bien pourquoi), aucun buzz sur internet, aucune bande annonce dans les cinémas que je fréquente habituellement et aucun passage télé.
Ensuite, lorsqu'on voit en tête d'affiche quelqu'un comme Eric Balfour ( second rôle très secondaire sur la série 24h Chrono), il faut quand même se dire qu'il n'y a pas beaucoup de moyens. Mais que diable, il est tout de même possible de faire des films très fréquentables avec peu d'argent! les récents District 9 , Machete ou même Black Dynamite l'ont prouvé!
Le problème c 'est qu'ici le projet n 'est pas initié par un passionné, mais par un gros tâcheron, j'ai nommé la cible favorite des cinéphiles: Brett Ratner!
Brett Ratner est un petit malin, mais les spectateurs ont fini par en avoir marre de voir son nom partout. Parvenu ( dans tous les sens du terme), à une certaine forme de gloire avec ses trois Rush Hour, il a ensuite trainé son absence de talent sur les franchises les plus populaires d'Hollywood: Dragon Rouge (remaker du Michael Mann, fallait oser!) et X-Men 3! A une époque on parlait même de lui pour un nouveau Conan!
Je pensais qu'il avait disparu de la circulation, mais il semble s'être reconverti en producteur, ce qui est sans doute plus gratifiant financièrement et moins fatiguant.
Dernière production en date, donc, ce Skyline qui bouffe absolument à tous les râteliers de l'invasion Alien au cinéma: ça commence plus ou moins comme du Cloverfield ( sans la caméra subjective) et du Independence Day (qui avait déjà bien pompé sur la série V), ça se poursuit en pompant allégrement sur War of the Worlds et Matrix pour se terminer carrément en sous produit de District 9.
L'ennui c 'est qu'à force de pomper partout on en oublie d'écrire des trucs soi-même, dont les dialogues, qui ont l'air d'avoir été improvisés sur le plateau.
Y a pas à dire, elle commence super bien cette année!

lundi 13 décembre 2010

Dexter Number Five!



La saison 5 de Dexter vient de s'achever aux USA, le cinquième tome des aventures de notre serial killer préféré est quant à lui sorti en librairie il y a quelques mois, le moment est donc venu de faire le point de la situation.
Autant vous prévenir tout de suite, je risque de "spoiler" légèrement.
Je l'ai déjà dit, les deux versions de Dexter ont de moins en moins de rapport entre elles. Aussi dans les livres le personnage n'a pas vraiment évolué depuis ses débuts. Il est toujours aussi déconnecté des émotions qui font qu'un être humain est un être humain, mais un évènement risque de bouleverser son petit monde: la naissance de son premier enfant (de ce côté , la série avait anticipé d'une saison). Une petite fille qui éveille en lui des sentiments qu'il pensait ne jamais connaître. Dexter deviendra-t-il un "papa gâteau"? Le moment serait pourtant très mal choisi, puisqu''il a fort à faire avec une secte de cannibales, ou de vampires, ce n 'est pas très net au début ( mais ça le devient ensuite, rassurez-vous!). Enfin, un invité surprise fait son grand retour, un personnage mort dans la première saison télé, mais bien vivant ici.
Sur le petit écran par contre, Dexter est de plus en plus humain, mais la dernière scène de la saison 4 menaçait de le faire régresser au stade animal le plus brutal qui soit. Cependant, il trouve vite des raisons de s'accrocher à son humanité naissante; d'une part les enfants dont il est responsable (et en premier chef son fils, Harrison), mais aussi une jeune femme qui fait irruption dans sa vie et pourrait s'avérer être sa véritable âme soeur.
L'ennui, c 'est que les scénaristes laissent complétement tomber une sous-intrigue de la saison précédente dans laquelle Debra, la soeur adoptive de Dex, était sur le point de découvrir sa véritable nature. Le côté soupçonneux est reporté sur un autre personnage, mais perd ainsi en force émotionnelle. De plus, les moyens par lesquels Dexter parvient à cacher ses activités récréatives à sa soeur sont de plus en plus ridicules. Je comprends que quand il s'agit de sa famille on soit un peu aveugle, mais il y a des limites.
Jeff Lindsay avait rapidement évacué ce problème en mettant Debra au courant assez rapidement dans les romans, ce qui pose d'autres problèmes, bien entendu..
La 5è saison n 'est cependant pas dépourvue d'intérêt. Le nouveau méchant, une espèce de gourou New Age invitant ses disciples à se saisir de ce qui leur revient de droit, est très intéressant (Jonny Lee Miller, le Sick Boy de Trainspotting, qui a perdu son accent écossais en traversant l'Atlantique) et on a droit à la participation classieuse de Peter Weller, Robocop en personne, dont la voix grave et les yeux bleu acier font merveille dans le rôle d'un flic ripou. Enfin, la jolie Julia Stiles est très crédible en alter ego féminin de Dexter.
Le bruit avait couru que la 5è saison serait la dernière. C 'est ce que tout le monde a cru après le dernier plan de la saison 4, et surtout après l'annonce du cancer dont souffre Michael C Hall, mais selon les lois du marché, aussi longtemps que le public voudra du Dexter (et aussi longtemps que Michael C Hall tiendra debout), il en aura.
Faudrait juste faire un peu plus gaffe à l'avenir messieurs les scénaristes!

mardi 7 décembre 2010

Punisher: FrankenCastle

On le sentait venir depuis les derniers épisodes des Marvel Zombies: les créatures surnaturelles de l'univers Marvel sont de retour sur le devant de la scène. Morbius le Vampire, La Momie, le Loup Garou et consorts ont même formé une équipe: la Légion des Monstres.
Ce que j'avais moins vu venir par contre, voire pas du tout, c 'est le sort réservé au Punisher.
S'étant mis en tête de supprimer Norman Osborn, devenu la personnalités la plus puissante du monde Marvel, Frank Castiglione, alias Frank Castle, alias le Punisher, s 'est vite retrouvé avec toute une tripotée de surhommes aux trousses. Ce qui devait arriver arriva: il a fini par tomber sous les coups (et les griffes) de Daken, fils psychopathe du déjà bien fêlé Wolverine. Littéralement coupé en rondelles, son corps a été jeté du haut d'un immeuble dans une ruelle insalubre.
Même si les héros Marvel ont l'habitude de revenir d'entre les morts, il fallait bien avouer que pour le Punisher cela risquait d'être difficile.
C'était bien mal connaître la Maison des Idées, qui a confié au scénariste Rick Remender le soin de ramener Frank Castle à la vie. Enfin, façon de parler!
Récupérés par la communauté des monstres vivant dans les tunnels désertés il y a des lustres par les Morlocks, les morceaux du Punisher vont ainsi être réassemblés, avec quelques petits aménagements par-ci par-là pour donner naissance à FrankenCastle: un mix entre Frank Castle et le monstre de Frankenstein!
On s'en doute, revenir ainsi à la vie ne sera pas vraiment du goût de Franky, qui espérait avoir trouvé le repos et pensait enfin pouvoir rejoindre sa famille dans l'au-delà. Alors si en plus on le ramène en version raccommodée à la va-vite et le cerveau à moitié en bouillie (il lui faut prendre des médicaments régulièrement sinon il ne peut pas aligner deux mots) il y a de quoi être furieux.
Tout d'abord bien remonté contre ses sauveurs, l'ex-punisher prend cependant finalement fait et cause pour eux. Ils sont en effet la cible d'une organisation fanatique qui a pour but d'exterminer tout ce qui ne ressemble pas à un humain "normal".
Evidemment, la suite est sanglante et brutale, le corps rafistolé du nouveau punisher, virtuellement indestructible, lui permettant par ailleurs d'encaisser des blessures qui auraient tué cent fois même un super héros ordinaire.
Le dessin de Tony Moore, quant à lui, restitue parfaitement le mélange de violence, de gore et de comédie cartoonesque de la nouvelle série.
Une bonne partie des fans a bien entendu hurlé à la trahison, mais c 'est oublier que leur héros a déjà connu bien des avatars, dont déjà une incarnation surnaturelle à l'époque des Marvel Knights il y a une quinzaine d'année, dans laquelle un Frank Castle (déjà) revenu d'entre les morts, combattait toutes sortes de démons armé d'une paire de fusils magiques.
On se doute cependant que cette nouvelle incarnation n 'est que temporaire, le justicier le plus brutal de l'univers Marvel ne devrait donc pas tarder à retrouver son aspect habituel.
En attendant, il n'y a aucune raison de bouder son plaisir, cette série est sans doute l'une des plus barrées du moment.

dimanche 5 décembre 2010

Les voies de Google sont impénétrables.

Cela faisait un moment que je ne m'étais pas penché sur la fréquentation du blog, et au vu des résultats, je devrais y jeter un oeil plus souvent, ça peut se révéler très instructif et il y a parfois matière à rigoler!
Bon, évidemment, il n'y a pas foule, mais ce ce n 'est pas grave. On atteint tout de même des pics de plus de 10 visites par jour!
Il apparait aussi que je suis lu sur toute la planète: après la France et la Belgique, c 'est du Canada, des States et de la Russie que me viennent le plus de visiteurs!
Histoires D'Oph' a perdu sa place de plus grand pourvoyeur de visiteurs, et passe désormais derrière les deux forums sportifs où je traine ( celui de tennis et celui de course à pied).
Mais ce qui me fait toujours marrer ce sont les recherches Google qui mènent au blog.
Si la plupart des visiteurs arrivent assez logiquement chez moi, par des recherches sur le ciné (même si on cherche "comment fabriquer des peluches Totoro ou Panda") ou sur la course à pied, d'autres me parviennent par des chemins détournés plus ou moins douteux.
J'ai ainsi reçu la visite éclair d'internautes à la recherche de "Cherisseurs de têtes " (si quelqu'un peut me dire ce que c 'est , il sera le bienvenu) ou de " Couvercle de chasse d'eau" (??!!)
Il semble également que les lieux où se déroulent les courses auxquelles je participe soient aussi connus pour des activités plus secrètes et pour tout dire carrément coquines; ainsi ai-je été très surpris de constater que nombre de visiteurs étaient intéressés par les "Lieux Sexy" des différentes forêts dans lesquelles j'ai couru, quand ils ne sont pas plus direct et sont en quête de "rapport sexuel à Lambersart".
Mais la plus grande surprise vient de la Russie. Je savais que mon pseudo était un patronyme assez courant du côté de l'Oural, mais il est toujours amusant de se voir confondre avec un autre, en l'occurrence un homme d'affaire ou un homme politique ( si ça se trouve c 'est les deux!), ce que semblent indiquer les recherches intitulées "Arkadin Actionnaire, Arkadin Concurrent, Arkadin Directeur Marketing, Arkadin Point Faible, Arkadin Rumeurs, Arkadin Russe Politique" ou encore " Arkafoux" (quoi que cela signifie).
Si jamais je disparais, c 'est que j'aurais été confondu avec un membre de la mafia ;)

samedi 4 décembre 2010

The Walking Dead




Ca devait arriver! après les séries sur les loup-garous et les vampires, voici maintenant la première série télé avec des zombies, des monstres décidément très populaires ces dernières années.
Et cette fois c 'est du lourd! il s'agit de l'adaptation télévisuelle du chef d'oeuvre de Robert Kirkman ( déjà évoqué ici à propos de ses Marvel Zombies, décidément, c 'est une obsession chez lui!) et c 'est co-produit par rien moins que Gale Ann Hurd (l'autre ex-femme de James Cameron, productrice des premiers Terminators, d'Aliens et de Abyss) et Frank Darabont, alias le meilleur adaptateur actuel de Stephen King ( Les Evadés, La Ligne Verte, Brume, rien que du très bon voire du pur génie!), il retrouve d'ailleurs sur cette série Laurie Holden (la Marita Kovarubias des X-Files), qui jouait dans Brume.
L'histoire est celle de Rick Grimes, policier blessé dans l'exercice de ses fonctions et qui se réveille à l'hôpital après un coma pour se retrouver en pleine apocalypse zombie.
Le comic book est rapidement devenu un best-seller outre Atlantique, ce n'était donc qu'une question de temps avant qu'une adaptation voie le jour. La grande force du comic-book ce sont ses personnages, tous très bien écrits, immédiatement attachants, ou du moins intéressants. Robert Kirkman a avoué que ce qui avait présidé à la création de cette série était sa frustration à la vision des films de zombies qui se terminaient, à son goût, toujours beaucoup trop tôt. Lui avait toujours envie de savoir ce qu'il se passait après le générique de fin. C 'est pourquoi sa série dure depuis maintenant plusieurs années, il n'a pas encore envie de se séparer de ses personnages, et les lecteurs non plus apparemment.
Il n 'est guère étonnant que ce soit une chaine de télévision qui se soit chargée de l'adaptation, même si la charge gore de chaque épisode avait de quoi refroidir les ardeurs des networks. C 'est donc sur le câble que cela se passe, et le résultat relève proprement du jamais vu sur un écran de télé.
C 'est dur, c 'est profond, c 'est sanglant (Hum! je me demande si cette dernière phrase n'aurait pas un sens caché ...)
De plus, comme Frank Darabont est très intelligent, il ne se contente pas de démarquer servilement le comic-book d'origine. S'il prend le même point de départ, il s'affranchit vite de la référence pour faire évoluer les personnages comme il l'entend, voire même en inventer de nouveaux. Le plaisir que l'on prend à la série est donc doublé, puisque même si l'on a lu la BD il est impossible de savoir comment évolueront les choses à la TV, un peu à la manière de ce qu'il se passe pour Dexter entre la série et les romans.
La série, en ce qui concerne son adaptation française, en est en ce moment à son 12è volume en bd ( chaque volume réunissant 5 épisodes), et la série télé à son 6 ou 7è épisode.
Enjoy!