vendredi 28 juin 2013

Under The Dome



"Hé, mais tu radotes mon vieux! tu nous a déjà parlé de ce bouquin!" vous écriez-vous soudain en proie à une légitime indignation à la lecture de l'intitulé de ce billet.
Sauf que je ne suis pas encore sénile, il s'agit ici de l'adaptation pour la télévision du pavé du King.
"Les adaptation de King à la télé on sait ce que ça donne: c 'est servile, sans originalité et fidèle à la virgule près au bouquin, maniaquerie de l'auteur oblige" me rétorquerez-vous d'une moue blasée  tout aussi légitime; l'homme du Maine est en effet connu pour être un vrai casse-pieds ( pour rester poli) quand il s'agit de porter ses "bébés" à l'écran, d'où une prolifération de mini-séries qui, si elles sont très fidèles à la lettre, en oublient l'esprit des histoires et leur âme propre au passage.
La nouveauté c 'est qu'il s'agit ici d'une série, et non plus d'une mini-série. Le livre, dès lors , n 'est plus qu'un point de départ, comme le fut le premier tome des aventures de Dexter Morgan par exemple.
Le maître de Bangor a lui-même avoué qu'il avait un peu expédié la fin de son histoire ( qui dépassait pourtant les mille pages), le récit s'achevant après un peu plus d'une semaine. Il aurait aimé exploiter les conséquences de la situation sur plusieurs mois, voire plusieurs années, mais pour le coup il a été pris d'une grosse flemme, ou plus vraisemblablement l'histoire a fini par le lasser, c 'est sans doute pour cette raison qu'il a accepté le principe d'une série tirée de son livre: il n 'y était pas si attaché que cela. Je doute en effet que les films et mini-séries prévus pour le cycle de La Tour Sombre échappent à son contrôle par exemple.

Aux manettes on retrouve un certain Brian K Vaughan, scénariste de bandes dessinées (un passage sur Spider Man, mais surtout Y The Last Man, oeuvre indépendante) et membre du pool des auteurs de la série Lost. Ce n 'est donc pas un hasard de le retrouver à la barre d'un tel projet, le postulat de départ étant  finalement assez proche de celui de la série de J J Abrams.
Prenant modèle sur The Walking Dead, Vaughan pioche donc dans le bouquin les éléments qui lui semblent les plus intéressants et en ajoute d'autres de son cru. Si le point de départ et les personnages sont, en gros, les mêmes, il introduit des protagonistes destinés à diversifier cette tranche de la société américaine et s'amuse à brouiller les pistes en modifiant quelque peu l'image que l'on pouvait avoir de certains habitants du Dôme.
Côté réalisation, le pilote a été confié à Niels Arden Oplev, spécialiste de l'exploration des plus sombres recoins de la psyché humaine puisqu'il a mis en scène le premier volume de la saga Millenium, une garantie de qualité donc.

Le premier épisode, diffusé il y a quelques jours aux 'Stasunis, tient toutes ses promesses: les personnages sont attachants, ou du moins intrigants, les quelques libertés prises avec le matériau d'origine semblent judicieuses, et les scènes choc des premières minutes sous le Dôme sont au rendez-vous, certaines gagnant même en ampleur ( pauvre vache!).

A suivre, donc!

dimanche 12 mai 2013

Sous le Signe de la PATATE!!!

Mon aventure Steenwerckoise de l'année dernière ayant été couronnée de succès j'avais décidé assez tôt de remettre le couvert et surtout de me préparer un peu mieux ( c 'est à dire de me préparer tout court). Steenwerck est ainsi devenu mon objectif principal de la saison. Une fois ce long hiver terminé, j'entrepris, afin que mes jambes emmagasinent un maximum de kilomètres, de m'aligner à tous les 6h possibles ; j'en fis finalement trois en un mois et demi : La Gorgue, où j'établis un nouveau record personnel, Buc, et Loos.
L'état dans lequel je finis ce dernier m'inquiéta quelque peu : en avais-je trop fait ? D'autant qu'entre temps j'avais aussi couru le semi de L'Alternative, le 10km de Quand Lomme Court, le semi de Roncq et La Nocturne Lille Métropole (le veille de Loos, ceci expliquant peut-être cela ).
Je m'imposai donc quelques semaines de repos, le temps que mon genou, toujours aussi rebelle, se calme un peu, tout juste m'autorisai-je quelques sorties en attendant la PPG rituelle made in Chtigrincheux, prélude indispensable aux 20km de Maroilles.

 Les spécialistes apprécieront (ou pas) le côté anarchique de la préparation. Il faudrait peut-être que je m'inscrive dans un club un de ces jours...

 A une semaine du départ j'étais impatient d'en découdre mais nourrissais une sourde appréhension : et si mon exploit de l'année dernière n'avait été qu'un immense coup de chance ? Et si mon genou (et pourquoi pas le deuxième, les deux m'ayant méchamment titillé à Loos) décidait soudain de se réveiller pour de bon, m'obligeant à l'abandon ? Étais-je vraiment fait pour ce genre de distance ? n 'en avais-je pas trop fait en enchaînant les 6 heures de la sorte ?

Bref, ça cogitait sec dans ma caboche ! D'autant que les prévisions météo n'étaient pas franchement réjouissantes : depuis une semaine on prévoyait de la pluie mercredi et jeudi. Je ne me voyais pas courir toute une nuit sous le déluge, mais à mesure que la date fatidique approchait les prévisions se faisaient plus optimistes.

Il était temps d'arrêter de se chercher de fausses excuses, je serais donc au départ de l'édition 2013 des 100 km de Steenwerck.

Des 100 kilomètres tout neufs, car le tracé a été retravaillé : au lieu des légendaires et redoutables 5 boucles, c 'est maintenant trois tours de circuit qui nous sont proposés, ou plutôt six, le parcours forme un huit dont le point de jonction est la salle de sport.
Pour avoir effectué un repérage en compagnie de Vivien j'étais quelque peu inquiet quant à certains passages où les coureurs risqueraient, au choix, de quitter malencontreusement le parcours ou de se tordre la cheville, ces derniers étant tout de même moins nombreux que sur l'ancien circuit.

Mercredi 8 mai, donc. Jour férié, grasse matinée... non justement! j'ai plutôt mal dormi et me réveille tôt sans pouvoir retrouver le sommeil. Ca commence bien ! En attendant l'heure du départ je comate plus ou moins devant la télé ou sur internet, je refais trois fois mon sac (que j'avais déjà fait, défait et refait de nombreuses fois les jours précédents)...
L'heure de me mettre en route pour Steenwerck approche, et juste au moment où je m'apprête à sortir c 'est le déluge ! Des trombes d'eau, des éclairs... un véritable gag à la Tex Avery! Trop tard pour me dégonfler, j'ai dit à tout le monde que j'y allais, donc c 'est parti mon kiki!

La pluie s'arrête de tomber assez vite et c 'est le soleil qui m'accueille à Steenwerck. Devant la salle de sport je retrouve Vivien et sa sœur, qui sera notre accompagnatrice à vélo sur les deux derniers tours, leur papa se chargeant du premier.

« J'ai une de ces PATATE !!! » hurle Vivien alors que je gagne la table des inscriptions. Ce ne sera pas la dernière fois, loin de là, puisqu'il répétera ce cri de guerre comme un mantra tout au long de la nuit, deux à trois fois par kilomètre, je vous laisse faire le calcul et imaginer ce qu'ont subi mes oreilles durant cette course !
Vivien et les 100km de Steenwerck c 'est avant tout une histoire d'amour, une relation symbiotique : il peut être complètement à la ramasse les jours précédant l'échéance, lorsqu'arrive le moment du départ il renaît de ses cendres, chaque pas semblant lui apporter un supplément d'énergie, et à une heure et demi du départ il est déjà remonté comme un coucou, un vrai pois sauteur.

Les concurrents arrivent en un flot continu, et nous avisons bientôt l'imposante carcasse de Fidji ('1m92, plus de 100kg, belle bête!), qui s'est décidé au dernier moment pour nous accompagner sur le premier tour (37km donc), mais avant tout, une petite bière, et pour ma part un sandwich-merguez.

L'heure du départ approche, nous regagnons nos véhicules respectifs afin de nous équiper et gagnons ensuite la ligne de départ. Cette fois je n'oublie pas de voter et nous nous laissons bientôt emporter par le flot humain et multicolore dans les rues du village pour une espèce de tour d'honneur. Vivien fait sensation avec son costume d'Emir du Qatar. Emportés par la liesse populaire et l'enthousiasme du peloton nous forçons un peu l'allure, mais Fidji, coaché par Chtigrincheux lors de son Steenwerck à lui, nous répète les sages paroles du Maître : « doucement les gars ! Sur un 100 bornes tu pars lentement, ensuite tu ralentis, tu ralentis encore, et là tu vas encore trop vite ». Pour ma part je m'imprègne de la lumière du soleil, de la douceur de l'air et des encouragements des spectateurs, je savoure ce moment tant attendu que redouté: cette fois ça y est, je suis parti pour mon deuxième 100 kilomètres !

Après une petite balade dans le village nous entamons la première boucle proprement dite et au pied du premier pont de TGV nous retrouvons le père de Vivien.

Premier pont, première pause, mais pour les conneries pas de répit ! Vivien tient à ce que chaque habitant de Steenwerck et des environs sache à quel point il a la patate et Fidji n 'est pas en reste, c'est juste qu'il ne fait pas dans le comique de répétition.

Il fait beau, le soleil brille, les canard volent dans l'air du soir, les cerf-volants poussent sur les lignes électriques...

Les premiers kilomètres en empruntent quelques uns au précédent parcours, mais dans l'autre sens, on peut encore distinguer les marques, curieusement plus visibles que celles de la présente édition; la crise à frappé là aussi, les organisateurs ont dû manquer de peinture.

Un peu avant le premier ravito Fidji, qui avait de plus en plus de mal à nous suivre ( il n'a pratiquement pas couru ces deux dernières années) nous enjoint à poursuivre à notre allure. Etant donné l'état dans lequel il était nous pensions qu'il allait abandonner à la fin de la première boucle, mais nous apprendrons à l'arrivée qu'il est allé au bout de ses 37km! Coriace le gaillard !

Le deuxième ravito est situé à Croix Du Bac, là où l'on pouvait croiser les autres concurrents l'année dernière et traverse la même salle des fêtes, mais le groupe de musiciens n 'est pas là cette année, encore un effet secondaire de cette maudite crise!. Quelques kilomètres plus loin c 'est la fin de la première boucle. 21Km au compteur, nous passons en mode course de nuit: coupe-vent et frontale, une opération, comme tous nos arrêts, méticuleusement chronométrée par Vivien.

Des deux boucles la deuxième est largement la plus plaisante, sans doute parcequ'elle ne doit rien à l'édition précédente et nous permet de découvrir des paysages inédits, le fait qu'il semble y avoir moins de lignes droites doit jouer également, le temps paraît ainsi moins long.

Un pont d'autoroute (la boucle 2 est celle des ponts d'autoroute, la première restant celle des ponts de TGV, chacun sa spécialité), un passage sur un sentier longeant l'autoroute, ravito à la gare, re-pont d'autoroute et retour vers Steenwerck.

Peu après le dernier ravito/contrôle nous sommes témoins d'un accident, heureusement sans gravité : un accompagnateur à vélo manquant de vigilance file tout droit dans le fossé ! Plus de peur que de mal, il a juste un peu mouillé ses chaussures, mais c 'est quand même impressionnant quand cela se produit sous vos yeux !

Premier tour de circuit couvert en 4h45, nous changeons d'accompagnateur, je mets un sweat shirt et c 'est reparti.

Alors que nous sommes encore dans le village je manque de quitter le parcours. Il faut dire que suivre des lignes jaunes-blanches ou bleu pâle en pleine nuit n 'est pas une tâche des plus aisées et qu'à cet endroit il n'y a pas de signaleur. Heureusement Vivien veille au grain et nous remet dans le droit chemin.

A mi-chemin du premier ravito je suis obligé de marcher quelques mètres. L'année dernière j'avais attendu la fin du 4è tour pour marcher, pas la forme ce soir, et ce mal de ventre n'arrange pas les choses. Je tiens jusqu'à Croix Du Bac où il y a de vraies toilettes mais sans succès. Je me traîne encore jusque Steenwerck, enfin c 'est surtout Vivien qui me traîne, et je peux enfin me soulager. Sans doute le sandwich merguez qui se rappelait à mon bon souvenir.
Quoi qu'il en soit je vais beaucoup mieux, mais je dois toujours faire des pauses « marche » régulièrement.
Nous sommes à mi-parcours et le retard accumulé ne nous permettra pas de tutoyer le record de Vivien établi l'année dernière ( moins de 13h!), il me reste encore l'espoir de terminer sous les 14h, même si Vivien tient avant tout à terminer sans se mettre la pression avec un quelconque objectif horaire, mais il ne faudra pas trainer.

Lors de la deuxième boucle, après avoir été rattrapés puis dépassés par la tête de course, nous jouons au yoyo avec un groupe arborant les couleurs du jogging club de Colembert, dans le Pas de Calais, nous restons même un moment en leur compagnie mais ils font de plus longues pauses « marche » que nous et nous finissons par les distancer.

3è et dernier tour. Les premières lueurs de l'aube apparaissent à l'est, nous évitons de justesse de marcher sur un couple de canards, Vivien tient toujours " une de ces PATATE!!!" et je suis de plus en plus épuisé, mais pas au point d'avoir des visions comme l'année dernière, d'ailleurs je ne ressens pas le besoin de boire du café. De toute façon je ne peux plus rien avaler, même ma boisson énergétique m'écoeure, il n'y a que la soupe qui passe.
A la sortie de la salle des fêtes de Croix du Bac ça va un peu mieux mais à l'entame de la dernière boucle je dois encore faire des pauses régulières, de plus l'un de mes orteils commence à être douloureux, j'aurais peut être dû refaire mes pansements.. Curieusement je marche plus vite que Vivien tandis que lui court (enfin trottine) plus rapidement, si bien que nos allures s'équilibrent plus ou moins. Par contre je suis de plus en plus fatigué et je ne dis plus grand chose, j'intériorise, silence radio. Qu'importe, Vivien a de la gouaille pour deux et clame encore tous les 300 mètres qu'il a « une de ces PATATE !!! ». A ce propos, une idée lui vient et il demande à sa sœur d'appeler son père pour qu'il lui apporte quelque chose avant l'arrivée.

Je fais l'accordéon avec Vivien jusqu'au dernier ravito, le temps pour les trois premiers de la course du matin de nous enrhumer, et là surprise, à quatre kilomètres de l'arrivée, je retrouve des forces. Nous avons fait et refait nos calculs des dizaines de fois depuis l'entame de cette dernière boucle et il apparaît que nous pouvons encore finir en moins de 14h. Ce sera serré, mais c 'est faisable. Vivien m'interdit de marcher de nouveau : on termine en courant !

Peu après le kilomètre 97 le père de Vivien nous retrouve, remet à Vivien sa patate, qu'il a l'intention de brandir sur la ligne d'arrivée, et nous filme : plus question alors de craquer, j'accélère! Au kilomètre 99 nous accélérons encore ! À 500m de l'arrivée notre cameraman nous a distancés pour immortaliser notre arrivée depuis l'intérieur de la salle et je jette mes dernières forces dans une dernière accélération qui manque de surprendre Vivien et c 'est ensemble que nous passons la ligne d'arrivée en 13h59mn 59s, la patate portée bien haut !
Mission accomplie, mais je suis complètement mort !

 I did it! j'ai confirmé mon statut de centbornard, en battant ma précédente marque de plus d'une heure, quant à Vivien il signe là son troisième meilleur chrono et il aurait pu faire bien mieux s'il n'avait dû m'attendre à partir de la mi-course!

L'affichage me cause une légère déception cependant : je suis crédité de 3 secondes de plus que Vivien, si bien que je suis au delà des 14h... pour deux secondes ! La saisie des résultats se faisant à la main il y a forcément un décalage entre deux personnes arrivant en même temps.
Qu'importe : nous savons tous deux ce que nous avons accompli !

Direction la douche, où je découvre que l'ongle d'un de mes orteils est tout noir. Voilà donc pourquoi il me faisait souffrir lors du dernier tour ! Je m'attends à le perdre dans les jours qui suivent.

Une fois propres il est temps de fêter dignement notre exploit: petite tournée de bière en regardant les autres concurrents en finir ou repartir pour un tour, ou deux.

Vers midi, le père de Vivien revient avec une bouteille de champagne, que nous faisons descendre avec force frites!

Je dors debout (enfin, assis) mieux vaut ne pas risquer de rentrer pour ensuite revenir au soir assister à la cérémonie protocolaire, aussi je décide de comater dans ma voiture. Je ne dors pas vraiment, mais le repos me fait du bien et c 'est plus ou moins ragaillardi que je regagne la salle de sport pour assister à l'arrivée des derniers concurrents avant la cérémonie protocolaire qui scelle ces 38è 100km de Steenwerck au terme de laquelle tous les "centbornards" encore présent sont priés de monter sur le podium. Evidemment c 'est en descendant que les jambes protestent le plus! je vais encore marcher comme un canard pendant quelques jours.


L'année prochaine le départ aura lieu le 28 mai, le jour de mon anniversaire, impossible de manquer ça !

vendredi 12 avril 2013

Metaluna: nimbère tout!






Nous sommes aux portes des vacances de Pâques ( du moins dans mon académie), et c 'est traditionellement l'époque des examens blancs, la grande répétition avant la Grand Messe qui s'étalera de mai à juin suite à cette réforme à laquelle on essaie toujours de comprendre quelque chose.

Après les BTS blancs, les Bacs blancs (écrits) cette semaine est donc dévolue aux oraux blancs ( et pourtant la neige a cessé de tomber dans la région depuis plusieurs semaines!).

Seulement voilà: mes oraux à moi étant casés en toute fin de semaine, il se trouve que près de la moitié de mes élèves (oui, j'évalue mes propres élèves à moi sur ce coup là) ont décidé qu'il serait bien plus sympa pour eux de carrément sécher l'oral blanc, me laissant seul et désoeuvré au fin-fond d'une des salles du premier étage du CDI.
Que faire en attendant  l'heure de la délivrance (car bien entendu les élèves les plus sérieux sont en fin de liste, ce qui m'oblige à rester toute l'après midi sur place) sinon se plonger dans la lecture du numéro 2 de Metaluna?

Les promesses du premier opus du nouveau magazine de notre JPP national n'étaient pas vaines, car on retrouve ce bimestre-ci, au hasard et dans le désordre, des interviews de Lisa Gerrard de Dead Can Dance, de Phil Anselmo, de Gogol 1er, de Margerin, du maître John Carpenter et un tour d'horizon ( si l'on peut dire) de La Fistinière, haut lieu des pratiques fondamentales célébré par le Patron de Nanarland au travers de divers avatars, à l'occasion d'un reportage sur le tournage d'un clip du groupe Opium du Peuple.

Le tout , bien entendu, avec ce ton décalé, irrévérencieux et hautement jouissif qui fait défaut à la presse ciné et musicale actuelle.
Longue vie à Metaluna!


...



et bonnes vacances!

dimanche 3 mars 2013

11/22/63 - Stephen King



Grand fan de Steve-O devant l'éternel ( même si je ne suis pas croyant), je ne pouvais passer à côter de l'occasion de la sortie française (je l'ai lu il y a quelques mois en V.O ... oui je me la pète et alors, c 'est mon blog!) de son dernier pavé pour causer de mon expérience de lecteur passionné.
Sachez-le donc ô mes frêres et mes soeurs: 11/22/63 est sans aucun doute le meilleur Stephen King depuis plus de quinze ans... rien que ça!!!
J'avais remarqué ces dernières années que le maître de Bangor, après une bonne decennie d'égarrement, reprenait du poil de la bête, mais même votre serviteur n'aurait osé espérer un tel retour gagnant, que dis-je, en force, que dis-je, en grâce!
En effet Duma Key était bien prometteur, mais ensuite le King ne s 'est contenté que de ressortir, pour y apporter la touche finale, des oeuvres inachevées datant de son heure de gloire, aussi espérait-on voir enfin se réveiller la bête, et voilà: c 'est un montre qui s'ébroue, qui sort de sa caverne et respire enfin le grand air après des années d'hibernation!
A la lecture du dernier né de  l'usine à rêves ( ou à cauchemars, c 'est selon) qu'est le cerveau de celui dont on annonce la retraite imminente depuis près de vingt ans il faut se rendre à l'évidence: la bête respire encore, et avec un souffle pareil elle peut même s'atteler à un marathon tant elle semble en avoir sous le coffre!
Inutile de créer un suspense artificiel, avec un titre pareil tout le monde sait de quoi on parle: l'assassinat de JFK, le dernier président américain tué dans l'exercice de ses fonctions un jour de novembre 1963.
Ce qui est moins banal c 'est le traitement. Comme toujours chez King on prend des gens ordinaires (ici un prof de litterature anglaise quelque peu loser, et après on s'étonne que je m'identifie aux héros de l'écrivain) qui découvre un jour un passage vers le passé, ce qui pourrait lui fournir l'opportunité d'éviter la dernière grande tragédie de l'éxécutif de son pays.
Le problème c 'est que le passé est têtu et ne se laisse pas manipuler par le premier venu, même pour les meilleures intentions du monde.
Pas question de vous en dévoiler plus, comme la plupart des gens je deteste qu'on me gâche le plaisir de la lecture,  sâchez seulement que puisque le point d'entrée se situe quelques années avant l'évènement en question, le récit nous vaut une peinture criante de vérité de la vie dans les petites villes américaines des années 50/60, que le King n'étant pas un manchot pour créer des personnages attachants ou proprement ignobles on a largement de quoi s'occuper avant le moment fatidique (et pour tout dire on le redoute, tant on sait qu'il marquera le point final à tout cela) et l'art consommé de l'auteur pour le suspense est ici poussé à son paroxysme d'autant que, la grande histoire se mêlant à la petite, la romance dans laquelle se retrouve embarqué le héros prend vite le pas sur l'évènement historique et que la dernière page vous laissera sans voix et les yeux emplis de larmes! (si ce n 'est pas le cas vous n' êtes que des sans-coeur et je ne vous parle plus!).

Je ne sais pas si c 'est fait exprès mais il y a quelques jours une chaîne cablée a diffisé le magnifique JFK d' Oliver Stone ( sans doute un de ses tout meilleurs films). Si ça ce n 'est pas coller à l'actualité!

Bon, si ça ne vous convainc pas c 'est à désespérer!

vendredi 1 mars 2013

JPP IS BACK!!!



Mais qu'était donc notre JPP devenu?

Depuis quelques années on ne le voyait plus guère que dans la rubrique "Fantastic Guide" du magazine Mad Movies ( qu'il a créé de ses mains de ses larmes et de sa sueur il y a plus de quarante ans!), attaché à une tâche digne des travaux d'Hercule, quoique plus proche du supplice de Sisyphe; il tentait en effet d'établir un panorama complet de toute la production cinématographique fantastique des origines à nos jours. Autant dire qu'il était relégué au placard sous les escaliers d'une maison qu'il avait lui même forgée ( oui, je sais, on ne forge pas des maisons , mais j'aime bien la formule!).
Plus récemment, outre aux commandes de la fameuse boutique Movies 2000, on le trouvait sur sa page facebook grattant sa guitare dans ce même style décalé qui avait sa renommée, mais tout cela sentait la retraite dorée, et méritée, auréolé qu'il était de son statut de père fondateur d'une véritable institution de l'édition française.
Mais notre JPP national avait encore des choses à dire, et puisqu'il ne pouvait les dire chez Mad Movies, il a créé, avec l'aide de quelques amis eux aussi ex-madeux (Christophe Lemaire et Rurik Sallé pour ne pas les citer) un nouveau magazine où il peut en toute liberté parler de tout ce qu'il aime: le cinéma, fantastique bien sûr,  mais aussi la musique, surtout rock et metal (ça c 'est la touche Rurik Sallé) et tout ce qui passe par la tête des trois compères (et compagnie si affinités).
Quel est l'intérêt d'un énième magazine causant cinéma et musique me direz-vous? tout est dans le choix des sujets, et surtout dans le ton.
Ayant compris qu'avec l'avènement d'internet il ne sert à rien de coller bêtement à l'actualité (on n'achète plus un magazine pour connaitre les dernières nouvelles sur un film qui vient de sortir), Metaluna ( du nom de la planète d'origine des extra-terrestres du classique des années 50 "Les Survivant de L'Infini") se décompose en dossiers revenant sur des évènements, des films ou des personalités phares des genres que l'on aime, et s'il prend aux compères l'envie de se frotter à l'actualité c 'est sous un angle forcément décalé, loin des interviews formatées de la concurrence ou des dossiers de presse photocopiés dans 15 magazines, le tout dans un joyeux foutoir, une maquette délicieusement "old school", où l'on trouve souvenirs, témoignages, dessins et BDs réalisés par l'équipe et leurs collaborateurs occasionnels; car si le triumvirat restera le noyau dur de l'entreprise, la liste des pigistes a vocation a évoluer de numéro en numéro garantissant une fraicheur sans cesse renouvelée, le rythme de parution bimestrel ( comme aux grandes heures de Mad Movies, justement) permettant à la fois à la rédaction de respirer et au lecteur d'éviter l'overdose.

Ce premier numéro cause de Rob Zombie ( ce qui permet de traiter des deux sujets majeurs du mag), des festivals d'Avoriaz et de Gerardmer, de Raymond Chow (lhomme qui a découvert Bruce Lee et Jackie Chan), de Tolkien, de cinéma porno féminin ( si, ça existe!) et de l'impressionnante collection de Kirk Hammett consacrée au cinéma d'horreur vintage.

Qu'est-ce que vous faites encore là? courez donc acheter le premier numéro!

lundi 1 octobre 2012

Holy Terror - Frank Miller

L'évènement est de taille: outre des scénarios ( notamment pour All-Star Batman, avec Jim Lee, série jamais terminée) et des couvertures, Frank Miller n'avait plus publié de comic book depuis 10 ans!

Il est vrai qu'il s'était entre-temps entiché du septième art, tout d'abord en collaboration avec Robert Rodriguez (Sin City, carton planétaire) puis tout seul comme un grand ( The Spirit, grosse plantade) et faisait surtout parler de lui pour ses prises de position, disons, très à droite ( même pour les Américains) et surtout ses commentaires sur la civilisation musulmane qui feraient passer la famille Lepen pour des démocrates modérés.

Dans ce contexte la résurgence de cette arlésienne que constitue Holy Terror ( Terreur Sainte, pour les non-anglicistes) ne manque pas de surprendre.

Tout d'abord envisagée, au lendemain du 11 septembre, comme une aventure de Batman (façon Dark Knight en plus musclé) l'histoire s 'est vue opposer un véto ferme de la part de DC qui ne voulait surtout pas confronter ses héros à des personnes ou menaces réelles.

Obligé de composer sans l'icône qui fit sa gloire, Miller modifie donc son histoire, cherche un nouvel éditeur et transforme l'homme chauve-souris en "Fixer", un héros hyper violent qui n'hésite pas, lui, à flinguer ses ennemis, ce qui doit, quelque part, bien arranger l'auteur qui en profite pour se défouler.

On a en effet bien du mal à imaginer Batman dans cette histoire très primaire où on zigouille du terroriste islamiste façon Chuck Norris, par paquets de 12 et sans aucun état d'âme, même si quelques éléments trahissent l'inspiration des personnages et des lieux; Le "Fixer" n'a aucun super pouvoir, se balade de toit en toit, et court après une cambrioleuse ( une "cat burglar") rappelant fortement Catwoman avec qui il entretient des relations plus que platoniques et il a dans la police un contact, un officier bourru qui fume cigarette sur cigarette et hurle ses ordres à un agent flegmatique ( les amateurs auront reconnu la version Miller du commissaire Gordon et de l'agent Merkel dans Dark Knight).

Voilà pour les aspects les plus sympathiques de ce roman graphique.

Pour le reste le scénario est aussi caricatural que le trait (je suis de moins en moins fan de l'évolution graphique de Miller) et semble donner raison aux critiques qui voyaient en 300 une charge anti-orientale: dans une scène clé le méchant responsable local ( il dit lui-même qu'il n 'est qu'un rouage) a une allure de gravure babylonienne avec son vêtement bardé de perles façon Xerses.

Grosse déception donc ... mais indispensable pour les complétistes comme votre serviteur.

lundi 21 mai 2012

100 km à pied de Steenwerck



Voilà où ça mène d'avoir de mauvaises fréquentations: un beau jour de mai, on se retrouve au fin-fond de la campagne flamande au départ d'un 100 km à pied (ça use les souliers, je sais)!
Non mais je vous jure, faut vraiment pas être bien dans sa tête, ni y avoir grand chose, mais bon, j'y suis, alors j'y vais.

Pour autant, ma présence à Steenwerck cette année n'avait rien de fortuit. Même si je nourrissais de nombreuses réserves quant à ma capacité à aller au bout, c'est une course qui m'a intrigué dès que j'en ai eu connaissance. Je n'ai tout d'abord vu que les banderoles placées au bord de l'autoroute A26 , puis j'en ai eu une idée un peu plus précise lorsque j'ai commencé à fréquenter Kikourou et l'image s 'est définitivement imprimée dans un coin de ma cervelle l'année dernière lorsque je suis venu en repérage et en ait apprécié l'ambiance conviviale. Il faut aussi ajouter que je connais de plus en plus de centbornards et autres coureurs d'ultras qui me poussent plus ou moins discrètement à passer du côté obscur de la course à pied. Non que j'ai besoin qu'on me pousse beaucoup, j'aime tenter de repousser mes limites, mais la distance me paraissait jusqu'alors trop intimidante. Ce n 'est qu'après mon premier 6h que j'ai commencé à me dire que peut être un jour je pourrais y arriver. Après tout un 100 bornes ce n 'est jamais que deux marathons et demi (et même moins, si on chipote), et à Steenwerck on a 24h pour y arriver, le seul problème c 'est la gestion de la douleur. Je ne me considère pas comme étant spécialement douillet, mais quand je vois l'état dans lequel je suis à la fin d'un marathon ou d'un 6h je me vois mal remettre le couvert encore deux fois derrière. Ce sont Chti Grincheux, Land, le Bagnard et compagnie qui m'enfonceront dans le crâne la solution à force de discussions à bâtons rompus (je m'excuse auprès des amateurs de marche nordique) autour du barbecue du Grincheux lors de deux veillées pré-Maroilles: il faut courir lentement! Drôle de concept que cette course lente, pourquoi ne pas marcher carrément? Mais petit à petit je finis par me faire à cette idée. Il est évident que je ne tiendrais pas 100 km à mon allure marathon. Je le sais: à mesure que la distance s'allonge, la moyenne baisse. Pour y arriver, il faut donc partir très lentement, et se préparer à passer plus de 15 heures sur la route, à courir toute la nuit. Le problème ne devient plus physique, mais psychologique, ainsi qu'en témoignent de nombreux comptes-rendus de kikous à priori plus balèzes que moi ayant tenté l'aventure en vain, mais ayant accouché à l'occasion de récits proprement bouleversants. Il me faudra plus d'un an pour que j'en vienne à admettre que je suis capable de franchir ce nouvel Everest. L'année dernière déjà, même si je n'étais venu qu'en repérage, j'avais eu un gros pincement au coeur en voyant les copains s'élancer sans moi. Le lendemain, lorsque je repassai par Steenwerck pour assister à la remise des prix, ma décision était prise: en 2012 je serai au départ!

C 'est là que les choses se compliquent: en septembre je dois abandonner au 10è km du semi de la Braderie de Lille à cause de mon genou droit. Je fais toute une batterie de test, des radios, un IRM, finalement on ne me trouve rien, mais le toubib me prescrit des anti-inflammatoires. Et ça marche: dans la foulée je fais mes premiers trails ( les Terrils et les Lueurs d'Espoir) et j'approche par deux fois mon record sur semi marathon. Seconde alerte cependant: aux 6h de Marchiennes mon pied et mon genou droit se manifestent de nouveau, m'obligeant à une longue pause pour me faire masser par le kiné de la course. Bilan positif tout de même, j'ai atteint les 50 km malgré tous mes arrêts.
Et puis c 'est le drame: lors de la Course de Noël des Moulins à Steenvoorde, à 300 mètres de la ligne d'arrivée, je sens mon pied droit se dérober au passage d'une bordure de trottoir, je tombe et me fracture le pied (ou l'inverse, je ne sais plus très bien).
6 semaines dans le plâtre!
Le plâtre enlevé, vient la rééducation: non seulement je dois réapprendre à marcher ( 6 semaines à se déplacer avec des béquilles ça crée de mauvais réflexes!) mais mon mollet droit a perdu presque 50 % de sa masse! C 'est là que je me dis que ma saison 2012 est fichue; combien de temps faut-il pour récupérer ses muscles?
Finalement pas si longtemps que ça. Un mois et demi plus tard je recommence à trottiner doucement. Evidemment je suis exagérément attentif à la moindre douleur et j'ai une peur panique de me tordre la cheville, alors c 'est un peu raide au début, puis je me lance le lundi de Pâques, à l'occasion du 10 km de Quand Lomme Court. Une course bouclée en 48 minutes, très encourageant, même si ma cheville et mon genou se sont rappelés à mon souvenir vers la fin du parcours.
Le 15 avril, c'était le marathon d'Annecy. Je m'étais inscrit avant de me casser le pied, pensant au passage rendre visite à un pote. Finalement pas de course ( heureusement d'ailleurs, le temps était proprement horrible: froid, pluie, vent...) mais un week end gastronomique très sympa, je reviendrai (quand il fera meilleur!).
La semaine suivante, frustré de n'avoir pas pu courir le marathon d'Annecy, j'accompagnais Chti Grincheux dans l'Oise pour les 6h du Moulin ( décidément, les moulins me suivent partout, je ne vais pas tarder à me prendre pour Don Quichotte!) avec la ferme intention de me tester. Objectif: courir 2h et/ou 20km. Après un peu plus de 2h j'ai fait mes 20 km, mais comme je m'ennuie à ne rien faire je continue en alternant course et marche. A la fin des 6h j'ai parcouru presque 44 km, presqu'aussi bien qu'à Marchiennes! Intérieurement j'exulte: Arka's back in the race!
Le mois de mai est traditionnellement riche en courses, et je n'ai désormais plus de raisons de me priver ( même si j'y vais encore mollo): le premier mai c 'est Maroilles, où je ressors mon déguisement de Steenvoorde (il faut à tout prix conjurer le mauvais sort!), le 8 mai c 'est la Course de la Paix à Trith St Léger et ses trois redoutables boucles (2h sur le semi) et le 13 mai, ayant refilé mon dossard gagné à Lomme pour la Route du Louvre à Chti Grincheux, je mettais le cap sur la baie de Somme pour la Transbaie.
Entre temps j'avais déclaré mon intention de prendre le départ de Steenwerck et de voir jusqu'où cela me mènerait. J'avais fait 44km dans l'Oise, je me disais que je devais être capable d'atteindre les 60 bornes, ce qui m'amènerait à un nouveau record personnel de distance parcourue, même si, secrètement, j'espérais bien aller au bout de ces fameuses cent bornes! Pour ce faire j'avais même investi dans une nouvelle paire de baskets, des gants, deux boites de sparadraps, des piles de rechange pour ma frontale et un stock d'Isostar; c 'est dire si je prenais la chose au sérieux!

Mais trêve de préliminaires et entrons à présent dans le vif du sujet.
J'arrive donc à Steenwerck une bonne heure avant le départ. Après quelques difficultés je finis par trouver une place où garer ma C1 le long du parcours, non loin de la salle, à l'entrée de laquelle je retrouve un Vivien hilare accompagné de son père et de sa soeur. Ils me disent que le Rag' est déjà là. Je ne l'ai jamais vu, aussi suis-je très curieux de le rencontrer. Je file à la table des inscriptions: maintenant c 'est officiel, je suis inscrit sur le 100 km open, j'ai signé pour en baver! (et j'ai même payé pour ça! faut que je me fasse soigner!). Je n'ai presque rien mangé de la journée, aussi vais-je chercher un sandwich à la baraque à frites. C 'est là que me retrouve la Chti Vincent family. Pour faire passer les sandwiches nous nous dirigeons vers le bar et, alors que nous sirotons nos bières, nous croisons un François D'Arras tout souriant.
Mais l'heure tourne, je file à ma voiture m'habiller (et accessoirement avaler un anti-inflammatoire, je me dope maintenant!).
Je retrouve Vincent quelques minutes seulement avant que le départ ne soit donné. Nous avisons des coureurs qui mettent une sorte de ticket dans une espèce d'urne tenue par un bénévole avant de s'engouffrer dans une bâtisse donnant sur le parc de la ville. Intrigués nous demandons ce qu'il en est: il s'avère que dans l'enveloppe contenant le dossard il y a un ticket que l'on se doit d'introduire dans cette boite pour prouver notre présence au départ. Dans ma précipitation, je n'avais pas vu ce petit bout de papier. Mais quelle tête en l'air je fais! Je me mettrais des baffes! Pour Chti Vincent cela ne porte pas à conséquence, il court sans dossard, par contre en ce qui me concerne c 'est un peu plus problématique, mais le départ est imminent, pas le temps de faire l'aller-retour jusqu'à ma voiture.
Le coup de feu retentit, le parc se déverse lentement sur la rue principale de Steenwerck, ça y est, je suis dans le bain, maintenant il faut nager!
Il y a du monde lors de ce premier tour: les coureurs, les marcheurs, des randonneurs, ceux qui ne viennent faire qu'un tour, ceux qui viennent juste pour encourager les copains. Nous marchons plus que nous ne courons pendant un moment, puis la foule devenant moins compacte, nous nous élançons à petites foulées sur le bitume.
Un peu avant la sortie du village j'avise une haute silhouette coiffée d'un buff orange, les bras se soulevant et s'abaissant au rythme de ses bâtons de marcheur nordique: Le Rag', avec qui je fais enfin connaissance. Le rencontrer c 'est retrouver un peu de mon enfance, puisqu'il habite tout près du village qui m'a vu grandir. Nous échangeons quelques mots puis le laissons progresser à son allure. Pour le moment je cours plus vite qu'il ne marche, mais je suis certain qu'il me dépassera avant que la course ne s'achève, ou du moins je l'espère, cela voudra dire que nous serons sur le point d'en terminer!
La première boucle nous ramène dans Steenwerck, et Cht'Isabelle en profite pour nous tirer le portrait, à son époux et à moi-même, à plusieurs reprises. Pour un peu on se prendrait pour des célébrités harcelées par des paparazzi!
Nous sommes encore dans la ville qu'un premier ravitaillement apparaît soudain. Comme je ne suis pas pressé, je m'arrête quelques secondes ( je ferai TOUS les ravitaillements, on n 'est jamais trop prudent lors de la première sur un nouveau format).
Nous sortons une nouvelle fois de l'agglomération, et cette fois c 'est la bonne, nous sommes sur la boucle « officielle », celle qu'il faudra parcourir cinq fois pour devenir centbornard, d'ailleurs voici un signe qui ne trompe pas: le premier des deux ponts de TGV ( et non d'autoroute comme je l'ai lu ici ou là). J'avais décidé de marcher dans les ascensions, nous arrêtons donc de courir pour l'instant. Bon sang qu'il est long ce pont! Et le fait qu'il ne soit pas droit renforce cette impression, il paraît sans fin! Quelques centaines de mètres après la descente nous arrivons à la boucle de Croix du Bac, la seule section du parcours où l'on peut croiser les autres coureurs. C 'est ainsi que nous apercevons Vivien dans son costume d'Assurancetourix! Il devient de plus en plus fou, décidément! Il ne va quand même pas faire les cent kilomètres accoutré de la sorte?
Le premier contrôle a donc lieu dans la salle des fêtes de Croix du Bac où nous attend, outre un ravitaillement copieux, un petit duo musical guitare-accordéon qui met de l'ambiance et donne du coeur à l'ouvrage.
Il faisait bien chaud dans la salle des fêtes, en sortant on se rend compte que la température commence à sérieusement descendre, il va falloir s'habiller chaudement pour la nuit!
Le soir tombe, faisant remonter des odeurs d'herbe fraiche, de terre et de colza, une vraie madeleine de Proust qui me renvoie une nouvelle fois à mon enfance dans un minuscule village près de Bergues. Au 3è ravito ça sent plutôt l'oignon par contre, et je manque de perdre Chti Vincent qui s'était écarté de la route pour satisfaire à un besoin naturel.
Il fait encore bien clair et on peut à loisir admirer les jolies maisons de campagne qui bordent le parcours, pour un peu ça donnerait envie de quitter Lille.
Dans les derniers kilomètres de ce premier tour nous incorporons un petit groupe de joyeux lurons, si bien que de blagues en chambrage bon enfant nous terminons le premier tour presque sans nous en rendre compte, en 2h44.
Vincent a atteint son objectif, il s'arrête là, non sans me souhaiter bonne chance et me faire promettre de lui envoyer un message si d'aventure j'entamais le 5è tour au petit matin. Rendez-vous est pris, et je me dirige vers ma voiture pour enfiler mes gants, passer mon écharpe autour de ma gorge si délicate ( j'ai déjà été victime de plusieurs extinctions de voix), fixer ma frontale et faire le plein de ma petite bouteille.
Au passage je fouille dans l'enveloppe ayant contenu mon dossard et finis par trouver le fameux ticket, celui que j'étais censé remettre au départ comme preuve de ma présence au début de l'épreuve.
Les lecteurs attentifs auront remarqué que je n'ai pas pris de polaire ni de pull. Je suis un inconscient, je sais.

C 'est donc parti pour le 2è tour dans la lumière déclinante et la température froidissante ( oui, j'invente des mots, ça m'arrive parfois). Les oiseaux jettent leurs derniers chants, le soleil couchant joue les artistes sur la toile d'un ciel pur, et l'air se charge des parfums de la nuit dont j'emplis mes poumons en profondes inspirations. Je me dis que j'ai vraiment de la chance de courir ici, aujourd'hui par ce temps là et je tiens à en profiter pleinement. Le seul problème ce sont les chemins de campagne qui sont tout sauf plats, et qui me promettent des frayeurs une fois la nuit noire venue. Je n'ai qu'une angoisse: me tordre la cheville et me casser à nouveau le pied. C 'est sans doute la seule chose qui pourrait m'arrêter ce soir.
Je retrouve bientôt le premier (long) pont ferroviaire, et à Croix du Bac, un peu inquiet, je demande aux contrôleurs que faire avec mon ticket que j'ai oublié de donner au départ. Ils me rassurent en me disant qu'il suffit de le donner à mon prochain passage à la salle des sports.
L'orchestre est toujours là, mais ils vont bientôt s'arrêter. On entre vraiment dans la nuit, il va y avoir de moins en moins de monde sur le parcours. Heureusement, à chaque bifurcation on a installé des lampes de chantier afin d'éviter aux coureurs de se perdre dans la nature.
Aux ravitaillements il y a maintenant de la soupe! J'en profite pour me réchauffer la carcasse. Ca fait du bien par où ça passe!
Un peu avant le deuxième pont, une voiture précédée d'un coureur me dépasse: c 'est le leader de la course qui vient de me prendre un tour! Mais au bout de quelques centaines de mètres je le vois s'arrêter et se tenir la cuisse à deux mains. Je dépasse l'équipage et il me dépasse de nouveau quelque temps plus tard. Au dernier ravito on m'apprend qu'il est sur le point d'abandonner. Il va juste tenter de rallier la salle des sports. Dure loi de la course.
Je termine ce deuxième tour plutôt tranquillement, en 2h40 et j'ai bon espoir de couvrir au moins 3 tours. Je me mets de plus en plus à croire à l'exploit.
A la salle des sports je finis par remettre mon ticket à des contrôleurs très compréhensifs qui m'assurent que mon oubli ne me portera aucunement préjudice.
Rasséréné, je file à ma voiture pour y chercher le sweat que je me souviens avoir mis dans le sac, mais à la lueur de la frontale je ne retrouve rien et je dois me contenter de mon coupe-vent. J'ai dû perdre facilement 20 minutes dans l'affaire.

Je me passe sur les jambes un peu d'huile chauffante (erreur dont je réaliserai l'ampleur plus tard) et c'est reparti pour un tour, le tour qui va décider de tout: si je finis celui-ci en bonne condition je repars pour un quatrième et à ce moment là je ne me vois pas abandonner aux portes du 5è, même si je dois terminer en boitant.
Il fait maintenant nuit noire, et il fait aussi très froid. Je me souviens que la météo annonçait 3° pour la nuit, et si elle s 'est trompé, ce n 'est pas de beaucoup! Mes gants ne me protègent pas vraiment, et mon coupe vent pas plus ( il n'y a pas de vent!). Pire encore, la sueur refroidit très vite et renforce encore mon inconfort. Pour autant j'apparais encore frais aux yeux des bénévoles avec qui je discute aux ravitaillements, et la dame qui s'occupe du dernier contrôle avant la salle de sport est convaincue que j'irai au bout. Voilà qui fait plaisir à entendre!
Le froid agit aussi sur mon système digestif, ou alors c 'est que j'assimile l'isostar trop vite, quoi qu'il en soit il me semble que je m'arrête tous les kilomètres pour une pause pipi, et au 3è ravito je dois faire la queue devant les toilettes mobiles.
Je l'ai dit, les chemins de campagne empruntés par la course ne sont absolument pas plats: ils forment comme une bosse en leur milieu qui descend en une pente plus ou moins prononcée sur les deux côtés. La plupart du temps je tente de marcher sur le sommet, de garder le haut du pavé en quelque sorte, mais ce n 'est pas toujours possible, alors je privilégie le côté gauche de la route afin d'épargner mon pied droit. Arrivé au milieu de la boucle je sens ma cheville se tordre. Je sursaute, plus de peur que de douleur, mais me rassure vite: même si je ressens une légère douleur cela n'entrave en rien ma foulée. Tout de même, je me suis fait une belle frayeur, et je redouble désormais de vigilance.
Je termine ce tour de tous les dangers en 3h06, et je me sens encore en pleine forme, n'était-ce ce froid qui commence à s'insinuer dans tout mon être. Il faut absolument que je retrouve ce sweat! Je retourne à ma voiture et retourne le contenu du coffre sur la route, mais je ne trouve toujours rien. Il ne me reste plus qu'un chose à faire: mettre des vêtements secs. Heureusement que j'avais apporté des vêtements de rechange! Je change tout: mon t-shirt manches longues, le manches courtes, les chaussettes, les pansements ( je commence à avoir de belles ampoules au pied gauche), le slip (j'ai un début d'échauffement à l'entrejambe) et le short (je retrouve mon vieux short bleu, celui que j'ai porté sur presque toutes mes courses). Je ne garde que mes baskets; même si j'avais apporté toutes les paires que je possède celles-ci me semblent les plus à même de m'amener au bout.
Je refais le plein de ma bouteille et je repars dans la nuit noire.

A part l'irritation de plus en plus prononcée de mon entrejambe, me forçant à marcher légèrement en canard, et les jambes qui se font de plus en plus douloureuses, rien de notable ne se produit sur ce tour jusqu'à Croix du Bac où je croise François d'Arras qui m'encourage chaleureusement et me dit qu'il abandonne. Il venait d'entamer son 3è tour. Je suis désolé pour lui, et même si je n'y suis pour rien je me sens un peu coupable: après je ne sais combien de tentatives il ne finira encore une fois pas cette course, alors que je suis bien parti pour y parvenir à ma première participation, avec la non-préparation que l'on sait. Il se passe vraiment des choses bizarres sur les courses.
Autre bizarrerie, certaines lampes situées aux bifurcations se sont éteintes, heureusement qu'on commence à bien connaître le parcours!
La fatigue commence à se faire sentir: j'ai l'impression de dormir debout, et de temps à autre, dans la lueur des frontales des coureurs qui me précèdent je crois voir des animaux qui traversent ou attendent le long de la route. J'hallucine, il est temps de me mettre au café!
Alors que je vois poindre les première lueurs de l'aube, une silhouette familière se matérialise à mon côté: Le Rag'! Comme je m'en doutais au départ, il a fini par me rattraper. Tout à l'air d'aller bien pour lui. On discute, on plaisante, le temps et les kilomètres s'estompent, je m'arrête au dernier ravito, mais lui continue. Je ne le reverrai qu'à l'arrivée.
Mes jambes sont de plus en plus douloureuses, et sur les deux derniers kilomètres je suis obligé de marcher, hors ascension de ponts, pour la première fois depuis le départ.
Je boucle cet avant-dernier tour en 3h26. A présent j'en suis certain: dans quelques heures j'en aurai fini avec mon premier cent kilomètres ( il y en aura d'autres, forcément!), mais pour l'heure il faut faire quelque chose à propos de cette irritation à l'entrejambe! Je m'adresse aux médecins présents dans la salle afin de leur demander une pommade ou quoi que soit qui puisse me soulager, mais pour ce genre de choses les pommades sont uniquement préventives (encore une chose à prévoir la prochaine fois), On me pose donc un pansement qui limitera les frottements.

J'entame le cinquième tour. Comme promis j'envoie un sms à Chti Vincent puis décide d'embarquer mon appareil photo afin d'immortaliser le dernier tour de cette grande première: mon premier cent kilomètres!
Je savoure cette dernière boucle comme un coureur de cent mètre faisant un tour de stade après sa victoire; le soleil est désormais bien levé, les oiseaux chantent pour célébrer l'aube nouvelle, et, je me plais à l'imaginer, mon exploit personnel, le ciel est d'un bleu pur, il ne fait plus si froid, même si je garde mon écharpe, je vis un véritable moment de bonheur.
Du moins jusqu'à ce que mes jambes se mettent à brûler! Littéralement!
Je ne sais pas si c 'est dû à l'huile chauffante que je me suis appliquée au coeur de la nuit quand il gelait presque, ou à la sueur qui, à cause des sels qu'elle transporte a cet effet, ou si c 'est l'effet de l'acide lactique, c'est sans doute tout cela à la fois, mais en tout cas c 'est très désagréable! Pas vraiment douloureux, du moins pas insupportable, mais très gênant.
Je ne laisse cependant pas cela me gâcher mon plaisir, et je mitraille à tout-va, ce qui me fournit une excuse toute trouvée pour marcher de temps en temps.
A environ 7 ou 8 km de l'arrivée mon téléphone sonne: c 'est Chti Vincent qui me confirme qu'il sera présent à l'arrivée. Mon message matinal a fait son petit effet, il est très heureux pour moi mais aussi complétement abasourdi, comme beaucoup de monde, et moi le premier. Même si j'espérais au fond de moi terminer ce cent kilomètres j'avais de sérieux doutes sur mes les capacités de mes jambes à tenir la distance, surtout pour ma cheville et mon pied droits! Mais je suis bien là, à moins de dix bornes de l'arrivée, sur le point d'atteindre ce nouvel Himalaya.
Je m'imprègne une dernière fois du paysage, c 'est la dernière fois que je passe par ici, du moins pour cette année, c 'est la dernière fois que je vois cette ferme, cette maison de campagne, cette cabane dans les arbres. Je double encore des randonneurs sur la route, ils ont vraiment marché toute la nuit comme ça? Je me fais doubler aussi, par de véritables flèches! La course du matin a débuté depuis quelques heures, et ce n 'est pas la même allure! Presque tous prennent le temps de m'encourager au passage, parfois même de me féliciter quand la conversation dure assez longtemps pour que leur dise que j'en suis au dernier tour, c 'est vraiment sympa de leur part, et ça donne bien la pêche pour terminer. Oui, car j'ai beau vivre un grand moment de bonheur, je n'en ai pas moins mal aux jambes et j'ai quand même hâte d'en finir, d'autant plus que la ligne d'arrivée se rapproche.
J'arrive dans les ultimes virages champêtres, plus que deux kilomètres. Au bout là bas on revient sur de la vraie route, il faut faire attention aux voitures,on tourne à gauche, puis à droite, c 'est la longue ligne (à peu près) droite qui mène à Steenwerck, voici le panneau annonçant l'entrée dans l'agglomération, un peu plus loin c 'est la marque des 99 km, ça y est, je vais y arriver, plus que mille mètres. Je voudrais déjà être arrivé, mais j'aimerais aussi prolonger cet instant. Il faut choisir, alors j'avance, j'accélère même! A trois cent mètres de l'arrivée j'aperçois Vincent qui me prend en photo.
Un grand sourire, un signe de la main, un bonjour, je lui confie mon appareil photo, Vincent doit piquer des sprints pour pouvoir me photographier de face! je n'ai jamais couru aussi vite ces dernières 24 heures! Enfin je passe la porte de la salle des sports sous les hourras et les applaudissements des bénévoles et des gens présents dans la salle, je regarde le tableau, mon nom apparaît en rouge, 100km en 15h09! Je me retourne, tout le monde est là: Vivien, qui en a terminé trois heures plus tôt, le Rag' et sa moitié, et même François d'Arras, qui était resté toute la nuit pour encourager les copains.
Je me retourne encore vers le tableau, je n'y crois toujours pas. J'ai couru (enfin la plupart du temps) pendant 100 kilomètres et je ne suis même pas si fatigué que cela. Je m'étais préparé à finir en rampant s'il le fallait mais finalement il n'y a que des douleurs aux jambes comparables à l'arrivée d'un 6h. Je m'écoeure moi-même! Je ne sais pas ce que me réservent mes courses futures, mais en tout cas aujourd'hui rien ne pouvait m'arriver, rien ne pouvait me stopper, une sorte d'état de grâce, je ne vois pas comment expliquer cela autrement. J'ai fait la course de ma vie.
Je m'attable avec les copains, on compare nos impressions, nos chronos, on parle de Shunga (que je n'ai toujours pas rencontré), toujours en course.
Je « sens l'effort », comme dit Vivien, donc direction la douche, clopin-clopant. L'eau est froide mais fait un bien fou, d'autant que j'ai toujours les jambes en feu. Cette sensation de brûlure se dissipera finalement assez rapidement, mais j'aimerais bien savoir ce qu'il en est.
Retour à la joyeuse tablée. Je crois que c 'est François qui paie la tournée de bières, Vivien quant à lui se charge des frites.
Bon sang ça fait du bien par où ça passe!
Grand moment de camaraderie et de convivialité.
Vincent était aussi venu dans l'éventualité où j'aurais trop mal aux jambes pour conduire, finalement ça va, je me perd un peu du côté de Nieppe mais je finis par retrouver l'autoroute.

Je comate toute la journée, pas moyen de vraiment dormir après une nuit pareille. Je suis crevé mais aussi trop exalté pour prétendre à un vrai sommeil. Il va me falloir un moment pour réaliser ce que je viens d'accomplir.
En attendant, retour à Steenwerck en soirée pour la remise des prix. J'en profite aussi pour passer prendre mon t-shirt aux couleurs de la course. Quand je vous dis que je suis une tête de linotte! (au fait, mon sweat était bien dans mon sac! C 'est ça de courir sans lunettes!)

Une ultime bière avec Vivien avant de monter sur le podium ( tous les finishers y sont conviés) et il est temps de rentrer, je suis attendu chez ma soeur qui va encore me traiter de cinglé. Elle doit avoir un peu raison quelque part. Pour quelle raison une personne sensée se lancerait-on dans une telle aventure? Mais c 'est si bon d'être fou, surtout lorsqu'on vit des moments aussi forts! Et celui-ci, comme tant d' autres, n'aurait jamais été possible sans la bande de cinglés que j'ai rencontrée sur Kikourou.

Je vous le disais, j'ai de mauvaises fréquentations ;)

vendredi 22 avril 2011

Under The Dome - Stephen King

Ce n 'est un secret pour personne , j'adore Stephen King. Ses premiers best-sellers ont bercé mon enfance et mon adolescence, et les premiers films tirés de ses livres font partie de mes meilleurs souvenirs.
Ces dernières années, cependant, même si j'adorais retrouver son style, je dois avouer que ses histoires étaient bien moins intéressantes que par le passé. Parfois même, comme dans From a Buick 8 par exemple, mais surtout dans Lisey's Story, on le voyait s'essayer à une autre façon d'écrire, moins directe, plus alambiquée, comme s'il essayait de s' affranchir du style qui avait fait sa renommée pour séduire la critique. Alors que d'habitude je dévore ses plus gros pavés en un temps record, j'ai traîné Lisey's Story pendant plus de deux mois. Bien m'en a pris, car la deuxième partie est vraiment prenante.
Plus récemment pourtant, on a commencé à assister à un retour du "vrai" Stephen King. Duma Key était véritablement terrifiant et se lisait d'une traite, et même si Blaze n'était en fait qu'un roman oublié de l'époque où il se faisait appeler Richard Bachman, sa publication participait d'un effort pour retrouver les parfums d'antan.
Enfin, avec Under The Dome, on retrouve le grand Steve! celui du Fléau ou de Ca. Un livre choral, se déroulant dans une de ces villes du Maine que King se plait à créer pour mieux les détruire. Et pour cause: il s'agit une nouvelle fois d'un roman commencé dans les années 70/80, même s'il était loin d'être fini ( seules les 70 premières pages avaient été rédigées).

La petite ville de Chester's Mill ( à mi-chemin des tout aussi fictives Castle Rock et Tarker's Mill) se retrouve un beau matin d'automne isolée du reste du monde par un dôme aussi invisible qu'indestructible ne laissant passer que l'air (et un peu l'eau). Avions, hélicoptères et oiseaux s'écrasent contre la barrière, les traces de leurs impacts semblant flotter dans les airs. Les habitants se rendent vite à l'évidence: personne ne peut rien pour eux, ils sont livrés à eux-même. Mais si la plupart des gens sont paniqués à la perspective d'être ainsi emprisonnés, d'autant que la ville est désormais coupée de la centrale électrique et que les réserves d'eau et de carburant ne vont pas durer éternellement, d'autres y voient l'occasion de régler leurs comptes et de prendre le contrôle de la bourgade.
Le titre original, qui se traduit par "Sous le Dôme" est bien plus explicite que la traduction officielle ( "Dôme" tout court): l'enjeu majeur du roman n 'est pas l'explication de phénomène ( même s'il faut bien en parler de temps en temps), mais les réactions des habitants de la ville, observées comme celles de rats de laboratoires dans un labyrinthe. Stephen King joue sur ses points fort, car s'il n'a jamais été très performant lorsqu'il s 'est attaqué à la science-fiction, il est en revanche maître dans l'art de créer des personnages, et il croque ici une galerie de portraits des plus passionnantes. A mesure que la panique gagne, les caractères s'affirment, ou tombent en lambeaux; les statistiques d'agressions, de viols, de meurtres et de suicides grimpent en flèche. Le tissu social s'effondre, en quelques jours les habitants régressent au moyen âge, et la ville est bientôt divisée en deux factions rivales, le côté de la raison étant bien entendu le plus mal loti.
La variété des personnages permet à King d'aborder de nombreux thèmes et d'adopter des points de vue très différents. On parle droits, sécurité (voire sécuritarisme) religion, drogue, liberté de la presse, bref, tous les aspects de la vie de tous les jours sont abordés et passés à la moulinette.

Un point de départ intriguant, une nouvelle ville créée et détruite en quelques jours, des personnages suprêmement bien écrits, de l'action quasi non-stop, un suspense qui va crescendo pour atteindre des sommets, tous les ingrédients pour un bon gros pavé du King comme on les aime.

mardi 19 avril 2011

La Rentrée des ...Courses!

Après la trève hivernale, les courses oficielles ont repris dans la région, la première de la saison se déroulait le 13 février à Bailleul: les 10 km du Ravensberg. Pour ceux qui, comme moi, attendent la dernière minute pour s'inscrire, c 'est à la salle Dumez que ça se passe.
J'arrive une bonne heure avant la clôture des inscriptions et il y a déjà pas mal de monde. Le Ravensberg est une des courses les plus courues de la région et on attend plus de 1 500 participants cette année.
Le lot pour chaque inscrit consiste ici en un joli coupe-vent, ça change des t-shirts ( ou t-shorts comme on dit ici). Déjà on s'échauffe sur le stade, et on sert du café pour réchauffer les concurrents.
Un aller-retour à ma tuture pour m'équiper et je gagne la ligne de départ rue de Ypres, où la foule des coureurs est déjà bien compacte. Y'a du monde! A tel point que je mets près d'une minute à passer la ligne une fois le départ donné.
Il me faudra deux bons kilomètres avant de pouvoir courir à mon aise tant la foule est dense. Pas moyen de faire moins de 4'35 au kilomètre. On zigzague, on double par les bas-côtés, on profite de la moindre ouverture pour tenter de progresser, manquant au passage de percuter des spectateurs ou de glisser dans les fossés.
Dans Ravensberg il y a le mot " berg" qui veut dire "mont". Bailleul est à deux pas des Monts des Flandres, et la campagne environnante est tout sauf plate. Après le faux-plat descendant des deux premiers kilomètres, ça n'arrête plus de monter et de descendre! La course devient stratégique: il s'agit de ne pas perdre dans les descentes ce qu'on a gagné dans les montées (ou inversement). A partir du 4è kilomètre je joue à l'élastique avec un type; je le dépasse dans les montées, il me rejoint dans les descentes. A l'approche de la dernière difficulté du parcours (la plus difficile à cause du pourcentage, mais surtout par l'accumulation des précédentes montées) je crois qu'il va finir par me distancer, mais il semble lui aussi accuser quelque peu la fatigue. Je le lâche juste avant le dernier kilomètre. Mais alors que la ligne d'arrivée se profile à l'horizon, le voilà qui me dépasse à toute allure! bon, au moins je n'aurais pas fini loin de lui!
Mon chrono affiche 46' 46'' lorsque je franchis la ligne ( le chrono officiel me donne plus de 47 minutes), un temps dont je peux être fier vu la difficulté du parcours.
La petite soupe maison proposée à l'arrivée réchauffe la carcasse, mais ça manque de buvette, et surtout de copains pour se boire une petite bière!
Un coup d'oeil au classement me confirmera que l'épreuve a battu tous les records de participation: plus de 1 700 arrivants ( je suis 597è).
Au passage, je prends un coup de vieux: mon anniversaire n 'est qu'au mois de mai, mais comme je suis né en 71 je fais désormais partie des vétérans!

Après l'ouverture de la saison de courses à pied dans les Flandres, j'ai participé à celle du Valenciennois.
Le 20 février c'était la Course de Brennus à Sebourg. Deux courses en une: un 5 km et un 10 km.
Arrivé bien en avance, j'ai eu largement le temps de m'inscrire et de m'échauffer avant l'arrivée de Chti Vincent et de Chti Grincheux, ce dernier habitant dans le coin.
J'avais vu sur internet que le départ était à 9h30. Une fois sur place, il apparaît que c 'est plutôt 10h, mais en fait c'est le 5 km qui part à cette heure-là, nous nous préparons donc à partir à 10h30. On va se retrouver à passer deux fois plus de temps à s'échauffer qu'à courir! enfin, au moins on ne risque pas le claquage!
A 10h25 le coup de feu du starter surprend tout le monde, du coup je cafouille avec mon chrono, je n'aurai pas mon temps exact. Tant pis, on court.
Les premiers hectomètres sont composés d'une longue descente, à l'occasion de laquelle je tente de remonter le peloton compact. Comme la course de la semaine dernière, celle-ci est très fréquentée, et on se marche un peu sur les pieds. Ca monte et ça descend assez régulièrement, et vers le 3è km nous nous retrouvons dans des chemins boueux traversant les champs. Ca embaume la campagne, d'autant qu'on longe des tas de fumiers et des élevages de poulets. A part ça le paysage est quand même très plaisant, c 'est assez vallonné et boisé dans le coin.
Même sans chrono, je me rends compte que j'avance plutôt bien, un peu moins de 5 minutes au kilomètre, même après la mi-course.
Mais c 'est à ce moment que les vraies difficultés commencent: tout d'abord une belle côte vers le 6è km puis une autre juste avant l'arrivée, très raide et assez longue.
Il ne pleut pas vraiment, mais le crachin finit par imbiber mon dossard et je manque de le perdre, je termine la course en tenant dans ma main une masse informe de papier brun.
La ligne d'arrivée en ligne de mire je résiste aux derniers concurrents essayant de me dépasser et je dois terminer dans les 45' 37 selon le chrono officiel, soit mon temps intermédiaire à Ploegsteert en novembre dernier.
Une fois la ligne franchie on retrouve l'organisation hasardeuse de la course: on nous fait longuement patienter entre les barrières avant de prendre nos dossards (ou ce qu'il en reste).
Heureusement le ravito final vaut le coup: une bonne omelette nous attend à la salle polyvalente!
Mais je ne peux pas m'attarder, je retrouve Chti Vincent et Chti Grincheux pour rallier la maison de ce dernier où un plantureux repas bien arrosé nous attend.

samedi 9 avril 2011

Sucker Punch - Zack Snyder


J'entretiens une relation plutôt paradoxale avec le cinéma de Zack Snyder.
D'un côté il fait des films plutôt divertissants et bien fichus, mais d'un autre côté je ne n'aime pas trop certains de ses tics de réalisation ( ces ralentis quasi-systématiques par exemple), et il faut aussi avouer que sur Watchmen ses choix musicaux étaient pour le moins étranges (sans parler de la sous-intrigue sur l'épouse de Léonidas dans 300, absente de la bd originale et totalement inutile ).
Pour la première fois de sa carrière, donc, Snyder met en scène un projet personnel. Ni un remake, ni une adaptation de bd, mais un truc qu'il a écrit lui-même. Le moment est donc venu de juger de ce que le bonhomme a dans le ventre!
Dès l'introduction, une évidence se fait jour: Zack Snyder est un véritable cinéaste. En un peu plus de 5 minutes il parvient, lors d'une séquence sans aucun dialogue, à transmettre tant d'émotion que le doute n 'est plus permis.
Une fois le film lancé, une autre évidence apparaît: Zackinou a des choses à dire!
Bien sûr, tout cela est enrobé dans du joli papier et fleure bon le sucre et l'acidulé (voire le racolage) au premier abord, mais cette histoire de jeune fille incarcérée par un beau-père qui veut la faire lobotomiser et qui cherche dans son imaginaire les clés de sa liberté est bien plus complexe qu'elle n'en a l'air, et ceux qui hurlent au foutage de gueule lors du twist (mais en est-ce vraiment un?) final, ont oublié nombre d'indices disséminés en cours de route par le réalisateur.
Car Sucker Punch n 'est pas qu'un rêve éveillé de geek, c 'est un grand film initiatique et épique sur la culpabilité et le sacrifice, servi par des images somptueuses, des scènes de bataille proprement dantesques, et des acteurs collant à leurs personnages multiples.
Le genre de film pour lequel le qualificatif "culte " a été inventé, d'autant qu'il ne marche pas si bien que ça aux States, le studio ayant invité Snyder à se concentrer plutôt sur son remake de Superman plutôt que de penser à de nouveaux projets personnels, du moins dans le court terme.
Reste à espérer que sa version des aventures de notre kryptonien préféré marche suffisamment bien pour qu'il puisse se consacrer ensuite à des films aussi personnels et réussis que Sucker Punch.

lundi 14 mars 2011

The Fall - Guillermo Del Toro/ Chuck Hogan



Deuxième volume de la trilogie vampirique de Guillermo Del Toro.
The Fall (La Chute) : le titre annonce la couleur, c 'est bien à la fin du monde que l'on assiste ici.
L'éclipse décrite dans le premier volume aura été le signal que le monstre ayant pris l'enveloppe charnelle de Josef Sardu attendait, et ses sbires de par le monde mettent en branle un plan mûrement réfléchi. L'une après l'autre, les nations du monde succombent à une véritable peste vampirique. Après avoir échoué à anéantir le vampire dans le premier volume, nos héros n'ont plus qu'un seul espoir: acquérir, lors d'une vente aux enchères se déroulant en pleine apocalypse, un livre extrêmement rare et coûteux contenant des information vitales sur le Maître, dont son véritable nom. Dans cette quête ils trouveront des alliés inattendus.
Que dire de ce chapitre central qui n'ait pas déjà été dit sur la première partie? La relecture par Del Toro du mythe du vampire est toujours aussi passionnante, faisant de nombreux emprunts à son premier film, Cronos (déjà une histoire de vampires) mais aussi à Blade 2 (les commandos de vampire opposés à pire qu'eux, les vampires organisés en une société très hiérarchisée ancienne et secrète), le style est toujours aussi fluide, les personnages gagnent encore en épaisseur, l'intrigue est toujours aussi ramassée ( l'action doit se dérouler sur deux ou trois jours), si bien qu'on est surpris, et surtout déçu, d'arriver si vite à la fin.
...
Bon, ça vient cette suite?

dimanche 27 février 2011

Off Courses!


Que faire pour s'occuper en hiver, alors que la saison de course à pied est au point mort? et surtout comment éliminer les calories et toxines diverses accumulées pendant les fêtes? participer à des courses "off" pardi! Comme leur nom l'indique, ces courses n'ont rien d'officiel, et sont organisées bénévolement par des passionnés. Pas de dossard, pas de chrono officiel, et bien évidemment il ne faut pas s'attendre à trouver des ravitaillements tous les 5 km, ni à ce que la route soit bloquée, mais l'ambiance est des plus conviviales et c 'est finalement tout ce qui compte.
Première étape, le Pavé du Fort, à Capinghem, une commune coincée entre Auchan Englos et le Kinépolis. Trois boucles de 4 km dans les chemins de campagne (moins de risque de rencontrer des voitures, surtout un dimanche matin), dont un passage pavé d'environ un kilomètre. On s'arrête quand on veut, aux 4, 8 ou 12 km suivant sa motivation et ses moyens. Cette année l'organisateur a obtenu l'ouverture de la salle des fêtes, au moins on pourra attendre le départ au chaud. J'y retrouve la bande de joyeux drilles de Kikourou, Chti Grincheux, Chti Vincent et leurs petites familles, ainsi que Vivien, accompagné de son père, intronisé photographe officiel de la course (enfin, pour notre groupe du moins!). Nous sommes un peu plus d'une centaine à nous présenter sur la ligne (fictive) de départ, on me dit que c 'est le record de l'épreuve.
Après une minute de silence en hommage à un ami de l'organisateur décédé peu avant, le peloton s'élance à allure mesurée. On est loin des trains d'enfers imposés par les Kényans sur les courses officielles!
La première partie du parcours est en descente, ce qui nous permet de nous mettre tranquillement dans le bain, puis, un peu avant le premier kilomètre, arrive le secteur pavé. Il s'agit de ne pas se tordre les chevilles, et surtout de ne pas tomber. La foulée se fait prudente, et on court en regardant ses pieds. Au 2è km, on remonte. La pente n 'est pas très forte, mais assez longue, ce qui me permet de rattraper quelques concurrents. Trois boucles ainsi, donc.
J'en finis en 56mn 22, un peu plus de 12 km/h de moyenne, mon allure habituelle sur semi marathon, pas mal pour une course de reprise, surtout vu le parcours. Une fois que tout le monde est arrivé, on se précipite dans la salle des fêtes pour déguster la merveilleuse soupe préparée par les organisateurs.

Deuxième étape hivernale: La Crapahute, à Herlies, non loin de Sainghin en Weppes, une course empruntant les sentiers boueux entre les champs. Chti Grincheux, que je retrouve au départ dans son déguisement de Guerta et accompagné de sa moitié, m'avertit que certaines années le parcours est tellement gras que l'on risque d'y perdre ses chaussures! Mais cette année on a de la chance, il n'a pas trop plu les jours précédents.
Il y a là aussi plusieurs évènements en même temps: deux courses et deux randonnées de 4.5 et 11.2 km. L'inscription est payante, quoi que rien n'empêche de resquiller, et les bénéfices sont reversés à une association caritative. Cette année ce sont les clowns de l'espoir, une association visant à égayer le séjour des enfants à l'hôpital qui a été choisie.
Après une photo de groupe (nous ne sommes pas très nombreux non plus sur cette course), le peloton s'élance tranquillement. Le niveau n 'est pas très relevé, ce qui me permet de passer la première partie du parcours autour de la 5 ou 6è place. Après un kilomètre très roulant sur la route nous bifurquons sur des sentiers serpentant entre les champs de choux et de betteraves. C 'est assez "gadouilleux", mais finalement moins pénible qu'à la Course des Chicons, par exemple, j'ai vraiment de la chance! A partir de la mi-course nous dépassons les randonneurs partis une bonne demi-heure avant nous, il faut zigzaguer entre les trous d'eau, les ornières et les randonneurs, sans oublier les promeneurs du dimanche qui n'ont rien à voir avec la course, et sur les routes il faut faire attention aux voitures.
Le balisage étant plutôt aléatoire, malgré la bonne volonté des signaleurs bénévoles, je me trompe presque de chemin dans le dernier kilomètre, mais je finis tout de même en 53mn56s, soit à peu près sur la même allure qu'à Capinghem, et surtout 10è de la course! (je ne ferai jamais une meilleure place!).
A l'arrivée une bonne soupe bien chaude nous attend, mais la buvette toute proche nous propose d'autres breuvages pour nous remettre de nos émotions.

lundi 21 février 2011

Ma semaine au ciné

Il m'arrive parfois de rester plusieurs semaines sans aller au cinéma. Forcément, au bout d'un moment l'envie me démange, et suivant un phénomène de compensation il m'arrive donc aussi d'aller me payer une toile plusieurs fois dans la même semaine (et parfois même plusieurs fois dans la même journée).

Lundi dernier, mon seul jour de congé dans la semaine, et donc le seul jour (à part le dimanche) où je peux aller à la séance de 11h (c 'est moins cher). Direction mon cinéma fétiche: le Majestic. Darren Aronofski fait partie des réalisateurs que j'apprécie, même si je n'aime pas forcément tous ses films au moins sont-ils toujours intrigants. Black Swan, son dernier, était présenté par le réalisateur lui-même comme le petit frère de The Wrestler, son précédent film. Il en justifie la parenté par le fait que les personnages torturent leur corps au service de leur art ( oui, il considère le catch comme un art). C 'est à peu près le seul rapport que les deux films entretiennent, et pour ma part c 'est tant mieux, je n'avais pas beaucoup aimé The Wrestler, même s'il me faut reconnaître que Mickey Rourke y livrait une performance digne des oscars. Malgré un parti-pris artistique semblable ( les deux films sont filmés caméra à l'épaule), l'atmosphère de Black Swan est très manipulatrice et onirique, là où celle de The Wrestler était très réaliste et brute de décoffrage. Du coup on se retrouve souvent dans des ambiances fantastiques, proches du Brian de Palma de Carrie ou des délires de la chair à la David Cronenberg. Entre chronique très réaliste de la vie d'un corps de ballet et scènes hallucinatoires, on plonge dans la folie paranoïaque du personnage de Nathalie Portman, aussi incapable qu'elle de différencier fantasmes et réalité. Les acteurs sont au diapason: entre une Barbara Hershey botoxée incarnant une mère castratrice, limite sorcière, un Vincent Cassel pour une fois d'une sobriété exemplaire et surtout une Nathalie Portman consciente de tenir là le rôle de sa vie, on ne décèle aucune fausse note dans la distribution..
C 'est ce qu'on appelle du grand cinéma.


Jeudi soir, l'UGC organise une avant-première de True Grit, le dernier film des frères Coen, deux autres réalisateurs que j'aime beaucoup.
Il s'agit en fait du remake d'un des derniers classiques de John Wayne, connu chez nous sous le titre de 100 Dollars pour un Sheriff, dans lequel un marshal en fin de parcours, la gâchette facile, la mine renfrognée et un goût certain pour la dive bouteille, se retrouvait embauché par une jeune fille de 14 ans afin de traquer l'assassin de son père.
Après avoir approché le genre avec No Country For Old Men, les frangins s'attaquent donc cette fois de front au western.
Jeff Bridges reprend ici le rôle du Duke, et le moins que l'on puisse dire c 'est qu'il colle parfaitement au personnage: le visage buriné derrière sa barbe grisonnante, une diction que l'abus de whisky a rendu plus proche du borborygme que de la parole et surtout une hygiène rappelant celle de Jeffrey Lebowski, un de ses plus grands rôles, déjà sous la direction des Coen Brothers.
A ses côtés une fillette au caractère bien trempé (personne ne résiste à ses talents de marchandeuse), et un Texas Ranger incarné par un Matt Damon méconnaissable derrière sa moustache. Face à eux Josh Brolin, déjà présent dans No Country For Old Men, campe un assassin légèrement crétin, et donc immédiatement attachant.
Les morceaux de bravoure de l'original répondent bien entendu à l'appel, même si l'atmosphère générale se veut un peu plus crasseuse, plus authentique, plus "gritty" quoi, à l'image des westerns réalisés par Clint Eastwood.
Comme dans No Country For Old Men, les frères Coen aiment suivre leurs personnage jusqu'au bout de leur parcours, au risque parfois de donner l'impression que la dernière scène est un peu superflue. Mais l'ensemble est si prenant, touchant et drôle que je leur pardonne volontiers.


J'ai loué récemment les mérites du Kino, la salle de cinéma de la fac de Lille 3, voici une occasion d'en remettre une couche: en effet, le Kino est le seul cinéma de la métropole lilloise à proposer Scott Pilgrim en V.O! J'en ai donc profité vendredi après-midi pour aller faire ma carte d'abonnement (depuis le temps que je devais la faire!).
Puisqu'on parle ici de réalisateurs chers à mon coeur, je ne pouvais passer sous silence Edgar Wright, réalisateur culte de la nouvelle vague du cinéma anglais. Après les zombies de Shaun of the Dead et les flics de choc de Hot Fuzz, Edgar Wright s'attaque à la comédie d'action pour ados.
Scott Pilgrim est au départ un comic book au style visuel très proche du manga. Le héros éponyme, bassiste dans un garage band, rencontre un jour la fille de ses rêves ( littéralement: elle hante ses rêves avant même qu'il ne la rencontre en vrai), mais se rend vite compte que pour continuer à la fréquenter il devra triompher de ses 7 ex maléfiques, qui ont formé une ligue afin de pourrir la vie amoureuse de la belle.
Avec un pitch aussi délirant on s'attend bien sûr à ce que le film ne ressemble à rien de connu, et Scott Pilgrim tient toutes ses promesses.
Le relookage du logo Universal et le remix du générique du studio façon musique de jeux d'arcade des années 80 annonce la couleur: on est bien dans un univers de jeu vidéo. Chaque personnage est présenté par une petite fiche indiquant les choses à savoir, des ados en apparence normaux se transforment soudain en combattants doués de capacités inouïes, on peut acquérir des capacités spéciales à force de se battre, on sort des sabres de nulle part, les méchants se transforment en petits tas de pièces une fois vaincus et on peut même avoir des vies supplémentaires!
Le scénario ne brille bien entendu pas par son originalité ni sa complexité, mais c 'est que l'intérêt est ailleurs, dans les scènes de combat notamment, qui renvoient les différentes tentatives d'adaptation de jeux vidéos à leurs chères études.
C 'est crétin, mais c 'est fait exprès, et Dieu que c 'est bon!

vendredi 11 février 2011

Le Fléau: 4è partie.


En attendant une adaptation ciné qui vient d'être annoncée (je me demande d'ailleurs comment ils vont faire? 3 films de 4h à la façon du Seigneur des Anneaux?), l'adaptation du roman fleuve du King se poursuit. On commence enfin à entrer dans le vif du sujet, la preuve, certains personnages finissent par se croiser!
Frannie et son encombrant admirateur croisent la route de Stu Redman, et comme ce dernier l'a dit "mettez trois personnes ensemble, et c 'est le début d'une société" évidemment des tensions apparaissent, d'autant qu'Harold Lauder est un sacré cinglé!
Pendant ce temps Nick Andros se sort enfin des délires occasionnés par l'infection de sa blessure à la jambe, et Randall Flagg se révèle enfin face à un mortel.
(ça en fait des "enfin" tout ça!)
Le dessinateur, que je trouvais plutôt timoré jusqu'ici, semble enfin prendre ses aises, et son graphisme soigné peut enfin prendre toute son ampleur dans des compositions de page de plus en plus audacieuses.
Bon sang, c 'est quand la suite? (et j'ai lu le bouquin plusieurs fois!)

mercredi 2 février 2011

Courses d'Hiver


L'année dernière, pour ma première saison de course, je m'étais arrêté au mois de novembre, avec le semi marathon de Ploegsteert, guère motivé par la météo de plus en plus fraîche et surtout pluvieuse à mesure que l'hiver progressait. Cette année par contre, m'étant fait quelques copains via le forum de Kikourou, je me suis laissé entraîné dans des courses se déroulant dans des conditions qui m'auraient autrefois fait garder la couette.
Si lors des Boucles Tourquennoises et de la Course du Chicon la météo était comparable avec ce que j'avais connu l'année précédente, il en alla tout autrement lors du semi de Ploegsteert: une température glaciale, un vent à décorner les boeufs et surtout de la pluie! j'ai horreur de courir sous la pluie! c 'est là qu'on voit l'importance des potes, sans eux je ne me serais jamais aligné à l'édition 2010 de cette épreuve! La première partie du parcours se passe pourtant plutôt bien, puisque nous avons plus ou moins le vent dans le dos. J'ai ainsi parcouru 13 km à l'heure de course! (comme l'année d'avant!) par contre c 'est sur la fin que ça se complique: les six derniers kilomètres reprennent les six premiers, mais dans l'autre sens. A ma grande surprise, je réalise un chrono plus qu'honorable, avec 1h39mn42s!
Sur ma lancée je me suis inscrit aux Foulées Hellemmoises et à la Course du Téléthon de Wavrin, deux courses de 10 km. Il fait de plus en plus froid, le départ à Wavrin est même donné alors qu'une fine couche de givre recouvre la campagne, mais au moins il ne pleut pas et il n'y a pas de vent! Je me sens plus en forme que l'année précédente, mais bizarrement je n'arrive pas à battre le chrono réalisé lors de mon premier dix kilomètre. Pas grave, j'aurais au moins serré la pince à Jean-Marie Leblanc, parrain de l'édition 2010 des 10 km de Wavrin.
Ma dernière course de l'année 2010 sera la Course de Noël des Moulins à Steenvoorde, au pied du Mont des Cats, une course plus pour s'amuser que pour réaliser un chrono. Heureusement, parce que vu les conditions météo cela aurait été bien difficile. L'atout majeur de cette course est que l'on peut trouver de la bière, la Fromulus produite localement, aux ravitaillements. Gros gourmand que je suis, je me suis inscrit au semi marathon (il y a plus de ravitos!), tandis que les copains se contentaient du 10 km, mais la neige recouvrant le paysage, et continuant de tomber, les organisateurs ont été contraints, comme l'année dernière me dit-on, de raccourcir le semi qui du coup ne fait plus que 17km (ça fait au moins un ravito en moins, ça! bande de radins!). Encore une fois c 'est heureux, car on se les gèle! Mais les organisateurs ont tout prévu pour que l'on passe malgré tout un bon moment, et les animations ne manquent pas tout au long du parcours, la plus mémorable étant sans aucun doute le ravitaillement de Terdeghem, où l'on nous invite à danser le madison une bière à la main! "Le ravito de Terdeghem: le ravito que j'aime!".
Une fois la ligne d'arrivée franchie la fête continue dans la salle des sports, où l'on récompense les meilleurs déguisements, une cérémonie de remise des prix qui éclipse même les récompenses officielles, je ne saurai jamais qui a gagné!