mercredi 3 février 2010

Max et les Maximonstres- Spike Jonze



Je suis encore à la bourre, quelle feignasse je peux être quand même!
J'ai beau avoir vu le dernier film de l'auteur de Dans La Peau De John Malkovich pratiquement le jour de sa sortie je ne couche mes impressions que maintenant, et forcément je risque d'oublier plein de trucs.
De la part de Spike Jonze il faut s'attendre à tout sauf à un truc classique, alors quand le gaillard s'attaque à un classique de la littérature enfantine d'outre-Atlantique (ça date des années 60 mine de rien) on se dit que ça risque de bien délirer.
Comme pour mieux nous surprendre, le réalisateur débute son film d'une manière très réaliste, pratiquement "dogme" pour mieux nous faire entrer dans le quotidien de ce petit garçon délaissé par sa grande soeur qui préfère s'amuser avec ses copains et sa maman divorcée qui essaie d'avoir une vie professionnelle et sentimentale (magnifique Catherine Keener, la Maxine de Malkovich).
Ce n 'est qu'une fois que le jeune héros s'évade au propre comme au figuré que le film prend véritablement son envol.
Pour autant le cadre dans lequel évoluent les monstres est une fois encore très réaliste, avec la même photographie pratiquement monocrome. Après tout l'histoire en elle-même est déjà suffisamment fantastique sans qu'il soit besoin d 'en rajouter. Au contraire, cet ancrage dans le réel nous permet de mieux nous rapprocher de ces créatures aussi touchantes que terrifiantes. Les costumes animatroniques ( pas de CGI ici!) sont très réussis dans le genre peluches vivantes et on oublie bien vite que l'on a affaire à des acteurs dans un costume pour ne plus voir que les personnages.
Bien évidemment l'arrivée du jeune garçon va chambouler l'univers des monstres, et ce n 'est pas parce qu'il s'agit d'un conte pour enfants que tout y est rose. C 'est qu'on a un peu tendance de nos jours à oublier que les contes sont à l'origine assez effrayants, et ne finissent pas toujours très bien, ce que se chargent de rappeler des auteurs comme Henry Sellick et surtout Guillermo Del Toro.

mercredi 6 janvier 2010

Esther - Jaume Collet-Serra



Dernier né de la vague des films mettant en scène des enfants meurtriers, Esther n'avait à priori pas grand chose pour susciter mon intérêt. Des histoires de chtites n'enfants adoptées qui font d'abord la joie de leurs nouveaux parents mais s'avèrent en fait être de véritables psychopathes, voire des incarnations du démon, il y en a à la pelle. Cependant la bande annonce promettait de la belle image et un joli suspense, et puis les réalisateurs espagnols font de jolies choses ces derniers temps. Le film que je voulais voir ce jour là ne passait que le soir, alors je me suis laissé tenter.
Le début du film me conforta dans mes appréhensions: malgré une jolie photographie, les moments chocs étaient ultra prévisibles et guère exploités de la manière la plus inspirée.
Le casting s'en sort bien mieux: les acteurs sont tous très solides et on voit que le réalisateur adore travailler avec les enfants tant ceux-ci sont mis en valeur et semblent naturels, loin des horripilants petits monstres qu'on peut voir dans toutes les productions gnangnan habituelles.
L'arrivée de la dite Esther vient chambouler tout ça: la jeune actrice, dans un rôle tout de même assez dur pour une enfant de cet âge, bouffe littéralement l'écran! Aussi à l'aise dans le registre de la petite fille modèle que dans celui de la meurtrière machiavélique elle hisse le film à un tout autre niveau, le rendant meilleur par sa seule présence. Elle tient littéralement le film sur ses frêles épaules! D'autre part l'intrigue se complexifie, la famille qu'Esther entreprend de détruire se révélant être aux prises avec ses propres démons. Les personnages en deviennent plus intéressants, et on se soucie vraiment de leur sort.
La tension va crescendo jusqu'à un final très tendu et une révélation inattendue.
Hormis la séquence d'ouverture faussement choquante Esther se révèle donc finalement être un thriller très fréquentable, et permet à une jeune actrice de littéralement exploser à l'écran.

dimanche 3 janvier 2010

The Devin Townsend Project - Addicted



Deuxième partie de la tétralogie annoncée du Canadien fou, Addicted est sorti il y a quelques mois déjà, mais comme d'habitude je suis à la bourre pour mes chroniques. Je voulais prendre le temps de m'imprégner de l'album avant de me lancer dans un compte-rendu, mais une chose en entraînant une autre j'ai fini par prendre du retard, mais comme on dit: vieux motard que j'aimais!
Le 17 novembre donc, n'ayant pas cours avant l'après midi je profite de la matinée pour me procurer la galette tant attendue. Arrivé à la Fnac, on me dit qu'il n'est pas encore sorti. J'ai beau leur dire que la date de sortie est bien aujourd'hui, on me répond que vu que ça vient du Canada il faut le temps pour que ça arrive chez nous! On se fout de ma tronche quoi!
Heureusement à Lille il y a aussi Le Furet, et c 'est là que je trouve mon bonheur: il n'en reste qu'un exemplaire dans le rayon que je m'empresse d'attraper avant de me mettre en route pour le lycée. Avec tout ça je n'ai pas vu le temps passer, il me faut bien quarante minutes pour rejoindre mon lieu de travail. J'arrive avec un léger retard, mais rien de catastrophique. Les cours finis je me dépêche de rentrer afin de poser le cd dans ma platine et de juger la bête sur pièces, chose que je suis d'autant plus impatient de faire que cette fois Devin Partage les vocaux avec la Belle chanteuse Néerlandaise Anneke Van Giersbergen, que j'ai vue de nombreuses fois en concert quand elle était la frontwoman de The Gathering.
Le diptyque d'ouverture, Addicted et Universe In A Ball, nous confirme qu'on est en terrain connu: gros riff bien lourd, mur de guitares caractéristique, bidouillages électroniques, vocaux hurlés, sans la présence discrète au début du premier morceau d'Anneke on aurait l'impression de se trouver face à certains des morceaux les plus calmes de Strapping Young Lad.
Le premier changement notable intervient au troisième morceau, Bend It Like Bender, qui se trouvait sur le CD sampler de Rock Hard: un morceau très pop dans l'esprit, au refrain entêtant répété à l'envi par Anneke dont la voix fait merveille sur les mélodies de Devin.
Supercrush nous ramène en pleine période Ocean Machine: un riff hypnotique, très atmosphérique, et cette fois c 'est Anneke qui chante les couplets et Devin les refrains. Mais pourquoi n'ont-ils jamais travaillé ensemble avant ces deux là?
Hyperdrive est une reprise de la fantaisie Ziltoid qu'Anneke chantait déjà en concert, ce qui a dû attirer l'attention de Devin sur la belle chanteuse batave.
Resolve voit le retour discret de Devin aux coeurs, de plus en plus accentué au fur et à mesure des refrains, sur une mélodie et des arrangements de guitare et de synthés rappelant Infinity par leur folie pleine de bonne humeur. Addicted est un album très gai, très optimiste, une bouffée d'air frais, on sent que Devin s'est beaucoup amusé à le faire. Il raconte d'ailleurs que quand il composait ses quatre albums en même temps c 'est vers celui-ci qu'il revenait invariablement lorsqu'il avait besoin de souffler un peu.
Ih-Ah est une magnifique ballade pop, très douce, qui ferait fureur dans les charts s'il se décidait à la sortir en single.
The Way Home aurait pratiquement pu figurer sur Ocean Machine avec sa mélodie rappelant Night, si ce n'était la voix de Devin qui, confirmant ce qu'il avait déjà montré sur Ki, se fait très lyrique.
Numbered continue dans le style Ocean Machine/ Infinity avec Devin aux couplets et Anneke aux refrains; une rythmique très lourde transcendée par des mélodies de guitares rappelant Terria et surtout les effets de voix de la Hollandaise et les élans opératiques du Dev'.
Enfin Awake conclut l'album sur une note légère, malgré la lourdeur des guitares.
Comme d'habitude Devin surprend, paradoxalement en faisant un album relativement prévisible après le choc que fut Ki. On pourrait d'ailleurs lui reprocher de tourner en rond, de revenir tout le temps au style qui a fait sa renommée, celui qu'il a lui-même défini dans les albums Ocean Machine et Infinity, mais ce serait passer sur les innovations qui parsèment cet opus, même si on peut regretter qu'il n'y ait jamais de véritable duo entre lui et Anneke, les deux chanteurs se chargeant suivant les morceaux des couplets ou des refrains, mais peut être cela sera-t-il pour une autre fois (on peut toujours rêver).
En attendant les deux dernières offrandes de la série, prévues dans le courant de l'année 2010, et qui devraient être cette fois très différents de ce que Devin a l'habitude de nous proposer, Addicted représente une oasis de joie de vivre et de fraîcheur qu'il serait vraiment dommage de bouder.

samedi 2 janvier 2010

Running Arka : part 2


Ca y est: 2009 a expiré son dernier souffle, et nous voilà désormais à l'aube d'une nouvelle décennie, comme le temps passe!
Mais avant de se jeter dans l'année 2010, il reste encore quelques affaires de 2009 en suspens, attendez-vous donc dans les jours qui suivent à une petit période d'adaptation, de "soldage" d'histoires en cours
La première concerne les courses à pied auxquelles je participe quand j'en ai le courage, c 'est à dire de moins en souvent depuis que le temps se fait plus froid et de plus en plus humide ( j'ai horreur de courir sous la pluie!)
Je m'attendais à participer à plus de semi-marathons, d'où le manque de nouvelles ces dernières semaines, mais finalement je n'en ai fait que deux depuis la dernière fois: celui de Maubeuge et celui de Ploegsteert, en Belgique.
Maubeuge est tout de même assez loin de Lille, mais comme ce week end là je devais aller chez mes parents qui habitent à Hautmont, cela ne m'a pas occasionné trop de dérangement autre que de me lever plus tôt que d'habitude.
Le dépaysement vient de l'organisation, résolument amateure! Ici pas de puce pour les chronos, pas de motos Adenor pour assurer la sécurité sur le tracé et les personnes chargées de baliser le parcours ne semblent pas prendre leur charge trop au sérieux, préférant papoter entre eux plutôt que d'aiguiller les coureurs.
Il est vrai qu'il fait frisquet en ce premier jour de novembre.
Deux courses se courent en une ce dimanche: un 10 km et le semi marathon. Les deux départs sont donnés en même temps, seule la couleur du dossard témoigne de qui court quoi.
Pas grand monde le long du parcours pour encourager les coureurs, on a un peu l'impression de se retrouver dans une ville fantôme.
Le parcours est très accidenté: juste après le départ, sur le parking du lycée Pierre Forest, on monte vers la nationale, puis on redescend vers la Sambre que l'on suit jusqu'au centre ville, on monte ensuite pour une boucle qui nous emmène devant l'hôtel de ville, puis traversée du zoo, tout en descente, avant de gravir un dernier obstacle et de regagner le parking. Lors du premier tour je tente de garder tant bien que mal de garder un rythme de 4mn30 au kilomètre. Aux 7 km j'en suis à 32 minutes et aux 16 km j'en suis à 1h15, moins qu'à la course du chicon, comme quoi j'y étais vraiment allé tranquillou cette fois là!
Lors du deuxième tour je me retrouve derrière un chauve rablé qui n'avance que par accélérations. Très frustrant à suivre, mais j'essaie de garder mon calme, pas envie de me flinguer les jambes.
Au final je termine en un peu moins d'1h40, ce qui ne manque pas de m'étonner, le parcours étant de loin le plus pénible qu'il m'ait été donné de courir cette année ( en même temps je n'ai commencé qu'au mois de septembre!).
Un peu plus d'une semaine plus tard, le 11 novembre, avait lieu le semi marathon de Ploegteert, une petite ville belge uniquement séparée d'Armentières par la frontière. Elle fut le théâtre pendant les deux guerres mondiales d'affrontement sanglants dont les nombreux cimetières militaires sont les témoins. La course s'appelle la Course du Souvenir pour des raisons évidentes, mais l'actualité récente lui donnait d'autres significations: Ploegsteert est le berceau de la famille Vandenbroucke, c 'est d'ailleurs elle qui a initié cette course, et la disparition tragique de Frank, l'enfant du pays , était dans toutes les mémoires, tout comme celle du petit Yanis, dont le corps venait d'être retrouvé dans un canal voisin le matin même.
L'ambiance était donc solennelle au départ de la course, mais le sport reprit rapidement ses droits.
Deux courses se couraient là aussi: un 8km et le semi marathon.
Les coureurs avec qui j'avais eu l'occasion de converser lors des autres courses n'avaient pas menti: le semi de Ploegsteert attire du monde! Il me faudra presque une minute après que le départ eût été donné pour franchir la ligne de départ!
Le temps est agréable, un peu frais, mais pas d'humidité, on aura même droit à quelques apparitions du soleil pendant la course!
Mes premiers pointages ne sont pas fameux: plus de 32 minutes aux 7 km, mais je remonte doucement la pente, et à l'heure de course j'ai parcouru plus de 13 km! je passe aux 16km en 1h15! je suis en train de faire mieux qu'à Maubeuge! tant mieux, c'était mon objectif!
Comme d'habitude vers la fin j'accuse un peu la fatigue, à partir du 18è km, et mon genou se rappelle à mon bon souvenir. Je commence à me faire dépasser par de plus en plus de monde, mais je finis tout de même en 1h38mn50s, soit mon deuxième meilleur temps.
Comme de coutume, tous les arrivants se voient remettre, en échange de la puce électronique, une "Queue de Charrue" (Ploegsteert en Flamand), la bière locale! C 'est aussi ça l'hospitalité belge!
Mon record sera un peu dur à battre je crois, ou alors il faut que je me faufile en première ligne pour le départ.
En ce moment c 'est la saison des cross, et ça ne me dit pas trop de courir à travers champs, mais je ne manquerai pas de vous tenir au courant de mes exploits futurs, et avec un peu de chance je vous raconterai un jour mon premier marathon (si tout va bien, ça sera la Route Du Louvre le 1er mai).
Bonne année à vous tous fidèles lecteurs, et à bientôt!

jeudi 31 décembre 2009

[Rec]2 -Jaume Balaguero/ Paco Plaza



Mon dernier billet de l'année 2009 concernera donc le cinéma d'horreur espagnol, très en forme ces temps-ci, c 'est d'ailleurs, et ce depuis une bonne dizaine d'année, l'un des meilleurs et des plus prolifiques de la planète. Jaume Blaguero n'y est d'ailleurs pas pour rien. L'auteur de La Secte Sans Nom, de Darkness ou Fragile a participé activement à l'essor de l'horreur hispanique moderne et loin de se reposer sur ses lauriers continue d'expérimenter et de pousser son médium dans ses retranchements, n'hésitant pas à aller où on ne l'attend pas. Aussi, alors que l'internationalisation de ses films semblait le destiner à s'exiler à Hollywood, Balaguero surprend tout le monde en 2008 en co-réalisant avec son compère Paco Plaza une véritable bombe appelée [Rec], filmé en caméra subjective pour pas cher chez lui, en Espagne. Les Américains, comme à leur habitude devant le carton d'un film étranger, mettent en route le remake, appelé Quarantine (Quarantaine chez nous), qu'ils s'arrangeront, mauvais joueurs qu'ils sont, pour sortir chez eux avant l'orignal. Là encore la carrière de l'Espagnol aurait pu basculer, à l'instar d'un Takashi Shimizu qui n'en finit plus de remaker son Ju-On ( The Grudge aux States). Refusant de signer le remake de son propre film, préférant rester en Espagne où il peut faire ce qu'il veut plutôt que de répondre à l'appel des sirènes Hollywoodiennes, Balaguero remet le couvert cette année avec la suite immédiate de son succès de l'an dernier.
[Rec]2 commence à l'instant même où se termine le premier film. Une équipe d'intervention de la police Espagnole, sous les ordres d'un mystérieux médecin, investi l'immeuble où se sont déroulés les évènements relatés dans le premier épisode.
Ce qui marque immédiatement c 'est la référence au Aliens de James Cameron, un réalisateur qui redevient décidément très à la mode ces derniers temps. L'escouade de policiers aux casques équipés de caméras vidéo filmant tout ce qu'ils voient renvoie évidemment à l'arrivée des marines coloniaux sur la planète des aliens. Ce n 'est pas innocent, le deuxième film de la saga initiée par Ridley Scott est souvent cité comme référence quand il s'agit de réaliser ce qu'on appelle désormais une séquelle. Mais ce n 'est pas la seule référence des réalisateurs qui n'hésitent pas à citer L'Exorciste, Evil Dead ou même The Thing. L'influence majeure cependant, et sans doute plus encore que dans le premier film, reste les jeux video, et particulièrement les FPS à tendance horrifique comme Resident Evil. C 'est particulièrement frappant dans le dernier quart du film où l'on bascule dans le fantastique pur, la topographie des lieux changeant suivant que la caméra soit réglée en vision "normale" ou en "Night Vision", une façon de bloucler la boucle, les jeux video ayant largement utilisé la grammaire cinématographique pour se développer.
Loin du tout venant hollywoodien, [Rec]2 est donc un véritable film de trouille, sans concession. C 'est sombre ( dans tous les sens du terme) c 'est violent, c 'est sanglant, c 'est flippant, bref, tout ce qu'il faut pour passer un bon moment.

mardi 29 décembre 2009

Avatar - James Cameron



Mardi 15 décembre, les vacances se profilent à l'horizon, l'une de mes classes est en stage, d'autres font grève, et ce soir c 'est l'avant première d'Avatar, le premier film de "Iron" Jim Cameron depuis Titanic il y a de cela déjà dix ans. Pas question de manquer ça, d'autant que le Majestic, mon cinéma fétiche, le propose en 3D et en V.O.
Je réserve ma place deux bonnes heures à l'avance, le temps de rentrer manger un petit quelque chose puis je gagne la salle de cinéma, où on nous demande une pièce d'identité en gage des lunettes relief dont le coût à la location semble bien onéreux.
Pas de page de pub, pas de bandes annonces, on entre tout de suite dans le vif du sujet. J'avoue avoir un peu de mal avec l'entrée en matière. James Cameron m'avait habitué à une longue présentation des personnages et des enjeux, hors cette fois nous sommes tout de suite plongés dans l'action. Je me dis que cela est plutôt logique dans un film en 3D mais tout de même.
Puis viennent les premières scènes mettant en scène les Na'Vi, et là l'intérêt du parti pris du réalisateur me saute littéralement à la tronche: on est plongé dans l'univers de Pandora, on suit les évolutions des Na'Vi à travers les arbres, dans les airs, au milieu des fougères comme si on était avec eux et on est tellement imprégnés de ce monde qui se dévoile pour nous qu'on se rend vite compte que cette histoire, que l'on prenait jusqu'alors pour simpliste, n 'est en fait que simple (au sens noble du terme), et ce pour une raison évidente: il y a tellement de choses à l'écran qu'il ne faudrait pas être distraits par une intrigue trop compliquée, et d'ailleurs James Cameron s'est toujours distingué par la façon qu'il avait de rendre passionnantes les histoires les plus banales.
Avec Avatar James Cameron conforte plus que jamais son statut de cinéaste visionnaire, et pour une fois le qualificatif n 'est pas usurpé: la planète Pandora prend littéralement vie sous nos yeux, les Na'Vi cessent rapidement d'être des créations infographiques pour devenir de véritables personnages à l'instar de Gollum (d'ailleurs la compagnie de Peter Jackson a participé au film) et surtout on oublie vite la 3D pour se retrouver littéralement au coeur d'un ecosystème cohérent et d'une beauté à couper le souffle.
Alors évidemment ça rappelle un peu Danse Avec Les Loups ou Pocahontas, mais réduire Avatar à un simple exercice technique serait une erreur. Pour Iron Jim la technique n 'est qu'un outil au service de son histoire, et la simplicité de celle ci ne fait qu'en décupler la charge émotionnelle.
Il me faudra plusieurs heures pour redescendre sur terre, et d'ailleurs je remettrai le couvert dès le lendemain!

L'Imaginarium Du Docteur Parnassus - Terry Gilliam



J'adore Terry Gilliam. Tout d'abord parce qu'il possède un univers unique et immédiatement reconnaissable, ensuite, parce qu'à l'instar de mon idole Orson Welles, il parvient toujours contre vents et marées à réaliser des films appelés à devenir des classiques, et tout comme lui il s 'est cassé les dents sur une adaptation de Don Quichotte.
Ces derniers temps, cependant, j'avais un peu peur qu'il ne finisse par être définitivement écarté du circuit des salles obscures à force de flops. Il faut dire que son dernier film en date était pour le moins dérangeant (même si , bien sûr, je l'ai adoré). Mais avec L'Imaginarium Du Docteur Parnassus il renoue avec des thèmes et surtout un style visuel qui a fait sa renommée. On y retrouve ses chers héros marginaux, et surtout une imagination qui sert enfin à quelque chose d'autre qu'à exprimer la liberté. Elle est ici vecteur de salut ou de damnation et les scènes se situant dans l'imaginaire sont les plus belles qu'il m'ait été donné de voir depuis Les Aventures Du Baron De Munchausen.
Le dernier long-métrage de Terry Gilliam n'aura pas échappé à la malédiction qui semble frapper toutes ses oeuvres , puisque l'un de ses acteurs principaux ( le regretté Heath Ledger) est décédé pendant le tournage, mais la solution consistant à le remplacer par trois autres acteurs, et pas des moindres ( Johnny Depp, Jude Law et Colin Farrell) s'avère au final si logique qu'on se demande ce que cela aurait donné autrement. Quant à l'idée d'engager Tom Waits pour jouer le rôle du Diable c 'est la meilleure idée de casting depuis David Warner pour Bandits Bandits.
Au final, et malgré tous les bâtons que le sort a tenté de lui mettre dans les roues, Terry Gilliam nous livre une fois de plus une oeuvre forte, pleine de poésie et de rêve qui consacre définitivement la force de l'imaginaire comme une des puissances fondamentales de l'univers.

mercredi 16 décembre 2009

Marvel Zombies 3 - Fred Van Lente/ Kev Walker



Suite de la saga des morts vivants made in Marvel, avec cette fois de nouveaux auteurs et de nouveaux personnages.
Robert Kirkman laisse la place à Fred Van Lente et Sean Phillips passe ses crayons à Kev Walker.
Le théâtre du carnage se rapproche de la terre 616, celle de l'univers Marvel, et seuls les robots Machine Man et Jocaste peuvent se dresser entre la réalité abritant les héros Marvel "normaux" et les super vilains de l'univers zombie, les "héros" étant partis dans l'espace après avoir mangé le Surfer D'Argent et Galactus. Les méchants zombies, dirigés par le Caid assisté du Chacal, ont même déjà placé un des leurs sur terre 616 et n'attendent que son signal pour l'envahir.
On pourrait penser que les personnages principaux n'étant pas de chair et de sang ne risquent rien de la part des monstres anthropophages, mais ils ont beau être des zombies ils n'en restent pas moins redoutables, même s'ils ne peuvent pas manger des robots ils disposent tout de même de fantastiques pouvoirs.
D'ailleurs Machine Man en a marre de sauver des humains qui ne le traitent pas mieux qu'un grille-pain, et n'accepte la mission que contre des espèces sonnantes et trébuchantes, une réaction ma foi bien humaine, et la proximité de la belle androïde pourrait bien lui faire franchir une étape supplémentaire vers l'humanisation.
On le voit, le départ de Kirkman et de Phillips n'empêche pas Marvel de capitaliser sur un concept très juteux, et il faut s'attendre à d'autres récits mettant en scène les avatars zombifiés de nos héros, et vilains, préférés!

lundi 14 décembre 2009

Dexter - Saison 4



La saison 4 de Dexter, le sérial killer favori des ménagères, vient de s'achever, et devrait donc débarquer dans quelques mois en France.
En quelques mots: ne la manquez pas!
Dexter est l'une des seules séries à ne pas baisser de rythme ni de qualité, malgré le côté répétitif des intrigues ( en gros, Dexter affronte chaque saison un sérial killer différent).
Mais Dexter est bien plus qu'une série sur un serial killer, c 'est avant tout une histoire de famille.
La famille naturelle de Dexter ( qui avait occupé une bonne partie de la saison 1) et surtout la famille "recomposée" de notre héros, à commencer par sa soeur adoptive, qui lui a donc fait connaître sa petite amie, qui est ensuite devenue sa femme et enfin la mère de son enfant.
Il est d'ailleurs beaucoup question de famille dans cette quatrième saison, le "Trinity Killer " étant lui-même un père de famille. Dexter pense bien sûr pouvoir apprendre beaucoup d'un tel tueur, qui plus est membre éminent de la communauté, et va donc tarder à s'attaquer à lui ( sinon la saison tournerait court!).
Au delà des enquêtes criminelles, Dexter est donc avant tout une série sur la famille, au sens large. Le tueur s'humanise-t-il vraiment ou ne fait-il que défendre son territoire? qu'en sera-t-il de son fils? est-il condamné à vivre la même tragédie que son père? et Dexter lui-même? pourra-t-il jamais transcender sa condition?
Quoi qu'il en soit, et malgré les divergences de plus en plus marquées entre la série et les livres dont elle est tirée, cette saison 4 fournit son lot d'intrigues et de frissons contractuels, et le "cliffhanger" sur lequel elle se termine ne peut que nous rendre encore plus avide de découvrir la suite!

lundi 7 décembre 2009

La Route - John Hillcoat




Décidément la fin du monde est à la mode. Après les catastrophes naturelles et les épidémies de zombies c 'est au tour du roman de Cormac Mc Carthy de servir de support à un film post apocalyptique. Ici cependant, il n 'est pas question de destructions massives spectaculaires ni de massacre de zombies dans la joie et la bonne humeur, c 'est du sérieux!
On ne rigole pas dans le monde de La Route, ni dans la forme ( c 'est très contemplatif et sans fioritures) ni dans le fond (ici le cannibalisme règne en maître).
La Route est donc un film très sombre, servi par une photographie très monocromatique, poussièreuse, à l'image de ces terres arides réduites en cendres stériles, de ce ciel bas et lourd, de ces cadavres d'arbres qui s'effondrent dans un vacarme assourdissant. Les seules notes de couleurs proviennent des flashbacks dépeignant la vie des personnages "avant", mais ils sont eux-même l'indice du désespoir profond du personnage interprété par Viggo Mortensen ( comme d'habitude parfait), puisqu'il dit lui-même à son fils que c 'est lorsqu'on se met à rêver de choses agréables qu'on a vraiment perdu tout espoir.
La Route n 'est assurément pas le genre de film que l'on regarde pour se détendre, c 'est une oeuvre très dure, témoignant d'une vision très noire de la nature humaine; les prédateurs rencontrés par les héros sont plus abjects les uns que les autres, et même le père agit parfois de façon inhumaine pour protéger son fils.
A l'image des paysages du film tout est gris, il n'y a pas ici de véritable "bon" ou de "méchant". Notre empathie va tout de même au petit garçon, qui est finalement celui qui se comporte le plus humainement, même s'il n'a jamais connu rien d'autre que ce monde mourant.
En fin de compte, c 'est peut être bien lui la seule lueur d'espoir de tout le film.