mercredi 29 septembre 2010

La Tour Sombre: Tome 8




Huitième partie des aventures de jeunesse de Roland Deschain.
Alors que les préparatifs pour la fête en l'honneur de Roland, Alain et Cuthbert battent leur plein, le piège se resserre sur Steven, son père: Maerlyn a convaincu sa maîtresse, l'épouse de Steven, de l'aider dans ses noirs desseins, et pour faire bonne mesure John Farson, "L'Homme de Bien", a envoyé de son côté un de ses agents déguisé en ménestrel à la cour de Gilead.
Aileen, la fille de Cort, tente de se rapprocher de Roland, mais celui-ci a toujours à l'esprit Susan Delgado, son amour défunt.
Rien à dire qui n'ait déjà été dit à plusieurs reprises: c 'est toujours aussi bien écrit et toujours aussi bien dessiné.
Les suppléments du jour ont pour thème les poisons et les plantes vénéneuses utilisés dans l'Entre-Deux Monde ainsi que les fêtes saisonnières.

vendredi 24 septembre 2010

Rentrée chargée


Here we go again.
Nouvelle rentrée, une nouvelle année scolaire qui commence, un nouvel établissement (enfin, plutot un retour à mon ancien établissement), une nouvelle équipe dirigeante ( et c 'est tant mieux, je n'avais pas trop d'atomes crochus avec l'ancienne). C 'est aussi l'occasion de retrouver mes anciens collègues, et surtout la cafètéria auto-gérée où sont organisés nombre d'apéros commémoratifs et festifs tout au long de l'année.
Evidemment il y a des changements, plusieurs collègues sont absents, soit pour cause de retraite anticipée, de congé maladie ou maternité.
Nouvel emploi du temps aussi bien sûr, et là je vois que j'ai été gâté: à première vue j'ai des classes plutôt sympas mais je bosse tous les jours! sauf le lundi quand même. Cela faisait des années que je n'avais pas travaillé le samedi, et à plus forte raison le mercredi. C 'est rapé pour le semi marathon de la braderie.

En parlant de la braderie, la voilà qui se profile à peine quelques jours après la reprise du boulot, et le plus déprimant c 'est que le samedi je dois en traverser une bonne partie pour arriver sur mon lieu de travail.
Je me rattrape l'après midi. A peine rentrée je me laisse happer par le flot humain qui a envahi le centre de Lille. Un petit tour du côté du parc Jean-Baptiste Lebas, où j'attrape une mousse au passage, puis je me dirige vers ce qui demeure l'âme de la braderie, la citadelle. Mais pour y arriver, encore faut-il remonter tout le boulevard de la liberté, et même si certains axes sont dorénavant dégagés, il faut bien trois quarts d'heure pour y arriver. J'en profite pour me restaurer auprès d'un des nombreux vendeurs de kebab installés le long du boulevard, un vrai sketch d'ailleurs le kebab où je me suis arrêté: malgré la foule affamée qui se pressait devant l'étal, un seul vendeur semblait s'occuper des clients, l'autre buvant tranquillement sa bière en blaguant avec les passants. Ils ont de la chance de ne pas être chers!
Enfin j'arrive à la citadelle, et le temps de me ravitailler en jus de houblon je m'engage au milieu des tentes et autres étals de fortune encombrant les berges du canal. Je ne me lasse jamais d'arpenter ce lieu où se côtoient les objets les plus insolites: banc d'école, distributeurs de bonbons, trayeuses, livres plus ou moins anciens et précieux, jouets en toutes conditions. Je suis pourtant loin d'être un amateur de brocantes, mais l'ambiance qui règne à Lille chaque premier week end de septembre est véritablement unique, surtout autour de la citadelle.
Après une journée passée à piétiner, il est temps de rentrer, et d'aller dîner chez ma soeur.
Je repasserai faire un tour le lendemain, mais le dimanche l'ambiance est déjà retombée, plusieurs bradeux ont déjà remballé leurs affaires.
Les deux jours suivants, c 'est le début des mouvements sociaux de la rentrée: les enseignants le lundi et la grande manif pour les retraites le mardi.
Du coup je ne recommence le boulot que le mercredi. Une semaine écourtée qui me permet de rentrer doucement dans le bain.

Début septembre c 'est aussi l'US open de tennis. Comme d'habitude je n'en vois pas grand chose, décalage horaire oblige, de plus, comme chaque année, des impondérables viennent m'empêcher de regarder la finale dans de bonnes conditions.
Il y a deux ans c'était la pluie qui avait retardé la finale, l'année dernière c'était le fournisseur d'accès internet et télé de ma soeur qui faisait des siennes, et cette année, encore, ce fut la pluie qui vint semer la zizanie. mais quand donc se décideront-ils à mettre un toit sur le court central de Flushing Meadows?
Bref, je suis rentré chez moi tôt exprès le dimanche pour regarder le match opposant Nadal à Djokovic, mais les intempéries l'empêchèrent même de commencer. Je tentais de le regarder une nouvelle fois le lundi soir, mais une fois de plus la météo s'en mêla, interrompant le match peu avant la fin du deuxième set. Ayant cours le lendemain à 8h, je décidai de m'installer dans mon canapé et de surveiller la télé du coin de l'oeil. Inutile de vous dire que je n'ai finalement pâs vu grand chose, tout au plus ai-je remarqué que le match avait repris, qu'à un moment donné Nadal menait deux sets à un, et lorsque je rouvris un oeil ce fut pour me rendre compte que le match était fini. j'en déduisis que le numéro un mondial l'avait emporté, succédant ainsi à Roger Federer au palmarès des joueurs ayant remporté les quatre tournois du Grand Chelem.

Bon , c 'est pas tout ça, il serait peut être temps de se remettre sérieusement au travail!

mardi 21 septembre 2010

Running Arka: saison 2


Après la trêve estivale, retour aux choses sérieuses!
Je n'ai pas pu m'aligner au semi de la Braderie, puisque, ayant changé d'établissement (encore une fois), j'ai un tout nouvel emploi du temps tout pourri qui m'oblige à travailler le samedi matin.
Ma première course de la saison aura donc été le semi marathon de Marcq-en-Baroeul dimanche 19 septembre, une course sur laquelle, vous vous en souvenez, j'avais subi un de mes premiers revers l'année dernière, puisque j'avais dû marcher un moment. Mon chrono s'en était ressenti évidemment, et j'avais bouclé la distance en un peu plus d'1h48 (alors que j'avais fait un peu moins d'1h45 deux semaines auparavant à la Braderie pour ma première course).
L'heure de la revanche avait donc sonné.
Dimanche matin donc, par un temps couvert et assez frais, était donné le départ de la 23 è édition de cette course.
Ambiance un peu spéciale sur la ligne de départ, où l'on nous invite à observer une minute de silence en mémoire de Natacha, jeune joggeuse Marcquoise violée et assassinée la semaine dernière alors qu'elle s'entraînait sur le parcours.
Mais "The Show Must Go On" et la course reprend ses droits.
Plus de 1 200 participants, c 'est l'une des courses les plus courues de la région, comme en témoigne la présence d'une petite armada Kenyane.
Je pars plutôt prudemment, de toute façon avec le monde qu'il y a il faut un petit moment pour prendre de la vitesse. Après la boucle traditionnelle sur l'Avenue Foch nous voilà partis dans la campagne environnante.
Le premier tour se passe sans encombre, la petite bruine qui m'inquiétait au coup d'envoi se dissipe rapidement. Je maintiens une bonne moyenne, environ 4 minutes 35/40 au kilomètre, je gère mieux les côtes que l'année dernière, je gère mieux aussi mes ravitaillements et j'ai désormais une bonne technique pour attraper gobelets et victuailles sans m'arrêter, je travaille mes trajectoires pour faire le moins d'écarts possibles, bref tout va bien.
A l'heure de course j'ai fait un peu plus de 12 kilomètres, mais comme d'habitude j'ai un petit coup de moins bien vers le 13è kilomètre, je commence à me faire dépasser, alors que jusqu'ici c 'est moi qui rattrapait d'autres coureurs, mais je m'accroche. A l'endroit fatidique où je m'étais mis à marcher l'année dernière je serre les dents et j'attends que ça se passe.
Dans les derniers kilomètres je suis encore relativement frais, et j'en profite pour accélérer graduellement, finissant au sprint, ce qui me permet de dépasser une petite dizaine de concurrents juste avant la ligne d'arrivée.
Résultat: 426è en 1h41mn 01s à mon chrono (le chrono officiel indique 35 secondes de plus, mais ils ne comptent pas le temps que j'ai mis à passer la ligne de départ).
Du côté des "pros", ce sont évidemment les Kenyans qui squattent les premières places: triplé chez les garçons, par contre une seule femme des hauts plateaux sur le podium, mais bien sûr sur la plus haute marche. Elle avait l'air très jeune d'ailleurs la championne, ils ont décidément une réserve inépuisable d'athlètes de haut niveau là bas.
Performance satisfaisante pour ma part, donc, surtout si l'on considère que je n'ai pas fait de course depuis deux mois, il semble que je sois plus en forme que l'année dernière à la même époque. Et c 'est tant mieux car la semaine prochaine je m'attaque à mon record personnel: c 'est en effet lors du semi de Lambersart que j'ai réalisé mon meilleur temps sur la distance en 1h37 51, un chrono que je n'ai jamais été capable d'approcher depuis.
C 'est pas gagné.

Running Arka: Post Marathon


Après m'être reposé les jambes quelques semaines, j'avais décidé de remettre le couvert à l'occasion des foulées Sainghinoises, à Sainghain-en-Weppes, près de Lille.
Depuis quelque temps je trainais sur un forum de types qui courent. Dans le lot il y a de vrais cinglés qui font des courses de 6h, des 100km ou encore des trails avec des dénivelés de fous, et il y en a aussi qui habitent dans ch'Nord.
Le dimanche 6 juin certains d'entre eux participaient à cette course, l'occasion de les rencontrer en chair et en os, d'autant que les bougres avaient su m'appâter en me promettant quelques bières après l'arrivée.
L'ennui c 'est que le temps ces derniers jour n'était pas franchement au beau fixe. Après avoir été très ensoleillé en début de semaine il s 'est progressivement couvert jusqu'à devenir orageux à l'approche du week end. Mais après avoir scruté les bulletins météo toute la semaine j'étais à peu près rassuré; il ne devait vraisemblablement pleuvoir que l'après-midi.
Dimanche matin, à peine levé, j'ouvre mes fenêtres pour observer les conditions atmosphériques. Ca avait l'air potable, juste un léger crachin qui devrait bientôt se dissiper.
Je me mets en route, mais à mesure que j'approche de ma destination les nuages se font de plus en plus lourds et la pluie de plus en plus franche. Lorsque je finis par rallier le local d'inscription c 'est carrément un orage qui s'abat sur nos têtes.
Je décide d'attendre pour m'inscrire ( on a jusqu'à 30 mn avant le départ), mais je repère déjà les collègues, faciles à reconnaître car déguisés en femmes, avec faux seins et perruques! Ils ont l'air d'aimer déconner ceux là! Cependant je ne vais pas les saluer tout de suite, car je me dis qu'alors je serai coincé, plus moyen d'éviter de prendre le départ.
Au vu de l'averse violente et des éclairs qui zèbrent le ciel, les organisateur décident de reporter le départ d'une demi-heure. Le temps se calme peu à peu, mais il pleut toujours, ce qui n'a pas l'air de décourager les participants, d'autant qu'une association d'aide aux enfants handicapés y participe. Elle embarque quelques enfants sur des joëllettes ( des espèces de chaises à porteurs mais équipées d'une roue autour desquelles des coureurs se relaient).
je décide finalement de me jeter à l'eau ( c 'est le cas de le dire). Après tout la course ne fait que dix kilomètres, ça me fera du bien et ça ne durera pas longtemps. Je retourne me changer dans ma voiture et établi au retour le contact avec les joyeux drilles du forum qui sont aussi relayeurs sur l'une des deux joëllettes. Ils me proposent d'ailleurs d'intégrer leur équipe. Comme je ne sais pas dire non j'accepte et nous voilà partis sous la pluie, 5 mn avant le gros du peloton, escortant le petit Philippe, visiblement atteint d'autisme.
Les premiers kilomètres passent très vite, l'équipe de doux dingues s'y entend pour mettre de l'ambiance, et on a tôt fait d'oublier la pluie, d'ailleurs l'un des relayeurs se débarrasse bientôt de son imperméable. Heureusement qu'il a fait chaud les jours précédents, du coup la pluie n 'est pas froide.
Je prends un relai entre les km 2.5 et 4.5, juste avant que l'on entre dans le premier secteur pavé. Il faudra à l'avenir que j'étudie plus sérieusement le parcours des courses auxquelles je participe quand même! courir sur des pavés ce n 'est déjà pas drôle, mais quand il pleut et qu'il y a de la boue c 'est encore pire, et même un peu dangereux, surtout lorsqu'on pousse une joëllette. Du coup j'ai l'impression de me retrouver sur un Paris-Roubaix miniature. Comme on n 'est pas là pour faire un chrono, on prend notre temps aux divers ravitaillements, qui font aussi office de passage de relais. Entre les deux premières zones pavées, le gamin, qui pourtant d'habitude selon sa maman ne parle jamais, nous surprend en chantant avec nous; visiblement il prend plaisir à l'aventure, malgré la pluie qui continue à tomber.
Je termine mon deuxième relais juste avant le dernier passage sur les pavés, et heureusement, car celui-ci est vraiment le pire des trois: ornières, trous et flaques d'eaux insondables s'ingénient à nous compliquer la tâche, franchement je tire mon chapeau aux gars du dernier relais!
Heureusement la ligne d'arrivée se dresse juste à la sortie du dernier secteur pavé et nous terminions en un peu plus de 57 minutes, ce qui n 'est pas trop mal finalement au vu des conditions météo.
Une fois la joëllette posée et le petit rendu à sa famille je pars me changer, et alors que le soleil fait enfin son apparition ( elle avait tout faux la météo, c 'est tout le contraire de ce qu'elle annonçait!) je fais mon retour dans la salle de sport où sont remis les prix, tandis que je fais plus ample connaissance avec la bande des cinglés autour de quelques boissons énergétiques à base d'orge et de houblon ( que des produits naturels!).
Finalement, malgré la pluie et l'orage j'ai passé une matinée très agréable, j'ai rencontré des gens très sympas, et j'ai même fait mes premiers pas dans l'humanitaire!
Et au passage je me suis fait prendre en photo avec Alain Douguet, vainqueur de la course en un peu plus de 33 minutes, et toujours au moins sur le podium de la plupart des courses au départ desquelles je me suis aligné. Et oui, je côtoie des stars maintenant!


Comme je ne pouvais pas m'aligner au semi de Phalempin et que l'envie me démangeait de courir plus de 20 bornes, je me suis inscrit cette année à la 3è édition des Chemins D'Europe, course transfrontalière sur route ( enfin surtout sur berges) entre Tournai et St Amand qui avait lieu le dimanche 13 juin.
Parcours sympa, mais on se sent vite seul, puisqu' on était un peu moins de 200 à prendre le départ ce matin là.
Temps idéal, un peu frais, mais on se réchauffe vite, et surtout pas de pluie.
L'organisation est au top elle aussi, des navettes emmènent les coureurs français le matin de St Amand à Tournai, et ramènent les Belges par le même chemin une fois la course terminée, il y a même un système de consigne.
La course proprement dite est très roulante, empruntant la plupart du temps les berges de l'Escaut, de la Scarpe ou des canaux, ce qui permet d'observer les canards, poules d'eaux et autres cormorans ( mais qu'est-ce qu'ils font là ceux là?) tout en courant, et les ravitaillements répondent présent tous les 4 ou 5 kilomètres.
Seul problème, une fois passé les 20 km les rives sont soudains encombrées de randonneurs (plusieurs courses et randonnées sont en effet organisées ce jour) et le ravitaillement du 21è km est situé dans un véritable goulot d'étranglement, et le petit escalier juste avant la ligne droite finale n 'est pas non plus une bonne idée ( je comprends qu'un seul handisport se soit aligné au départ).
Sinon je ne suis pas encore revenu au top de ma forme, j'ai mis deux heures tout juste pour boucler les 24km.


Retour au vrai semi marathon avec les Foulées Dupleix, à Landrecies, le dimanche 28 juin.
21km100 en majorité dans la forêt de Mormal.
Très jolie la forêt, mais ça n'arrête pas de monter et de descendre! et la chaleur n'arrangeait pas les choses!
Au premier ravito j'étais déjà cramé. De plus il y a de nombreuses trouées dues à l'exploitation forestière où il n'y a pas de vent et où la chaleur se concentre.
Complétement asphyxié, je dois marcher entre le 17è et le 18è km.
A la sortie de la forêt je me remets à courir, et je finis en 1h52, soit mon plus mauvais temps sur la distance, mais comme même les pros sont au delà des 1h15, je me dis que ce n 'est pas si mal finalement.
En tout cas j'ai décidé deux choses après cette course: je ne cours plus lorsqu'il fait déjà 25 degrés à 10h du mat, et je vais désormais éviter les courses trop vallonnées ( donc je ne risque pas de revenir l'année prochaine! Wink )


Le 11 juillet il n'y avait pas que la finale de la coupe du monde, il y avait aussi une course, La Panoramique du Mont Des Cats.
Vous vous rappelez que j'avais dit que je ne voulais plus courir sous la chaleur? et que je ne ferais plus de courses trop vallonnées? croyez-vous que j'aie tenu parole? ben non évidemment!
14km 760 par une chaleur intenable, des côtes de fou ( enfin, surtout une), c'était ça la Panoramique.
Mais pas que.
La Panoramique c 'est aussi une ambiance très conviviale, pratiquement familiale, la course est de plus en plus fréquentée ( plus de 800 coureurs cette année, les records de participation sont dépassés chaque année), des bénévoles très sympathiques, des fanfares pour nous encourager le long du parcours, les riverains participent à leur manière en nous proposant des points d'eau et des arrosages bienvenus, et à l'arrivée on a droit, entre autres, à une bière locale, la Gavroche.
Il fallait bien ça pour nous motiver car je crois bien n'avoir jamais fait de sport sous une chaleur aussi écrasante, et la dernière côte était vraiment monstrueuse, pas très longue, mais tellement raide qu'il doit être quasi impossible de la gravir autrement qu'à pied, j'ai d'ailleurs dû marcher sur les derniers 50m.
Résultat: 333è sur plus de 800 avec un temps somme toute respectable d'1h22 (le record de l'épreuve doit être dans les 54-56 mn, ça donne une idée de la difficulté du parcours).

Avec ces quelques courses se termine ma saison 2009-2010.
En septembre c 'est la reprise, avec comme objectif un deuxième marathon, celui de Dunkerque en octobre.

mercredi 30 juin 2010

King Comics





La publication française de l'adaptation des deux monuments de Stephen King en comics se poursuit avec un deuxième volume pour Le Fléau et un septième pour La Tour Sombre, qui font la part belle à Randall Flagg/ Maerlyn, puisque les deux personnages sont censés ne faire qu'un.
Cette information n 'est pas sans poser problème cependant puisque dans Le Fléau on nous présente le marcheur comme un homme de notre monde (enfin, du monde dans lequel l'action se déroule), avec force détails sur ses activités au cours de sa supposée vie, preuve que le maître du fantastique n'avait guère prévu pour lui pareil destin. Mais tout s'arrange plus ou moins puisque l'on sait que certains personnages de La Tour Sombre font sans cesse des aller-retour entre les mondes. Okay, c 'est bon pour cette fois Stevie, mais fais gaffe quand même, on t'a à l'oeil!
Dans Le Fléau, nous en sommes au moment où le gouvernement américain commence à paniquer devant l'ampleur de l'épidémie de super grippe et met tout en oeuvre pour cacher son implication dans l'accident qui a libéré le virus mortel, n'hésitant pas à recourir à l'assassinat pour couvrir ses arrières, tandis que Randall Flagg, par l'odeur de la chair en décomposition alléché, se met en marche.
De l'autre côté, son alter égo, pourtant chassé de la cour de Gilead, reprend contact avec l'épouse déchue de Steven et l'arrache au monastère où elle s'était retirée, profitant des sentiments qu'elle nourrit toujours à son égard pour l'impliquer dans son complot, tandis que Roland trouve enfin la force de se soustraire à l'influence du pomélo et à remettre celui-ci à son père.
L'ambiance, qui s'était faite très colorés ces derniers temps redevient plus sombre, et les couleurs de Richard Isanove transcendent littéralement les crayonnés de Jae Lee.
Les suppléments traitent cette fois-ci des différents ordres religieux de l'entre-deux monde: les soeurs de la rose qui hébergent la mère de Roland et les Manni, ceux qui voyagent entre les mondes et qui cultivent le Shining, une puissance mentale présente chez certains individus, comme chez le petit Danny (dans le roman "Shining" justement).
Pour Le Fléau, c 'est plus classique, mais très efficace. Un trait clair et plutôt classique au service des textes de King.
Il ne faudrait pas en effet que le dessin prenne le dessus sur la prose du King qui veille jalousement à ses intérêts.

mardi 29 juin 2010

Rattrapage Cinéma: Part 2

Les vacances approchent et je suis encore à la bourre! Décidément, ce n 'est pas mon année.
Pour éviter de prendre encore plus de retard, voici les autres films que je suis allé voir ces derniers mois .

J'avais beaucoup aimé le premier Iron Man. A défaut de bénéficier d'une mise en scène originale, le scénario respectait bien l'esprit de la bande dessinée, et Robert Downey jr était l'acteur idéal pour incarner Tony Stark.
Le numéro 2 continue dans la même veine. Et comme on a déjà expédié l'affaire des origines dans le film précédent, il y a un peu plus d'action. Plus de méchants et plus de héros aussi. Bien sûr il faut passer par quelques ajustement, aussi Whiplash (le personnage joué par Mickey Rourke) est un mélange du Whiplash original, mais aussi de la Dynamo Pourpre, voire de Titanium man, et Justin Hammer ( Sam Rockwell, spécialiste des personnages de méchants, de cinglés voire de méchants cinglés) a été rajeuni.
Dans l'ensemble un très bon divertissement, un pur film "pop-corn".
Vivement la suite!
Là par contre, c 'est un peu raté.
Louis Leterrier répétait à tout bout de champ lors de la promo que son film était supérieur à l'original. Même si j'avais envie de le croire ( le film de Desmond Davis étant en effet assez perfectible), j'aurais dû me méfier. Rien que le fait que les producteurs aient voulu "gonfler" le film avec de la 3D aurait dû me mettre la puce à l'oreille ( jusqu'ici un seul film en 3D a tenu ses promesses: Avatar).
D'ailleurs je suis allé le voir en 2D, après tout, il a été conçu comme ça au départ, et je n'avais pas envie de payer 12 euros pour voir ce film.
J'aurais aussi bien fait de ne pas aller le voir, j'aurais économisé encore plus. Le film confirme en effet toute les mauvaises choses qu'on peut entendre à propos des "blockbusters": scénario indigent, personnages transparents, et tout le budget qui semble avoir été mis dans les effets spéciaux, sans se soucier de leur impact émotionnel. Un film tape à l'oeil, vide et à oublier rapidement.
Je dois être maso: après même fait arnaquer avec le Choc Des Titans, je remets ça avec Freddy! Mais les derniers remakes des classiques de l'horreur tenaient à peu près la route, et je pensais tout de même passer un moment agréable. Avec ce film ci c'est raté.
J'adore l'original, c 'est sans doute un de mes films préférés tous styles confondus, et sans problème l'un des meilleurs de Wes Craven, dont la carrière a toujours connu des hauts et des bas ( en ce moment il est en bas). L'histoire était originale, les personnages attachants, et les apparitions de Freddy faisaient vraiment peur.
Ici non seulement on se fout des personnages, ce qui est dommage, il y a là dedans quelques bons jeunes acteurs épaulés par des vétérans solides ( Clancy Brown!!!), mais même les scènes de rêve sont ratées! mais comment peut-on se planter avec une base pareille?! même les suites les plus ratées de l'original pouvaient se vanter de proposer au moins une scène culte! ici rien.
Pourtant il y a de bonnes choses dans le scénario, l'idée des "micro-siestes" par exemple, mais le tout est mis en image de façon tellement paresseuse qu'on se croirait par moment devant un téléfilm du samedi soir.
Le coup de grâce intervient lorsque au cours du film on se met à douter de la culpabilité de Fred Krueger avant qu'il ne soit brûlé vif! c 'est le monde à l'envers!
Freddy est une incarnation du mal bon sang! Il était méchant avec de mourir et il est devenu encore pire après sa mort!
J'arrête là sinon je vais m'énerver.
Après les deux purges précédentes, ça fait plaisir de voir un bon film!
Le monde n'avait pas vraiment besoin d'un nouveau Robin des Bois, la version de Michael Curtiz avec Errol Flynn fait toujours figure de classique, et le film avec Kevin Costner n 'est plus qu'un mauvais souvenir (malgré la présence de grands acteurs comme Alan Rickman, Morgan Freeman et Elizabeth Mastrantonio).
L'originalité du film de Ridley Scott est donc son parti pris historique. L'ambiance est très réaliste, les personnages ne sont pas des surhommes, et même Richard Coeur de Lion n' apparait guère glorieux.
L'histoire est replacée dans son contexte historique, en pleine période de croisades, le royaume en ruines, au coeur des événements qui mèneront à la signature par Jean Sans Terre de la Grande Charte en 1215 (ça m'a rappelé les cours de civilisation anglaise de première année).
Les images sont, comme toujours chez les frères Scott, très soignées, l'interprétation est sans faille, jusque dans les seconds rôles ( Kevin Durand en Petit Jean !) et les scènes d'action sont très lisibles.
Peut être pas le meilleur film de Ridley Scott, mais un très bon film d'aventures.

On peut se demander pourquoi je suis allé voir L'Agence Tous Risques, d'ailleurs je me suis moi-même posé la question. Après tout la série, pour sympathique qu'elle fut, a tout de même sacrément vieilli, et on voit mal comment les aventures de nos mercenaires non violents (ils ne tuaient jamais personne) pourraient s'adapter aux exigences du cinéma d'action des années 2000, sans compter qu'il allait falloir rivaliser avec les interprètes originaux de la série.
Le casting semblait plus qu'improbable: Liam Neeson en Hannibal Smith, et d'illustres inconnus pour le reste de l'équipe.
Une fois de plus, on se concentre ici sur les origines de l'équipe. Nous sommes témoins de leur première rencontre alors qu'ils sont encore dans l'armée.
C 'est en Irak que tout se complique ( le contexte a été réactualisé) puisqu'ils se retrouvent accusés du meurtre d'un officier supérieur ainsi que d'un vol. Condamnés et emprisonnés, ils s'évadent et tentent de se disculper.
La première évidence qui saute aux yeux, c 'est que les acteurs s'amusent beaucoup avec leurs personnages, Liam Neeson en tête, qui mâchonne son cigare tout en mettant sur pied des plans "sans accroc". C 'est sans doute celui qui se rapproche le plus de son modèle. L'interprète de Looping campe un cinglé attachant et le bellâtre embauché pour faire Futé a beau ne pas ressembler à Dirk Benedict il correspond finalement bien au seducteur moderne. Seul Barracuda est un peu raté à mon avis, Quinton Jackson a trop une tête de gentil; le succès de Mr T dans ce rôle reposait justement sur le décalage entre son faciès de brute et son coeur d'or.
Quant aux scènes d'action elles sont tout simplement dantesques. Le réalisateur a clairement décidé d'un parti pris "tongue in cheek", et aucune péripétie n 'est trop invraisemblable pour lui, à tel point que la scène du tank qui descend en parachute alors qu'il est attaqué par des drones, présente dans la bande annonce, ne choque pas tant que ça lorsqu'elle est replacée dans le film.
Contre toute attente, c 'est une réussite.

lundi 28 juin 2010

Kick-Ass: du Comic-Book au film.



Un peu trop à la bourre pour parler de la sortie ciné du film, je profite de la sortie du deuxième volet des aventures du super héros amateur pour faire un comparatif, l'histoire étant désormais complète.
Au moment où le film est sorti sur les écrans je n'avais lu que la première partie, et déjà quelques détails différaient entre les deux versions, mais c 'est en lisant la deuxième partie que l'on se rend compte du travail d'adaptation de Matthew Vaughn et de ses scénaristes. Pour autant on ne peut pas parler de trahison, les auteurs de la BD ayant participé activement à la transposition à l'écran de leur oeuvre ( les dessins qu'on peut voir dans le film sont par exemple signés de John Romita Jr) et le contrat pour le film ayant été signé avant que la saga ne soit publiée dans son intégralité, Mark Millar a laissé carte blanche au cinéaste pour boucher quelques trous.
Tout d'abord, le gros problème posé par la comic book était son extrême violence, et surtout qu'elle soit le fait d'adolescents et même d'une petite fille. Le film, pour violent qu'il soit, l' édulcore quelque peu. Cela reste très sanglant, mais les combats étant très rapides ( nul besoin de faire des ralentis à tout va lorsqu'on adapte une bd, prenez-en de la graine messieurs Rodriguez et Snyder!) le spectateur n'a pas vraiment le temps de voir tous les détails sur lesquels d'ailleurs on ne s'appesantit pas, contrairement aux cases de la bd où l'on a tout loisir d'observer les viscères des victimes de la micro-ninja. La scène où Kick-Ass se fait electrocuter le service trois pièces a aussi disparue.
Un autre aspect encore plus fortement édulcoré est la violence verbale, surtout en ce qui concerne les répliques de la petite fille. On sait les USA très prudes en la matière (et en Angleterre c 'est encore pire), il n 'est donc pas étonnant que les plus gros mots soient passés à la trappe.
Mais tout ceci n 'est en fait qu'un léger lifting, une étape obligée pour qu'on tel film trouve tout de même le chemin des salles obscures, et on se doute qu'il a dû causer quelques nuits blanches aux membres de la commission de censure!
Le plus gros changement par rapport à la bd concerne le héros, ou plutôt l'anti-héros, qui s'avère largement plus sympathique dans le film, chose assez compréhensible, il faut après tout que le spectateur puisse s'identifier au personnage principal. Dans le Comic on est limite content qu'il lui arrive des malheurs tant il est agaçant.
A noter aussi des différences notables entre le duo Hitgirl/ Big Daddy du comic book et celui du film, sans doute afin d'éviter trop d'attaques des ligues familiales, il faut reconnaître que leur destin est tout de même assez glauque ( oui, bien plus glauque que dans le film! futurs lecteurs accrochez-vous!).
Malgré tout, le film reste remarquablement fidèle au matériau d'origine. Matthew Vaughn a su très intelligemment apporter les modifications nécessaires à son passage au grand écran, respectant finalement plutôt bien l'esprit de la bd plutôt que de chercher à faire à tout prix un copier coller genre Watchmen.
Quand je pense que c'est ce type qui devait réaliser X-Men 3 au départ!

lundi 17 mai 2010

Marathon Arka




Depuis le temps que l'envie me démangeait de courir un marathon, il fallait bien qu'un jour je me jette à l'eau.
Malgré une préparation guère sérieuse, des performances en demi teinte lors de mes dernières courses et des douleurs récurrentes au genou droit j'avais tout de même décidé de prendre le départ de la Route Du Louvre, le marathon qui se court chaque année depuis 5 ans entre Lille et Lens.
Soit je suis cinglé, soit je suis maso, ou alors complétement inconscient. Quoi qu'il en soit, le sort en est jeté.
Les travaux ayant débuté sur le site traditionnel du départ, la course a lieu cette année en sens inverse, de Lens à Lille. Un coup d'oeil au profil du parcours m'informe qu'ainsi on évite une côte redoutable à 5 km de l'arrivée, que nous descendrons donc en début d'épreuve. Le reste est relativement plat. Idéal pour un premier marathon, donc.
Dimanche 16 mai, de bon matin, je me mets en route pour la gare toute proche afin de prendre la navette qui me conduira sur le lieu du départ. La température est fraîche, mais le ciel se dégage à vue d'oeil. Le temps sera clément sur le parcours, j'espère juste qu'il ne fera pas trop chaud.
La gare est investie d'une foule bigarrée en tenue de sport scrutant le panneau d'affichage afin de guetter l'arrivée des deux trains spéciaux mis à disposition des coureurs. Il faudra patienter encore un peu, la première navette étant annoncée avec cinq minutes de retard. Il en faut plus pour assombrir l'humeur enjouée des voyageurs qui plaisantent et se prennent en photo.
Lorsque le premier train arrive c 'est une véritable marée humaine qui déferle vers le quai et tous les wagons sont rapidement remplis. Je parviens à trouver une place assise, non loin d'un trio portant les couleurs des 3 Suisses.
Le voyage est court, moins d'une demi heure, et semble moins long encore au milieu des conversations et des rires des voyageurs.
Arrivée à Lens la foule compacte embouteille la gare, et il faudra sauter par dessus les barrières pour pouvoir gagner le stade Bollaert, à un petit quart d'heure à pied de là.
Le parking de la mythique arène est déjà noir de monde. Entre les participants, les camions des sponsors et les bus pour les relayeurs on a du mal à trouver un endroit où poser le pied.
J'avise un camion où l'on distribue de gros sacs noirs; c 'est en fait un service de transport des bagages, les coureurs mettent leurs effets dans les sacs sur lesquels on inscrit leur numéro de dossard ce qui leur permettra de récupérer leurs affaires à l'arrivée. Si j'avais su j'aurais pris mon appareil photo. Tant pis, je prends tout de même un sac et y mets mon pull.
Il est temps de gagner la ligne de départ. En passant devant le stand d'une banque sponsorisant la course, je remarque les meneurs d'allure, reconnaissables aux manches à air flottant au bout d'une tige fixée à leur sac à dos et repère celui des 4h30. Mon objectif du jour: ne pas quitter cet homme d'une semelle!
Arrivé sur la ligne de départ ( enfin, trois cent bons mètres derrière, il y a du peuple!) je tombe sur un de mes étudiants. Le temps de lui demander comment se sont passés ses examens et nous voilà partis. Il y a tellement de monde que je mets une bonne minute à passer la ligne de départ tandis que devant moi s'écoule le flot multicolore des marathoniens.
Si la plupart prennent la course à peu près au sérieux, d'autres sont clairement venus pour s'amuser; je dépasse ainsi une jeune femme déguisée en balle de golf (!!??), heureusement elle fait partie d'une équipe de relais, elle n'aura donc pas à courir ainsi quarante kilomètres, un type vêtu d'une seyante robe à froufrous ou encore un autre déguisé en fermière, transportant une grosse cloche de vache ainsi qu'un pot à lait; bref, l'ambiance est bon enfant, la température clémente, le soleil commence à percer les nuages, c 'est une journée qui s'annonce bien.
Comme d'habitude, pris par l'atmosphère, on se laisse facilement emporter. Les premiers kilomètres sont avalés en moins de cinq minutes en moyenne, il va nous falloir ralentir si on veut aller jusqu'au bout. D'ailleurs nous rattrapons bientôt le meneur des 4h30 qui était lui aussi parti un peu vite et qui nous donne de sages conseils pour tenir: ne pas chercher à forcer l'allure, ralentir dès que ça fait un peu mal et surtout ne sauter aucun ravitaillement, principalement en liquide, la déshydratation est le pire ennemi du coureur.
Je reste un moment à ses côtés mais je me rends compte que je le distance même en essayant de ne pas courir vite. je décide donc de rester à mon allure et de partir en avant, quitte à me faire rattraper sur la fin.
Arrivés aux dix kilomètres nous avons retrouvés une allure plus raisonnable, un peu plus de dix kilomètres à l'heure, juste ce qu'il faut.
Sur la route aussi l'ambiance est à la fête: on a sorti les géants, les fanfares locales nous accueillent en musique, et les spectateurs nous encouragent en criants nos prénoms, les organisateurs ayant eu la bonne idée de personnaliser les dossards des coureurs.
La course s'appelant la Route Du Louvre, elle allie le sport et la culture, et chaque panneau kilométrique est décoré d'une photo d'une oeuvre du célèbre musée.
Aux alentours du dix-huitième kilomètre, après quelques tentatives pour l'attendre, je distance définitivement mon étudiant, qui semblait avoir déjà quelques difficultés à suivre le rythme. La course emprunte à ce moment les rives d'un canal et les échos d'un ball-trap non loin me font soudain penser au roman de Stephen King "Marche ou Crève".
Je tiens mon rythme de 10 km/h, je passe la mi-course en 2h05 et peu après dépasse mon trio des Trois Suisses. Je m'accroche ensuite à un duo qui semble avoir les mêmes objectifs que moi. Je prends de plus en plus de temps aux ravitaillements, préférant m'arrêter pour boire et remplir mes poches de victuailles plutôt que de chercher la performance. Mon objectif premier est d'aller au bout.
A partir des 25/30 km je dépasse de plus en plus de coureurs qui marchent plus qu'ils ne courent, on entre vraiment dans le dur, d'ailleurs mes jambes se font de plus en plus raides.
Entre le 39è et le 40è km je suis moi aussi obligé d'arrêter de courir afin de me reposer les compas. Ironiquement cela m'arrive juste au moment où nous arrivons sur mon ancien parcours de jogging, à l'époque où j'habitais Loos.
Dans un sursaut d'orgueil je me débarrasse de la bouteille d'eau saisie au dernier ravitaillement et je reprends la course en petites foulées très raides pour attaquer les dernières difficultés du jour: une petite côte ( mais qui fait très mal à ce moment de la course) pour gagner le parc de la citadelle, et l'ascension du pont pour franchir le canal. Plus qu'un kilomètre, mais mes jambes se font de plus en plus lourdes et raides. Je vide mes poches afin de m'alléger au maximum. Enfin j'aperçois le panneau des 42 km et je puise dans les encouragements du public la force d'accélérer et de finir au sprint.
Chrono final 4h18 ( officiellement 4h19 et des poussières, mais j'avais mis mon chrono en route au moment où j'étais passé sur la ligne de départ, non mais!).
Pour une première expérience sur un marathon c 'étais vraiment très sympathique, même si évidemment c 'est de plus en plus dur après les 30 premiers kilomètres, mais on se dit que si on a réussi à tenir jusque là on peut finir. Bien sûr on avait là des conditions idéales: pas de grosse côte à la fin, pas de vent ni de pluie et pas trop de chaleur, mais ça me donne envie de recommencer, d'autant que si j'avais des crampes terribles à l'arrivée et jusqu'à ce que j'aille me coucher, le lendemain il n'y paraissait presque plus, et même mon genou m'a fichu la paix!
Il y a un marathon à Dunkerque en octobre, j'ai bien envie de tenter de nouveau l'aventure à cette occasion.
En attendant: repos! Enfin pas trop quand même, il y a le semi marathon de Phalempin dans un mois!

samedi 15 mai 2010

Rattrapage cinéma

Comme je suis une grosse feignasse, j'oublie souvent de mettre à jour mon blog, surtout la section cinéma, voici donc un petit aperçu de ce que j'ai vu ces dernières semaines:


Sans doute l'un des films les plus frappadingues de ce début d'année. George Clooney, à la fois producteur et acteur principal, s 'est fait plaisir autant avec son personnage de " guerrier Jedi" de l'armée américaine que dans cette histoire mettant à jour les plus absurdes idées de la guerre froide ( dont la plupart, pour fantaisistes qu'elles soient, n'en sont pas moins vraies). Outre Clooney, la distribution est un véritable défilé de stars: Ewan Mc Gregor (Obi-Wan Kenobi en personne!), Jeff Bridges, qui revisite un de ses rôles les plus marquants, et Kevin Spacey, qui campe un traitre tout à fait savoureux, sans oublier mon nouveau chouchou, Stephen Lang, le colonel Quaritch d'Avatar qui s'auto parodie joyeusement.


Amateur de bastons homériques entre êtres surhumains, j'ai naturellement été attiré par la bande annonce de Legion qui nous promettait des empoignades entre rien moins que des anges. Au final on en est loin, puisque il n'y en a en tout et pour tout que deux, mais le film distille une ambiance oppressante fort sympathique, avec cette histoire aux forts relents de Terminator, et de toute façon tout film où joue Kevin Durand ne peut pas être totalement mauvais. Je suis juste surpris que ce film sorte chez nous en salle, c 'est habituellement de la chair à "direct to dvd", mais ce n 'est pas moi qui vais m'en plaindre!


Je n'attends plus grand chose de Tim Burton. L'auteur de Edward Aux Mains D'Argent et de Batman, Le Défi n 'est, et depuis des années, que l'ombre de lui-même. Il semble avoir renoncé à se battre contre les studios pour imposer ses projets personnels et se contente d'aligner les commandes sans saveur ( en gros depuis La Planète Des Singes). Pourtant, s'il est un univers qui semble lui convenir c 'est bien celui de Lewis Caroll, aussi étais-je curieux de voir ce qu'il allait en faire.
Au final pas de miracle; si on retrouve l'ambiance visuelle caractéristique de Burton (qui est de plus en plus un gadget), le ton est toujours aussi innocent et consensuel, même si la folie des personnages rend la chose plutôt sympathique.
Contrairement à Tim Burton, Martin Scorsese n'a rien perdu de ce qui fait son charme. J'avais été déçu qu'il soit récompensé pour un remake ( Les Infiltrés, inspiré du superbe film hong-kongais Infernal Affairs) Pour son deuxième essai dans les eaux troubles du thriller aux limites du fantastique après Les Nerfs A Vif le réalisateur nous plonge dans une ambiance cauchemardesque, renforcée par l'isolement dans lequel se trouvent les personnages, coincés sur une île isolée du continent par un ouragan. Le malaise est accentué par l'évocation de thèmes peu ragoutants comme le nazisme ou l'expérimentation sur les malades ou la trépanation. L'atmosphère se fait rapidement paranoïaque et on ne sait bientôt plus qui croire, le tout emballé avec une maestria sans faille. Ici pas une image de trop, pas une parole en l'air, chaque plan, chaque réplique a sa place dans la mécanique de précision ciselée par le maître.
Du grand cinéma.

Dernière ligne droite!


Samedi 8 mai, direction Trith St Léger, une petite ville près de Valenciennes dont je ne connais que le viaduc que l'on emprunte pour aller dans le sud du département.
Tous les 8 mai s'y déroule la Course de la Paix. En fait il n'y a pas une mais trois courses: un 2km pour les jeunes, un 10km et un semi marathon. A une semaine du marathon de la Route du Louvre il n'y a pas grand monde au départ, mais comme je suis en manque de pratique je me dis que ce sera l'occasion d'engranger des kilomètres.
Il y a tout de même quelques Kenyans, c 'est donc rappé pour les champions régionaux qui devront se contenter des places d'honneur.
Le parcours est composée de trois boucles de 7km chacune, l'objectif des coureurs modestes comme moi sera donc de ne pas se faire dépasser trop tôt par les mobylettes humaines, chose rendue d'autant plus ardue que le parcours promet de faire mal aux jambes, avec cette côte de 300 mètres située juste avant l'arrivée ( ou le départ, c 'est comme on veut) qu'il nous faudra donc escalader à trois reprises.
Qui dit montée dit aussi descente, et celle qui mène à l'étang promet bien des douleurs aux genoux au fil de la course.
Le départ est donné, je tâche de ne pas partir comme un fou, il faut tenir la distance et surtout ne pas trop me crever si je veux être à peu près frais pour le marathon du week end prochain. L'ennui c'est qu'on est à peine 200 , donc on se retrouve vite tout seul, pour ma part je fais une partie du premier tour derrière un type accompagné par un chien en laisse ( c 'est pas interdit ça?). Comme ils m'énervent, je les dépasse, mais ils reviennent sur moi avant la fin du premier tour. En haut de la côte, ce sont les handisport en fauteuil qui me doublent, impressionnant! Peu après mes pieds commencent à me faire souffrir. Mes nouvelles baskets ne semblent pas vraiment appropriées aux courses longues. Je fais une partie du deuxième tour en compagnie d'une dame qui court sans dossard, mais notre conversation est interrompue aux environs du 11è km par les Kenyans qui nous doublent comme des fusées. Je souffre de plus en plus et au début du troisième tour je marche pour me reposer un peu les pieds. A mesure que le temps passe, il y a de moins en moins de spectateurs et je n'ai bientôt plus pour m'encourager que les géants disposés de loin en loin. Je suis obligé de répéter l'opération juste avant le passage le long du canal. La fin de course est très pénible, et c 'est sans surprise que je réalise le pire temps de ma courte carrière, en 1h51 38 (je n'essaie même pas de calculer ma moyenne, c 'est trop décourageant).
Je suis tellement déçu que je ne reste même pas pour la remise des prix et la tombola.
Pour le marathon je reprendrai mes vieilles chaussures!

dimanche 2 mai 2010

J - 15


Les choses sérieuses commencent!
Hier, 27è édition des 20 km de Maroilles, oui, la ville d'où est originaire le fameux fromage de caractère!
L'organisation est depuis quelques années jumelée avec celle de La Route du Louvre, le marathon de la mi mai entre Lille et Lens, aussi y retrouve-t-on de nombreux athlètes internationaux de renom.
L'ambiance est incroyablement festive: plusieurs harmonies venues de la région défilent en musique dans la grande rue, les buvettes et les étals consacrés au produits régionaux font le plein, l'air est empli d'une odeur de barbecue et de Maroilles, et une troupe de Gilles a même fait le déplacement depuis la Belgique voisine!
Je n'avais pas vu autant de monde ni une telle fête depuis la braderie de Lille, mais ici les gens ne sont venus que pour la course!
Après avoir récupéré mon dossard je traine dans les rues en attendant le départ et j'en profite pour prendre quelques photos. Avisant une tente étiquetée "lots" je m'y dirige pour échanger le ticket remis avec le dossard contre quelques cadeaux offerts aux participants par les commerçants de la région: un fromage de Maroilles, une tarte au Maroilles et un bière de Jenlain. Zut, j'aurais plutôt dû passer ici après la course, avec ce soleil ma voiture va embaumer sur le chemin du retour!
Mais alors que je regagne ma voiture pour me mettre en tenue, le temps se met peu à peu à changer: de gros nuages voilent le soleil, la température commence à baisser, je commence à me demander si je ne devrais pas mettre un imper, mais décide finalement de rejoindre la ligne de départ en t-shirt.
Les participants sont placés suivant leur temps de référence sur la distance, avec mon heure quarante de moyenne je me retrouve dans le sas 4 (sur 7).
L'heure du départ approche, la tension monte. Pour nous faire patienter l'animateur sur son podium nous fait taper dans nos mains, sauter sur place ou crier pour encourager les handisport qui partent un quart d'heure avant les valides. Tandis que l'on entonne tous en coeur "Les Corons " de Pierre Bachelet, l'hymne de Ch'Nord, une pluie fine se met à tomber et c 'est sous les gouttes que nous nous élançons. Zut, j'ai oublié de regarder ma montre pour savoir à quelle heure exactement j'ai démarré. Je vais passer une bonne partie de la course à faire des calculs à partir des informations que je recueille auprès des autres coureurs.
Le départ est en descente, ce qui fait qu'on se marche un peu sur les pieds, puis ça remonte... et ainsi de suite.
On a beau être dans le Nord, l'Avesnois ce n 'est pas les Flandres, et ici c 'est tout de même assez vallonné. La pluie nous accompagne sur les cinq premiers kilomètres puis se dissipe sans que le soleil ne chauffe trop, finalement ce sont de bonnes conditions pour courir. En parlant de condition, je me rends vite compte que je ne suis pas au mieux de ma forme, je fais du cinq minutes au kilomètre. C 'est pas aujourd'hui que je battrai mon record!
Le nombre de concurrents ( plus de 4 500!) fait que l'on n 'est jamais seul de tout le parcours. C 'est bon pour le moral comme dit l'autre. Par contre autour des points de ravitaillement c 'est un peu la foire d'empoigne. Au premier contrôle je suis obligé de m'arrêter pour pouvoir attraper un bouteille d'eau et un quartier d'orange.
La première boucle de 9 km nous ramène au point de départ, nous obligeant donc à remonter la route que l'on avait descendue, puis c 'est parti pour la seconde boucle, 11 km cette fois, avec une côte redoutable vers le 15è kilomètre. Je me rassure un peu en voyant que je j'atteins la borne des 12 km au bout de la première heure, mais voici venir le juge de paix qui va faire chuter ma moyenne. La côte en question fait près d'un kilomètre de long, monte à six pour cent de moyenne avec des passages à 10!... Après 15 bornes de course donc...
Finalement je ne m'en sors pas trop mal, j'essaie de monter à mon rythme sans trop ralentir, et surtout sans marcher, et arrive en haut sans avoir trop puisé dans mes réserves. Mais d'autres, et des plus balèzes, ont fait de même, et sitôt le sommet atteint je me fait dépasser par de nombreux concurrents qui semblent ainsi entamer le sprint final ( il reste encore 4 bornes, les gars!).
Sur le dernier kilomètre je me refais une petite santé et termine même au sprint, ce qui me permet de rattraper les quatre ou cinq derniers coureurs à m'avoir dépassé.
Je termine ainsi 1633è sur un peu plus de 4 000 arrivants ( on en a perdu quelques uns en route) en 1h 42mn 28sec, soit 11,834 de moyenne, vraiment pas terrible, je tâcherai de faire mieux la semaine prochaine, lors du semi marathon de Trith Saint Léger.

Côté pros, l'armada kenyane a fait le plein puisque les hommes ( et les femmes) des hauts plateaux squattent les trois premières places des podiums masculins et féminins, ces dernières ayant explosé le record de l'épreuve au passage, la course junior quant à elle a été dominée par leurs voisins de l'Erythrée. Il faut regarder à la dixième place pour voir un français, le Maubeugeois Stéphane Chopin (le frère du vainqueur du semi de Maubeuge).

lundi 19 avril 2010

Running Arka: The return!


Arka's back in the race!
La trève hivernale est finie, les courses "normales" ( c 'est à dire " pas à travers champs avec de la gadoue") reprennent, et ce week end, pour ma première course en 5 mois j'avais choisi "La Forestière", 12 km au milieu de la forêt domaniale de St Amand.
St Amand c 'est très joli, il y a des tas de vieilles pierres, dont une tour, vestige de l'abbaye autour de laquelle s 'est développée la ville, quelques jolis moulins à vent, mais personne ne semble y être au courant qu'il y a une course ce samedi. Je tourne en rond une bonne heure avant de finir par trouver le lieu où le départ doit être donné, juste avant la clôture des inscriptions.
L'ambiance est conviviale, voire familiale, il y a plusieurs manifestations en ce jour: un match de foot sur le stade, des randonnées en forêt et une course de 3km pour les jeunes. Sur le parking on met en route un barbecue tandis que la buvette est déjà fort fréquentée.
Le temps de me changer et de m'échauffer et c 'est parti.
Le temps est idéal: joli soleil, ciel bleu, température douce, je me dis que ça va être sympa, juste ce qu'il me faut pour me remettre en route. Je ne tarde pas à comprendre mon erreur.
Peu après le départ sur la route nous plongeons en effet directement dans les sous-bois, et le moins que l'on puisse dire c 'est que le relief est accidenté! Ca monte et ça descend sans arrêt, parfois fort brutalement, certaines pentes dépassent allégrement les 10 %, très pénible en montée, très dangereux en descente. Je me suis fait avoir: finalement je cours bien un cross! Au bout d'un kilomètre je souffre déjà, mais je me force à continuer, je ne vais quand même pas abandonner, merde! Du coup je ralentis sensiblement et je me fais dépasser par plein de monde. Il faut rester vigilant, le sol est jonché de débris végétaux divers, des flaques de boue stagnent par endroits et certains sentiers sont sablés, ce qui n'aide franchement pas à la performance!
Dans le dernier tour je me refais une petite santé et je commence enfin à dépasser d'autres coureurs. Enfin la sortie du bois est proche, je retrouve avec soulagement le macadam. Plus qu'un tour de stade et c 'est terminé.
C 'est alors que j'ai la surprise d'entendre le commentateur de la course annoncer mon nom! il y a tellement peu de participants qu'il a le temps d'identifier les coureurs lorsqu'ils arrivent dans la dernière ligne droite. Drôle d'effet, pour un peu on se prendrait pour un pro.
Vu la topographie du parcours je ne m'étais fixé comme objectif que de faire moins d'une heure, mission accomplie puisque je termine en 56mn 29, soit 12,71 km/h de moyenne, très proche finalement de mon allure habituelle sur semi-marathon. Sur un terrain plat j'aurais sans doute dépassé les 13 km/h (je l'ai déjà fait).
Si le temps reste au beau fixe je remets ça la semaine prochaine. J'ai l'embarras du choix pour les courses en ce moment.
Le premier mai il y a encore les 20 km de Maroilles ( ça va sentir bon là bas), ultime préparation pour le marathon de la Route Du Louvre entre Lens et Lille le 16.
Je ne me sens pas du tout prêt à courir 40 bornes, mais il faut bien se lancer un jour, non?

lundi 29 mars 2010

Le Fléau - Aguirre-Sacasa, Perkins, Martin


Vous allez dire que je suis un monomaniaque de Stephen King, mais que voulez-vous, j'adore ce type, et comme en ce moment les adaptations en comics de ses bouquins poussent comme des champignons je suis tout heureux, d'autant plus que les adaptations en question sont plutôt réussies.
Comme La Tour Sombre, Le Fléau est l'une des oeuvres fétiches de son auteur et ce n 'est pas un hasard si les deux récits finissent par se téléscoper; Maerlyn, le méchant de La Tour Sombre, s'avérant n'être autre que Randal Flagg, celui du Fléau.
A la différence de la série médiévalo-western du maître de Bangor (qui a depuis émigré en Floride, il devait commencer à avoir des rhumatismes) Le Fléau ( The Stand en v.o) avait déjà fait l'objet d'une adaptation au petit écran par Mick Garris, intronisé on ne sait pourquoi adaptateur officiel de King. Télévision oblige, la violence et la noirceur du roman furent singulièrement édulcorées. Même s'il s'était déclaré satisfait du résultat, Stephen King devait tout de même se dire que son oeuvre phare méritait mieux.
Arrive Marvel Comics, déjà responsable de la version bd de La Tour Sombre et qui lui propose de faire de même avec Le Fléau. Déjà fort satisfait de leur première collaboration, King signe les yeux fermés et le résultat est désormais visible en version française chez Delcourt.
Contrairement à La Tour Sombre qui traite d'événements ayant seulement été vaguement évoqués dans les romans, il s'agit ici d'une adaptation littérale du pavé paru dans les années 70. Autant dire que l'auteur surveille son bébé de près. De fait la bd est beaucoup plus verbeuse, on sent que le maître veille à ce que tout ce qu'il a écrit se retrouve dans les albums. Il y a bien sûr un travail d'adaptation, les longs chapitres sont découpés et entrelacés avec d'autres pour dynamiser l'action et permettre de présenter les personnages principaux sans que chacun ait besoin pour cela qu'un volume lui soit dédié, mais à part le découpage, dans les séquences en elles-mêmes, on sent que King a pesé de tout son poids pour que sa prose se retrouve quasi-intégralement transcrite.
Côté dessin, c 'est Mike Perkins qui est chargé de donner vie à l'univers de King et il faut avouer que le bougre s'en sort plutôt bien. Dans un style très réaliste qui ne rechigne pas à montrer toute l'horreur de cette grippe mortelle qui ravage la planète. Après avoir vu les illustrations représentant les victimes on n'a qu'une envie: appeler Roseline Bachelot pour lui commander un stock de Tamiflu!
Le premier album regroupe les quatre premiers épisodes de la série, qui risque de durer longtemps si l'adaptation va jusqu'au bout des quelques mille pages que compte le roman original.
En tout cas vivement la suite!

samedi 20 mars 2010

La Nuit Du Nanar: 13 Mars, cinéma L'Univers. Lille


En feuilletant le Sortir du mois de mars lors de la soirée Blaxploitation, je découvris qu'une nuit du nanar était prévue à Lille deux jours plus tard, qui plus est à L'Univers, un petit cinéma associatif situé littéralement à deux pas de mon appartement.
Ne pouvant pas me rendre à la nuit excentrique organisée par Nanarland à Paris j'y vis une occasion de me consoler quelque peu. De plus le prix (3 euros) était dérisoire.
Trois films étaient prévus: Blood Freak, Crocodile Fury et White Fire / Le Diamant/ Vivre Pour Survivre (oui, à lui seul ce dernier film comptabilise trois titres).
Si je n'avais encore jamais vu la première des trois oeuvres projetées ce soir là, les deux autres ne m'étaient pas étrangères; j'en avais entendu parler dès mon arrivée sur le site des mauvais films sympathiques, m'étais débrouillé pour me les procurer et n'avais pas été déçu. La perspective de les revoir sur grand écran, au milieu d'une foule d'amateurs ainsi que de découvrir un nanar inédit me décidèrent bien vite.
Le jour dit, un peu avant l'heure prévue, j'arrive donc à L'Univers. Jusque là je n'étais allé qu'une seule fois dans ce cinéma, près de vingt ans auparavant pour une nuit du fantastique avec des copains de fac.
Le lieu a bien changé, tout a été refait à neuf. Une fois mon billet acheté, je me retrouvai face a un bar décoré pour l'occasion d'affiches nanardes du plus bel effet. Trônant sur le réfrigérateur à bières, un poste de télévision faisait défiler d'autres posters promotionnels du même genre sur fond musical. Un bon point pour l'ambiance. Un regard circulaire m'apprit que le cinéma, outre la salle de projection, comptait deux salles d'exposition, l'une ornée de nouvelles affiches tandis que l'autre, équipée d'un vidéo projecteur, pouvait servir de soupape de sécurité en cas de surpopulation dans la grande salle.
Tout en attendant que la mousse de ma bière redescende, je grignote quelques cacahuètes et engage la discussion avec la jolie et souriante serveuse. Je me sens déjà chez moi, il faudra que je revienne!
Je finis ma bière et après un détour par les toilettes je m'installe avant que la salle de projection ne soit prise d'assaut. J'ai la surprise quelques instants plus tard de reconnaître, assis dans le fauteuil juste devant moi, un de mes collègues du lycée. Lui par contre ne semble pas m'avoir vu ou reconnu, d'ailleurs il est en charmante compagnie. Alors que la salle commence à bien se remplir, un énergumène barbu se plante devant l'écran et commence à faire des gestes bizarres. Je finis par comprendre qu'il fait partie de l'organisation de la soirée, il demande à ce qu'on amène plus de chaises et tente de réguler le flot humain. Je ne sais pas si tout ça est vraiment conforme aux règles de sécurité, mais le côté insolite de la situation n'échappe pas aux spectateurs qui se mettent vite à glousser de rire. L'animation de la soirée serait-elle nanarde elle aussi?
Une fois tout le monde installé, notre ami est rejoint par un type grisonnant et il devient vite évident que les deux compères ont bien profité du frigo sus-nommé. Tandis qu'ils nous expliquent tant bien que mal le programme, un hurluberlu en pyjama fait irruption dans la salle et commence à hurler sur les présentateurs, se plaignant du bruit occasionné par les soirées thématiques organisées dans le cinéma. C'était en fait un intermède comique destiné à rappeler aux spectateurs de ne pas faire trop de bruit lorsqu'ils sortiraient entre les films pour aller prendre l'air et s'intoxiquer les poumons (étrange paradoxe au passage).
Les choses étant revenues dans l'ordre, notre ami barbu nous présente le premier film tandis que son acolyte nous parle des bandes annonces et extraits qui précéderont chaque oeuvre, tout fier de nous dire que c 'est lui a réalisé tout seul les trois montages d'une vingtaine de minutes chacun. Selon le programme le premier montage devait intervenir après le premier film, on prend donc déjà pas mal de retard à l'allumage.
Le premier prologue, ma foi fort divertissant, passé, il est temps pour mes yeux impatients de découvrir Blood Freak. Le film date de 1972, et ça se voit, déjà rien que dans les vêtements et les coiffures de personnages. Ensuite aussi au fait que toute l'intrigue tourne autour de la drogue ( en gros: la drogue c 'est le mal!!!). Mais l'aspect le plus étonnant est le côté ouvertement pro-religieux du film. Tout cela aurait pu donner un film bien ennuyeux si chaque personne impliquée dans la réalisation de cet ovni cinématographique ne faisait de son mieux pour le nanardiser à outrance.
C 'est bien simple, absolument rien ne peut être pris au sérieux dans ce film!
L'introduction donne le ton: un type nous explique dans un plan fixe, regard face caméra, pendant deux bonnes minutes, que notre monde est sujet à des changements ( ah bon? j'avais pas remarqué), que toute rencontre peut apporter des changements, et que les catholiques par exemple peuvent apporter des changements (WTF??!!!). On dirait le speech improvisé en direct devant l'objectif tant le personnage ne semble pas savoir où il va ( et nous non plus d'ailleurs), et le doublage en rajoute une énorme couche, la version française se hissant au niveau d'amateurisme ( ou de j'm'en foutisme?) du film. La post-synchronisation semble avoir été faite en une seule prise alors que les doubleurs (non professionnels bien sûr, sinon ce serait moins marrant) découvraient leur texte, quant à la réalisation elle évoque les meilleurs films de vacances de tonton Michel en super 8.
Mais le pire ( soit le meilleur) est encore à venir, puisque sous l'effet d'un mélange de drogues ( on vous avait dit que la drogue c'était pas bien!) et de viande de dindon aux hormones, le "héros" , puisqu'il faut bien l'appeler comme ça, se transforme... en homme dindon assoiffé de sang!
A partir de là, évidemment, tous les murs de la réalité s'écroulent et le spectateur ne peut que se laisser emporter par la folie qui suinte de l'écran en se demandant s'il n 'est pas en train de rêver. Ce n 'est pas possible! des films pareils ça n'existe pas!! ben si, la preuve!
Pour nous remettre de nos émotions, lors du premier entr'acte, des "croque-nanar" nous furent proposés. Ils eurent d'ailleurs tant de succès qu'il n'en resta plus pour la deuxième pause.
Après une telle mise en bouche, la tâche s'avèra ardue pour les deux films suivants.
Crocodile Fury tira tout de même fort bien son épingle du jeu avec son histoire "2 en 1" mêlant crocodile tueur en carton, et vampires chinois sautillants. Même si le doublage semble un peu plus pro, les dialogues restent redoutables et l'histoire complétement hermétique, mais se laisse suivre sans déplaisir.
Vendre de la bière dans un cinéma est une bonne idée en soit, surtout lorsqu'il s'agit de bières locales, puisqu'on a en plus l'impression de soutenir l'économie régionale, par contre lors d'événements de ce genre cela peut causer certains désagréments. Aussi, malgré les demandes répétées des deux organisateurs, eux même de plus en plus imbibés à mesure que la soirée progressait, de ne pas laisser les canettes trainer sur la moquette de la salle, les bonnes intentions passèrent vite à la trappe et le sol se retrouva bientôt jonché de cadavres. De plus, les spectateurs supportant plus ou moins bien l'alcool, certains éléments se révélèrent bientôt d'une lourdeur plutôt pachydermique, si bien qu'il devenait parfois difficile de suivre ce qu'il se passait à l'écran.
Le rythme plus lent de White Fire, sa nanardise plus subtile et surtout l'heure tardive à laquelle il commença ( vers 2h30 du matin quand même) vidèrent peu à peu la salle qui s'était considérablement peuplée entre les deux premiers films. Des remarques à voix hautes commencèrent à fuser du fond, des cris se firent même entendre, il fallait bien ça sans doute pour garder les spectateurs éveillés.
Pour ma part je dois avouer être passé à côté du véritable intérêt de White Fire la première fois que je l'avais vu, mais cette deuxième vision me confirma qu'il s'agit en effet d'un nanar de haute volée, qu'il faut revoir plusieurs fois afin d'en apprécier tous les trésors.
Ce fut finalement une soirée très agréable, la première du genre sur la métropole lilloise, une initiative qui, je l'espère, fera des émules.
D'ailleurs chacun peu contribuer à la programmation de ce cinéma et prendre en charge l'organisation de soirées thématiques, et franchement ça donne envie de s'y mettre!

vendredi 19 mars 2010

Marvel Zombies 4 - Van Lente / Walker


La saga des morts-vivants made in Marvel continue avec cette aventure qui fait directement suite à la précédente, avec les même auteurs aux commandes.
Malgré tous les efforts de Machine Man et Jocaste (voir épisodes précédents), un zombie s 'est introduit dans l'univers Marvel "normal", et pas n'importe lequel puisqu'il s'agit de Deadpool, le mercenaire qui n'a pas sa langue dans sa poche. Aussi bavard que l'original, être réduit à une tête ne lui enlève rien de son bagout.
Les autorités dépêchent à ses trousses un commando formé de personnages quelque peu perdus de vue ces dernières années: Morbius, donc, le vampire ancien ennemi de Spider-Man, déjà apparu dans la série précédente, Le Loup Garou attitré de l'univers Marvel, Hellstrom, le fils de Satan en personne auxquels se joignent la sorcière Jennifer Kale et son ami l'Homme Chose.
Comme si la présence d'un zombie extrémement contagieux ne suffisait pas, voilà que Dormammu, seigneur de la dimension de l'ombre, le vieil ennemi du Docteur Strange, voit dans cette peste zombie un moyen d'enfin entrer dans la dimension Marvel afin de la conquérir.
On le voit la saga des zombies permet aux auteurs d'utiliser des personnages trop souvent relégués au second plan, voire complétement oubliés, et comme ils sont peu connus du public actuel, ils peuvent tout aussi bien disparaître, ce qui crédibilise le danger qu'ils encourent.
L'histoire étant plutôt bien écrite, on s'attache à ses personnages obscurs à plus d'un titre, et on tremble vraiment pour eux. L'illustration est sombre à souhait, juste colorée de temps à autre par les geysers de sangs et de tripaille lors des attaques des zombies.
Finalement la série permet d'utiliser tout le potentiel de personnages autrement brimés par l'univers plutôt gentillet des super héros en général. Peut être auront-ils assez de succès pour qu'on les retrouve dans une série régulière, en équipe, ou chacun dans leur coin.
Ceci dit, même si on apprécie énormément ce nouvel éclairage sur des gloires passées, l'annonce du retour des super zombies originaux lors de la prochaine série a de quoi nous faire saliver.

vendredi 12 mars 2010

Soirée Blaxploitation au Kino Ciné!



Jeudi 11 mars, journée finie, grève demain, comment occuper ma soirée?
Un coup d'oeil sur Sortir, la magazine gratuit de la métropole lilloise, m'indique une soirée "Blaxploitation" au Kino Ciné, la salle de cinéma de la fac de Lille 3 où j'ai passé tant d'années. Ce sera l'occasion d'un retour aux sources.
Je pense me garer sans souci sur le parking de l'université, mais c'était évidemment compter sans les milliers de supporters de foot qui se rendaient au Stadium Nord tout proche pour le match des Dogues contre Liverpool! Heureusement, en vieux routard de la fac, je connais des parkings pas trop éloignés et parviens à me dénicher une place où poser ma C1.
Après avoir traversé l'université de part en part (tiens, ça a drôlement changé depuis la dernière fois!) je me retrouve pratiquement seul devant l'entrée de la salle de cinéma. Je sais bien que je suis en avance, mais quand même!
Je passe le temps en m'avançant dans mes lectures, jusqu'à ce que les portes s'ouvrent.
On n 'est toujours pas très nombreux, à peine une dizaine.
Mais j'avais oublié qu'au Kino les séances ne commençaient jamais à l'heure! et avant que le premier film ne commence (après vingt bonnes minutes de retard) nous sommes une bonne cinquantaine.
J'avais entendu parler de Black Dynamite et regrettai qu'aucune salle de la métropole lilloise ne le programme, aussi étais-je très curieux de voir ce dont Michael J White, l'homme que je ne connaissais que par le piteux Spawn, était capable lorsqu'on le laissait faire ce qu'il voulait.
Le moins qu'on puisse dire c 'est que je n'ai pas été déçu!
Après une fausse pub pour une marque de bière fictive flattant l'égo de l'afro-américain moyen le ton est donné: un rendez-vous entre des caids blacks et un mafioso au fond d'une ruelle, un black se fait mitrailler. On apprend bien vite que c 'est le frère d'une véritable machine à tuer: le fameux Black Dynamite! On nous promet un véritable bain de sang causé par la vengeance du frangin, et c 'est bien ce qu'on nous donne... du moins au début.
Car le film, suivant les pellicules les plus outrées et les plus décomplexées de la Blaxploitation, part bientôt en vrille.
Avec un premier degré réjouissant, Black Dynamite ( Michael J White, donc) aligne bastons, sexe et moments comiquement tragiques sans sourciller, sans se soucier des faux raccords, des griffes sur la pellicule, des invraisemblances du script et des micros apparaissant dans le champ.
Le public, votre serviteur y compris, est mort de rire de bout en bout.
Voilà un film que je ne louperai pas à sa sortie dvd que j'espère blindée de bonus en tous genre!
Après une telle expérience, la projection de Shaft, précurseur du genre, fait figure de somnifère.
Bien moins outré que les nombreuses oeuvres qu'il a inspirées, le film de Gordon Parks semble surtout être passé à la postérité grâce au générique composé et interprété par Isaac Hayes.
L'action est très lente, les scènes de fusillades sont rares et les répliques cinglantes de John Shaft, si elles font mouche, sont trop rares pour nous tirer de notre somnolence.
Sans doute les organisateurs auraient ils été plus inspirés d'inverser l'ordre de la programmation.
Heureusement qu'on pouvait se délecter à l'entracte de quiches et tartes maison amoureusement préparées par les bénévoles du Kino!

Le Livre D'Eli - Albert & Allen Hughes


5 films en 17 ans!
On peut dire des frères Hughes qu'ils prennent leur temps!
Sans nouvelle d'eux depuis From Hell ( 2001 quand même!), j'ai été très intrigué lorsque j'ai eu vent de ce projet, d'autant que j'apprécie beaucoup Denzel Washington, que je trouve en général sous-employé, ou trop pépère, selon le fautif.
La bande annonce promettait un western post-apocalyptique à la Mad Max et un Denzel promu au rang d'action star dégommant du cannibale à coups de machettes, tout ce qu'il fallait pour me mettre l'eau à la bouche.
Au final, comme souvent avec les bandes annonces, on a été un peu trompé sur la marchandise. Si le film offre de bien belles scènes de baston dans lesquelles Denzel Washington se montre très crédible et déploie un charisme redoutable, il devient autre chose dans la deuxième partie, lorsqu'on commence à parler un peu plus de ce fameux bouquin, dont on devine bien vite de quel genre d'ouvrage il s'agit. Dès lors le récit se fait plus posé, plus "sérieux" plus contemplatif, tout en opérant paradoxalement des raccourcis assez déroutants.
On a aussi le plaisir de retrouver ce bon vieux Gary Oldman qui nous refait son numéro du grand méchant, et Ray Stevenson, le Titus Pullo de la série Rome, en homme de main.
Un film qui a un peu le cul entre deux chaises donc, mais très agréable à suivre, grâce à la maestria technique de ses auteurs et aux grands acteurs qui le fréquentent.

Wolfman - Joe Johnston


Fan de films de loups garous, et appréciant la majorité du casting, je ne pouvais pas passer à côté de Wolfman, remake du film de 1941 avec Lon Chaney jr.
Dès les premières minutes nous sommes plongés dans l'ambiance: la campagne anglaise, une nuit de pleine lune, des hommes qui progressent dans la forêt à la lueur d'une lanterne, et soudain l'attaque du monstre. Rapide, brutale, sanglante.
On sent la volonté des auteurs de marcher sur les traces du Dracula de Coppola, d'être fidèle à l'original tout en s'adaptant aux goûts du public actuel.
La photographie est splendide, les décors sombres et inquiétants à souhait, ça commence bien!
L'arrivée de Benicio Del Toro, vedette et co-producteur du film, me confirme dans mes bonnes impressions; je lui trouve un petit air d' Oliver Reed dans la version Hammer, ainsi qu'un petit quelque chose de Lon Chaney jr, ça doit tenir à sa carrure plutôt imposante.
Tous les ingrédients sont réunis, même le campement de gitans à la lisière de la forêt et la foule en furie avide de lynchage. On se croirait revenu à la grande époque des films de monstres d'Universal.
Seulement cela se gâte par la suite, la faute à un scénario à la fois cousu de fil blanc et se permettant des digressions bizarres. On devine assez vite l'identité du loup garou original, et le passage à Londres, même s'il est l'occasion de jolis tableaux, est assez bancal. Mieux aurait sans doute valu rester à la campagne et reserrer ainsi le récit qui tend à se déliter dans sa deuxième partie.
On sait que la production a été plutôt chaotique, le film ayant été remonté à l'insu du plein gré du réalisateur, le compositeur Danny Elfman ( qui est né pour opérer dans l'horreur gothique) a été limogé, puis réengagé, et le film a failli ne pas sortir en salles. Tous ces soucis n'ont sans doute pas aidé à la crédibilité du métrage, qui reste tout de même fort fréquentable, mais qui laisse comme un goût de regret lorsqu'on pense à ce qu'il aurait pu être.

mercredi 10 mars 2010

Mother - Bong Joon-Ho


Ce n 'est un secret pour personne ( du moins pour ceux qui me connaissent un petit peu), j'adore le cinéma Coréen, j'adore aussi la bouffe coréenne, j'adore les Coréens, j'adore les paysages de la Corée, bref, j'adore la Corée!
Et parmi les réalisateurs coréens j'adore Bong Joon-Ho. Je n'ai pas encore pu visionner toute sa filmographie, mais j'ai adoré tous les films que j'ai vu de lui. C 'est un réalisateur touche à tout, capable de passer du thriller glauque au film de monstre avec la même maestria.
En attendant la suite de The Host, Bong Joon-Ho nous livre donc cette histoire très poignante du combat d'une mère pour innocenter son fils un peu attardé que tout accuse du meurtre d'une jeune fille, une oeuvre à priori plus intimiste, mais qui est encore une fois l'occasion d'une galerie de portraits iconoclastes et d'une véritable leçon de mise en scène.
En attendant la toute fin du film pour révéler ce qu'il s 'est vraiment passé, le réalisateur nous laisse tout le temps de nous faire notre opinion, tandis que l'on accompagne la mère dans sa quête des preuves permettant de sortir son fils de prison, un parcours tragicomique, dans la grande tradition coréenne qui est de mêler le rire et les larmes.
Comme je suis encore une fois à la bourre pour mes chroniques le film n 'est plus à l'affiche, ne le rater donc pas lors de sa sortie vidéo.

Invictus - Clint Eastwood




Arka's back!
Après une période de silence radio due à quelques menus problèmes et surtout une méga crise de flemmingite aigüe me revoila d'attaque.

Pour son premier film depuis l'annonce de sa retraite en tant qu'acteur Clint Eastwood part filmer en Afrique du Sud et offre à Morgan Freeman le rôle après lequel il courait depuis un moment: celui de Nelson Mandela. On sait la star américaine et l'homme politique sud-africain très proches, ce dernier ayant même déclaré que le premier serait l'acteur idéal pour l'incarner.
C 'est donc chose faite aujourd'hui, même si le projet a subit de nombreuses modifications au cours de son développement.
Exit donc la biographie intégrale, le film de Clint Eastwood se concentre sur la coupe du monde de rugby organisée en 1995 en Afrique du Sud, soit un an après l'élection de Mandela au poste de président.
Comme souvent chez Eastwood le scénario est très simple et linéaire: Mandela veut se servir de la coupe du monde pour unifier tout le pays, blancs et noirs, autour d'un même objectif, d'un même symbole, ce qui est loin d'être gagné d'avance, le rugby étant le sport de la minorité blanche, encore considérée par la population noire comme des oppresseurs.
L'important est donc l'émotion, et Clint est maître en la matière. Certains critiques ont reproché au film d'être un peu trop mélodramatique, mais j'y vois surtout de la sincérité et de l'humanité servies par une mise en scène très classique dans le sens noble du terme.
Morgan Freeman porte bien sûr le film sur ses épaules, sa nomination aux oscars était amplement méritée, mais Matt Damon ne démérite pas en capitaine des Springboks issu d'une famille pro apartheid, et le reste du casting est très juste.
L'identification marche à fond, et pas seulement pour le personnage de Mandela; étant assez réfractaire au rugby et n'en connaissant pas vraiment les règles, je me suis surpris, comme les personnages noirs du film, à vibrer pour cette équipe et à me réjouir de sa victoire finale contre les invincibles All Blacks.
C 'est simple, c 'est fort , c 'est efficace, c 'est du Clint pur jus!