vendredi 6 novembre 2009

Jonathan Strange & Mr Norrell -Susanna Clarke


Il n'y a pas que le ciné dans ma vie, il m'arrive aussi de lire. J'aime particulièrement les gros pavés qui m'embarquent dans de longs voyages loin de ma morne vie quotidienne.
Avec ce livre-ci j'ai été servi. Plus de mille pages, une histoire située dans une Angleterre pré-victorienne légèrement uchronique, des magiciens, des créatures magiques, des mondes parallèles, tous les éléments propres à me contenter. Et bien plus encore.
Bien qu'écrit récemment le livre est rédigé dans le plus pur style des romans de l'époque, avec une légère distance ironique sur les moeurs de la société que n'aurait pas reniée Jane Austen.
Le roman est un véritable "page turner" qui ne vous lâche pas. Le style incroyablement fluide de l'auteur, les péripéties des personnages, les références historiques, réelles ou imaginaires ( la magie fait ici partie de l'histoire de la Grande Bretagne), les manoeuvres militaires, les interventions de la magie, les conflits entre mages ... tout cela vous agrippe dès les premières pages et ne vous lâche pas tant que vous êtes en état de lire, et malgré le nombre impressionnant de pages on se surprend une fois le livre posé à regretter qu'il soit si court.
Une seule chose vous vient alors à l'esprit: la suite!!!!!!!!!!

mercredi 4 novembre 2009

NaNoWriMo 2009


Ca y est!
Après un léger retard à l'allumage (je n'ai commencé qu'hier), j'ai fini par débuter mon pseudo roman de l'année 2009.
Pour ceux qui ne sauraient pas ce qu'est le NaNoWriMo (National Novel Writing Month, soit le mois national de l'écriture de roman), sachez qu'il s'agit d'un défi littéraire invitant chacun à écrire en l'espace d'un mois (le mois de novembre donc) un truc ( n'importe quoi!) d'au moins 50 000 mots (environ 110 pages bien remplies).
Nul besoin d'être Shakespeare, ici la quantité prime sur la qualité!
L'année dernière je m'étais lancé dans une histoire de loup-garou qui s'en prenait à des chasseurs à la hutte dans les marais des Flandres en pleine canicule de l' été 1976 (sic!). Le processus d'écriture avait été quelque peu parasité par un défi que nous avait lancé une ville américaine, si bien que j'ai fini par écrire littéralement n'importe quoi pour faire avancer le "word count".
Cette année j'ai décidé de continuer dans la thématique canardesque, puisque je vais tenter d'adapter le scénario d'un bande dessinée que j'avais commencé à écrire et dessiner (oui, à une époque je croyais aussi savoir dessiner) dans ma jeunesse à savoir Destroy Duck: une histoire totalement fantaisiste de canards mutants et carnivores qui bouffent des gens.
Alors si vous aimez écrire, raconter des histoires, si vous avez toujours rêvé d'écrire un jour un roman mais l'avez toujours repoussé faute de temps, ou si vous aimez simplement relever des défis, à vos claviers!

The Children- Tom Shankland


L'Europe aurait-elle peur de ses enfant?
C 'est la question que l'on peut légitimement se poser après la sortie en moins de deux ans de trois films originaires du vieux continent ayant pour protagonistes des enfants tueurs.
Après l'Ibérique Les Proies, le Britannique Eden Lake ( avec Kelly "la nouvelle égérie de Klapisch" Reilly) voici venir en provenance de la perfide Albion The Children , au titre plus qu'évocateur.
Au delà de toute considération sociologique, force est de reconnaître que cette vague de films produit des oeuvres fort intéressantes, bien plus en tout cas que le tout venant hollywoodien.
Pourtant rodé aux productions made in BBC, Tom Shankland livre ici un pur produit cinématographique, tirant parti des moyens mis à sa disposition pour faire étalage de tout son savoir-faire.
Je n'ai pu voir le film qu'en V.F (enfoiré de Kinépolis!) mais cela ne m'a pas empêché d'être totalement absorbé par l'ambiance, le jeu des acteurs et même les dialogues, étonnamment bien traduits et doublés.
Le titre ne laisse aucun doute quant aux meurtriers, et contrairement à la plupart des production ricaines The Children tient ses promesses.
Sous l'emprise d'un mystérieux virus les enfants de deux couples ayant décidé de passer les fêtes de fin d'année ensemble se muent soudain en machines à tuer bien plus vicieuses que la Jennifer qui prête son body à un certain film.
Le résultat est proprement terrifiant, convoquant l'une des peurs les plus primaires de l'être humain. Un scénario au cordeau, des mouvements de caméra amples et virtuoses mais jamais vains, des gros plans venant appuyer certaines répliques à priori anodines, des acteurs en tous points parfaits et une bande son tout à fait impitoyable font de The Children un des joyaux du renouveau de l'horreur British, qui n'aura pas à rougir de se retrouver sur la même étagère que Creep, The Descent ou Eden Lake.
God Save the Screams!

vendredi 30 octobre 2009

Jennifer's Body - Karyn Kusama


"Dans Jennifer's Body, il y a beaucoup de Jennifer, mais pas beaucoup de body!"
Cette critique à l'emporte-pièce entendue quelque part à la télé ( le mec qui vérifie soigneusement ses sources!) résume assez bien mon opinion sur ce qu'on ose appeler un film d'horreur sexy.
C 'est bien simple: il n'y a pratiquement pas d'horreur ( tous les meurtres ont lieu hors-champs) et pratiquement pas de sexe (on ne voit même pas une paire de fesses!).
Alors évidemment mademoiselle Fox est une "Foxy Lady", mais justement je crois que vu la campagne de pub on était en droit de s'attendre à moins de pudeur de la part de la réalisatrice, quitte à mettre aussi les garçons à poils, pour une fois il y en aurait eu pour tout le monde.
Mais ce n 'est pas encore le pire, le fait est que Jennifer's Body se moque des fans du genre. On essaie de faire djeun's avec des références au kilomètre (aux groupes de rock à la mode, aux classiques du genre...) mais le tout tombe à plat tant les références justement ne sont pas assimilées. Et que dire des dialogues, navrants de bêtise, avançant avec des sabots de cinquante kilos, lourdingues à force de se vouloir malins.
Alors bien sûr Madame Kusama a le sens de la belle image, les meilleurs plans du film, notamment le plan aérien sur Jennifer en train de nager par exemple, figurent d'ailleurs dans la bande-annonce, mais un film d'horreur, tout comme un film comique ou d'action ,repose avant tout sur le rythme et ici il n'y en aucun.
Contre toute attente la bonne surprise du film reste Megan Fox, aussi convaincante en bimbo décérébrée (un rôle de composition?) qu'en possédée sanguinaire.
Espérons qu'à l'avenir elle saura choisir de meilleurs rôles.

jeudi 29 octobre 2009

Panda, Petit Panda - Miyazaki / Takahata (1973)


Quoi? un nouveau Miyazaki? déjà? Ponyo n 'est sorti que ce printemps!
En fait il s'agit ici d'une oeuvre de jeunesse des auteurs de Totoro et de Pompoko, deux moyens métrages au départ destinés à la télévision collés ensemble pour être exploités au cinéma. Contrairement aux oeuvres cinématographiques des deux réalisateurs, Panda, Petit Panda s'adresse principalement aux enfants, très jeunes de surcroit. L'histoire est très basique, les aventures de personnages dignes des livres de conte, et les animaux parlants sont de véritables peluches ambulantes. Pour autant Panda n 'est pas dénué d'intérêt pour un public plus adulte; on y trouve en effet la plupart des ingrédients des chefs d'oeuvres futurs des deux maîtres, et surtout de Miyazaki.
On pense évidemment immédiatement à Totoro; la maison au milieu de la forêt (de bambous ici) , la petite fille qui se lie avec des peluches vivantes, le personnage de la grand-mère, l'absence totale de méchants ( même les cambrioleurs sont gentils), les situations qui ne sont jamais très graves. L'omniprésence de la nature est à la base de l'oeuvre de l'auteur de Nausicaa, et la séquence de l'inondation peut être considérée comme un brouillon de celles de Chihiro et de Ponyo, le tout emballé avec un sens de la poésie déjà très sûr.
Un joli conte moral donc, sur la famille, l'importance d'en avoir une, quitte à se la fabriquer, la place de chacun dans cette entité, une histoire pas si gnangnan que ça qui saura contenter petits et grands.

Running Arka


Ayant apprécié l'ambiance du semi marathon de Lille je décidai de continuer l'aventure et de m'inscrire à toutes les courses du coin, et Dieu sait s'il y en a! Il paraît que le Nord/Pas-de-calais est la première région organisatrice de courses à pied en France.

Deux semaines après la braderie avait lieu le semi de Marcq-en-Baroeul. Tout de suite on se rend compte à quel point la course du premier week-end de septembre était exceptionnelle: il y a en gros moitié moins d'inscrits ici. Cela n'entame pas l'enthousiasme des coureurs ni des élus qui ont mis les petits plats dans les grands, puisqu'ils accueillent aujourd'hui des représentants de leurs villes jumelées en Angleterre et en Allemagne. Sur le parvis de l'hôtel de ville une jeune femme se charge de faire exécuter quelques mouvements d'échauffement à une poignée de concurrents tandis que d'autres arpentent de long en large l'avenue.
C 'est bientôt le départ, je tente de me placer aux avants postes. Ca part très vite, ce qui est d'autant plus étonnant que les premiers hectomètres sont en faux-plat montant. J'avale le premier kilomètre à plus de 12.5 km/h, ce qui me semble énorme. Je tente de m'accrocher à un des groupes de tête, mais passé le 5è kilomètre il me faut ralentir le rythme. Le parcours est très sympa visuellement, mais pour les jambes c 'est une vraie torture, il y a des montées redoutables, d'autant plus que le parcours prévoit deux tours de circuit. Ca ne manque pas, au deuxième tour, peu après la deuxième ascension de la grosse bosse je n'en peux plus. me voilà obligé de marcher pendant presque un kilomètre avant de reprendre un rythme de course.
Je finis en 1h48. Moi pas content!

La semaine suivante c 'est le semi marathon de Lambersart.
J'avais été surpris du faible nombre de concurrents à Marcq-en-Baroeul, que dire ici? nous sommes à peine 200 à nous aligner au départ de l'épreuve. Le faible nombre de participants me permet de me positionner en tête de course. Je ne tarde pas à comprendre ma douleur. La course démarre à une allure folle, et moi, pauvre fou que je suis , j'essaie de suivre! En une demi-heure j'ai ainsi parcouru plus de 7 kilomètres! Le parcours est très champêtre, la météo est clémente. Même si le fond de l'air est frais on se réchauffe vite. Vers le 13è kilomètre je me retrouve à coté d'un type sympa qui me propose de m'accrocher à sa foulée pour m'emmener vers l'arrivée, si bien que je bats mon record personnel en 1h37.

Deux semaines plus tard, rendez-vous à Marchiennes. Température toujours un peu fraiche, mais toujours pas de pluie. Un peu plus de monde qu'à Lambersart. Le parcours emprunte la forêt voisine, ce qui est très agréable. Par contre l'organisation me fait une frayeur: au lieu de nous proposer le premier ravitaillement aux 5 km, ils nous donnent rendez-vous au kilomètre 7! Comme d'habitude je suis à moitié mort après 15 bornes, mais je m'accroche pour ne pas m'arrêter et la fatigue finit par passer. Je retrouve mon pote de Lambersart qui ne m'aide pas cette fois-ci. Je tente en vain de le garder en point de mire, mais c 'est peine perdue.
Je finis en un peu plus de 1h40.

Plus de semi marathon avant le mois suivant, je m'essaie au 10 km. La semaine dernière avaient donc lieu les Boucles Tourquennoises, à Tourcoing donc. Une course de 10 km ouverte à tous mais comptant pour les championnats régionnaux et départementaux. Le quadruple vainqueur de l'épreuve, le champion de France, enfant du pays, Jamel Bachiri veut tenter la passe de cinq. Pour ma part je me contenterai de faire moins de 45 minutes, et pourquoi pas enfin dépasser les 13 km/h de moyenne sur une course. Départ en légère descente, ça va vite, mais pas autant qu'à Lambersart. Premier kilomètre en quatre minutes, sept kilomètre à la demi heure, je suis dans les temps. Au deuxième tour je me fais dépasser par mon copain de Lambersart que je parviens cette fois à garder en point de mire à défaut de pouvoir lui emboiter le pas.
Au final un chrono de 43mn 51s, et Jamel Bachiri a explosé le record de l'épreuve en un peu plus de 29 minutes ( c 'est pas le même monde !).

Avant le semi marathon de Maubeuge, il y a la Course du Chicon à Baisieux. Un parcours de 16 km en majorité à travers les champs qui entourent le village. Je tente pour une fois de partir relativement doucement pour tenter d'accélérer en deuxième partie de course. Il ne pleut toujours pas lors des épreuves, mais les pluies des jours précédents ont rendu boueux les chemins de terre qui serpentent entre les champs, ce qui n'est guère favorable aux performances. C 'est presque du cross. Je veille à ne pas tomber en dessous des 5 minutes par kilomètre, je tente le tout pour le tout dans le dernier kilomètre, mais j'ai perdu trop de temps dans la première partie de la course.
Je finis en 1h17, à 12,34km/h, ma plus mauvaise moyenne jusqu'ici.

Rendez-vous à la fin du mois de novembre pour la suite des aventures de votre blogger/ jogger préféré.

mercredi 14 octobre 2009

Googleries (Tribute to Ophelie)

Fréquentant régulièrement le blog "Histoire D'Oph", je lui pique de temps en temps des idées. La première fut de m'inscrire au NanoWriMo l'année dernière ( je remets d'ailleurs ça cette année), la seconde est la création d'une nouvelle rubrique: les Googleries. Il s'agit de répertorier les recherches internet les plus incongrues ayant mené les internautes sur son blog.
J'ai relié "ArkaBlog" à Google Analytics il y a un peu plus d'un mois, le temps est donc venu de faire la récolte.
Première constatation: j'ai des lecteurs. Pas énormément, mais bien plus que je ne le croyais, il m'arrive même d'avoir des pics d'audience de 15 visiteurs! (bon, d'accord, c 'est arrivé une seule fois). Moi qui croyait n'être lu que par deux ou trois personnes.
Ensuite, en général les gens qui arrivent ici ne se sont pas trop perdus en chemin, la grande majorité des recherches concerne mes articles.
Il faut donc chercher un peu pour se mettre quelque chose de cocasse à se mettre sous la dent, mais ça vaut le coup.
Il y a d'abord ceux qui semblent entretenir un lointain rapport avec le contenu du blog, comme"film coincé dans un avion", qui évoque plus un dvd ayant filé entre deux sièges que les oeuvres projetées dans un boeing, mais bon, on s'amuse comme on peut , surtout en avion. "comme super heroes film avion djimon", outre les fautes d'orthographe et la syntaxe hasardeuse doit renvoyer à Push (où on peut voir Djimon Honsou), et enfin "les vampires sont nul par rapport au loup-garou", même si je ne me suis jamais avancé à émettre un avis aussi péremptoire semble plus ou moins concerner Underworld.
Il y a ensuite les recherches cryptiques, telles que "la 3 à 20h30 marcus film". Si quelqu'un comprend ce que le malheureux internaute espérait trouver avec ça qu'il me fasse signe. Généralement pour savoir ce qui passe à la 3 à 20h30 je prends un programme télé, mais le "marcus" m'intrigue tout de même. Sinon " visage de star au réveil "n 'est pas mal non plus dans le genre, je ne savais pas qu'il y avait une rubrique "people" ici.
Il y a enfin les recherches qui font le bonheur d'Ophélie, à savoir celles qui ont un caractère plus ou moins salace. J'en ai dénombré une seule: "bizuttage sexuel". Si quelqu'un comprend, encore une fois, qu'il (ou elle) me fasse signe.
Les voies de Google sont décidément impénétrables.

mercredi 7 octobre 2009

Thirst - Park Chan-Wook


Le vampire est à la mode. Entre les aristocrates guerriers façon Underworld, les ados éthérés de Twilight et les enfants de Morse on ne sait plus où donner de la canine. On est donc en droit de se demander ce que Park Chan-Wook ( révélé au monde occidental avec la trilogie de la vengeance) peut espérer apporter de neuf à ce mythe maintes fois traité au cinéma.
Tout est dans le titre. Le vampirisme est ici une métaphore de la soif, sous toutes ses formes. Soif de vie, soif de pouvoir, de vengeance, d'indépendance, desir, passion... les vampires de Park Chan-Wook sont finalement très humains, leur condition est un révélateur de leur nature profonde, elle leur permet de réaliser des choses dont ils n'auraient jamais osé rêver auparavant.
Rien de bien neuf du côté du scénario donc, qui est, comme toujours chez Park, très touffu, voire confus, même si l'action est très linéaire (pas de flashbacks ici). C 'est du côté de la mise en images qu'il faut chercher de quoi apaiser notre soif d'originalité. L'ambiance est très douce, feutrée, la réalisation trompeusement minimaliste, les mouvements de caméra se font caressants, c 'est évidemment un film très sensuel, parsemé d'éclairs de violence très crue, et évidemment le sang coule à flots. On pense à quelques classiques du genre, notamment Les Prédateurs de Tony Scott (que son auteur envisage d'ailleurs de "remaker"), et surtout le magnifique Aux Frontières de L'Aube de Kathryn Bigelow.
Cette chronique ne serait pas complète sans un mot sur les acteurs. Song Kang-Ho, figure incontournable du cinéma coréen, prête sa bouille fatiguée au prêtre vampire. Son jeu discret et profond fait merveille pour exprimer les tourments et la soif qui habitent son personnage. Mais la révélation du film est sans conteste Kim Ok-Vin, incroyablement juste dans tous les aspects de son personnage complexe, tour à tour ingénue et diabolique, elle dégage un magnétisme irrésistible et semble promise à une belle carrière.

vendredi 25 septembre 2009

Démineurs- Kathryn Bigelow


Kathryn Bigelow est une cinéaste rare. Tout d'abord parce qu'elle n'a réalisé que peu de films, ensuite parce qu'elle s'acharne, le plus souvent avec brio, à piétiner les plates bandes de ses homologues masculins. Kathryn fait des films d'hommes! Elle adore quand ça bouge, quand ça saigne, quand ça flingue et quand ça fait mal! en témoignent des oeuvres telles que Strange Days, Point Break ( avec feu Patrick Swayze) ou encore Aux Frontières de L'Aube. Chaque nouvel opus de l'ex-madame Cameron est donc attendu impatiemment par votre serviteur.
Bizarrement je n'ai eu connaissance de la sortie de Démineurs que la semaine dernière, par le biais d'une bande annonce diffusée à la télévision. Il ne m'en a pas fallu plus pour décréter que je serais présent le jour de la sortie de ce film pour sa première séance sur Lille.
Malheureusement le seul cinéma le diffusant (L'UGC pour ne pas le nommer) ne présentait pas la V.O. La gêne que fut que passagère, l'énergie, l'émotion et le suspense ménagé par le métrage surpassant ce léger désagrément.
Démineurs ( The Hurt Locker en V.O, soit "le placard aux douleurs" ) suit donc les aventures d'une équipe de déminage américaine en pleine deuxième guerre d'Irak. Le plus souvent caméra à l'épaule, façon reportage sur le vif. Le premier plan du film , une vue subjective de la caméra du robot de déminage, laisse supposer que l'on est en présence d'une de ces oeuvres de mode, une resucée du Redacted de Brian dePalma, mais il n'en est rien. La technique colle à l'histoire: nerveuse et décadrée, mais tout en restant très lisible, dans les scènes d'action, plus posée dans les scènes intimistes, et surtout démontre une maîtrise de la tension dramatique à nulle autre pareille. Le titre français est d'ailleurs trompeur. On s'attend à ne suivre que des missions de déminage, on en suit d'ailleurs pas mal et toutes superbement mises en images, mais la scène-clé du film est une bataille de snipers en plein desert, qui rappelle évidemment fortement Jarhead... mais en mieux!
C 'est que le propos est à l'opposé. Ici il est question d'addiction à l'adrénaline. Le "héros" se sent bien dans ce chaos, il prend littéralement son pied chaque fois qu'il risque sa vie, ce qui n 'est pas sans causer quelques tensions avec ses co-équipiers.
Alors évidemment celà reste un film hollywoodien, mais le "happy end" choisi par la réalisatrice en désarçonnera plus d'un. Une chose reste certaine cependant: Kathyn Bigelow est une valeur sûre du cinéma d'action!

samedi 19 septembre 2009

District 9 - Neil Blomkamp


Voilà un film que j'attendais de pied ferme!
Et voilà un film qui n'a pas déçu mon attente!
Car malgré tout ce qu'on a pu voir sur internet et dans les différentes bandes-annonces, District 9 parvient encore à nous scotcher sur notre siège .
Ca commence à la manière d'un produit à la mode, façon faux documentaire, mais on se rend vite compte que l'ambition de Blomkamp n 'est pas de réaliser un "Cloverfield-like" ou un "Diary of the Aliens". L'artifice "documenteur" sert surtout à poser le contexte: un immense vaisseau spatial s' immobilise au dessus de Johannesbourg, amenant avec lui plus d'un million de créatures extra-terrestres desoeuvrées que l'on installe alors dans un ghetto de la capitale sud-africaine.
Vingt ans plus tard, nous suivons une équipe chargée de les délocaliser "pour leur sécurité" dans un campement en dehors des limites de la ville.
Petit à petit le documentaire laisse place à une narration plus classique et on entre dans le vif du sujet. Car rien de ce qu'on nous a montré dans les quinze premières minutes n 'est ce qu'il semble être: les "Crevettes" ( surnom des Sud-Africains pour les aliens qui ressemblent , il est vrai, au professeur Zoidberg de Futurama) ne sont pas les créatures abruties qu'on nous a présentées, les motivations du gouvernement sont loin d'être aussi louables qu'ils le prétendent, et surtout le personnage principal révèle par la force des choses une toute nouvelle nature.
Il y a un peu de tout dans ce film, et le plus fort c 'est que chaque petit bout de tout est parfaitement maîtrisé, que ce soit la satire sociale et politique, le film d'action nerveux comme il faut ou la science-fiction pure. On pense ainsi à Rencontres Du 3è Type pour le look façon "rafinerie à l'envers" du vaisseau, à La Mouche de Cronenberg ( et même à son modèle), à plein de documentaires sur les drames de l'Afrique et même sur l'Allemagne nazie, a Transformers ( en mieux!) mais aussi à énormément de jeux vidéo, sans doute une séquelle du projet d'adaptation de Halo que devait réaliser Blomkamp pour Peter Jackson(déjà).
Une vraie claque visuelle ( les effets spéciaux sont parfaits), une mise en scène totalement en phase avec son propos, intimiste ou spectaculaire lorsqu'il le faut, et tout celà pour trente petits millions de dollars ( les Transformers coûtent six à sept fois plus pour un resultat bien moins convainquant), Neil Blomkamp est assurément un réalisateur à surveiller!

Ultimate Game - Mark Neveldine/ Brian Taylor


Il y a des films comme ça dont on sait immédiatement qu'ils sont réalisés par des fous furieux.
Dès les premières secondes on en plein les mirettes: ça tire et ça explose dans tous les coins, les corps sont réduits en charpie, le sang éclabousse l'écran, le décor n 'est plus que ruine, la caméra virevolte au milieu de ce chaos dans des mouvements complétement improbables et le montage très cut, sans être illisible (prends-en de la graine Michael Bay!), garanti une immersion parfaite.
Mais dans l'univers d'Ultimate Game ( Gamer en V.O, cette fois non seulement on a traduit un titre anglais par un autre, mais on a aussi trouvé le moyen de faire plus long!) il n'y a pas que de la violence et des viscères, il y a aussi de la fesse! La même technologie permet en effet à des joueurs de prendre le contrôle d'avatars humains pour les faire s'entretuer ou copuler (dans deux jeux différents, bien sûr!).
Des tripes et du cul! que demander de plus?
Dommage tout de même que le reste du film ne poursuive pas dans cette veine décérébrée et décompléxée, aussi bien dans le fond que dans la forme. Si les scènes de jeu restent spectaculaires (on pense tout à la fois à Avalon, Running Man et Rollerball), le reste se perd un peu trop dans les méandres du film faussement militant tentant de dénoncer les dérives de la technologie, alors qu'on sent bien justement que c'est de jouer avec ces dernières qui amuse les réalisateurs.
Heureusement les acteurs rattrapent ce léger faux pas: Gerry Butler est toujours aussi charismatique et baraqué, l'excellent John Leguizamo fait une petite apparition (il parait qu'il y a aussi Milo "Heroes" Ventimiglia et Lloyd "Trauma" Kaufman, mais j'ai dû cligner des yeux à ces moments là) et ça fait sacrément plaisir de voir enfin Michael C. Hall ( ce cher Dexter) promener sa distance cynique dans un long métrage. La séquence de danse restera comme un grand moment de folie cinématographique.
Globalement Ultimate Game reste un bon divertissement bien regressif, un de ces plaisirs coupables appelés à devenir culte.
Bon maintenant faut que je voie Hyper Tension et sa suite, il paraît que là les réalisateurs s'étaient vraiment lâchés!

vendredi 11 septembre 2009

Braderie


Comme pour nous consoler du fait que les vacances soient terminées et que l'on doive reprendre le boulot, chaque année a lieu, le premier week end de septembre, la braderie de Lille, sans doute la plus grande d'Europe, et la plus grande fête de l'année dans la capitale des Flandres.
J'avais décidé cette année de vivre l'évènement de l'intérieur, m'étant mis en tête de participer au semi-marathon qui traditionnellement ouvre l'événement. La course est ouverte à tous, il y a aussi un 10 km et un mini marathon de 2 km pour les enfants, et compte pour les championnats de France. De nombreux athlètes internationaux, surtout des Kenyans, font tous les ans le déplacement sur ce parcours réputé très rapide ( ben oui, c 'est plat chez nous!).
N'ayant jamais couru une telle distance, et ne m'étant pas particulièrement entrainé, j'étais un peu nerveux au moment de prendre le départ, mais l'ambiance bon enfant régnant parmi les participants a eu tôt fait de me détendre.
Les conditions météo sont idéales: ciel bleu, température un peu fraîche.
Les pros partent quelques minutes avant nous afin de ne pas être gênés, puis c 'est à notre tour.
Les premiers kilomètres passent très vite, entre saine émulation, blagues potaches et conseils des anciens. Sur certaines parties du parcours nous croisons les Kenyans, que nous applaudissons chaleureusement. J'avale la première moitié de la course en moins de cinquante minutes, tout en prenant soin de ne rater aucun ravitaillement.
L'ambiance commence à retomber, chacun se retrouve peu à peu seul face à l'effort.
Vers le quinzième kilomètre, j'ai comme un coup de moins bien. Non que je me sente particulièrement fatigué, mais je vois bien que j'avance moins vite, je me fais dépasser par de plus en plus de coureurs.
Mais lors du tour de la citadelle mon énergie revient, même si ce sont maintenant mes jambes qui commencent à devenir un peu raides.
Enfin j'aperçois au loin la banderolle signalant l'arrivée. Un dernier petit coup de reins et j'en finis avec ma première compétition officielle en 1h44mn 41s, un temps plus qu'honorable, qui me classe 1874è, soit largement dans la première moitié du peloton.
Côté professionnels, c 'est le Kenyan ( évidemment) Kibiwott qui remporte l'épreuve en moins d'une heure, signant par la même occasion la meilleure performance mondiale de la saison, à deux centièmes du record de l'épreuve, et le meilleur temps pour un 20km couru sur le sol français.
Pour ma part, l'expérience a été si amusante que j'ai décidé de remettre ça deux semaines plus tard à Marcq-en-Baroeul.
La course finie, la braderie peut commencer.
Elle avait déjà débuté dans la nuit et les bénévoles sur le circuit avaient parfois fort à faire pour empêcher les bradeux de perturber le semi-marathon.
Une douche et un changement de vêtements plus tard j'arpente les rues familières rendues méconnaissables par les étals qui les occupent et surtout la foule qui la parcourt.
Par spouci de sécurité, les carefours et certains axes sont interdits de braderie, ce qui n'empêche pas de piétiner à d'autres endroits ( le vieux Lille par exemple) et de se retrouver coincé dans des bouchons. Un plaisantin aura beau hurler qu'il a la grippe A, la situation ne se débloquera pas.
Je crains un moment que le temps ne se dégrade, mais finalement il ne pleuvra pas.
Il n'y a pas que des brocanteurs à la braderie, il y a aussi beaucoup de restaurateurs et débits de boissons amateurs (aux bières tièdes légendaires), les restaurant affichent tous la même carte , les traditionnelles moules frites, même si la coutume du tas de coquilles de moules devant l'établissement perd chaque année des adeptes ( c 'est vrai que ça sent un peu , surtout au bout de deux jours), il y a aussi ces indiens qui chaque année squattent les même endroits, soit pour vendre des pulls en laine de lama soit pour donner des mini concerts destinés à promouvoir leurs disques de flutes de pan.
Il y a aussi des nouveautés, chaque année a son produit fétiche. L'année dernière c'était le chapeau de cow boy, cette année-ci c 'est le porte voix, aux effets sonores particulièrement crispants, surtout lorsqu'on l'entend toute la journée.
Sur les affiches et t-shirts commémoratifs, l'effigie de Michael Jackson figure désormais en bonne place aux côtés de Bob Marley, Jimi Hendrix ou encore Marilyn Monroe.
Parvenant sur la place, je me retrouve nez-à-nez avec des chevaux. Sur les chevaux, des gendarmes. Je ne savais pas qu'on avait une police montée à Lille. En tout cas ils font un malheur, les gens se pressent pour caresser les montures et discuter avec la maréchaussée.
Les différents corps d'armée ont aussi chacun leur stand, en face de celui de l'association Abbé Pierre, devant la citadelle.
Sur le Champ de Mars la foire aux manèges bat son plein,, pour le plus grand plaisir des petits et des grands, tandis que les bords du canal de la Deûle sont pris d'assaut par les amateurs de vieilleries et les badeaux.
Principalement interessé par les bandes dessinées et les dvds je trouve vite mon bonheur, et prend le chemin du retour avant de trop dépenser. C 'est que la tentation est grande et surtout omniprésente.
Et de toute façon on m'attend pour manger.